Ibrahim Maalouf Jazz à Vienne

Ibrahim Maalouf Jazz à Vienne

L’ouverture triomphale d’Ibrahim Maalouf à Vienne

28 juin, ouverture de Jazz à Vienne. Ibrahim Maalouf est le maitre d’œuvre. Célébration triomphale de la musique de Maalouf. Pour son cinquième passage consécutif à Vienne, le trompettiste développe un triptyque musical pour 6000 enfants le matin et des gradins complets avec un double plateau en soirée.

En matinée, la Création jeune Public. En soirée, sur la scène du Théâtre Antique, deux hommages faits aux femmes par Ibrahim Maalouf et ses musiciens, en référence à ses deux albums, « Kalthoum » en première partie puis « Red & Black Light » en second set.

Depuis maintenant 12 ans, Jazz à Vienne ouvre le festival avec un spectacle à destination des enfants du pays viennois pour sensibiliser le jeune public à la musique jazz. Cette année la commande a été passée à Ibrahim Maalouf.

6000 enfants des classes primaires sur les gradins du Théâtre Antique, avec cette année le soleil en prime. Si le spectacle des gradins est impressionnant, celui de la scène ne l’est pas moins. Introduction musicale avec Ibrahim Maalouf, Eric Légnini au keyboards, François Delporte à la guitare et Stéphane Galland à la batterie, la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin et des enfants des écoles viennoises.Création-jeune-public_JAV_280616_NV

Après cela, le trompettiste explique aux enfant ce qu’est l’improvisation : « jouer ce qui n’est pas prévu… la première fois qu’on écrit un thème, c’est toujours de l’improvisation ». Il propose aux enfants de « faire ensemble un morceau de musique ». Chose rare, le silence se fait sur les gradins. Ibrahim Maalouf interpelle successivement Tamara, Sarah, Lucas et Yasmine pour leur demander de fredonner quelques notes. Le « chef d’orchestre » fait reprendre alternativement ces thèmes » aux enfants des gradins. Les notes devenues refrain et couplet sont reprises avec les musiciens, la Maîtrise de Radio et les 6000 enfants. Ibrahim Maalouf propose ensuite aux musiciens en herbe de « donner du sens au morceau en créant une introduction …et une fin ». Une petite répétition avec Ibrahim Maalouf au piano et les enfants.

Après une dernière mise en place avec le trompettiste, l’orchestre, la maîtrise et les enfants. Ça marche à la perfection. Les enfants chantent, agitent les bras et sourient. La démarche pédagogique d’Ibrahim Maalouf a fonctionné. Avec l’aide du trompettiste ils ont composé et chanté du jazz.

Chaque enfant a ainsi compris qu’il est capable d’accéder à la musique. Il reste aux éducateurs et aux parents à prendre la suite pour que la musique fasse partie de la vie de tous ces enfants.

La soirée du 28 juin consacrée tout entière à la musique d’Ibrahim Maalouf est  divisée en deux parties. Première partie consacrée à la musique de son projet Kalthoum qui célèbre la figure emblématique d’Oum Kalthoum. Seconde partie conçue comme une ode à la femme d’aujourd’hui

En première partie de soirée, le projet « Kalthoum »  réunit sur scène autour d’Ibrahim Maalouf, le pianiste Franck Woeste, le saxophoniste Mark Turner, le contrebassiste Scott Colley et le batteur Clarence Penn.

Toujours très pédagogue, Ibrahim Maalouf explique au  public en quoi consiste le projet. Le trompettiste et le pianiste ont traduit en écriture jazz l’un des plus grands succès de la diva égyptienne Alf Leila Wa Leila (les mille et une nuits) conçu à l’origine comme une symphonie. Une succession de tableaux balisent une « suite » d’environ une heure avec une introduction, une ouverture découpée en deux couplets et quatre mouvements.

Pour ouvrir le concert, Ibrahim Maalouf propose au oudiste syrien Samir Homsi d’interpréter le refrain dans la pure tradition musicale arabe. Suivent les deux parties d’introduction avec le trompettiste au sein de la « section ». A partir du premier mouvement, Ibrahim Maalouf joue en solo, reprenant textuellement à la trompette le chant d’Oum Kalthoum. Sur des arrangements peaufinés, les douces mélopées s’élèvent comme des plaintes portées par l’orchestre qui, comme une chambre d’écho, magnifie le chant de la trompette. Du début à la fin du set, une mise en place précise laisse grande place aux improvisations des solistes et aux interactions entre les musiciens

Avec humour, le trompettiste propose en rappel … un morceau rajouté, un morceau « qui n’en finit pas, comme… les fins des symphonies ». Il s’agit pourtant d’une fausse fin puisque le trompettiste conclut le premier set au tambourin (la batterie de la musique arabe) avec Samir Homsi à l’oud. Un clin d’oeil au chant de Fairouz, la chanteuse libanaise.

Mark Turner, virtuose. Franck Woeste lyrique. Clarence Penn spectaculaire. Scott Colley précis. Alternativement incisif, étincelant ou classique, Ibrahim Maalouf termine le set à la trompette. Les spectateurs font  une ovation à « Kalthoum ». Une ode à  la musique arabe traditionnelle revisitée et catalysée par la trompette étincelante de Maalouf.

Le contraste sonore et visuel est grand avec la seconde partie de la soirée consacrée au projet « Red & Black Light »  pour lequel Ibrahim Maalouf est entouré de François Delporte à la guitare, Stéphane Galland à la batterie, Eric Légnini et Franck Woeste aux keyboards, Antoine Guillemette à la guitare basse, Yann Martin, Martin Saccardy et Youenn le Cam à la trompette 

Esthétique électro-rock, jeux de lumière sur une scène enfumée, mélopées faciles à chantonner reprises de manière réitérative. Le public très sollicité pour soutenir la musique apprécie aussi cette facette plus extravertie de la musique d’Ibrahim Maalouf. Durant ce set, le leader se met en position d’orchestrateur. Il dirige la musique, veille à la mise en place depuis ses claviers délaissant quelque peu son instrument. Il est vrai que le trompettiste a beaucoup joué, (matin, après-midi pour les balances, premier set) et il donne un peu de répit à ses lèvres très sollicitées.

