Jazz à Vienne 2017 – La programmation

Jazz à Vienne 2017 – La programmation

Des Stars, des Hommages, des Soirées Thématiques

Jazz à Vienne 2017… c’est du jazz de midi jusqu’à tard dans la nuit. 14 soirées au Théâtre Antique avec du Jazz, des Hommages et les habituelles Soirées Thématiques métissées. Des concerts en accès libre sur la scène de Cybèle et au Théâtre de Vienne où alternent le Club de Minuit et le Jazz Mix.

Jazz à Vienne 2017 est à l’image du visuel 2017 signé par Bruno Théry, choisi par le festival et associant cette année encore « tous les pays, tous les genres, toutes les cultures, toutes les folies, parfums et horizons… ».

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne 2017 c’est… 14 soirées au Théâtre Antique, …des concerts en entrée libre dès 10h30 sur la Scène de Cybèle pour découvrir l’actualité de tous les jazz, … des concerts en soirée au Théâtre de Vienne avec des afters musicaux qui font alterner la programmation du « Club de Minuit » avec des soirées acoustiques privilégiant la découverte et l’écoute et celle du « JazzMix », ce laboratoire de tous les possibles avec des concerts hors des sentiers battus de 0h30 à 3h du matin.

Jazz à Vienne 2017 c’est aussi… « Caravan’Jazz » avec cette année les quatre musiciens de « The Swinging Dice », … « Les Musaïques », ces concerts en entrée libre au Musée Gallo-Romain Saint-Romain-en-Gal/Vienne avec cette année un brunch musical colombien le 09 juillet, … « L’Académie », … « Jazz à Vienne fait son Cinéma » en partenariat avec le Cinéma Les Amphis, …des salons, des rencontres et des expositions, …les « Lettres sur Cour » les 07, 08 et 09 juillet, …des « Résonnances Métropolitaines » au Périscope, à Saint-Étienne et à l’Isle d’Asbeau.

Comme les deux profils de la figure coquine de l’affiche, on se propose de balayer rapidement l’horizon musical proposé au Théâtre Antique durant cette 37ème édition du festival « Jazz à Vienne ». Pour une vision exhaustive de la programmation de toutes les scènes et des projets de Jazz à Vienne 2017, la visite du site du festival Jazz à Vienne s’impose.

La scène du Théâtre Antique propose une programmation éclectique qui fait se succéder des grandes stars du jazz d’aujourd’hui, des talents confirmés ou en devenir, toutes générations confondues, des « Soirées Hommage » à des musiciens qui ont marqué l’histoire du jazz ou plus largement celle de la musique populaire, sans oublier les habituelles « Soirées Thématiques » consacrées aux musiques cousines auxquelles s’ajoute cette année une ouverture vers le hip-hop.

Du côté des Grandes Stars du Jazz et des talents confirmés l’affiche est alléchante.

Rendez-vous le 30 juin avec le pianiste Ahmad Jamal annoncé en quartet. Il convie à ses côtés la chanteuse Mina Agossi et le rappeur Abd Al Malik. La soirée est ouverte par le trompettiste Christian Scott.

Entouré du bassiste James Genus, du guitariste Lionel Loueke, du saxophoniste Terrace Martin et du batteur Vinnie Colaiuta, le pianiste Herbie Hancock bardé de ses synthés est la star du 12 juillet. Il sera précédé du saxophoniste ténor Donny McCaslin.

La soirée du 05 juillet voit se succéder sur scène deux stars de l’art vocal. La chanteuse Stacey Kent ouvre la soirée accompagnée de ses habituels compagnons Jim Tomlinson (saxophone), Jeremy Brown (contrebasse), Graham Harvey (piano) et Josh Morrison (batterie). Place ensuite au chanteur plein d’énergie Jamie Cullum qui revient pour la troisième fois à Vienne.

Le 09 juillet voit sur scène la réunion de trois musiciens de générations différentes. Le trio franco-américain composé du violoniste Jean-Luc Ponty, du guitariste Biréli Lagrène et du contrebassiste Kyle Eastwood. Trois instruments à cordes qui explorent l’univers du swing. En seconde partie de soirée c’est le retour de la chanteuse Youn Sun Nah qui présente le répertoire de son nouvel album « She Moves On » avec son nouveau groupe composé de Jamie Saft (piano/orgue/Rhodes), Brad Jones (contrebasse), Clifton Hyde (guitare) et Dan Rieser (batterie).

Le 3 juillet le Théâtre Antique rend Hommage à John Coltrane avec un triple plateau.

On retrouve ce soir-là des musiciens ayant partagé la scène avec lui. C’est le cas du légendaire Pharoah Sanders programmé en quartet et du saxophoniste Archie Shepp qui vient avec un all-star. Il invite pour l’occasion un représentant de la nouvelle génération du saxophone, Shabaka Hutchings. La soirée propose aussi un duo constitué du pionnier de la musique techno, Jeff Mills qui témoigne de son amour pour la musique de Coltrane avec une relecture de l’album « A Love Supreme » accompagné du saxophoniste français, Émile Parisien.

La Soirée French Touch du 04 juillet réunit une brochette de talents confirmés ou en devenir. Le pianiste Yaron Herman présente avec en trio avec le batteur Ziv Ravitz et le bassiste Bastien Burger le répertoire de son dernier album « Y ».

La chanteuse Anne Sila passe le relai au saxophoniste Émile Parisien et à l’accordéoniste Vincent Peirani qui rendent hommage à Joe Zawinul disparu il y a 10 ans. Le duo est entouré d’un all-stars de musiciens parmi lesquels d’aucuns ont eu l’occasion de s’exprimer dans le Zawinul Syndicate auprès du maître des claviers, comme le batteur Paco Sery et le bassiste Lindley Marthe. A leurs côtés le guitariste Manu Codjia, le claviériste Tony Paeleman et le chanteur et percussionniste marocain Aziz Samahoui qui a lui aussi eu l’occasion de jouer avec Zawinul.

Du côté des Soirées Thématiques et des Hommages, le festival regarde largement vers les musiques cousines.

Blues

La Soirée Blues du 06 juillet met en avant le groupe phénomène Vintage Trouble, le guitariste-chanteur New-Orleans Kenny Neal avec Darnell Neal (basse), Fred Neal (claviers), Bryan Morris (batterie) et Alfonso Guilory aka “AG” (sax), sans oublier la découverte Mr Sipp.

Par contre le Blues sera également présent le 13 juillet avec Keziah Jones qui s’abreuve aussi aux sources du funk et des musiques du monde.

Le Blues se fera aussi entendre le 29 juin avec le rockeur Zucchero qui célèbre le blues dans son dernier opus enregistré dans le delta du Mississippi.

Funk – Soul - Hip-Hop
La Soirée Funk du 08 Juillet est aussi l’occasion d’un Hommage à Prince, ce musicien, réalisateur et producteur des plus prolifiques de l’histoire de la musique disparu le 21 avril 2016. Ce légendaire chanteur américain, musicien de génie, dandy et bête de scène a influencé à jamais la musique.
Jazz à Vienne 2017 conçoit en effet une grande soirée hommage avec le “petit Prince” français Juan Rozoff, la funk-pop-rock de Trombone Shorty et une création qui unira sur scène, l’ancien bassiste de Prince, Larry Graham, le leader de FFF, Marco Prince et la chanteuse qui surfe décidément avec beaucoup de talent sur toutes les vagues musicales Jeanne Added.

La Soirée Soul du 10 juillet est aussi l’occasion pour Jazz à Vienne d’inviter en premier plateau la petite protégée de Prince, l’anglaise Lianne La Havas en solo pour une date unique en France cet été. C’est la reine incontestée du hip-hop soul, Mary J. Blige qui a le privilège de terminer la soirée. A l’occasion elle présente son prochain album.

L’histoire du jazz est balisée par de nombreuses revendications identitaires. C’est d’une telle problématique qu’est né le hip-hop, ce phénomène culturel aujourd’hui devenu incontournable. Certains rappeurs revendiquent le jazz comme influence de leur expression et par ailleurs certains jazzmen s’ouvrent en direction de ce courant musical.

