« Mirror », reflet de l’art de Felipe Cabrera

« Mirror », reflet de l’art de Felipe Cabrera

Entre musique classique, jazz et tradition cubaine

Après plus de trente-cinq ans de carrière, le contrebassiste Felipe Cabrera se penche sur le chemin parcouru entre les deux rives de l’Atlantique. « Mirror », son quatrième album, reflète ses multiples facettes musicales. Si les racines classiques constituent le fondement de son écriture, le jazz et la musique cubaine irriguent son inspiration. Douze plages à écouter en boucle.

cuverture de l'album Mirror du contrebassiste felipe CabreraAprès « Made In Animas », « Evidence from El Cayo » et « Night Poems », Felipe Cabrera sort « Mirror » (3D Family/MDC/PIAS) à sortir le  27 septembre 2019. Sur ce quatrième album, le contrebassiste croise les fils de sa vie. Sur la pochette de l’album, le leader se mire sur trois miroirs tout comme l’album vibre entre musique classique, jazz et musique cubaine.

Sur cet enregistrement, Felipe Cabrera retrouve ses compagnons de route de longue date, Leonardo Montana au piano, Irving Acao au saxophone ténor et Lukmil Perez à la batterie. Avec eux, il conte sa propre vision du monde via une suite dont les douze titres révèlent les faces multiples de ce musicien singulier à l’écriture inspirée.

Ancré dans son passé et ouvert sur l’avenir, abreuvé de culture populaire mais forgé par la musique classique, Felipe Cabrera se nourrit de cette dualité pour mieux projeter sa musique. Les mélodies irriguent son écriture savante dont les riches harmonies laissent pourtant la liberté creuser son sillon et s’épanouir.

« Mirror », comme le miroir d’une vie

« Cet album reflète les étapes de ma vie, depuis mon enfance à Cuba jusqu’à ma vie d’adulte entre Paris et la Havane. Il est le miroir des changements politiques et sociaux qu’ont connu mes deux Pays et des bouleversements que j’ai moi-même vécu durant ces années. Il représente ma famille, mon héritage, aussi bien caribéen que classique. Il est mon Cuba, mon Amérique et mon Europe. » Felipe Cabrera

Comme une autobiographie singulière, les douze plages musicales de « Mirror » déroulent ​le fil de la vie de Felipe Cabrera, de son enfance à aujourd’hui, de la musique classique au jazz en passant par les musiques dans lesquelles il a baigné.

De Cayó Hueso à l’Instituto Superior de Arte

Né à La Havane, aux premières heures de la Révolution, le 15 août 1961, le jeune Felipe vit à Cayó Hueso, quartier historique de La Havane, dans une famille de mélomanes. Son père est bassiste, sa mère aime chanter et danser. Son père lui a appris à lire la musique avant même de jouer d’un instrument et sa mère a soutenu son projet de devenir musicien, ce qui lui a permis de sortir de son quartier populaire.

Le 11 septembre 1973 il intègre l’école Amadeo Roldan où il n’a pu étudier la guitare (comme il le souhaitait) mais a dû choisir entre le basson, le cor et le hautbois. Il continue ensuite ses études de bassoniste à l’Instituto Superior de Arte de 1980 à 1986.

Comment un bassoniste concertiste devient contrebassiste de jazz

Felipe Cabrera a commencé à s’intéresser et à jouer de la basse en même temps qu’il pratiquait le basson dans l’orchestre symphonique national et dans un quintet à vent. Il a côtoyé le totémique Israel Cachao Lopez et a pris des cours avec Carlos Del Puerto de Irakere. Le 30 juin 1984, a commencé à jouer avec le pianiste Gonzalo Rubalcaba. Alors qu’il devait juste faire un remplacement d’un an, il est resté quatorze ans aux côtés du pianiste au sein du Grupo Proyecto devenu ensuite le Cuartet Cubano. Il impose sa carrure comme sideman aux côtés de Rubalcaba, de Julio Barreto et d’Horacio “El Negro” Hernández.

Sur les scènes, il a joué avec Tata Güines, Frank Emilio Flynn, Roberto Fonseca mais aussi avec Herbie Hancock, Wayne Gorbea, Ron Carter, Jack de Johnette, Wallace Ronnie, Wynton Marsalis, Michael Brecker, George Benson, entre autres. Il a aussi mis sa contrebasse au service d’autres projets dont le premier disque du groupe Orishas, Patato Valdés, Jimmy Sabater, José Mangual Jr., Eddy Palmieri, Chico Freeman, Chano Domínguez, le pianiste allemand Sebastian Schunke ou le groupe de salsa africain Africando.