La seconde partie est menée sur un tempo d’enfer. La frappe puissante de Stéphane Galland stimule le groupe. La tension monte encore avec la reprise de Nomad Slang gravé sur l’album « Illusions ». Riffs de la section de trompettes, claviers à fond, trompette de Maalouf à son acmé. Dans les gradins les mains s’agitent. Le public suit les préconisations de Maalouf : « Chantez et dansez comme des fous ».

Après la tornade, le répit. Red & Black Light, tel l’hymne de l’album éponyme arrive ensuite avec et la Maîtrise de Radio France dirigée par Sofi Jeannin. Un bijou de délicatesse dont la mélodie célèbre les « choses essentielles de la vie ».

Le public debout a succombé à la puissance de cette musique électrique  et métisse. Il en redemande. La force de « Red & Black Light » a triomphé.

Électrique ou délicate, puissante ou raffinée, la musique d’Ibrahim Maalouf est la grande gagnante de la soirée. Sous toutes ses formes elle comble le public.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

L’édition des Nuits de Fourvière 2020 propose un programme ambitieux. 60 jours, 6 créations, 4 coproductions, 6 premières françaises. Ainsi du 02 juin au 31 juillet 2020, le festival fait encore une fois vibrer la culture au cœur de la Métropole lyonnaise avec 59 spectacles de théâtre, danse, musique, opéra, cirque et 149 représentations. De quoi combler tous les publics !

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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La tournée en France et en Suisse de la chanteuse et auteure-compositrice Aimée Allen constitue une belle occasion pour découvrir cette artiste américaine. Son album « Wings Uncaged » annoncé en France pour le 20 mars 2020 permet d’apprécier sa voix chaleureuse et chargée de groove.

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« Shabaka & The Ancestors » annoncent la sortie de « We Are Sent Here By History ». Enregistré sur 2 ans, entre Cape Town et Johannesburg, ce deuxième album du groupe réunit le saxophoniste londonien Shabaka Hutchings et ses musiciens de jazz sud-africains. L’opus résonne comme une réflexion musicale sur la condition humaine en pleine agonie. Un poème sonore comme une méditation plutôt sombre sur l’avenir de l’homme. Une mise en garde… sauve qui peut & espère qui veut !

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Mèmaké au Péristyle

Mèmaké au Péristyle

Mèmaké ou la transe transcendée

Du 26 au 28 juin le Péristyle accueille Mèmaké. Un trio qui réunit le batteur François Merville, le saxophoniste Lionel Martin et le contrebassiste Benoit Keller. Improvisation et échanges alimentent une musique énergique.

S’il est vrai qu’on écoute la musique, on peut aussi voir la voir se construire en direct, au fur et à mesure de l’avancée du concert de Mèmaké. Elle grandit sur scène.Francois-Merville_28062016_Peristyle Les thèmes écrits irriguent la pensée des musiciens. S’ensuit un développement de la mélodie qui se développe rebondit, s’amplifie et se cabre. Des échanges naissent entre les instrumentistes qui alimentent une musique instantanée. Les improvisations surgissent. Une ligne musicale émerge du saxophone. A ses côtés, des harmonies et des contrastes naissent sous les doigts ou l’archet de la contrebasse. La batterie soutient l’expression des deux instrumentistes déjà immergés dans l’échange. Baguettes, balais, mailloches ou doigts suivent et stimulent, coupent et relancent, sous-tendent et attendent les lignes musicales des solistes.Lionel-Martin_28062016_peristyle_NV

Avec Mèmaké la musique va sa vie, vit sa vie et s’enrichit. La musique circule entre trois pôles. Lyrique sur le saxophone soprano, Lionel Martin canalise son souffle et son énergie sur le saxophone baryton qui rugit ou barrit avec puissance. Avec finesse Benoit-Keller_28062016_Peristyle_NVBenoit Keller utilise toutes les possibilités de la contrebasse. Chant majestueux  à l’archet,  graves somptueux, son rond et chaleureux. Fin rythmicien et batteur des nuances, François Merville porte une attention extrême au jeu de ses compagnons avec lesquels il interagit de manière instantanée. Il met son talent de percussionniste au service des expressions délicates des solistes.

D’un titre à l’autre les musiciens tissent les fils de leur musique dont la trame nous saisit au vif. Incisive mais sans violence, elle est pénétrante. Le tempo des musiciens habite les spectateurs dont les corps oscillent au rythme impulsé par la musique.

Memake_28062016_Peristyle_NV 4Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. De La grande boucle, celle de la vie, à La petite boucle, celle du quotidien, les musiciens jouent La pression du presseur. La vie de la vie en quelque sorte. Même la mécanique quantique s’invite au programme avec Le principe d’incertitude. On n’ose pas faire un raccourci et conclure q’un lien existe entre le Jazz et la Physique mais pourquoi pas ?

Mèmaké, un jazz physique qui apaise le corps et nourrit l’esprit.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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Stracho Temelkovski trio au Péristyle

Stracho Temelkovski trio au Péristyle

Le jazz méditerranéen du Stracho Temelkovski trio

Du 23 au 25 juin, au Péristyle, le trio Nerazdeleni de Stracho Temelkovski a proposé  une musique où se mêlent jazz, musiques des Balkans, de l’Orient et de la Méditerranée. Vibrations colorées et ambiances nostalgiques.