Le 01 juillet, Jazz à Vienne 2017 inaugure une Soirée Hip-Hop. Elle ouvre avec « le projet Hip-Hop Symphonique », une création du Mouv’, de l’Adami et de Radio France qui unit l’Orchestre National de Lyon, the Ice-Kream et la fine fleur du rap français avec MC Solaar, Arsenik et Bigflo & Oli sous la direction artistique d’Issam Krimi. Cette même soirée accueille le groupe légendaire De La Soul.
Le hip hop sera également présent le 30 juin avec le rappeur-poète Abd Al Malik invité par le pianiste Ahmad Jamal et le 11 juillet avec les moustachus de Deluxe qui aiment mélanger, swing, funk et hip hop.

Cuba

La Soirée Cuba du 07 juillet présente deux très beaux projets. La soirée ouvre avec Angélique Kidjo qui rend hommage à Celia Cruz, la Reine de la Salsa, avec en invité l’un des meilleurs percussionnistes de Cuba : Pedrito Martinez.

En seconde partie de soirée c’est le pianiste Roberto Fonseca qui présente sa nouvelle création autour du répertoire de son nouvel album « Abuc ». Comme sur le disque, le leader-créateur du Buena Vista Social Club, Eliades Ochoa sera sur scène ainsi que Daymé Arocena.

C’est aussi autour de la musique afro-cubaine que le bassiste Richard Bona anime la Création Jeune Public le 28 juin.

Comme de coutume le festival Jazz à Vienne se termine avec la Soirée All Night Jazz du 13 juillet qui accueille cette année de nombreux représentants de la nouvelle génération des musiciens. Les Brésiliens de Bixiga 70, le groupe américain Con Brio, le saxophoniste Guillaume Perret qui navigue en solitaire et bien sûr le groupe Amaury Faye Trio, lauréat 2016 du tremplin RéZZo FOCAL Jazz à Vienne.

Ce même 13 juillet, le chanteur guitariste brésilien Seu Jorge prévoit de rendre Hommage à David Bowie disparu le 10 janvier 2016 en reprenant sur scène le répertoire de la B.O. de « La vie aquatique » de Wes Anderson qu’il avait interprétée sur la pellicule lors de la sortie du film. On se félicite par ailleurs de la venue sur scène le 12 juillet (le même soir qu’Herbie Hancock) du saxophoniste Donny McCaslin avec les musiciens de « Black Star », le dernier album de David Bowie sorti deux jours avant sa disparition.

Le dimanche 02 juillet, Jazz à Vienne 2017 organise à partir de 14h une journée entièrement gratuite en « Hommage à Fela Kuti » avec un programme alléchant. A 14h au Théâtre de Vienne, projection du documentaire « Finding Fela » suivi à 16h de la conférence « Fela Kuti, influence musicale et politique ». Puis à 17h30 sur la Scène de Cybèle un concert de « NMB Afrobeat Experience feat. Sir Jean » suivi à 19h30 du « Concert de Kiala & Afroblaster ». Cette journée hommage à Fela se termine à 21h sur la Scène du Kiosque avec DJs Set - Voilaaa sound system.

Jazz à Vienne 2017. Une programmation très ouverte au Théâtre Antique… Blues, Soul, Funk, Hip-Hop, Electro, des effluves de Rock et du Jazz. Du groove, des rythmiques et des scansions urbaines qui devraient sans doute contribuer à rajeunir le public. Les amateurs d’un jazz plus tempéré devraient aussi y trouver leur compte. Il y en a finalement pour tous les goûts, toutes les générations, toutes les influences. Il reste à faire son choix pour profiter au mieux de Jazz à Vienne 2017, savourer ce que l’on aime, découvrir l’inconnu et se familiariser avec ce que l’on ne connaît pas très bien.

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !

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S. Oliva-S. Abbuehl-Ø. Hegg-Lunde présentent « Princess »

S. Oliva-S. Abbuehl-Ø. Hegg-Lunde présentent « Princess »

Au-delà du jazz… l’art du trio en toute liberté

« Princess », un chant à trois voix. Le projet collectif de trois musiciens, Stephan Oliva, Susanne Abbuehl et Øyvind Hegg-Lunde. Un souffle vocal irradié de grâce, un piano intimiste, une percussion en suspension pour un hommage à Jimmy Giuffre. La musique poétique, aérienne et éthérée d’un trio princier.

Sorti le 31 mars 2017, l’album « Princess » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) propose un moment hors du temps pour oublier les musiques formatées, les étalages techniques et les excès de sensibleries outrancières. Des broderies musicales projetées en clair-obscur sur un voile crépusculaire.

« Princess ». Comme un souffle d’air, la voix irréelle de Susanne Abbuehl flotte en apesanteur sur les accords magiques du piano de Stephan Oliva et les subtils accents de la batterie de Øyvind Hegg-Lunde. A travers leurs interventions délicates et nuancées les musiciens libèrent la voix du silence.

« … le clarinettiste Jimmy Giuffre fut un de ces hommes de l’ombre qui …. a chamboulé en profondeur la nature même des musiques improvisées. … en se passant de batterie dans son trio historique » … « Il a ouvert la voie à une toute nouvelle syntaxe jazzistique » - Gilles Tordjman

En se passant de basse, le trio Oliva/Abbuehl/Hegg-Lunde pratique aussi une musique allégée des contraintes rythmiques et harmoniques. La liberté advient et tout devient possible en termes d’expansion pour les instrumentistes. La voix pure de la chanteuse égrène les paroles des poèmes sur le tapis de velours que déroulent les accords harmonieux du pianiste. Abreuvées des harmonies subtiles libérées par le piano, les paroles respirent et sont portées par l’accompagnement minimaliste et sensible des percussions.

Libérée des dominations rythmique, mélodique et harmonique, la musique vit telle qu’en elle-même, réduite à l’essentiel de sa nature. Sur cet album on ne peut parler d’instrumentistes qui accompagneraient une chanteuse. Il s’agit d’un compagnonnage musical qui libère de manière équitable l’expression de chacun des interprètes et favorise les interactions. Complices, les trois musiciens proposent onze titres et sculptent une musique immatérielle, fragile, sensible et profonde comme une source de sérénité.

Suzanne Abbuehl a écrit des paroles sur quatre compositions de Jimmy Giuffre dont Princess qui donne son titre à l’album, sur Great Bird de Keith Jarrett et sur deux compositions originales de Stefan Oliva. Au milieu du répertoire, vibre Desireless/Mopti de Don Cherry avec une trame rythmique plus variée que sur les autres titres.

Sur Trance de Jimmy Giuffre le duo piano-percussion/batterie explore et tente d’exprimer l’indicible. En 1’45 d’introspection profonde, Stephan Oliva interprète seul le thème Jimmy qu’il a composé en hommage au clarinettiste.

On se loue que le trio ait eu la magnifique idée d’enregistrer What a Wonderful World de Bob Thiele et George David Weiss. Les trois interprètes sensibles et inspirés en donnent version inoubliable, aussi légère que l’hélium et transparente comme le cristal.

Susanne Abbuehl assume l’héritage historique de Jeanne Lee avec laquelle elle a étudié. On observe en outre que Jeanne Lee se produisait souvent en duo avec Ran Blake, pianiste que Stephan Oliva apprécie lui aussi. On note avec intérêt la liberté que le label ECM a octroyée à la chanteuse qui a déjà gravé trois albums sous le label allemand avec lequel elle collabore (« April » en 2001 en quartet sans contrebasse, « Compass » en 2006 en quintet sans contrebasse, « The gift » en quartet sans contrebasse » en 2013).

La pureté et la sensibilité de la musique de l’album « Princess » tient pour beaucoup aux talents des trois interprètes mais il convient de saluer encore une fois les Studios La Buissonne de Pernes les Fontaines où l’album a été enregistré au printemps 2016 par Gérard De Haro et masterisé en été 2016 par Nicolas Bailard. On se loue aussi de la qualité de l’objet « album » avec un visuel et un livret de 40 pages illustré par Emmanuel Guibert.

 

Pour écouter le trio Stephan Oliva / Susanne Abbuehl / Øyvind Hegg-Lunde et savourer le répertoire de « Princess » en concert, deux options se profilent. Le jeudi 11 mai au Festival Jazz in Arles à 20h30 la Chapelle Saint-Martin du Méjan ou le vendredi 12 mai à Paris au Duc des Lombards, soit à 19h30, soit à 21h30.

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !

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Nuits de Fourvière 2017 – La programmation

Nuits de Fourvière 2017 – La programmation

Au programme, ouverture, création, diversité et fidélité

Le 23 mars, Dominique Delorme lève le voile sur la programmation des Nuits de Fourvière 2017. Du 01 juin au 05 août ce festival international va faire battre le cœur de la Métropole de Lyon. Au programme, diversité et ouverture, surprises et confirmations.

Des artistes du monde entier vont se croiser à Fourvière et en Métropole au cours des représentations qui composent ce bouquet d’art vivant.

Les Nuits de Fourvière 2017 ce sont 139 représentations dont 58 créations et/ou des premières françaises. On connaît la caractéristique de ce festival dont le périmètre est à géométrie variable et élaboré en fonction des désirs des programmateurs et des rencontres faites avec les artistes. Cette année on note un équilibre entre les 34 représentations dévolues au théâtre et les 31 spectacles consacrés aux musiques. Par contre si la danse est cette fois très peu représentée, on note 74 prestations consacrées au cirque.

Cette année encore le Festival des Nuits de Fourvière associe son image avec celle d’un photographe. C’est un cliché de la Suisse et Guinéenne Namsa Leuba qui illustre l’édition 2017.

Le festival des Nuits de Fourvière est très attaché à des familles d’artistes et à des axes autour desquels il organise des projets proposés à la découverte du public.

Le Grand Théâtre ouvre les 01, 02 et 03 juin sous le signe de la musique avec 3 concerts consacrés au projet « Lamomali » déjà gravé en album. Il s’agit de l’aventure malienne que -M-, Matthieu Chédid mène en complicité avec le joueur de kora Toumani Diabaté et son fils Sidiki. On compte aussi parmi les invités la chanteuse Fatoumata Diawara… direction Bamako

C’est ensuite « Jusque dans vos bras », la toute dernière création des « Chiens de Navarre » déjà venus aux Subsistances. La tribu de Jean-Christophe Meurisse s’attaque à la grande question de l’identité nationale, c’est  à dire un paradoxe, à la fois ce qui divise et pourtant devrait unir. Ils vont travailler autour ce paradoxe et mettre à mal pas mal de clichés. Cinq représentations sur la scène de l’Odéon du 07 au 11 juin.

Le Grand Théâtre voit aussi cette année revenir la famille de l’Orchestra Di Piazza Vittorio, cet orchestre italien né dans le quartier de l’immigration populaire de Rome, vers la Piazza Vittorio et avec lequel le festival des Nuits a déjà créé la « Flûte Enchantée » (2009) et « Carmen » (2013). En 2017 le festival accompagne Mario Tronco et ses artistes  pour un nouveau projet, une relecture l’opéra de Mozart« Don Giovanni » en une heure et demi. Une version joyeuse de cet opéra légendaire avec de multiples instruments auxquels les orchestres classiques n’ont pas souvent recours. C’est Petra Magoni, la chanteuse italienne déjà venue à Fourvière en Reine de la Nuit  qui incarne cette fois un Don Giovanni androgyne les 13, 14 et 15 juin.

Côté musique, le festival travaille de nouveau en coproduction avec l’Épicerie moderne qui a accueilli Titi Robin en résidence en janvier. Titi Robin a déjà été reçu deux fois par les Nuits de Fourvière. En 2014 avec Michael Lonsdale et en 2016 avec Erik Marchand dans une soirée aux teintes bretonnes. En 2017 place à « Rebel Diwana », la nouvelle création du musicien Titi Robin. Un manifeste qui, radical dans le geste et le son, conserve cette langue modale, mélodique et rythmique que l’artiste a forgée au fil du temps. Le concert du 05 juillet à l’Odéon est précédé d’une résidence d’une semaine et le concert sera suivi d’un album.

Côté danse, le festival regarde du côté du tango et propose un spectacle de danse avec Esteban Moreno le 16 juillet lors d’une « Nuit Tango ». En effet, Lyon est une place forte du tango. Dans la magnifique salle de l’Association « Tango de Soie » (rue René Leynaud) sur les pentes de la Croix-Rousse, 75 membres de l’association viennent danser régulièrement. La salle est tenue par Estaban Moreno qui est également chorégraphe. Le festival et le chorégraphe unissent leurs énergies autour de la création « No exit » conçue à partir de la musique de « ¡Sigamos! », l’album piano solo de Gustavo Beytelmann. Ce  pianiste sexagénaire au talent fou a joué avec Astor Piazzola et aussi avec Gotan Project. Les répétitions ont déjà commencé. La soirée Tango ouvre avec le projet « Anda » du chanteur Daniel Melingo qui est lui aussi une figure familière de Fourvière.

En 2017, Fellag, avec ses mots qui caressent les blessures des siècles, est l’invité d’honneur du festival. Le festival parcourt son œuvre et invite les artistes avec lesquels il souhaite travailler. Fellag revient avec le spectacle « Bled Runner » les 24 et 25 juin. Entre théâtre et musique Fellag réunit le 30 juin à l’Odéon le comédien Jacques Bonnaffé et le musicien André Minvielle autour du texte « Un coing en hiver » pour le spectacle « Comme un poisson dans l’autre ». Fellag propose aussi « Chants des Marins Kabyles » le 27 juin à l’Odéon, une rencontre entre lui-même et un de ses amis musicien et dessinateur Hocine Boukella (leader de Cheick Sidi Bémol). Fellag croise les chansons des Marins Kabyles imaginaires chantés par Boukella avec des extraits des Contes du whisky de Jean Ray. Par ailleurs, le  01 et le 02 juillet, en partenariat avec le cinéma Comoedia, le festival présente les films que Fellag a choisis.

Le Cirque demeure au cœur du projet des Nuits de Fourvière et va vivre d’est en ouest dans Lyon et la métropole. En ouverture, un grand week-end le 1er juillet et le 02 juillet avec des manifestations gratuites de 14h à minuit Dès le 01 juillet, le Domaine de Lacroix-Laval se transforme à nouveau en guinguette estivale et en terre d’accueil pour les arts du cirque. Spectacles, bals, apéritifs musicaux, ateliers cirque, projections en plein air tout le mois durant. Sur le domaine sont réunis du 01 au 23 juillet le chapiteau de « L’homme cirque » et neuf australiens qui présentent « A Simple Space ». Avec aussi « Santa Madera » les 08 et 09 juillet. Le Parc de Parilly accueille « La dernière saison » du Cirque Plume de fin juin au 05 août. Mais il faut aussi compter avec « Machine de Cirque » une bande drôle et fantaisiste en grande forme et en grand format les 22 et 23 juin au Grand Théâtre.

Les Nuits de Fourvière affectionnent aussi le format des Nuits Thématiques qui permettent de mettre en valeur des traditions musicales et culturelles et de donner la parole à des générations différentes.

Très attaché à l’Italie, en 2017 le festival lui consacre deux nuits. Le 18 juillet la première « Nuit italienne » accueille Richard Galliano en quintet pour son répertoire consacrée à Nino Rota et le pianiste italien Stephano Bollani en piano solo. La deuxième « Nuit italienne » du 23 juillet présente Musica Nuda, le duo de Petra Magoni et Feruccio Spinetti déjà accueillis en 2016 par les Nuits lors d’un concert dans l’Auditorium du Musée des Confluences. La seconde partie de soirée revient à l’invité d’honneur des Nuits 2016, Vinicio Capossela pour le spectacle, « Ombra – chansons de la Cupa et autres effrois ». Le 14 juillet 2017, c’est la « Nuit Reggae & Calypso » avec Calypso Rose, Inna de Yard et Brain Damage qui fait partie de Jarring Effects de Lyon. La « Nuit Soul » du 22 juillet présente Michael Kiwanuka et voit le retour de Valerie June à l’occasion de son nouvel album. C’est le musicien et chercheur musicologue Raphaël Imbert qui organise la « Nuit du Blues ». Le 19 juillet il invite les musiciens qu’il a rencontrés sur la route du Mississippi, des vieux bluesmen mais aussi la merveilleuse chanteuse et violoncelliste Leyla McCalla en trio. Pour l’Eclat Final, le Grand Théâtre clôture avec une « Nuit Irlandaise ».

Le festival des Nuits de Fourvière cultive aussi les découvertes et entretient ses coups de cœur.