De La Havane à Paris

Après quatorze années passées auprès de Gonzalo Rubalcaba et huit albums enregistrés, en 1999, alors qu’il vient d’enregistrer son premier album solo « Made in Animas », Felipe Cabrera plonge dans l’inconnu et traverse l ’Atlantique pour rejoindre Paris où il s’installe. Il intègre le milieu latino de Paris et les jams sessions. Il travaille avec Raul Paz puis avec Orlando Poleo et Miguel Anga Diaz et Alfredo Rodriguez.

En 2001 il crée le Felipe Cabrera Quintet avec Orlando Poleo aux percussions, Irving Acao au saxophone, Lukmil Perez à la batterie, Leonardo Montana au piano, En presque vingt ans il multiplie avec succès les collaborations, et impose son nom et sa sonorité dans les milieux les plus divers, dont celui du jazz.

« Mirror, l’album

le contrebassiste Felipe Cabrera

Felipe Cabrera©Karen Paulina Biswell

Felipe Cabrera enregistre « Mirror » en 2018 avec le pianiste Leonardo Montana, le saxophoniste ténor Irving Acao et le batteur Lukmil Perez, Le disque accueille aussi la voix de Javier Campos, le cor d’harmonie d’Antoine Philippe et le chant de Charlotte Wassy,

A l’écoute du monde, le leader reste connecté avec ses racines originelles et affirme son identité de compositeur dans ce quatrième album qui reflète le chemin parcouru depuis ses origines à aujourd’hui. Loin de lui la démarche qui préside à celle de la belle-mère de Blanche-Neige. Point de complaisance pour affirmer qu’il est le meilleur, seulement un regard qu’il porte sur sa propre trajectoire. Après écoute de l’album, il saute aux oreilles, que Felipe Cabrera fait partie des meilleurs, contrebassistes, ceux sur lesquels peuvent s’appuyer les musiciens mais aussi de ces compositeurs qui possèdent une identité.

Au fil des plages

Une mélodie parcourt tous les titres et revient comme un leitmotiv qui relie tous les titres et lui donne une cohérence inouïe.

L’Intro et le Final de l’album restituent l’ancrage de Felipe Cabrera dans la culture de Cuba par un dialogue profane que la voix mystique de Javier Campos tisse avec les ancêtres, une élégie offerte à Elegua. Comme une invocation. Le sphérique Circle évoque le cycle de la connaissance. Sur un motif réitératif martelé par le trio piano-contrebasse-batterie, le saxophone ténor volubile et musclé dessine une atmosphère étrange.

Le titre Hoy con Adobo livre la version que l’auteur a de la musique cubaine actuelle avec ses motifs incisifs, ses suspensions et la sonorité tantôt moelleuse tantôt véhémente du saxophone. Le riff joué en boucle par la contrebasse contribue au climat envoûtant du titre. Ballade élevée comme une prière mélancolique, Hilos invite au recueillement. Thème en deux parties, La Congo fait référence à la religion bantoue et à la congo, musique traditionnelle jouée dans les carnavals. Instrumentale La Congo 1, partie instrumentale puis La Congo 2, partie chantée où le saxophone ténor jaillit comme un cri au-dessus du chœur des amis du contrebassiste.

Mirror, comme le reflet de la formation classique de l’auteur. Les envolées lyriques du ténor sax et la voix de Charlotte Wassy apportent une respiration sereine soutenue par la contrebasse au son tellurique et par le piano enchanteur.

Guajira Loca invoque le rythme de la guajira qui incite à la danse. Le piano vif et coloré ensoleille le titre. Dans 211109 (date tragique de la vie du leader), résonne une relative violence. Après un solo introspectif de la contrebasse, la tonalité se fait coltranienne sur un tempo musclé. Les voix et le ténor créent un climat jubilatoire évocateur des ambiances qu’affectionnait Sun Ra. Le chorus du saxophone ténor et le solo de batterie contribuent pour beaucoup à la force du morceau.

