« Healing Songs » tient les promesses que suggère son titre… le jazz d’Henri Texier apaise, déclenche le sourire, fait rêver et espérer le meilleur. Avec ce nouveau projet, le contrebassiste et compositeur réussit la prouesse d’ajouter à son statut de musicien celui de « guérisseur » car les musiques de cet opus possèdent des vertus apaisantes. Un album sensible et tonique dont le jazz contrasté incarne une synthèse réussie de l’art du contrebassiste.
Jazz Campus en Clunisois 2025 – Trio ETE
Trois musiciens inspirés, une musique en expansion
Pour la cinquième et dernière soirée au Théâtre les Arts de Cluny, le superbe Jazz Campus en Clunisois 2025 invite Andy Emler à la tête de son trio ETE. Pour son nouveau projet, « There is another way », le pianiste et compositeur réunit autour de lui le contrebassiste Claude Tchamitchian et le batteur Éric Échampard. Trois musiciens inspirés, une musique en expansion.
Samedi 23 août 2025, la superbe édition du Festival Jazz Campus en Clunisois 2025 se termine avec Andy Emler et son Trio ETE. En ouverture de la soirée, Didier Levallet évoque l’ensemble des contributeurs (Ville de Cluny, Commune, Département, région, Ministère de la Culture et Centre National des Monuments historiques) qui permettent au festival de vivre depuis 48 ans. L’argent public lui permet de pratiquer des tarifs abordables pour les stagiaires et le public. Il remercie aussi les techniciens du théâtre, toute l’équipe réunie autour de son administratrice Hélène Jarry et de Marion Julien et les 27 bénévoles dévoué.e.s, discrèt.e.s et efficaces qui donnent de leur énergie et sans lesquel.le.s, rien ne pourrait advenir.
Avant de céder la place à Andy Emler, Claude Tchamitchian et Éric Échampard, Didier Levallet présente le Trio ETE qui depuis 20 ans, constitue un « trio exemplaire de la création du jazz contemporain ».
Après avoir remercié Didier Levallet grâce à qui le festival Jazz Campus en Clunisois existe depuis 48 ans et permet l’expression des musiques de jazz, chose exceptionnelle par « ces temps qui marchent à reculons…! », Andy Emler avoue avoir passé « 8 jours exceptionnels » avec les stagiaires et annonce au public que le trio va jouer le programme de son projet « There is another day » dont l’album devrait sortir en mai 2026. Un voyage musical pour changer le monde… ! Programme ô combien alléchant.
Après des applaudissements nourris, le set début par des accords percussifs magistraux plaqués sur le clavier alors que l’archet de la contrebasse fait sonner des traits continus sur les médiums de l’instrument. La batterie entre en scène et fait résonner cymbales puis toms tandis que la main gauche du piano dispense un leitmotiv entêtant sur le clavier. Très vite, le trio fait monter l’intensité sonore sur scène. Le piano module et pose quelques notes perlées, la contrebasse s’interroge et esquisse une mélodie étrange, les cymbales vibrent. A l’archet, Claude Tchamitchian
fait des incursions dans les graves alors qu’Endy Emler plaque des accords dans le registre aigu, soutenu par la frappe vigoureuse d’Éric Échampard sur ses cymbales. La puissance sonore s’accentue. L’archet s’arrête, le piano dessine des arabesques de notes perlées puis invite la section rythmique à le rejoindre. L’archet reprend dans les aigus, la batterie insuffle une pulsation tout en suspension entre toms et cymbales. Un climat orageux fait écho au flot dense des notes du piano qui module Après un court break, le son augmente encore. Comme exaspérée, la musique amorce une marche martiale et le climat devient orageux.
Le répertoire se poursuit avec Enough, une ballade au titre optimiste (sic !) qui ouvre avec les notes graves de la contrebasse à la sonorité profonde. Après l’exposé de la mélodie, le piano volubile et percussif unit son énergie à celle de la batterie pulsatile. Le volume musical augmente encore, la mélodie devient funky, le rythme ralentit puis le chant empreint de douceur se fait triste. Consolateur, le piano d’Andy Emler pose des accords bienveillants puis devient véhément, comme à la recherche d’un espoir. Claude Tchamitchian et
Éric Échampard le rejoignent. La matière sonore se déstructure segmentée par les torrents de notes fulgurantes du piano, les pulsations volcaniques des baguettes sur les cymbales et les graves de la contrebasse protestataire. Après une ultime montée en puissance, le climat se tend à l’extrême, l’exaspération est à son comble puis l’intensité diminue doucement, la musique se calme, contrebasse et batterie s’arrêtent, le piano pose quelques accords sereins dans lequel se faufile le silence… Enough !
Après quelques accords puissants voire guerriers, le piano semble s’interroger et disserter via des notes pointillistes auxquelles répondent cymbales et contrebasse. Les trois complices se stimulent, se décalent, engagent une guerre des notes sans retenue aucune. Les syncopes se succèdent dans un galop effréné, la grosse caisse pétarade, des sons explosifs émergent de la contrebasse, le piano libère des cascades torrentielles de notes. L’espace d’un instant, se profile un calme apparent mais les notes caracolent de nouveau, la cadence s’épaissit avant que n’advienne le silence. This’s our way…le trio a visiblement trouvé sa voie (ce dont on n’a jamais douté).
Le répertoire se poursuit avec un thème basé autour d’un mode « non classifié » (?!). Échange aux tonalités modales entre une échappée de notes légères et aigües sur le clavier du piano et d’autres plus graves frottées par l’archet de la contrebasse, entrée de la batterie. Les trois musiciens fusionnels dialoguent en une parfaite osmose, leurs sourires ponctuent leurs échanges. Pétarades explosives sur les touches, friselis des cymbales, grincements et divagations de l’archet dans les aigus. Les sons saccadés dégoulinent, le tempo oscille puis s’accélère, la musique se densifie, la fâcherie n’est pas loin, le rythme pulsatile devient obsessionnel. Après un solo de batterie inspiré, Éric Échampard allège sa frappe. De ses cymbales semble s’élever un bourdonnement d’ailes d’abeilles alors que résonne la tonalité grave et boisée de la contrebasse. Le morceau prend fin dans les scintillements de la batterie. Après le chaos… la lumière.
Tout au long du set, la connivence qui unit les trois artistes est perceptible, regards attentifs et bienveillants, écoute et interaction de chaque instant. Le dialogue collectif du trio ETE explore toutes les possibilités expressives.
Touché par la générosité et l’inventivité des artistes, le public se lève et salue la magnifique prestation du trio ETE par un concert d’applaudissements enthousiastes. Bien que prétextant n’avoir « plus rien à jouer », Andy Emler propose d’interpréter les deux premiers volets de « Useful report », quatrième album du trio sorti en 2022. L’archet percute les cordes, le piano pulse, la pulsation enfle, la batterie entre et explose. Au-dessus des roulement fortissimos de la batterie, piano et contrebasse échangent sans retenue. Cascades de notes, modulations, course effrénée du tempo… mais tout a une fin et les trois musiciens quittent la scène sous une ovation unanime.
De bout en bout, Jazz Campus en Clunisois 2025 a proposé une 48ème édition où, à travers la, programmation de Didier Levallet, le JAZZ a vraiment fait entendre sa VOIX, celle d’une musique actuelle, ancrée dans la tradition et ouverte sur l’avenir, un art sans concession et sans frontière de styles qui invite à écouter, à échanger sans partage, à croire en des lendemains diversifiés et optimistes.
Henri Texier présente « Healing Songs »
Jazz à Vienne 2026 – Affiche & Premiers noms
Le 26 novembre 2025, les organisateurs du Festival « Jazz à Vienne » ont dévoilé l’affiche de l’édition 2026 proposée par la dessinatrice Lucrèce Andreae. En attendant le 10 mars 2026, date de dévoilement de la programmation complète de « Jazz à Vienne 2026 », les concerts de huit soirées sont déjà annoncés. Rendez-vous du 25 juin au 11 juillet 2026 pour une prometteuse édition de « Jazz à Vienne » !
« Célébration » par Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet
Sur leur nouvel album « Célébration » Sébastien Texier et Christophe Marguet reviennent avec leurs fidèles compagnons, Manu Codjia et François Thuillier. Dans la continuité du précédent opus, « We Celebrate Freedom Fighters ! », le quartet évoque des moments marquants de l’histoire de l’humanité. Les dix compositions entonnent un hymne musical enflammé et coloré… et le miracle advient, la musique résonne comme un souffle d’espoir.