Ainsi cette année il donne carte blanche à Aurélien Bory qui vient du cirque, du théâtre et de la danse tout en possédant une formation d’ingénieur. Les 17 et 18 juin, au Radiant, il invente un « Plan B » avec les étudiants du CNAC et par ailleurs crée « L’Espace Furieux » avec les étudiants de l’Ensatt  du 27 juin au 07 juillet au Théâtre Terzieff Ensatt.

Avec la complicité du Théâtre de la Renaissance, les Nuits de Fourvière offrent aussi une carte blanche à Lorrraine de Sagazan les 09 et 10 juin. L’artiste et metteur en scène propose deux spectacles « Démons » et « Maison de Poupée » présentés en diptyque avec repas servi à l’entracte. Les 22, 23 et 24 juin, ce même Théâtre de la Renaissance voit le retour du Collectif Mensuel qui avait enflammé la scène avec leur splendide « Blockbuster ». En 2017, la troupe propose « L’homme qui valait 35 milliards », une satire de l’histoire du magnat de l’acier Lakshmy Mittal. A suivre absolument. C’est encore au Théâtre de la Renaissance que Jérôme Margotton met en scène en 3 volets « Les contes du Piano-Caméra » le 17 juin avec goûter prévu pour les enfants.

En 2017 la Compagnie Marius poursuit son exploration du répertoire de Marcel Pagnol et revient pour la 4ème année avec « Le Schpountz » à l’Odéon les 17 et 18 juin. Les Nuits proposent aussi un super week-end en entrée libre à Saint-Just avec le vocalchimiste André Minvielle et son « Ti’Bal Tribal » le 01 juillet sur la place de Trion et « L’ABCD’erre de la vocalchmie » le 02 juillet à l’Odéon.

On note le retour de l’humoriste Laurent Gerra qui fête ses 50 ans sur la scène du Grand Théâtre les 11 et 12 juillet avec son nouveau spectacle « Sans modération ». Pour cela, on lui fait confiance ! Enfin on remarque avec intérêt la venue de la star française de l’année, la comédienne Isabelle Huppert qui vient le 03 juillet en solo au Grand Théâtre lire des textes de Sade « Juliette et Justine, Le vice et la Vertu ».

Bien sûr, Les Nuits de Fourvière, ce sont aussi les grandes têtes d’affiche proposés aux 4500 spectateurs que peut accueillir le Grand Théâtre. En 2017 le programme est encore une fois alléchant et il y en a pour tous les goûts.

Goran Bregovic présente « Trois lettres de Sarajavo » avec son « Orchestre des mariages et des enterrements » et l’ONL autour de 3 violonistes issus des trois religions monothéistes. C’est aussi le retour d’Arcade Fire (05 juin) et celui de Camille et de son imaginaire toujours renouvelé (20 juillet), de Benjamin Biolay (19 juin). Sont aussi programmés Paolo Conte (20 juin), Benjamin Clementine (29 juin), Norah Jones et son nouveau projet « Day Breaks » avec en ouverture Renaud Garcia-Fons et le répertoire de « La vie devant soi » (25 juillet), Les Insus (27 & 28 juillet), Imany et la brésilienne Céu (21 juillet), Yan Tiersen en solo (10 juillet), Michel Camilo & Tomatito précédés de la « Rosenberg Family » (13 juillet), le concert fleuve du 17 juillet avec Brian Wilson qui célèbre l’album des Beach Boys « Pet Sounds » sorti en 1966. Sans compter encore bien d’autres belles soirées de rock anglais ou de pop française comme Julien Doré (16 juin), Vianney (24 juillet)….

Les Nuits de Fourvière 2017… pour voir ce que l’on aime, découvrir ce que l’on ignore encore, explorer des horizons inconnus, flirter avec des univers cachés, se laisser surprendre, être bouleversé, rire, danser… tout simplement prendre plaisir et s’abreuver de culture et de divertissement.

Pour retrouver l’intégralité de l’édition 2017, il suffit de se connecter sur le site internet des Nuits de Fourvière. Ouverture des réservations le 27 mars à 14h (celles du Cirque Plume est déjà ouverte).

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !

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A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Steve Coleman

A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Steve Coleman

Steve Coleman continue à inventer le jazz

La venue de Steve Coleman pour la seconde partie de la soirée du 23 mars 2017 constitue un évènement majeur. Le retour du saxophoniste alto avec son trio Reflex mobilise les amateurs de jazz de toutes générations. Le concert comble voire dépasse les attentes des spectateurs qui repartent convaincus que le jazz a un avenir.

Depuis quatre décennies Steve Coleman poursuit sa quête et refuse les étiquettes. Il est pourtant le cofondateur, au milieu des années 80, du mouvement M-BASE. Imprégné de philosophie il s’est aussi penché avec attention sur l’harmonie et les cycles rythmiques. Il a su intégrer le funk et le hip-hop à son vocabulaire musical et manifeste beaucoup d’intérêt pour les musiques et les cultures de Cuba, de l’Inde, du Ghana, de l’Égypte et plus récemment du Brésil.

Né en 1956, ce saxophoniste altiste est aujourd’hui considéré comme un de ceux qui a influencé la conception musicale des nombreux jazzmen venus après lui. Dans le même sens, il aime lui aussi faire référence aux anciens musiciens qui ont contribué à forger les bases de son univers. Charlie Parker, Sonny Stitt, Von Freeman mais aussi Sam Rivers, Thad Jones, Bunky Green sans oublier bien sûr Sonny Rollins et John Coltrane. Il dit avoir construit sa conception du jazz à partir de l’écoute de toutes ces figures légendaires du jazz et affirme que « le jazz est un continuum ».

C’est la troisième fois que Steve Coleman tourne en trio qu’il nomme d’ailleurs toujours « Reflex ». En 1993 il avait à ses côtés Reggie Washington et Gene Lake puis a retrouvé Marcus Gilmore et David Virelles en 2011. En 2017 il vient avec deux complices de longue date, ce qui facilite les interactions et la compréhension mutuelle. Il s’agit du bassiste Anthony Tidd et du batteur Sean Rickman.

Tel un architecte, Steve Coleman construit un set équilibré et solide. La musique prend forme, se transforme, se déforme, se bâtit au fur et à mesure des séquences qui se succèdent au gré de l’inspiration des musiciens et ils n’en manquent pas. Le concert se déroule dans la pénombre. Cette ambiance propice à la concentration participe sans doute du recueillement quasi mystique qui plane au-dessus du public. Très concentré, le saxophoniste semble ancré dans la musique comme un roc inaltérable autour duquel il élabore une musique instantanée qui comble d’aise les spectateurs unis dans une écoute attentive.

Le saxophoniste alto chante en continu sans effort au-dessus de la trame polyrythmique riche nourrie par un batteur hyper réactif et un bassiste très libre. Le leader décroche du micro et le discours du bassiste démarre poussé par le chant hors-micro de l’altiste et les mille nuances de la batterie. Quand Coleman revient, son souffle serein et inlassable émet des lignes réitératives auxquelles se mêlent des mélodies aiguës qui semblent venues d’un autre saxophone. Un double discours, comme un croisement de temporalité. La maîtrise technique absolue du musicien lui permet de libérer son discours de toute contrainte, de prendre tous les risques, de se dépasser et de créer dans l’instant une musique unique et toujours innovante.

Que cette musique porte le nom de jazz ou comme le dit Steve Coleman, « un tout cohérent avec l’univers », elle met d’accord les musiciens, les mélomanes, les néophytes et tous ceux qui écoutent avec attention et sans idées préconçues.

Après de sublimes moments où le calme règne sur scène, les musiciens convoquent une fusion assez étonnante entre saxophone et batterie. La trame se densifie et la tension monte d’un ton. Le saxophoniste sculpte la matière sonore. Un solo de batterie phénoménal relance les échanges entre le bassiste et le saxophoniste qui interrogent la musique et interagissent sans répit. Des geysers jaillissent du saxophone alors que le bassiste et le batteur segmentent le rythme. Steve Coleman fait même un clin d’oeil au be-bop et à Charlie Parker.

Après la lave, le saxophoniste souffle le zéphyr sur un tempo très lent qui permet à la basse de tracer une ligne mélodique et de faire résonner les harmoniques de son instrument avant que survienne un nouveau paroxysme et que le rythme s’accélère. En rappel le concert se termine par un cadeau inattendu… ‘Round Midnight, comme un salut du saxophoniste à Thelonious Monk, un des plus grands compositeurs du jazz.