300-200-01-Stracho-Temelkovski-trio_peristyle-23062016Durant trois jours au Péristyle, le guitariste et percussionniste Stracho Temelkovski a réuni autour de lui l’accordéoniste Jean-François Baez et le clarinettiste Jean-Pierre Sarzier.  Les compositions sont en grande partie celle du  leader mais on retrouve aussi des morceaux d’ Antonio Placer Les trois musiciens affectionnent et maîtrisent les rythmes impairs dont ils déjouent tous les pièges. Sur les six morceaux d’un set, un seul titre n’utilise pas ces rythmiques. Pas simple de battre la mesure sur un tango à 9 temps ! … et pourtant pour eux cela tient de la promenade de santé.300-200_jean-francois-baez_23062016

Les trois artistes jouent ensemble depuis plus d’un an et leur complicité leur permet de s’exprimer en toute confiance et de prendre tout à tour 01_300-200_jean-francois-baez_23062016 - Copiedes improvisations qui réservent de belles surprises. Si la mise en place est rigoureuse, les ambiances changent au sein de chaque morceau les. Jean-Pierre Sarzier sait se monter lyrique sur la clarinette basse sans trop d’étalage technique. Jean-François Baez assure une rythmique implacable et harmonise de belle manière durant les chorus de ses compagnons. Ses improvisations témoignent toujours de son attachement à la mélodie.

Stracho Temelkovski300-200_Stracho Temelkovski,_23062016 jongle entre viola, mandole, basse électro-acoustique et diverses percussions auxquelles il ajoute sa voix. Totalement immergé dans sa musique, il entraîne le public dans son monde. Un univers captivant et quelquefois envoûtant. Une musique en mouvement qui se promène dans des atmosphères variées. Sans reprendre aucun morceau traditionnel de la Macédoine où sont ses origines, ce musicien autodidacte restitue les atmosphères de ce pays et les mêle aux autres univers musicaux qu’il a croisés, jazz oriental, musique orientale, rock, musique de l’Inde et  musiques urbaines. Le miel de la vie témoigne tout à fait de ce qu’il nomme la « musique de l’âme ».

Le trio Temelkovski - Baez-  Sarzier constitue une unité musicale qui justifie tout à fait le nom du groupe « Nerazdeleni » qui signifie « non divisé ». Le site de Stracho Temelkovski permet de réécouter les atmosphères musicales du trio et celle du leader en solo.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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« Les âmes perdues » de Christophe Panzani

« Les âmes perdues » de Christophe Panzani

 « Âmes perdues », l’album intimiste de Christophe Panzani

« Les âmes perdues », une suite musicale sensible et romantique gravée par le saxophoniste Christophe Panzani. Il signe un premier album constitué d’une série de sept duos enregistrés par lui-même chez sept pianistes différents.

les-ames-perdues_couvOn connaît Christophe Panzani pour sa participation à plusieurs formations où son talent a déjà été repéré. Avec le Carla Bley Big Band, auprès d’Anne Paceo et chez Hocus Pocus entre autres. Pour sortir son premier disque en leader, « Les âmes perdues », il choisit le premier label de jazz participatif français, « jazz&people ». Son implication a été forte à tous temps de la création du disque. Après avoir pensé et composé les sept thèmes de l’album pour sept artistes différent, il a réalisé lui-même la prise de son au domicile de chacun des sept pianistes. On salue I’ilustration de couverture de l’album de Ludovic Debeurme (primé au Festival d’Angoulême en 2007).

Il en résulte sept duos gravés et enchaînés sur l’album comme une « suite » cohérente et romantique. Comme si Christophe Panzani se mirait dans sept claviers différents qui lui renverraient sept variations comme sept « selfies sonores ». Un portrait musical original où il est chaque fois lui-même mais chaque fois un autre. Sept tableaux à l’esthétique soignée. Un climat de rêverie délicate d’où se dégage un certaine mélancolie.

Les pianistes soutiennent, alimentent et relancent le discours du saxophoniste. Par ordre d’apparition sur le disque on retrouve Edouard Ferlet, Leonardo Montana, Laia Genc, Dan Tepfer, Guillaume Poncelet, Tony Paeleman et Yonathan Avishai. Le titre central du disque, Le sentier aux sentiers qui bifurquent, se démarque nettement des autres. Le piano de  Dan Tepfer donne un répons bien campé au saxophone. Leonardo Montana génère des contrastes rythmique bienvenus et Tony Paeleman ménage des espaces de nuances qui surprennent. On a la surprise de retrouver Guillaume Poncelet sans sa trompette et Edouard Ferlet tel que lui-même, tout en nuances et en demi-teinchristophe panzanite.

L’esthétique soignée de Christophe Panzani explore la palette médium et aiguë du saxophone ténor. Le son poussé avec délicatesse dessine des arabesques flottantes qui ne dépareraient pas dans le paysage musical ECM. On ne peut s’empêcher de penser à Mark Turner ou Andy Sheppard. Les futurs réalisations discographiques de Christophe Panzani devront explorer d’autres champs que ces belles ballades nostalgiques pour révéler d’autres aspects de sa personnalité musicale.

Visiblement imprégné par le théâtre, Christophe Panzani semble affectionner les mythes grecs. Sisyphe en d’ouverture et en dernier morceau Le rêve d’Icare. On souhaite que, comme lui le saxophoniste prenne les courants ascendants mais plane haut dans le ciel du jazz.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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« Upward spiral » de Brandford Marsalis quartet et Kurt Elling

« Upward spiral » de Brandford Marsalis quartet et Kurt Elling

Brandford Marsalis & Kurt Elling tissent une spirale ascendante

Le talentueux Brandford Marsalis a invité Kurt Elling à rejoindre son quartet. Il en résulte un album somptueux dont le nom, « Upward Spiral » est évocateur. Avec la musicalité de cette spirale ascendante, on est propulsé au septième ciel.

upward spiral_couvLe saxophoniste Brandford Marsalis a engagé son quartet dans un projet musical dont le chanteur Kurt Elling est l’invité. Au regard de la qualité des musiciens on pouvait s’attendre à une réussite. En fait il s’agit de bien plus que cela… émotion et surprise de bout en bout de l’album. Les musiciens conversent et improvisent sur des schémas musicaux sans cesse renouvelés. Ils mettent leur virtuosité au service d’une musique sans esbroufe.