Suite à cette version stimulante de Climax Change, la guitare introduit Interlude alors que Sylvie Gastaud fait entendre le texte qui narre l’odyssée du migrant Sévérino. Les effets électriques du Rhodes de Jozef Dumoulin soutiennent le solo du sopranino de Christophe Monniot. L’intensité musicale augmente alors que la voix de la mère du leader évoque l’exil de son grand-père loin des colonies ukrainiennes. Les accablantes conditions de vie des migrants sont mentionnées pendant qu’échangent les instrumentistes. Claquements sur le manche de la contrebasse, grincements des baguettes sur les cymbales, notes égrenées sur le clavier du piano forment un allègre mélange sonore au-dessus duquel interviennent avec véhémence trompette et saxophone alto. La tension monte, le Rhodes génère un climat sonore étrange. Guitare et contrebasse rivalisent avec le discours échevelé et pulsatile de la batterie de Franck Vaillant. Poussé par une rythmique déchaînée, Aymeric Avice développe un chorus bouillonnant sur sa trompette. Comme exaspérées et exaltées par la densité de l’environnement musical, les notes jaillissent avec force et contribuent encore à densifier l’ambiance. Place ensuite à un singulier solo de batterie que tous les musiciens écoutent avec attention. Le temps semble comme suspendu puis le groupe reprend le thème et termine le morceau.
Le saxophone alto pleure, soutenu par le tissu musical intense que tisse le groupe. La voix fait allusion aux déplacements des migrants qui ne peuvent plus avancer car « la mer est devant eux… » et ils ne pourront être mis en terre.