Le grand ordonnateur Steve Coleman a distribué les cartes, les musiciens ont joué et gagné la partie avec brio. Du début à la fin du set, la mise en place est parfaite, la suite musicale se déroule avec une fluidité étonnante et bannit tout excès démonstratif. Le public est comblé et manifeste avec chaleur son admiration et son respect.

Maître incontestable de l’improvisation et de la composition spontanée Steve Coleman a comblé le public du festival A Vaulx Jazz. Il a offert un voyage musical construit à partir des fondations du jazz et de son inspiration intérieure. Il a démontré si tant est que cela soit encore à prouver, que cette musique possède un avenir. Il reste aux musiciens à l’investir, aux public à s’en saisir et aux producteurs et programmateurs à le mettre en valeur.

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

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A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Shabaka and The Ancestors

A Vaulx Jazz-Soirée Future Sax – Shabaka and The Ancestors

Shabaka and the Ancestors ré-imaginent l’univers du jazz

La première partie de la soirée du 23 mars 2017 intitulée « Future Sax » accueille « Shabaka and the Ancestors », une des formations du saxophoniste ténor Shabaka Hutchings. Le groupe tient ses promesses et offre un jazz libre inspiré par l’Afrique de Sud. Le public enthousiaste cède à l’alchimie incandescente du jazz.

Le saxophoniste ténor londonien Shabaka Hutchings se prénomme du nom d’un pharaon égyptien nubien Neferkare Shabaka (-716 à -702) issu de la vingt-cinquième dynastie d’Egypte. Comme bien d’autres musiciens de jazz avant lui, le musicien se tourne vers l’Afrique pour abreuver son inspiration à la source de cette matrice primitive.

S’il est né à Birmingham, Shabaka Hutchings a été élevé à la Barbade avant de revenir en Angleterre. Impliqué dans de nombreux projets dont « Sons of Kemet », un brass-band punk qui rêve d’Éthiopie, mais aussi « The Comet is Coming » qui fait rimer Fela avec Zappa. Il est aussi est immergé dans la scène jazz d’Afrique du Sud depuis des années et joue avec le quartet de son mentor Louis Moholo-Moholo de Cape Town. Shabaka Hutchings cède aussi à la transe vaudou dans les Caraïbes avec Anthony Joseph mais il ne sera pas présent à ses côtés pour la dernière soirée du festival A Vaulx Jazz.

Le 23 mars 2017, Shabakah Hutchings se présente sur scène avec la plupart des musiciens de Joahanesbourgh (hormis le pianiste et le trompettiste) avec lesquels il a enregistré son récent album en leader, « Winsdom Of Elders ». A ses côtés, Mthunzi Mvubu au saxophone alto, Ariel Zomonsky à la contrebasse, Gontse Makhene aux percussions, Tumi Mogorosi à la batterie et le chanteur Siyabonga Mthembu.

Dès le début du set, la fascination gagne la salle lorsque s’élèvent la plainte exacerbée et les cris déchirants du chanteur qui, tel un prêtre, semble célébrer un culte auquel on est convié. Il est rejoint par le saxophone alto énergique puis par le ténor qui appelle à la transe. Les rythmiciens, contrebassiste, batteur et percussionniste, unissent leurs énergies et libèrent une force vitale qui engendre une tension redoutable. L’alliage de leurs rythmes conjoints déroule un tapis propice  à l’expression des solistes. Vibrations incantatoires des cuivres, mélopée profonde du chanteur qui convoque même les oiseaux.

Les morceaux s’enchaînent entrecoupés de pauses bienvenues qui permettent aux musiciens d’opérer les changements de pulsation. Des moments de répit comme des prétextes pour mieux changer le rythme qui de tellurique devient obsédant ou quasiment enflammé par la contrebasse qui anime un pseudo cérémonial vaudou.

Pourtant rien de démonstratif ni de gratuit dans ce tapis rythmique. Il n’a qu’un objet, servir et  favoriser l’expression des solistes. La prière du saxophone ténor, l’incantation de l’alto, la plainte de la voix. Ainsi les trois prêtres unissent leurs chants et le jazz advient en toute liberté.
 
Les ambiances évoluent et le paysage musicale se bouleverse. Des rengaines mélodieuses alternent avec des chants mélancoliques ou des ambiances évocatrices de paysages. La mise en place est parfaite.

De bout en bout du concert, Shabaka Hutchings manifeste une grande écoute vis à vis des autres musiciens dont il capte les ondes pour mieux leur renvoyer. Le discours du saxophoniste ténor est totalement maîtrisé. De son jeu se dégage un magnétisme quasi mystique qui abreuve une prière musicale nourrie de spiritualité et d’énergie. S’il se lamente avec lyrisme il sait aussi libérer avec spontanéité des fulgurances et des flots de notes mais sans exubérance. De l’épaisseur sonore surgit même parfois un chant aux allures de gospel ensauvagé.

Dans  le verbe du saxophoniste on retrouve des échos rollinsiens mais aussi des familiarités avec le monde de Sun Ra et même des accents qui évoquent la chaleur d’un certain Gato. Le saxophone ténor apparaît comme l’extension du corps de l’artiste, uniquement le porte-voix qui lui permet de propulser son cri. On décèle chez l’altiste Mthunzi Mvubu des influences très coltraniennes même si bien sûr Trane demeure aussi au premier titre une influence majeure de Shabaka Hutchings.

Ce 23 mars 2017, le Jazz triomphe vraiment A Vaulx Jazz. La musique magnétique de « Shabaka and the Ancestors » engendre une fièvre pulsative propice à l’exaltation voire à la transe cathartique. Pourtant elle est porteuse d’une douce spiritualité et engendre une sorte de ressourcement qui transparaît sur les visages de tous les spectateurs présents. La terre mère a inspiré les musiciens qui invitent le jazz dans une nouvelle lumière porteuse d’avenir.

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

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En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !

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A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Avishai Cohen

A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Avishai Cohen

Avishai Cohen se libère du jazz

Pour le second concert de « Soirée Jazz Front » du 22 mars 2017, le festival A Vaulx Jazz invite le contrebassiste Avishai Cohen et son « Jazz Free Quartet ». Nouveau projet. Nouveau quartet. Nouveau son. Très clairement le leader prend ses distances avec le jazz.

Il n’est plus besoin de présenter Avishai Cohen, contrebassiste, compositeur, arrangeur et chanteur devenu un artiste incontournable de la scène jazz internationale après un passage aux côtés de Danilo Perez puis chez Chick Corea durant cinq ans. Depuis 2005 le musicien poursuit sa quête musicale en recherche d’un son distinctif. Pour ce faire sa musique explore des territoires où les racines du jazz rencontrent les musiques classique, celles d’Europe de l’Est, d’Espagne, du Maghreb, du Moyen-Orient et aussi d’Israël, comme un retour aux sources. Même si elle se réfère à de nombreuses influences, l’identité musicale d’Avishai Cohen repose essentiellement sur le chant profond de sa contrebasse et ses lignes mélodiques émouvantes.

Alors qu’un album est attendu à l’automne 2017 chez Sony, Avishai Cohen tourne actuellement son tout nouveau projet « Jazz Free » qu’il présente en septet ou en quartet. C’est la version du « Jazz Free Quartet » que propose le festival A Vaulx Jazz à un public très mobilisé autour de cet artiste. Le concept du nouveau projet annonce une musique libérée du jazz.

Dès la présentation du groupe on comprend qu’il va moins s’agir de jazz instrumental que de chant sur un fond de groove mouvant. En effet, l’artiste l’annonce tout de go dès le début du set, pas un seul musicien de jazz dans le groupe… sauf peut-être lui, enfin on l’espère, si tant est qu’il soit possible de donner une définition formelle de ce qu’est vraiment un musicien de jazz.

Effectivement sur scène on constate la disparition du piano acoustique remplacé par des claviers. En effet, dans la version quartet du projet, Avishai Cohen dirige sa nouvelle formation entre Fender Rhodes, basse Fender, contrebasse, sans oublier les micros qui portent son chant. Certes le musicien est familier des claviers qu’il utilise pour écrire ses musiques mais sans doute escompte-t-il ainsi teinter son répertoire d’un son plus tendance.

