Né de la collaboration entre la batteuse croate Lada Obradovic et le pianiste français David Tixier, le « Obradovic-Tixier Duo » présente « The Boiling Stories of A Smoking Kettle », un album où élégantes mélodies et rythmiques complexes coexistent dans un équilibre subtil. Les compositions évoluent entre légèreté et densité, délicatesse et énergie. Il en résulte un cocktail polyrythmique inventif dont la musicalité ne se dément à aucun moment. A écouter en boucle !
Ambronay 2016 – Les concerts du Chapiteau
Vibrations et voix magnétiques sous le Chapiteau d’Ambronay
Renommé pour la qualité de sa programmation des grandes œuvres baroques, le Festival d’Ambronay 2016 propose aussi des concerts de Musiques du Monde sous le Chapiteau tous les samedis soirs à 21h.
Depuis 37 ans le Festival de Musique Baroque d’Ambronay contribue à la promotion de la Musique Baroque, de ses auteurs, ses œuvres, ses interprètes d’aujourd’hui et ceux de demain
dont il favorise l’émergence (Festival eemerging). En 2016 on se laissera éblouir par les Vibrations des Lumières avec une programmation tout en contrastes et clairs-obscurs.
Le Festival se déroule du 16 septembre au 09 octobre 2016. Si les voûtes sonores de l’Abbatiale d’Ambronay demeurent un écrin incomparable pour les voix et les orchestres, la Salle Monteverdi accueille toujours des concerts précieux. La musique résonne aussi à Bourg en Bresse, à Ambérieu-en-Bugey et à Villieu-Loyes-Mollon. Par ailleurs, l’association avec l’Auditorium-Orchestre National de Lyon se poursuit. Pour connaître plus précisément la programmation des quatre week-ends, la consultation du site du Festival d’Ambronay s’impose.
Cette année encore, Daniel Bizeray, Directeur du Festival d’Ambronay promet des moments festifs sous le Chapiteau. Cet espace est en quelque sorte devenu un lieu où règne une liberté musicale certaine. Le programme des « réjouissances sous le Chapiteau » est alléchant. En effet de nombreuses voix magnétiques sont programmées tous les samedis à 21h. De plus, à l’issue de chaque concert les festivités se prolongent par des « afters » (entrée libre) dès 22h30 au Bar du festival.
Le samedi 17 septembre à 21h, le Chapiteau propose une soirée « Entre deux Mondes » avec Las Hermanas Caronni et leur musique métissée. Laura Caronni (voix, violoncelle) et Gianna Caronni (voix, clarinette) sont en effet de vraies musiciennes du monde. Si l’Argentine a fondé leur identité, les jumelles naviguent aujourd’hui entre les musiques de l’Ancien et du Nouveau Monde. Fortes de leur bagage musical classique elles se jouent des styles et déjouent les modes. Leur dernier opus « Navega Mundos » (Les Grands Fleuves/Harmonia Mundi) sorti en 2015 donne à écouter une musique sans frontières.
Le concert du 17 septembre se profile sous les auspices de la finesse et du dépaysement.
Le samedi 24 septembre à 21h, toute la lumière et la beauté du Maroc vont irradier le Chapiteau. En effet, la voix de la chanteuse Oum brille comme un « Astre du Désert ». Inspirée par le Jazz et l’Orient, Oum étonne par l’étendue de ses capacités vocales. Son album « Zarabi » (Lof Music/Harmona Mundi) sorti en 2016, propose une musique marocaine hors du temps. La chanteuse s’exprime en darija (dialecte marocain) pour conter l’universel de la féminité. Une orchestration originale, voix, oud, trompette, percussions et contrebasse au service d’une musique qui réalise la fusion entre soul et chant oriental.
La soirée du 24 septembre est annonciatrice de vibrations inspirées et empreintes de grâce.
Le samedi 01 octobre à 21h, le Chapiteau vibre de la « chanson française déjantée » du trio Triwap. Un programme prometteur est annoncé… Et si on s’en mêlait !? Il s’agit d’un spectacle total, chanté et joué, drôle et musical. Trois trublions brillants, touche-à-tout, multi-instrumentistes et comédiens. Emmanuel Lanièce (piano, guitare, voix), Pierre Leblanc-Messager (trombone, flûte à bec, chant) et Martin Pauvert (Contrebasse, piano, guitare, chant) se promènent dans des répertoires variés. De Dutronc à Stevie Wonder en passant par les Bee-Gees.
Wap doo wap ! Le spectacle s’annonce joyeux et inventif le 01 octobre.