De fait, c’est un réel quintet qui a gravé les douze thème de l’album « Upward spiral » (Okeh/Sony Music). Aux côtés du saxophoniste Brandford Marsalis on retrouve Joey Calderazzo au piano, Eric Revis à la contrebasse, Justin Faulkner à la batterie et pour cinquième instrument, la voix de Kurt Elling.

Brandford Marsalis et ses musiciens souhaitaient enregistrer avec un chanteur. Aux yeux de Brandford Marsalis, ce sont les qualités de Kurt Elling qui ont fait de lui le candidat idéal pour ce partenariat. La souplesse et la chaleur de sa voix et surtout son statut de « vrai » jazzman ». Le projet s’est affiné durant les deux années qui ont précédé l’enregistrement réalisé à la Nouvelle Orléans. Un répertoire de douze titres retenus après concertation entre les cinq musiciens. Douze mélodies avec chacune son tempo et son univers propres.72_Kurt_Elling_Branford_Marsalis-Upward_Spiral_headshot

Des standards de jazz. There’s a boat dat’s leavin’ soon for New York » de Gerswhin ouvre le disque. Doxy de Sonny Rollins sur les paroles écrites par Mark Murphy. I’m a fool to want you interprété en duo voix-saxophone. Une version sensible de Blue Gardenia.

Des chansons magnifiées dont les reprises gagnent en épaisseur et en nuances.  « From One Island to another » de Chris Whitney. Blue Velvet, le thème de Lee Morris et Bernie Wayne, chanté rubato. Le merveilleux Practical Arrangement de Sting gagne encore en puissance. Conduits avec finesse par la batterie, voix et saxophone enroulent habilement leurs parties sur Só Tinha de ser com você, une bossa nova peu connue de Tom Jobim. Un tempo tout en suspension fait sonner d’étrange manière West Virginia Rose, la composition de Fred Hersch. Kurt Elling habitué au « spoken word », dit avec conviction Momma Said, un texte de Calvin Forbes, sur une musique de Brandford Marsalis.

A n’en pas douter, les deux compositions originales pourraient à elles seules justifier l’enregistrement. Cassandra song, une ballade d’exception. Les huit minutes minute d’écoute paraissent trop courtes, on souhaiterait que la musique ne s’arrête pas. Sur cette composition de Brandford Marsalis mise en paroles par Kurt Elling, le jeu délicat du pianiste et celui de la section rythmique sont mis en valeur autant que la voix du chanteur et celle saxophone soprano. Enfin on est propulsé au septième ciel par la spirale ascendante du dernier titre de l’album que l’on se prend à chantonner bien longtemps après l’écoute du disque. Ce pourrait bien devenir un standard. Voix et saxophone soprano s’élèvent avec lyrisme mais simplicité sur ce The return (Upward spiral) composé par Joe Calderazzo  avec des paroles de Kurt Elling.

Cinq musiciens inspirés conversent avec simplicité. « Upward Spiral », un album comme un concentré de pure musicalité à savourer sans modération et à  partager.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière

Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière

La magie du sorcier Biolay a ensorcelé Fourvière.

Le 17 juin, Benjamin Biolay offre aux Nuits de Fourvière, une création somptueuse lors d’une date estivale unique à l’occasion de la sortie de son album « Palermo Hollywood » réalisé entre Paris et Buenos-Aires.

Sur scène son groupe habituel et une rythmique argentine, un orchestre à cordes et son chef d’orchestre, des chanteurs lyriques et des invités.

benjamin-biolay-biolayph02-7.73-moDans un Grand Théâtre qui affiche complet, les musiciens s’installent. Section de cordes dirigée par Nicolas Guiraud. Section rythmique argentine avec Minino Garay aux percussions, Fernando Samalea à la batterie. Bandonéon et charango. La soprano Valérie Gabail et le ténor Jérémy Dufau. Benjamin Biolay entre en scène tout de noir vêtu, jean, polo à manches courtes, gilet de costume.

Le spectacle ouvre avec le titre éponyme de l’album « Palermo Hollywood ». Une somptueuse première partie propose la chronologie intégrale de l’album.

Biolay arpente la scène pour trouver ses marques et attaque. Voix grave ajustée dès le deuxième titre. Un Miss Miss endiablé où il est rejoint par la chanteuse argentine Sofia Wilhelmi court vêtue. Le public lyonnais réagit au quart de tour et la chaleur latino gagne le proscénium… la partie est bien engagée. Le public se déhanche au rythme de ce qui va sans doute devenir le tube le l’album. Petit temps de détente avec l’instrumental Borges Futbol (plutôt d’actualité en ces temps d’Euro 2016) puis retour du chanteur sur scène. Il enchaîne l’ensemble des titres de l’album avec à ses côtés la plupart de ses compagnons de l’album dont Chiara Mastroianni et Melvil Poupaud, tous deux acclamés.

Entre vie et mort, émotion et sensualité, mélancolie et tendresse, chaleur et exubérance, énergie et spleen, Benjamin Biolay décline les titres phares de l’album. La voix grave de Benjamin Biolay a trouvé ses marques. Le show continue de plus belle. La débandade est acclamée à tout rompre L’ambiance sombre installée par les cordes et bandonéon fait mouche sur Tendresse année zéro. Sur Palermo Spleen, la voix du ténor lyrique contraste avec le murmure de Biolay. Avec La Noche Ya No Existo et Sofia Wilhelmi, l’ambiance cumbia se déchaîne, la folie gagne la fosse et les gradins. Avec Palermo Soho, le tempo se fait langoureux, presque érotique. Pas sommeil fait retomber la pression mais le public qui n’a pas sommeil en redemande. La musique enfle. Avec Pas d’ci la nuit se fait épaisse. L’enthousiasme ne cède pas au court morceau instrumental Yokoonomatopea. La merveilleuse Ballade française plonge un instant les gradins dans une nostalgie embrumée. Le public applaudit à tout rompre.