Les musiciens du groupe viennent tous d’Israël. Itamar Doari, le percussionniste est membre régulier du trio d’Avishai Cohen. La violoncelliste Yael Shapira chante aussi et a joué avec le leader dans le cadre de son quatuor à cordes « Almah ». Elyasaf Bishari joue de l’oud, de la basse électrique et chante également.

Au Fender, Avishai Cohen débute le set par un chant traditionnel de shabbat puis enchaîne par deux titre de son ancien album « Aurora » (2009) dont le superbe Leolam puis Winter Song qu’il ouvre à la basse Fender. Puis le répertoire déroule des chansons qui regardent du côté de la pop sans omettre un blues écrit par le leader pour sa femme mais qu’il dédie à toutes les femmes présentes. Le substrat blues est plutôt light et les paroles quasi indigentes… doo doo doo.

Un chant yéménite ramène le répertoire du côté des musiques traditionnelles et les musiciens unissent leurs talents pour célébrer une musique empreinte de profondeur et de véracité. Un morceau quasi instrumental enflamme la scène et la contrebasse poussée par la percussion donne toute la mesure de sa profondeur.

De bout en bout du set on est impressionné par la prestation éblouissante du percussionniste Itamar Doari. Il assure une assise rythmique solide avec une simplicité et une efficacité remarquables. Les accompagnements du violoncelle sont par contre insuffisamment mis en valeur, comme noyés dans la masse sonore et l’on ne peut donc en savourer la finesse. Tous les musiciens unissent leurs voix au chant du leader qui prend un visible plaisir à l’exercice vocal.

D’ailleurs Avishai Cohen interprète seul au chant et à l’archet sur sa contrebasse le gospellisant Sometimes I Feel Like a Motherless Child. Le charisme et le talent naturel de l’artiste suffisent pour que l’émotion surgisse enfin sur scène, même si l’on a entendu Avishai Cohen en d’autres temps interpréter des titres avec plus de déchirement. il est vrai que le musicien a essuyé quelques contrariétés avec le son et la pédale de son Fender Rhodes qu’il a du coup abandonné.

En fait, tout repose sur la partie vocale répartie entre l’ensemble des artistes et sur un fond rythmique qui doit porter la musique et faire vibrer le public, le faire bouger. D’ailleurs le message des musiciens est explicite. A plusieurs reprises ils invitent la salle à taper dans les mains en rythme et pour finir, sur un rythme aux influences latines Avishai Cohen sollicite le public à venir danser sur le devant de la scène qui se remplit très vite.

Après ce set, on se questionne pourtant sur le rôle de l’artiste dont on peut attendre, comme le disait Jean Vilar, qu’il ait « …le courage et l’abnégation de présenter au spectateur ce qu’il ne sait pas qu’il désire ». Visiblement une partie de la salle a eu ses désirs satisfaits. Une autre partie du public regrette la distance prise par les artistes avec les fondamentaux du jazz au profit d’une musique compactée et formatée au goût du jour… pour plaire et remplir les salles, mais n’est-ce pas là un des objectifs des producteurs, tourneurs, artistes et organisateurs ?

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

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A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Workshop de Lyon

A Vaulx Jazz – Soirée Jazz Front / Workshop de Lyon

Le Workshop de Lyon fête son « mi-centenaire »

Beaucoup de bougies et encore du souffle pour cette première partie de la soirée « Jazz Front » ce 22 mars. Les 30 ans du festival A Vaulx Jazz, les 40 ans de l’ARFI et le demi-siècle du Workshop de Lyon. A cette occasion le groupe invite le trompettiste Jean-Luc Capozzo.

Depuis longtemps les musiciens de l’ARFI et ceux du Workshop de Lyon montent au front « A la Recherche d’un Folklore Imaginaire » en cohérence avec le titre de la soirée. A titre personnel on pose comme comme préalable que le plus important est bien de chercher et non de trouver car c’est bien dans la quête que l’art avance et dans le questionnement que l’homme fonde son existence.

Le Workshop de Lyon a préexisté de 10 ans à l’ARFI et bien des changements ont affecté la composition du groupe depuis 1967. Au début la formation a accueilli trompettiste et pianiste puis a adopté la forme actuelle avec deux saxophonistes (dont l’un est aussi clarinettiste), un contrebassiste et un batteur, Après le départ du regretté Maurice Merle en 2003 et l’arrivée de Jean Aussanaire, le Workshop de Lyon a continué sa route musicale et fête en 2017 son « mi-centenaire » (dixit Cristian Rollet). A cette occasion est d’ailleurs publiée une intégrale du Workshop de Lyon.

Qu’en est-il aujourd’hui pour le Workshop de Lyon de l’énergie originelle, de l’évolution du répertoire, de la pérennité ou du renouvellement du propos musical et de sa forme ? C’est bien en ce début de soirée la question que se posent les spectateurs qui connaissent le groupe depuis ses débuts. Pour ceux qui découvrent, ce sera plus simple, juste écouter et saisir la musique. Point de comparaison, de regrets ou de déploration possibles. Ainsi l’écoute est plus libre… ce qui est souhaitable vis à vis de ces musiques qui se revendiquent d’un jazz libéré issu du mouvement free jazz à l’inverse d’Avishai Cohen programmé en seconde partie de soirée qui veut lui se libérer du jazz.

Sur scène se présentent en demi-cercle élargi Jean Aussanaire (saxophones alto/soprano), Jean-Paul Autin (saxophones alto/sopranino, clarinette basse), Jean Bolcato (contrebasse, voix), Christian Rollet (batterie, percussions). Dans une perspective d’ouverture, le groupe accueille le trompettiste Jean-Luc Cappozzo ancien complice du groupe. En maître de cérémonie, Christian Rollet présente le contexte de la soirée et précise que le répertoire compte une quinzaine de titres représentatifs de la vie musicale du Workshop de Lyon.

Le set ouvre avec le lyrisme et les belles couleurs de la composition de Jean Bolcato, Sophisticato. Suivent deux morceaux de Maurice Merle, l’un lumineux et enlevé et le second plus recueilli où clarinette basse et alto entament une musique qui évoque un requiem. Les trilles effrénés et ricanants de l’alto libèrent chez les autres instrumentistes la débauche de grognements, bruitages, grondements, caquètements et borborygmes, bref l’abécédaire habituel du Workshop. Après une invitation au silence les musiciens se réunissent pour élever un chant puissant et conduisent la musique sur une route moins chaotique.

Suivent d’autres compositions de Jean Bolcato dont Marcello, de Jean-Paul Autin, sans oublier La mob. à Momo de Jean Aussanaire avec un clin d’oeil à Maurice Merle. Pour le rappel le groupe interprète Anniversaire… on n’en attendait pas moins. Workshop de Lyon, le groupe porte vraiment bien son nom, un perpétuel atelier qui tisse et retisse des liens entre hier et aujourd’hui pour renouveler son patrimoine musical. On se questionne pourtant sur la présence des partitions pour de tels musiciens rompus à leur répertoire et à l’impro. Sans doute pour tracer les nouveaux arrangements.

L’accueil du public est chaleureux et bienveillant. Les fans exultent, les sceptiques questionnent le renouvellement difficile mais sur scène il est rassurant de voir les yeux des musiciens toujours brillants de l’envie de créer et du désir de jouer. Entre chaos et poésie, le Workshop de Lyon a déroulé son abécédaire. Il a délivré de joyeuses sérénades et de délirantes envolées.

Victoires du Jazz 2020

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« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

« La beauté Bud Powell » écrit par J. B. Fichet

Un éblouissant hommage à Bud Powell

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage à lire à tout prix. Jean-Baptiste Fichet rend hommage à sa manière au pianiste de jazz Bud Powell. Ni biographie, ni poésie, ni analyse musicologique technique. Simplement une prose empreinte de lyrisme sur un des meilleurs pianistes de jazz.

Premier livre de Jean-Baptiste Fichet, « La beauté Bud Powell » (204p) est paru aux Éditions Bartillat en janvier 2017. L’ouvrage est réussi. A lire absolument.