Le samedi 08 octobre à 21h, ViréVolte invite à un « Voyage au bout de la Nuit » sous le Chapiteau d’Ambronay. Réunis autour de la chanteuse Aurore Bucher, les musiciens de Virévolte décloisonnent la musique populaire et la musique savante. Ils proposent un nouveau répertoire avec des arrangements inédits. Les instruments baroques se mettent au service du jazz, la guitare folk ranime Bach et Haendel, la clarinette s’immisce dans la musique ancienne. Ainsi Dowland et Bashung, Mozart et Sinatra se télescopent. Une chanson de Dalida devient même un air d’opéra !
Le bulletin météo de ce 08 octobre annonce un tourbillon musical qui va virévolter et illuminer la nuit.
En quittant le Chapiteau après ces quatre soirées, avant de reprendre la route, il est possible de poursuivre les festivités. En effet dès 22h30 le Bar du festival est ouvert pour une fin de soirée conviviale. Depuis 2014, cette formule des « afters » permet de retrouver les artistes écoutés sous le chapiteau à 21h. Il est d’ailleurs tout à fait possible d’échanger avec eux en toute liberté.
Tout un programme : « After Métissé » le 17 septembre, « After Musique du monde » le 24 septembre, « After Déjanté » le 01 octobre et pour finir « After Baroque et pop » le 08 octobre. Il serait vraiment dommage de bouder son plaisir !
Les élégantes polyrythmies du Obradovic-Tixier Duo
Poésie et énergie avec Youpi Quartet & « Mozaïc »
Rarement groupe n’a aussi bien porté son nom que le Youpi Quartet. En effet, ce groupe fusionnel offre une musique à la fois énergique et enchanteresse. Sans instrument harmonique, le quartet complice réunit les souffles de la flutiste Émilie Calmé et de l’harmoniciste Laurent Maur et la performante paire rythmique composée du bassiste Ouriel Ellert et du batteur Curtis Efoua. L’oreille savoure l’éclatante alchimie musicale de « Mozaïc » et après l’écoute de l’album, un seul mot échappe … Youpi !
Kandace Springs revient avec « The women who raised me »
La chanteuse et pianiste Kandace Springs revient avec « The Women who raised me », un album studio qui rend hommage aux voix des femmes qui l’ont inspirée. Avec élégance, elle reprend des standards chantés par douze grandes voix féminines. Entourée par d’illustres artistes de jazz, elle parcourt un voyage au fil d’un siècle de musique et projette sa voix magnétique dans l’espace jazz. Élégance et émotion sont au rendez-vous.
Duke Ellington avait livré ses mémoires un an avant sa mort (1974) et le livre avaient été publié en 1973. Il a donc fallu attendre 43 ans pour lire la traduction française des mémoires de d’Edward Kennedy « Duke » Ellington, pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre. C’est grâce aux traducteurs Clément Bosqué et Françoise Jackson que nous pouvons accéder aux écrits de Duke Ellington.
De ces différentes narrations il apparaît que le chef d’orchestre a été entouré toute sa vie par des personnes qui l’ont aimé et choyé. Le musicien a aussi beaucoup voyagé et si New-York fut son port d’attache, Duke a parcouru son pays et le monde entier. Il raconte ses impressions face aux différents éléments de ses voyages en Europe, Asie, Océanie, Amérique du Sud, Moyen-Orient, Afrique (réceptions, accueils, hébergements, rencontres).
Sur Anda, la voix de Melingo nous revient telle qu’on l’aime, éraillée et obscure. Anda promet des dépaysements. Avec Anda, Melingo frappe plus fort et nous ensorcelle. Avec Anda, le tango est comme bousculé, comme revigoré.
Le tango des origines s’y régénère, un peu comme si Carlos Gardel était au centre d’une fiction néo-rock arty, avec une galerie de personnages où Erik Satie et Serge Gainsbourg sont quelques-uns des fantômes convoqués par l’acteur- poète argentin.
« Jazz Campus en Clunisois » Des musiciens créatifs au long cours et de nouveaux venus qui sont les enchanteurs de demain font vivre une programmation attractive où alternent concerts pique-nique gratuits et soirées en salle. Sans oublier en fin de festival la restitution du travail réalisé par les stages durant les 6 ateliers proposés cette année.
Le samedi 13 août à 21h, c’est dans le parc de la Maison des Patrimoines de Matour qu’on a rendez-vous avec le duo de Raphaël Schwab (contrebasse) & Julien Soro (/saxophone alto). Les deux complices proposent un jazz tout en poésie, humour, lyrisme. Concert gratuit.
Hélène Labarrière et le guitariste Hasse Poulsen. Leur nouvelle aventure explore « la chanson sans les mots ». La chanson, souvenir d’enfance au pays des rêves, des perles de la variété française, des trésors du mythe américain. Les cordes de ces deux explorateurs se frottent et s’emmêlent, pour encore plus d’intimité, de partage, avec jubilation et profondeur. Tout un programme à découvrir pour les oreilles curieuses.