Benjamin Biolay et son équipe sont parvenus avec brio à restituer sur scène l’ambiance de l’album « Palermo Hollywood ».

Après une sortie de scène rapide, Benjamin Biolay revient sur scène. Souvent au piano pour la seconde partie du spectacle, il rejoue ses grands titres d’antan, ceux qui l’ont révélé, ceux qui l’ont confirmé, ceux qu’on a aimés.

Les Cerfs-volants font planer le temps et les années sur la colline. Le thème récurrent du temps habite le répertoire tout en entier du chanteur qui ne se contente pas de le regarder passer. En poète inspiré il le décline sous tous ses aspects et le chante à la perfection Clin d’oeil à ses débuts et à l’album « Rose Kennedy ». Hommage émouvant à Hubert Mounier décédé le 02 mai. Succès de larmes, Cabane en rondins, Voyager léger en duo avec Chiara Mastroinani, Mobilis in Mobile de l’affaire Louis Trio chanté avec les spectateurs. L’émotion règne jusqu’au bout de la soirée et les titres s’enchaînent. Sur Jardin d’hiver quelques notes de trompette. Négatif joué au piano. Ballade du mois de juin en duo avec Chiara. Ton Héritage toujours aussi sensible.

Benjamin Biolay visiblement ému présente un par un tous les acteurs de la soirée, ceux qui ont participé au spectacle et l’ont organisé, sans oublier le public à qui il s’est régulièrement adressé pour les remercier « infiniment ». Pour finir, le grand classique La Superbe repris par une grande partie du public à qui il offre ensuite Lyon Presqu’île comme un hymne à la ville. Le natif de Villefranche y a étudié la musique au Conservatoire et y reste très attaché. Dernier appel endiablé après une bouffée de cigarette volée en coulisses.

Cette seconde partie plus recueillie que la première avec l’hommage rendu à Hubert Mounier se termine après presque deux heures vingt de spectacle.

La soirée du 17 juin a confirmé que Benjamin Biolay chante avec nuances toutes les facettes du temps, celles de la vie et de la mort, l’amour, l’allégresse, la nostalgie, la mélancolie. Ce talent incontestable est magnifié par une attitude humaine respectueuse tant  vis à vis de ses musiciens que de son public. Point de pose apprêtée de star. Point de discours. Simplement l’art d’un musicien qui a fait briller le soleil sur la colline de Fourvière une nuit de juin menacée par l’eau du ciel. Tel un magicien il a ensorcelé les nuages et arrêté les gouttes mais n’a pu empêcher la pluie de coussins que lancent les spectateurs sur la scène en guide de remerciements. Remerciements plus que largement mérités il est vrai.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

L’édition des Nuits de Fourvière 2020 propose un programme ambitieux. 60 jours, 6 créations, 4 coproductions, 6 premières françaises. Ainsi du 02 juin au 31 juillet 2020, le festival fait encore une fois vibrer la culture au cœur de la Métropole lyonnaise avec 59 spectacles de théâtre, danse, musique, opéra, cirque et 149 représentations. De quoi combler tous les publics !

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

Aimée Allen en tournée en France et Suisse

La tournée en France et en Suisse de la chanteuse et auteure-compositrice Aimée Allen constitue une belle occasion pour découvrir cette artiste américaine. Son album « Wings Uncaged » annoncé en France pour le 20 mars 2020 permet d’apprécier sa voix chaleureuse et chargée de groove.

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

« Shabaka & The Ancestors » annoncent la sortie de « We Are Sent Here By History ». Enregistré sur 2 ans, entre Cape Town et Johannesburg, ce deuxième album du groupe réunit le saxophoniste londonien Shabaka Hutchings et ses musiciens de jazz sud-africains. L’opus résonne comme une réflexion musicale sur la condition humaine en pleine agonie. Un poème sonore comme une méditation plutôt sombre sur l’avenir de l’homme. Une mise en garde… sauve qui peut & espère qui veut !

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« Ojos de Novia » par Mor Karbassi

« Ojos de Novia » par Mor Karbassi

La voix solaire de Mor Karbassi illumine « Ojos de Novia »

Après le succès de son dernier album « La Tsadika«  sorti en 2013, Mor Karbasi revient nous enchanter avec « Ojos de Novia », sorti le 13 mai.

C’est une nouvelle occasion de découvrir la voix remarquable de cette artiste charismatique portée par de talentueux musiciens à travers un album criant d’authenticité.

_72_MorKarbasi-OjosDeNovia_couv« Ojos de Novia » (Alama Rec. /Harmonia Mundi) propose treize titres aux influences berbères prononcées. Fidèle à la tradition musicale séfarade, Mor Karbasi y apporte son propre métissage marocain, perse et maure.

En effet, cette chanteuse et pianiste née à Jérusalem dans une famille aux origines marocaine, perse et israélienne célèbre 72_Mor_Karbasi_2015-0437R©Rob O'Connor@Stylorouge - cropla langue ladino emportée par les juifs séfarades d’Andalousie au Moyen-âge, lorsqu’ils furent exilés en 1492 par un décret des rois catholiques. Cette langue inventée par les rabbins espagnols traduit mot à mot l’hébreu en castillan. C’est par son grand-père, juif marocain, que Mor Karbassi s’est ouverte à cette riche culture. Passionnée par toute cette histoire elle y découvre ses racines. Sa voix prend son envol et s’épanouit dans tous les registres qu’elle explore.

Elle chante une tradition séculaire à laquelle elle apporte ses propres influences avec les atmosphères musicales du fado et flamenco qui se mêlent aux musiques du Maroc et d’Égypte.

À travers des chants évoquant à la fois l’amour et la tragédie, « Ojos de Novia », « Les Yeux de la Mariée », s’enrichit des talents de parolière de sa mère Shoshana Karbasi. Cet extrait du titre « Ahuvati Ester » n’est pas sans rappeler certains titres chantés en ladino par le contrebassiste Avishai Cohen.