On serait tenté d’intituler ce morceau onirique « Songe d’une nuit clunisoise ». Après avoir félicité Didier Levallet pour son festival débuté il y a 48 ans, Andreas Schaerer entame une incantation qui gagne en puissance puis la guitare improvise dans les aigus et la basse électrique les rejoint.





De ses propos se dégagent des impressions cosmiques. Sur une rythmique de ballade,Romain Nassini installe un climat stratosphérique avant que ses arpèges esquissés à traits rapides et un roulement de batterie tonique aux baguettes n’ouvrent l’espace au trombone. Il nous échappe pourquoi le leader se positionne dos tourné au public, face à ses compagnons pour les diriger un instant. Le public est mis en orbite par les cymbales de la batterie frappées par les mailloches et la guitare qui étire le rythme. Romain Nassini enchaîne avec une improvisation limpide et son Rhodes installe un climat vaporeux. Stimulée par les rythmiciens, la musique s’intensifie au fil des accords, la batterie instaure un tempo rock et le trombone « royal » intervient sur la pulsation binaire. Le public réagit en écho et applaudit avec ferveur avant un retour au thème… le calme après la tempête… !
Tout en chantant, sourire aux lèvres, André Minvielle marque le rythme en battant des mains sur un sac plastique posé sur sa poitrine puis Géraldine Laurent prend un chorus virtuose et allègre. C’est ensuite en duo que le pianiste et le chanteur interprètent Débit de l’eau, débit de lait, chanson écrite en 1943 par Charles Trenet et Francis Blanche. Des scats vocaux parsèment l’intervention du chanteur.
Géraldine Laurent pendant que Guillaume de Chassy assure la rythmique au clavier. Nostalgie et rêve sont au rendez-vous sur la scène du Théâtre les Arts.
Guillaume de Chassy dont les traits mélodiques de la main droite sont soutenus par l’accompagnement rythmique de la main gauche. Quelques dissonances donnent du piment au discours. Le duo se reforme et réinstalle une douce tendresse musicale avant que le rythme ne monte en intensité jusqu’à la fin du morceau.
En rappel le trio interprète De Dame et d’homme, musique de Marc Perrone sur laquelle André Minvielle a écrit des paroles. Un hommage chargé d’émotion rendu à cet artiste qui ne peut plus jouer mais a écrit d’un doigt, le livre « Tu vois, c’est ça qu’on cherche » (Éditions de l’Humanité) qui sortira à Uzeste en août 2025. Le lendemain le trio sera d’ailleurs en Gascogne, au festival « Uzeste Musical » où il présentera le répertoire de « Trenet en chantant ».











Pour la saison 2025/26, l’Orchestre National de Lyon est toujours au cœur de la programmation sous la direction de Nikolaj Szeps-Znaider avec Gustav Mahler, Richard Strauss et Wolfgang Amadeus Mozart mais aussi avec des répertoires moins fréquentés et la création contemporaine. Par ailleurs, l’Auditorium de Lyon invite cheffes, chefs et orchestres et réserve une place renforcée à la musique baroque en accueillant Emmanuelle Haïm et le concert d’Astrée. Au cours de cette année 2025/2026, l’institution propose une nouvelle Biennale d’Orgue qui valorise l’instrument historique de l’Auditorium.
C’est avec l’Orchestre national de Lyon que Zaho de Sagazan commence sa tournée symphonique au printemps 2025. Nouvelle étoile de la chanson française, Zaho de Sagazan revisite les chansons de son premier album, « La Symphonie des éclairs », et leur offre une nouvelle dimension dans l’écrin de l’Orchestre national de Lyon. Elle fait étape à l’Auditorium pour trois dates, les 29, 30 et 31 octobre 2025 à 20h.
Le chanteur malien Salif Keïta signe son grand retour scénique et discographique avec « So Kono », album acoustique et intime. Ce monument de la musique mandingue se livre pour la première fois dans un format acoustique épuré. La scène de l’Auditorium l’accueille le 10 octobre 2025 à 20h. Avec sa guitare et dans un format acoustique, il va présenter reprises et nouvelles compositions avec à ses côtés Mamadou Kone (calebasse) et Djessou Mory Kanté (guitare).


Annoncé pour le 06 juin 2025, l’album « Open Up Your Senses » (Artwork Records/[PIAS]) annonce la venue d’une nouvelle « grande voix » dans le monde du jazz, celle de
En 2023, alors qu’il ne pratique le jazz que depuis 5 ans, il remporté la récompense de la très prestigieuse « Sarah Vaughan International Jazz Vocal Competition » devant le public et un jury qui compte Christian McBride, bassiste multi-primé aux Grammy Awards et conseiller en jazz du New Jersey Performing Arts Center de (NJPAC) de Newark, dans le New Jersey et Al Pryor, producteur et consultant A&R (Artists and Repertoire), trois fois lauréat d’un Grammy Award. Ainsi, après le chanteur américain originaire de Chicago, G. Thomas Allen, récompensé en 2021, Tyreek McDole est devenu l’un des deux seuls chanteurs masculins à avoir obtenu cet honneur en 12 ans d’histoire du concours.