On se laisser porter par la prose, son rythme, ses syncopes, ses digressions, ses divagations, ses précisions, ses ruptures, ses points d’orgue, et ça marche. On s’envole sur les ailes de la prose aérienne de l’auteur à la rencontre de Bud Powell (1924-1966), ce musicien quelque peu oublié derrière les autres figures charismatiques du bop et du jazz en général.

Bud Powell. Un enfant doué pour la musique pour qui la vie va devenir une véritable épreuve. Séjours en hôpital psychiatrique et autres aventures improbables générées par la bêtise insondable du genre humain et le peu d’altérité que les hommes portent à leur dis-semblables vont altérer à tout jamais le cerveau de ce génie absolu. Comme l’écrit J. B. Fichet p33, en référence à une de ses plus fameuses compositions, Un Poco Loco, Bud Powell…

« C’est aussi la gaîté, sans le bonheur. La tristesse, sans le cafard. La lenteur comme pour pleurer. Le sentimentalisme bien tempéré. La gravité sans le sérieux. La complainte sans la plainte. Le pathos sans le ridicule. Et toujours, ce dur désir d’aller plus loin. des ratés en pagaille : on s’en moque. »

En dépit de ses déboires, le pianiste gardera pourtant toujours, au fond de lui la lumière qu’évoque l’auteur p196…

« La lumière émise par Bud Powell, la beauté qu’il a cherchée, continuent de balayer l’univers - au présent. Le pianiste a laissé derrière lui cette floraison de bourgeons, milliers de ‘buds’ portant pollen, graines disséminées aux vents du jazz. »

D’ailleurs la plupart des jazzmen et non les moindres ont loué Bud Powell. Bill Evans, Keith Jarett, John Lewis, Duke Ellington, Mary Lou Wiliams, Art Taylor, Thelonious Monk, Chick Corea, Herbie Hancock, Lallo Shifrin, René Urtreger, Miles Davis, Cannonball Adderley, Dexter Gordon, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Max Roach, …  pour n’en citer que quelques-uns.

Après la lecture de « La Beauté Bud Powell », on refait tourner sur la platine les vinyles que l’on n’a pas écoutés depuis longtemps. On regarde de nouveau « Round Midnight », le film sorti en 1986, inspiré de la vie de Bud Powell et tourné par Bertrand Tavernier à partir de l’ouvrage de Francis Paudras, « La Danse des infidèles ». Dans le film on revoit avec bonheur Dexter Gordon (qui a joué avec Bud Powell à Paris dans les années 60) et aussi Herbie Hancock, Wayne Shorter, Bobby Hutcherson, John Mc Laughlin, Eric Le Lann et bien d’autres musiciens mobilisés sur le tournage.

On ressort aussi de la bibliothèque le magnifique livre (actuellement indisponible à l’état neuf) de Francis Paudras préfacé par Bill Evans, « La danse des infidèles ». Un ouvrage de référence consacré avec amour par Francis Paudras qui a protégé le pianiste à Paris dans les années 60. 408 pages éditées en 1986 par les Éditions « L’instant ».

On regarde ensuite en boucle le film Stopforbud du réalisateur et poète danois Jørrgen Leth tourné à Copenhague en 1963 qu’évoque J. B. Fichet p163 à 167. « Onze minutes et 35 secondes d’hommage funèbre et lumineux à Bud Powell, traversé d’ondes mélancoliques ».

Pas question d’en dire plus à propos de « La Beauté Bud Powell » si ce n’est qu’il convient absolument de le lire et de partir ainsi à la rencontre de cet immense pianiste quasiment forçat de ses 88 touches qui a gravi les cimes et s’y est perdu.

« La Beauté Bud Powell ». Un ouvrage sensible et lyrique qui se dévore d’abord puis se savoure ensuite encore et encore … comme on écoute sans se lasser Bud Powell jouer Off Minor, Dance of the Infidels, Un Poco Loco, Una Noche Con Francis, Tempus Fugue-it, Elegy…

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

Diana Krall revient avec « This Dream of You »

C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

En ouverture de saison, l’Opéra de Lyon propose « L’Heure Espagnole » de Maurice Ravel, une œuvre aux allures de fantaisie musicale, une facétie licencieuse. Ce premier opéra du compositeur français écrit sur un livret de Franc-Nohain brille d’audacieuses orchestrations. Conçues par Gregoire Pont, les images d’animation s’intègrent dans la mise en scène de James Bonas. Un cartoon coquin qui risque de cartonner !

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« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

Tempo implacable, swing et ballades… ça groove

China Moses traverse les territoires de la nuit sur « Nightintales ». Sa voix chaleureuse et son énergie convoquent des ambiances nocturnes. La chanteuse raconte une histoire passionnante où se télescopent le blues, le R&B, la soul et la pop. Un jazz nuancé très personnel qui met en lumière ses compositions et son nouvel univers.

Avec son nouvel album « Nightintales » (MPS/Pias) annoncé pour le 31 mars 2017, China Moses engage sa carrière sur une trajectoire nouvelle. Après un premier album en 1997, « China », où s’invite le hip-hop, après avoir exploré le R&B ainsi que les standards du Great American Songbook, la chanteuse investit avec brio en 2008 le répertoire de Dinah Washington sur « This One’s for Dinah ». En 2012 elle mêle ensuite avec talent blues, jazz et pop sur « Crazy Blues ». Après un tel parcours, on savait que China Moses était une chanteuse de standards de jazz et de blues avec laquelle il fallait compter.

Aujourd’hui China Moses creuse son sillon. Sur « Nightintales » elle s’affranchit de l’héritage des grandes voix du jazz pour enfin s’aventurer sur sa propre voie. Le résultat est enthousiasmant. China Moses s’invente un univers très personnel ancré dans les musiques qui groovent. Avec énergie et fraîcheur, elle interprète ses propres compositions. Sa chaude voix de contralto glisse sur des ballades somptueuses ou se déchaîne avec passion sur des rythmes énergiques pleins de syncopes.

De sa mère, la célèbre chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater, China Moses a hérité l’énergie et le swing puissant qui habite son nouveau projet. Elle a repris de son père, Gilbert Moses, metteur en scène américain de théâtre, de cinéma et de télévision, la capacité à projeter un scénario musical pour conter une histoire.

Les compositions écrites et composées par China Moses et Anthony Marshall ont été enregistrées à Londres au Snap Studios en cinq jours avec des musiciens anglais. Une grande complicité lie la chanteuse et le musicien-producteur du disque issu du R&B, du hip-hop et du gospel. Ils se connaissent musicalement depuis plus de 10 ans et ont déjà travaillé sur le 3ème album de China Moses. « Nightintales » né quasiment en temps réel sous la direction d’Anthony Marshall, restitue un vrai son « à l’anglaise » teinté de soul, de jazz et de blues et révèle l’ADN musical de la chanteuse.

China Moses (chant) et Anthony Marshall (guitare, vibraphone, chant) ont enregistré l’album avec Luke Smith (piano, orgue), Neville « Level » Malcolm (contrebasse), Jerry Brown (batterie), Luigi Grasso (sax alto), Rob Sell (sax baryton et alto), Tom Walsh (trompette), Patrick Hayes (trombone), Sovra Wilson-Dickson et Tadasuke Iijima (violon) et Gregory Dugan (violoncelle).

Les climats des titres se suivent et ne se ressemblent pas même s’ils participent d’un ensemble très cohérent. Des instants méditatifs avec la section de cordes, des moments malicieux, du swing effréné, des espaces de mélancolie, de l’énergie débridée. En fait, les onze titres de « Nightintales » ressemblent à s’y méprendre à la vraie vie.

China Moses nous met en garde, il faut se méfier des aventures de la nuit… Watch out, car il va falloir de l’énergie… Running, pour vivre ses passions… Put it on The line, sans perdre le fil… Disconnected, on succombe au swing de l’adultère… Blame Jerry,  aux addictions diverses… Nicotine, y compris à l’intoxication amoureuse… Hungover, vécue jusqu’à sa fin amère… Whatever, avec toujours en ligne de mire le risque de craquer… Breaking Point, pour finir par se retrouver et repartir pour une autre nuit et… Running de nouveau

« Nightintales »… China Moses narre et projette en images musicales les contes d’une nuit. La chanteuse promène son regard, ses oreilles et sa voix sur le monde qu’elle traverse. Sa musique donne vie à des aventures nocturnes et l’on sent vivre, respirer, aimer, courir, souffrir et espérer des personnages qui vivent dans les lieux d’une ville propice aux rencontres mais aussi à la solitude et à la mélancolie. 