Sur l’album, Mor Karbassi est entourée par Joe Taylor (guitares, trompette, saz), Jorge Bravo (guitare), Antonio Miguel (basse), Yshai Afterman (percussions) et Orel Oshrat (piano).

Elle accueille aussi des invités de marque. Richard Bona nous livre à la basse une performance remarquable sur le titre « Haykem Juar ».

The Tomatito Family insuffle des airs de flamenco et accompagne la chanteuse dans un voyage au cœur de l’Espagne. Avec « En la Ciudad de Toledo » il nous prend l’envie de visiter Tolède et l’Andalousie. C’est enfin Kai Eckhardt, ancien bassiste du McLaughlin Trio qui prête son talent à « Idijen » et « Ojos De Novia » où nostalgie et joie se télescopent dans la voix de Mor Karbassi.

Juste un clic sur le site de Mor Karbassi pour en savoir encore plus sur le talent de cette artiste charismatique.
Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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L’édition des Nuits de Fourvière 2020 propose un programme ambitieux. 60 jours, 6 créations, 4 coproductions, 6 premières françaises. Ainsi du 02 juin au 31 juillet 2020, le festival fait encore une fois vibrer la culture au cœur de la Métropole lyonnaise avec 59 spectacles de théâtre, danse, musique, opéra, cirque et 149 représentations. De quoi combler tous les publics !

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« Shabaka & The Ancestors » annoncent la sortie de « We Are Sent Here By History ». Enregistré sur 2 ans, entre Cape Town et Johannesburg, ce deuxième album du groupe réunit le saxophoniste londonien Shabaka Hutchings et ses musiciens de jazz sud-africains. L’opus résonne comme une réflexion musicale sur la condition humaine en pleine agonie. Un poème sonore comme une méditation plutôt sombre sur l’avenir de l’homme. Une mise en garde… sauve qui peut & espère qui veut !

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« Blockbuster » aux Nuits de Fourvière

« Blockbuster » aux Nuits de Fourvière

Un « Blockbuster » explosif au Théâtre de la Renaissance

La première française de « Blockbuster » proposé par le Collectif Mensuel au Théâtre de la Renaissance a dépassé les promesses. Un mashup réjouissant était annoncé. La première représentation s’est terminée par des étincelles … suivies d’une ovation explosive et unanime.

Dominique Delorme, vient lui-même présenter le spectacle « Blockbuster » dont il vante la qualité et l’originalité. La troupe du Collectif Mensuel a prouvé avec brio la véracité de cette promesse.

Collectif mensuel_Blockbuster-NDF_5544D’emblée les protagonistes de la pièce, Sandrine Bergot, Quentin Halloy, Baptiste Isaia, Philippe Lecrenier et Renaud Riga instaurent une relation dynamique avec le public. Pour personnaliser le spectacle, ils se proposent d’enregistrer des boucles qu’ils intégreront dans la bande-son. Des « applaudissements enthousiastes » et des « slogans classiques scandés lors des manifs » sont repris avec conviction par un public pas forcément habitué aux défilés contestataires, bien que… entre les anciens soixante-huitards et les actuels contestataires la plupart ont bien dû crier le fameux « tous ensemble, tous ensemble….ouais ! »

Entre théâtre, cinéma et musique « Blockbuster »  a en effet de quoi combler les attentes de tous. La troupe propose une fiction mise en image sur des scènes de films coupées et remontées, avec dialogues, musique originale et bruitages réalisés en direct sur un scenario original brillamment servi par le collectif belge. 1400 plans-séquences puisés dans 160 films hollywoodiens et détournés au profit d’un scénario inédit plein d’humour mis en action live sur la scène par cinq comédiens et musiciens. Bruitages « maison » à partir de matériaux de récupération savamment organisés sur scène, musique originale et doublages réalisés en direct tiennent en haleine de bout en bout.

La prise de risque existe à chaque instant mais tout s’enchaîne et ça marche. On pourrait presque dire « ça jazze » tant les syncopes marquent le rythme de la pièce qui swingue en diable.

On se laisse accrocher par cette fable pleine d’humour qui résonne quelquefois avec la réalité du monde actuel. Courses poursuites, explosions et personnages manichéens déclenchent des rires quelques fois un peu « jaunes ». Quelques scènes et dialogues ne sont pas sans rappeler des moments historiques. Les éclats de rire fusent mais la fiction grinçante rejoint une réalité que l’on se prend presque à imaginer… la révolte du peuple contre les inégalités sociales, l’austérité et la galère quotidienne imposées par une classe dirigeante sans pitié.

Mortier, le patron des patrons incarné par un Michael Douglas plus vrai que nature. Un gouvernement qui envisage de taxer les très hauts revenus avec en fusible un ministre sacrifié incarné par Judi Dench (à qui le MI6 doit manquer). Corinne Lagneau, journaliste incarnée par Julia Roberts (en Erin Brockovitch plus vraie que nature), se bat au péril de sa vie pour défendre les démunis et finit par se faire évincer de son journal avant d’être poursuivie par Sylvester Stalone (plus Rambo que jamais). Sean Penn (frère de Harvey Milk) en défenseur des démunis et des sans-papiers anime l’insurrection populaire. Al Pacino (sorti du film un « Après-midi de chien ») en chômeur désespéré qui réalise une prise d’otage pour retrouver son poste de gardien de nuit. En point d’orgue (ou presque) une manifestation non-violente encadrée par un service d’ordre organisé par un fantoche Brad Pitt. Enfin Tom Cruise en premier ministre dont la « Mission impossible » le conduit à décider d’une violente répression suivie… d’une issue qu’on ne narre pas pour éviter de déflorer la chute du spectacle et son ultime rebondissement.