La seconde partie de soirée appartient à Mohamed Abozekry & Heejaz extended avec le oudiste Mohamed Abozekry, Anne-Laure Bourget (percussions), Hugo Reydet (contrebasse), Ludovic Yapoudjian (piano) et Benoit Baud (saxophone). Une « musique univers » qui emprunte l’énergie du rock, l’improvisation du jazz et chevauche les mélodies du monde à la sensibilité orientale. A découvrir de tout urgence si ce n’est pas encore fait ou à réécouter pour apprécier de nouveau cette musique singulière et énergique.
Le mercredi 17 août on prend la direction de Cluny pour le Théâtre Les Arts à 21h où l’on retrouve Eve Risser et son White Desert Orchestra. La pianiste et compositrice Eve Risser dirige un ensemble de dix musiciens, composé de représentants de sa génération, celle qui marie technicité à toute épreuve, ouverture artistique tous azimuts et sens de la prise de risque. Elle nous fait parcourir les canyons américains sur les ailes d’une musique qui allie jazz, la musique classique et contemporaine. Une rêverie un peu savante et sérieuse qui surprend quelquefois. Un voyage dépaysant.
La soirée du 18 août se déroule à Cluny. A partir de 21h, la scène du Théâtre Les Arts appartient au guitariste Marc Ducret. Pour sa première venue au Festival Jazz Campus en Clunisois, le guitariste annonce la couleur… Métatonal. Marc Ducret a su marier les éléments constitutifs du rock et ceux du jazz. Son idiome est devenu une référence. En trio avec ses habituels compagnons Eric Echampard (batterie) et Bruno Chevillon (contrebasse) il invite trois vents, et pas n’importe lesquels. Rien moins que le saxophoniste Christophe Monniot, le trompettiste Fabrice Martinez et le tromboniste Samuel Blaser. La soirée promet son pesant de son.
A 12h30 le vendredi 19 août, invitation à un pique-nique au Haras National de Cluny pour écouter le Possible(S) quartet. Quatre instrumentistes à vent lâchés dans la nature. On retrouve Rémi Gaudillat (trompette, bugle), Fred Roudet trompette), Loïc Bachevillier (tuba) et Laurent Vichard (clarinette). Au programme, compositions originales et improvisations élégantes. Tout est possible.
Issu d’un orchestre sud-africain multiracial, ce big band émigré en 1966 en Europe pour cause d’apartheid, est né dans les années 70 à Londres. Il a laissé une empreinte profonde dans les mémoires. Il enflamme la scène européenne du jazz, opérant une jonction explosive entre les musiques populaires d’Afrique du Sud et l’avant-garde des improvisateurs britanniques, sous la houlette du pianiste Chris Mc Gregor, jusqu’en1990.
La scène appartient ensuite à la chanteuse Robin McKelle. Après 7 ans d’absence au Théâtre Antique, la chanteuse américano-irlandaise revient présenter son nouveau projet via le répertoire de son dernier album « The Looking Glass » teinté de « pop soul ». La chanteuse parle d’un répertoire très personnel auquel elle tient beaucoup. C’est pour elle un nouveau chapitre de sa vie musicale qui se teinte d’un esprit plus frais avec de nouveaux musiciens. Robin McKelle est visiblement à l’aise sur scène où elle bouge avec brio. Elle sait alterner les ambiances et offre un spectacle ovationné par un public très réceptif.
Le saxophoniste Kamasi Washington que l’Europe a découvert en décembre 2015 via son triple album « The Epic » (Brainfeeder). Annoncé comme un fils de Sun Ra et de Pharoah Sanders, un héritier de la famille de Coltrane, le saxophoniste est précédé d’une déjà fameuse réputation. Au regard de la durée du set annoncé il était évident que la frustration serait de la partie pour les auditeurs désireux de découvrir Kamasi Washington. La palette des possibles de l’artiste est si étendue qu’il aurait fallu la nuit entière pour permettre au saxophoniste de déployer toutes les couleurs de ses talents.
(dont le nom est gravé sur la contrebasse), les batteurs Ronald Bruner Jr et Tony Austin, la chanteuse conteuse Patrice Queen. Tous sont attentifs, furieux ou concentrés mais toujours réactifs. Ils contribuent au spectacle, sans se donner en exhibition, sans excès d’ego. Ils semblent dans le plaisir de jouer, d’être ensemble, de jouer leur musique. Un vrai savoir-vivre musical basé sur l’écoute, sans surenchère d’effets.