« Nightintales ». La passion d’une chanteuse déterminée à prendre sa place dans le territoire d’un jazz vivant, maîtrisé et nuancé. Une musique fraîche, énergique, souple et captivante. Du swing, du groove, de l’humour, de la sensualité et de l’émotion avec un menu musical alléchant. Onze titres pétillants entre deep soul, blues, cool jazz et R&B rythmé qui s’autorise même un clin d’oeil vers une pop souriante. Un album plein de nuances qui respire la passion.

Ecouter « Nightintales » donne envie de bouger avec la musique et de découvrir le projet live pour profiter aussi de la remarquable présence scénique de la chanteuse. Ça tombe bien, un concert approche à grand pas. China Moses présente en effet le répertoire de son album  à Paris le 28 avril 2017 à 21h au New Morning. Pour ce rendez-vous, la chanteuse est accompagnée de Luigi Grasso (saxophone alto et baryton), Joe Armon Jones (piano), Marijus Aleksa (batterie), Luke Wynter (basse).
Une tournée d’été s’annonce dont les dates figurent sur le site de China Moses.

Victoires du Jazz 2020

Comme l’année précédente, le palmarès des Victoires du jazz 2020 a été dévoilé sur la page Facebook des Victoires du Jazz… 6 catégories, 11 lauréats avec nombreux ex æquo et une Victoire d’Honneur pour L’Orchestre National de Jazz dirigé par Frédéric Maurin. Cette année, en raison de l’épidémie de Covid, pas de cérémonie mais un documentaire de présentation des lauréats à venir le 24 octobre 2020 dans Passage des Arts, sur France 5 à 22h30.

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Diana Krall revient avec « This Dream of You »

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C’est un morceau de Bob Dylan qui donne son titre à cet album où Diana Krall revisite avec élégance onze grands standards du jazz. Trois ans après « Turn up the quiet », la diva revient avec « This Dream of You » (Verve Records/Universal). Un album pastel riche d’un swing intime que la pianiste et chanteuse canadienne offre en hommage à son producteur Tommy Lipuma, disparu en 2017. Un opus enchanteur qui fait rêver et oublier la sinistrose ambiante.

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« L’Heure espagnole » à l’Opéra de Lyon

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Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

« Rimur », « Asian Fields Variations »

« Label ECM-Focus5 » propose de découvrir deux nouveaux albums ECM parus en mars 2017. « Rimur » du Trio Mediaeval & Arve Henriksen et « Asian Fields Variatons » par Louis Sclavis, Dominique Pifarély et Vincent Courtois. L’improvisation bat au cœur de deux univers très différents.

« Rimur », premier album de ce « Label ECM-Focus5 » est sorti le 03 mars 2017. C’est une première sur disque pour le Trio Mediaeval qui célèbre ses vingt ans et intègre dans ce projet l’improvisation dans les musiques médiévales traditionnelles d’Islande et de Norvège en accueillant le trompettiste Arve Henriksen.

Ce septième album du Trio Mediaeval reste dans continuité du travail du groupe qui explore la musique ancienne, la musique médiévale mono et polyphonique sacrée, les chansons traditionnelles avec un intérêt manifeste pour la musique contemporaine. Pourtant sur « Rimur », le groupe s’intéresse à l’improvisation et collabore dans ce champ avec le trompettiste Arve Henriksen qui s’intéresse lui aussi aux musiques nordiques.

Une légende attribue à Arnarson, le premier colon norvégien en Islande la fondation de Reykjavik en 874. Au XXème siècle, une statue d’Arnarson est érigée dans la capitale islandaise et une copie dans Rideval, sa ville natale en Norvège. Le concept du projet « Rimur » remonte à 2007 quand Trio Mediaeval et Arve Henriksen participent à une cérémonie à Dalsfjorden sur la côte Ouest de la Norvège, entre le village de Rideval et la capital islandaise Reykjavik.

Fascinés et inspirés par les sagas islandaises, les chants folkloriques et religieux, les quatre musiciens passent du temps ensemble à Dalsfjorden et tentent d’imaginer la musique qu’a entendue Arnarson à Rideval. C’est ainsi qu’émerge un programme de musiques médiévales et traditionnelles d’Islande et de Norvège qui intègre l’improvisation. Le répertoire de « Rimur » célèbre trois saints et leurs hymnes médiévaux, les chants monophoniques de St Sunniva de Norvège, de St Birgitta de Suède et un hymne à deux voix dédié à St Magnus d’Orknet

Le trompettiste a déjà collaboré avec Trio Mediaeval sur « The Magical Forest » de Sinikka Lageland paru chez ECM en 2016. Il a aussi joué live avec le trio mais l’album « Rimur » est la première collaboration discographique des quatre musiciens.

« Rimur » a été enregistré en février 2016 au Himmelfahrtskirche de Munich et produit par Manfred Eicher toujours très impliqué dans ses projets.

« Rimur ». Le son de la trompette de Arve Henriksen se mêle avec subtilité aux voix aériennes de Anna Maria Friman, Linn Andrea Fuglseth et Berit Opheim. Une élévation musicale autant que spirituelle au-dessus des fjords norvégiens.

L’improvisation préside au processus créatif du second album de ce « Label ECM-Focus5 », « Asian Fields Variations », sorti le 17 mars 2017. Il s’agit du premier enregistrement du trio composé par le clarinettiste Louis Sclavis, le violoniste Dominique Pifarély et le violoncelliste Vincent Courtois. Ces trois artistes majeurs de la musique créative française sont des adeptes de l’improvisation qui constitue d’ailleurs le noyau fondamental de leur expression. Les trois artistes travaillent de longue date ensemble dans des contextes très divers.

Sclavis et Pifarély collaborent depuis 35 ans. Leur première rencontre a eu lieu au sein du groupe de Didier Levallet et s’est poursuivi ensuite par l’enregistrement de l’album « Chine », puis par la constitution de l’Acoustic Quartet suivi de l’enregistrement de l’album éponyme pour ECM. Une quinzaine de collaborations se sont enchaînées parmi lesquelles dont on retient avec émotion le projet intitulé « Les Violences de Rameau » enregistré et sorti en 1996 chez ECM.

 Sclavis et Courtois travaillent ensemble depuis 20 ans. Courtois a intégré le groupe de Sclavis lors de l’enregistrement de l’Affrontement des Prétendants en 1999 dont l’album est sorti en 2001 chez ECM. Il a ensuite été présent aux côtés du clarinettiste sur « Napoli’s Wall » enregistré en 2002 et sorti en 2003 chez ECM.

Les trois musiciens se sont retrouvés en 2000 avec Jean-Louis Matinier et François Merville pour l’enregistrement de la BO du film muet de Charles Vanel, « Dans la nuit », sorti en 2002 chez ECM.

En 2015, le trio Sclavis-Pifarély-Courtois a été relancé avec un nouveau projet de compositions sur la scène du festival A Vaulx Jazz un certain 19 mars 2015. On garde le souvenir de la prestation que les trois artistes donnèrent à cette occasion devant une salle suspendue au déroulement de cette création instantanée pleine de surprises, de fraîcheur et de vivacité.

Certes, Louis Sclavis est à l’origine du projet « Asian Fields Variations » mais le groupe fonctionne de manière démocratique avec une participation égale de chacun des membres au processus créatif. Il s’agit d’une réelle organisation collective où chaque musicien contribue à la composition du programme. Ceci fonde le groupe autant que le projet.

Gérard de Haro et Nicolas Braillard étaient aux commandes de la séance d’enregistrement réalisée en décembre 2015 dans les Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines. Cette fois encore, le producteur Manfreid Eicher veille à un équilibre harmonieux entre improvisation et composition. Toujours impliqué, le fondateur du label continue par son implication et ses choix à insuffler dans les productions une grande partie de l’identité que l’on se plaît à explorer dans ces « Label ECM-Focus ».

« Asian Fields Variations ». Une musique chambriste aux subtiles nuances. Équilibre délicat entre composition et improvisation. La virtuosité au service de la créativité.

Très bientôt un billet « Label ECM-Focus6 » pour continuer à s’immerger dans d’autres productions du Label ECM.

Victoires du Jazz 2020

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