Conquis et secoué par « Blokbuster », on acclame avec enthousiasme ce scénario inédit interprété par une troupe qui réalise une prouesse « hors normes » et fait exploser les schémas habituels du théâtre, au propre et au figuré.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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« Eros » par Paolo Fresu et Omar Sosa

« Eros » par Paolo Fresu et Omar Sosa

Paolo Fresu & Omar Sosa dédient l’album « Eros » à l’Amour

Le duo Paolo Fresu et Omar Sosa se retrouve quatre ans après « Alma » pour un second album dédié à l’Amour et intitulé fort à propos « Eros ». Un disque totem en quelque sorte, un album concept enregistré avec soin.

Sur 250_Paolo fresu_photo Roberto Cifarelli.l’album « Eros » (Tuk Music/Bonsaï), 250_Omar Sosa_photo Roberto Cifarellile trompettiste sarde, Paolo Fresu, et le pianiste cubain, Omar Sosa, proposent treize morceaux dont un titre fantôme gravé à la suite du douzième morceau. Les noms des morceaux évoquent les émotions de l’amour.

Paolo Fresu et Omar Sosa tournent beaucoup ensemble sur scène et cette collaboration les a conduit à mêler savamment leurs musiques durant les concerts. Tous deux affectionnent les percussions et emploient les effets électroniques qu’ils utilisent live avec beaucoup de discernement. Le disque témoigne de leur intérêt pour les effets, les boucles sonores reprises en sample et les re-recording. A partir des enregistrement faits en Italie, à Rio et à Toulouse, le mixage et la post production nous permettent de retrouver autour du duo, le violoncelliste brésilien Jaques Morelenbaum (déjà présent sur « Alma »), les cordes du Quartetto Alborada et la voix de la chanteuse Natacha Atlas sur deux titres. Elle cosigne pour sa part les textes en arabe du morceau Teardrop du groupe massive Attack, qui se transforme en Ya Habibi.digipack Eros.indd

Le visuel de l’album, Lolli Pop est signé par l’artiste milanais Alessandro Gottardo a.k.a. « Shout ». IL constitue aussi la base du concept graphique du livret qui accompagne le disque. On note le sous-titre Eros écrit en grec antique.

Climats éthérés alternent avec morceaux plus rythmés. Le pianiste a composé la moitié des titres de l’album et le trompettiste trois morceaux dont Zeu’s Desires et Eros Mediterraneo aux mélodies que l’on mémorise volontiers. La reprise du titre What Lies Ahead de Peter Gabriel et de son fils Isaac bénéficie de l’intervention inspirée du violoncelliste Piero Salvatori. Une rythmique cubaine impulse un climat de gaîté savoureux au titre Why.

Malgré une esthétique soignée, et quelques titres aux mélodies remarquables, peu d’émotion affleurentt à l’écoute de cet opus. Plutôt dommage quand on célèbre l’amour. Sans doute cela est-il dû à la masse des effets électroniques qui surchargent les échanges entre Paolo Fresu et Omar Sosa .Les invités ayant enregistré à distance, ils n’ont guère pu non plus interagir avec le duo.

La publication de l’album a été précédée d’un vidéo clip illustrant le Zeus » Desires. Il a été produit par la réalisatrice italienne Marzia Lila Mete avec la participation de l’actrice Astrid Meloni, de Paolo Fresu et d’Omar Sosa.

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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Aimée Allen en tournée en France et Suisse

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Le retour de « Shabaka & The Ancestors »

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Soirée Moondog aux Nuits de Fourviere

Soirée Moondog aux Nuits de Fourviere

L’esprit de Moondog plane sur le Grand Théâtre de Fourvière

Le 11 juin 2017, la soirée Moondog aux Nuits de Fourviere a tenu ses promesses au-delà de toutes les attentes. Une réussite éclatante de bout en bout. Pourtant cet hommage tenait du défi. Pari plus qu’honoré.

Affiche NDF2016_visuel2Ce vibrant hommage rendu à Moondog et annoncé dans un précédent article est évènementiel à plusieurs titres. Au regard de la stature du compositeur et musicien qu’était Moondog. Au vu des artistes invités. Il s’est agit de respecter l’esprit du créateur et d’emporter l’adhésion du public dont la majorité découvrait l’œuvre de Moondog.

Certains artistes de la soirée Moondog aux Nuits de Fourviere, comme Stephan Eicher (chant), Stephan Lakatos (percusion/trimba) et Dominique Ponty (piano), ont côtoyé et joué avec Moondog. D’autres ont une connaissance approfondie de sa musique, tels les musiciens de l’Ensemble Minisym dont la direction artistique est assurée par Amaury Cornut, musicien et exégète de la musique de Moondog (site spécifique consacré à Moondog, ouvrage de référence et conférences spécialisées) et la concertiste Katia Labèque (piano). Le talent des autres participants de la soirée et leur intérêt pour le projet ont aussi contribué à la qualité du spectacle, l’Orchestre de l’Opéra de Lyon avec à la Direction Stefano Montanari, le groupe Triple Sun, les saxophonistes Raphaël Imbert (sax ténor et alto) et Jean-Philippe Scali (sax baryton), le batteur Sangoma Everett (invité surprise) et les danseurs Marie-Agnès Gillot, Yaman Okur et Stéphane Deheselle.

Il convient enfin de saluer Richard Robert (conseiller artistique et assistant à la programmation musicale des Nuits de Fourvière) à l’initiative du projet. Son engagement a participé grandement à la réussite de cette soirée.

La première partie du spectacle explore la diversité de l’œuvre de Louis Thomas Hardin. Immersion progressive dans l’écriture de Moondog avec en ouverture le « Thème » interprété par l’Orchestre de l’Opéra, le « trimba » et toutes les percussions. L’esprit du compositeur surgit d’emblée. Les vingt-sept autres morceaux vont développer presque toutes les facettes de la musique de Moondog.