En habit traditionnel africain, le saxophoniste leader conduit l’orchestre avec une sérénité pacifique qui demeure lorsqu’il embouche l’instrument. C’est fascinant. Les pieds ancrés sur scène, le colosse propulse son souffle avec aisance et une apparente facilité, avec une puissance alliée à une relative félicité. Il se dégage une musique de transe où le son règne en roi. Avec en ouverture Re Run Home, on goûte à l’énergie débridée et au groove absolu. Advient le contraste avec l’interprétation du Clair de Lune de Debussy… le climat devient contemplatif. Les musiciens sont rejoints par le père de Kamasi Washington Rickey Washington,au saxophone soprano.
trouve un peu sonné, comme dépaysé après le passage de Kamasi Washington et de ses aliens. Il reste les souvenirs et l’espoir de l’écouter prochainement après la sortie de son prochain album.
Le 11 juillet, Chick Corea est entouré du valeureux et incontournable Christian McBride (contrebassiste et bassiste), du saxophoniste Kenny Garrett, du trompettiste Wallace Roney et du batteur Marcus Gilmore. Du début à la fin de set le sourire ne quittera pas le visage du pianiste. Pour rester fidèle à lui-même passera alternativement du clavier acoustique à l’électrique. A aucun moment Chick Corea ne fait étalage de sa technique dont on connait pourtant l’étendue. Il déroule les fils de ses improvisations avec légèreté et précision et accompagne ses compagnons talentueux auxquels il est très attentif. Il procède par touches délicates ou par relances efficaces plus appuyées et prend visiblement autant de plaisir à les accompagner qu’à se mettre en avant.
Élégant et souriant le chanteur n’a rien perdu de son charisme. Ses postures évoquent celles d’un prêcheur qui porterait la bonne parole, celle d’une musique qui n’a pas peur d’affirmer ses singularités. La voix de baryton chaleureuse et caressante de Gregory Porter est portée par un quartet qui met en valeur sa prestation. Les interventions très rondes du saxophiste ténor Tivon Pennicot remplacent avantageusement les folles envolées du saxophoniste alto présent à ses côtés les années précédents.
Gregory Porter ouvre avec Holding on et interprète aussi le thème éponyme de son dernier album « Take me To The Alley » dont il propose aussi Fashion, titre un peu atypique de son dernier opus où il scatte avec brio. Après quelques morceaux dont On my way to Harlem enregistré sur l’album « Be Good », la tonalité est donnée et les spectateurs sont acquis. Gregory Porter s’éloigne alors de ses propres compositions pour interpréter Papa was a Rolling Stone immortalisé par les « Temptations » dans les années 60. A peine le chanteur a-t-il lâché « clap your hand ! » que le Théâtre résonne des battements de mains enthousiastes de la foule. On se croirait au cœur d’une cérémonie gospel où le pasteur Porter officie. « Preacher Porter », ce titre lui sied vraiment !
Tigana Santana propose un répertoire principalement issu de son album « Tempo & Magma » où il célèbre un Brésil ancré dans ses traditions africaines, du côté de l’Angola et du Nigéria. Au Brésil, l’influence bantoue est très forte au niveau du comportement, de la pensée et de la spiritualité. Il existe de facto une continuité entre les traditions venues de ces pays d’Afrique et celles de Bahia. Tigana Santana donne corps à ce lien. Sa voix porte le chant de la diaspora de ce peuple africain transporté au Brésil lors de la période esclavagiste. Dans ses chants, il s’exprime en Portugais, Français, Anglais mais le plus souvent dans les langues tribales africaines (idiomes kokongo, kimbundu, tshiluba, …).
Dans les civilisations qu’il a étudiées, toute manifestation artistique est acte de philosophie et vice-versa. Ce philosophe (doctorant en philosophie à l’université de São Paolo) pratique la poésie, la composition et le chant pour perpétuer le lien entre l’Afrique et le Brésil. Cela fait de lui le Brésilien le plus africain du Brésil. La combinaison de ces deux aspects de la diaspora africaine dans la musique de Tigana Santana est une affirmation artistique et politique qui irradie la création de cet artiste singulier et talentueux.
L’accompagnement sobre et discret du percussionniste Inor Sotolongo met en valeur les ballades délicates. Les rythmes subsahariens portent les mélodies troublantes. Même lorsque le chanteur s’exprime le poing levé (révolte ou combat ?) le chant confine à la prière et à l’incantation.
C’est « Esperanza Spalding Presents : Emily’s D+Evolution », un album conceptuel créé comme une suite poétique de tableaux musicaux vivants, une sorte d’audio-portrait.
, spectacle dans lequel elle crée un monde autour de chaque chanson. Sur scène la bassiste a visiblement envie de chanter et utilise le langage du corps, elle ondule avec grâce sans pour autant proposer une performance de danse, loin de là.
rration.

Comme on peut s’y attendre au regard des trajectoires des trois musiciens, le trio ne pratique pas un jazz « standard ». Le répertoire est adapté à cette formation électrique.