De courtes pièces jouées en duo Piano-Trimba par deux interprètes qui furent très proches de Moondog. Dominique PontyNDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-2 visiblement très émue et concentrée sur son clavier. Le percussionniste Stefan Lakatos dont la tunique noire et la barbe blanche font écho à l’aspect de Moondog immortalisé sur les clichés. Le rythme hypnotique qu’il tient sur le trimba, percussion créée par Moondog et visible sur la photo ci-dessous, impressionne et captive. NDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-1Il reprend le rôle que tenait Moondog lors des concerts où il donnait lui-même le tempo.

Le spectacle fait alterner la plupart des formes musicales explorées par Moondog aux différentes périodes de sa vie. Avec « Do your thing » interprété par Stephan Eicher, Dominique Ponty et Stefan Lakatos, c’est l’aspect « chanson » du disque « H’art songs » qui est présenté. Le piano martèle un chant et en contre-point la voix chante la liberté. Simple mais efficace, le thème s’imprime dans notre mémoire et on se prend à la chantonner en quittant le spectacle...on aurait presque attendu « I’m This, I’m That ». L’art du canon est aussi présent dans de nombreux autres morceaux repris par l’orchestre de l’Opéra. Le thème interprété par un premier instrument du grand l’orchestre est repris par un deuxième, puis un troisième jusqu’à concerner la masse orchestrale, le tout soutenu par des séquences rythmiques qui se complexifient allant presque jusqu’au déséquilibre qui n’advient jamais tant est grand le talent de tous les instrumentistes et du chef d’orchestre. Dans les « Jazz Book n° 2, 3 et 4 » c’est la dimension contrapuntique qui est mise en évidence.

La dimension symphonique de l’œuvre de Moondog est principalement restituée par l’Orchestre de l’Opéra de Lyon dirigé par Stefano Montanari avec quelques « Symphoniques ». La « Symphonique #3 - Ode to Venus » romantique à souhait, la « Symphonique #1 plus martiale, la « Symphonique #6 - Good for Goodie » plus jazzy et dédiée à Benny Goodman, la « Minisym #1 » au accents plus modernes, « Witch of Endor » à la mélodie ensorcelante. Dans tous ces morceaux la dimension rythmique demeure essentielle.

Dans l’Ensemble Mininym les instruments anciens tels la théorbe et la vielle à roue côtoient guitare, violon, violoncelle et percussions. Leurs timbres colorent les morceaux qui sonnent comme des madrigaux. Dans cette même esthétique c’est un Stephan NDF_Moondog_+é-®_paul_bourdrel-6Eicher très concentré qui chante le « Guggisberglied ». Au mi-temps de la première partie, soutenu par l’ensemble des instrumentistes de la soirée, Stephan Eicher réunit autour de lui un chœur avec Stephan Lakatos, Amaury Cornut et Richard Robert. Le chanteur présente « New Amsterdam » comme « un hymne à la paix en hommage à celui qui nous a quitté ». Un clin d’œil à New-York (anciennement nommée New Amsterdam), cette ville qui a abrité une partie de la vie musicale de Moondog. Sur le Grand Théâtre plane une émotion palpable suivie d’applaudissements nourris. L’ensemble des contributeurs musicaux de la soirée se retrouvent aussi sur « Bird Lament » écrit par Moondog à la mort de Charlie Parker (surnommé The Bird). Les parties de saxophone sont tenues de belle manière par Raphaël Imbert (sax alto) et Jean-Philippe Scali (sax baryton). Sur le public le thème fait mouche. Avant la toute fin du spectacle, Stephan Eicher vient présenter l’ensemble des artistes de la soirée sans oublier un remerciement pour Richard Robert, le « fou furieux » sans qui la soirée n’aurait pas eu lieu. La première partie de soirée se termine avec « Paris » et ses accents de French Cancan.

Avec la seconde partie le contraste est total. Ambiance rock, volume exacerbé et jeux de lumière pour la musique de Moondog qui prend des couleurs encore plus actuelles.

Quatre musiciens sur scène. Katia Labèque au piano accompagnée par « Triple Sun » avec David Chalmin à la guitare électrique, Raphaël Séguinier aux percussions et Massimo Pupillo à la basse. Les mélodies de Moondog et les séquences percussives tournent en boucle. L’esthétique de la musique change et le résultat est hypnotique et envoûtant. Les danseurs apportent une dimension magique supplémentaire à la musique qu’ils habitent. Leurs mouvements tout en fluidité contrastent avec la puissance de la musique Telle une libellule désarticulée, la silhouette de Stéphane Deheselle se meut avec légèreté sur « Lullaby ». Sur « Bird Lament », Yaman Okur épouse la musique et glisse littéralement et pratique au ralenti des figures de break dance et de popping. La guitare pleure. A couper le souffle ! « Elf Danse » est  lui aussi transfiguré. La chorégraphie proposée par Marie-Agnès Gillot et Stéphane Deheselle fascine. Les deux danseurs se fondent pour ne faire qu’un corps avec bras et mains de l’un et les pieds et jambes de l’autre qu se meuvent de concert. A n’en pas croire ses yeux ! Les quatre musiciens explosent ensuite le thème « Bumbo » transcendé par l’électricité portée à son paroxysme. Une rythmique énervée exaspère la mélodie jusqu’à la rendre incandescente. « New Amsterdam » met en scène Marie-Agnès Gillot et Stéphane Deheselle reliés par deux manches qui s’étirent et les relient l’un à l’autre. La femme-araignée capturée sort de scène tirée sur le dos de l’homme-araignée. Les échos de la musique s’engluent dans les lumières de la scène. On est captivé.

A la fin du spectacle, les applaudissements explosent et demandent un rappel où les danseurs se jouent des coussins lancés sur scène suite au rituel « lancer de coussin » qui devient un peu exaspérant même s’il traduit l’enthousiasme des spectateurs.

Une soirée bigrement réussie qui fera date dans les Nuits de Fourvière. Un évènement unique dont la singularité est sublimée par le talent de tous les interprètes.

Un grand merci à Paul Bourdrel pour les photos qui illustrent cet article.
Nuits de Fourvière 2020 – La programmation

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