Le climat change avec Lament qui rend hommage aux Africains décédés en mer après l’abolition de l’esclavage.Sur un tempo de ballade, la contrebasse enlace les accords évanescents du piano. La mélodie langoureuse du ténor étire ensuite ses pleurs jusqu’au bout du titre. Thème en plusieurs mouvements, Horns and Horses vit entre tension et détente, entre la frénésie du saxophone, le climat apaisant de la contrebasse, les accords baroques du piano et la voix incantatoire. Avec tambours et cor, le morceau évoque la guerre d’indépendance qui permit à Cuba de s’échapper de la tutelle de la couronne d’Espagne.

Certes « Mirror » met en évidence les qualités d’instrumentiste de Felipe Cabrera mais révèle aussi son talent de compositeur. Sa plume précise sculpte une musique sophistiquée empreinte de liberté et d’expressivité. Au fil des plages, l’émotion affleure sans débordement et sous-tend la ligne narrative de l’album qui relie petite et grande histoire, épisodes de vie personnelle et vision globale du monde d’hier et d’aujourd’hui.

Pour s’immerger dans la musique de « Mirror », rendez-vous à Paris le 19 novembre 2019 à 21h au New Morning. Felipe Cabrera, Irving Acao, Leonardo Montana et Lukmil Perez seront aussi le 21 novembre 2019 à 20h30 au Jazz Club de Tourcoing, Maison Folie Hospice d’Havré.

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Ibrahim Maalouf & « S3NS » – Album & Tournée

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Hommage à la culture latino-américaine

Ibrahim Maalouf donne une coloration latine à son onzième album, « S3NS », dont la sortie est annoncée pour le 27 septembre 2019 chez Mister Ibe. Dans la foulée, le trompettiste va sillonner les scènes de l’hexagone et même franchir les frontières. « S3NS », du métissage musical garanti avec Maalouf en mode latino !

couverture de l'album S3NS du trompetiste Ibrahim MaaloufOn se souvient de Missin’ Ya, une reprise de Night in Tunisia de Dizzy Gillespie gravé dans « Diasporas », le tout premier album du trompettiste Ibrahim Maalouf en 2007. Par ailleurs, de Lhasa, à Raul Paz, en passant par Tito Puentes ou Omar Sosa, le trompettiste a collaboré avec de nombreux artistes latins. Né au Liban, Ibrahim Maalouf a grandi en France. Pourtant, il revendique des influences latino-américaines qui font partie intégrante de sa culture familiale et musicale.

Ainsi, aujourd’hui, Ibrahim Maalouf pare de couleurs latines son onzième album, « S3NS », attendu le 27 septembre 2019 chez Mister Ibe.

Avec Ibrahim Maalouf & « S3NS » (à prononcer sens), place à un métissage musical rythmé par des sonorités cuivrées et des syncopes énergiques.

« S3NS », un album métissé

Trip latino avec cinq invités

Sur cinq des neuf plages, Ibrahim Maalouf accueille des invités parmi les plus prestigieux des grands noms actuels de la musique latine

Una Rossa Blanca ouvre l’album avec le trompettiste et le pianiste cubain Harold López-Nussa. Sur ce titre, on peut écouter la voix de Barack Obama lors de son discours du 22 mars 2016 à la Havane, un discours qui a marqué l’histoire pour toujours. « Cette musique est un hommage à ceux qui savent faire la paix en tendant la main à leurs ennemis d’hier, mais aussi une preuve par la musique que les cultures du monde sont toutes reliées par les 3 mêmes gènes : la mélodie, le rythme et les émotions. » Ibrahim Maalouf

On écoute avec bonheur le tonique et virtuose saxophoniste Irving Acao sur Harlem, la violoniste Yilian Cañizares sur Na Na Na, le pianiste cubain Alfredo Rodriguez révélé par Quincy Jones sur N.E.G.U.

De son phrasé unique, le pianiste Roberto Fonseca insuffle de superbes accents cubains à Gebrayel. Sur ce morceau on retrouve l’identité musicale du pianiste cubain qui exprime avec talent ses racines et son amour du rythme. Ibrahim Maalouf en oublie presque ses quarts de tons et cela ne manque guère.

Du Maalouf pur et dur sans invité

Sur les quatre plages sans invités, le « trip Maalouf » pur et dur reprend le dessus. Ainsi  All I can’t say, Radio Magallanes, S3NS et Happy Face (qui manque peut-être un peu de nuances) restituent l’idiome propre au trompettiste. Son énergie, sa nostalgie, ses breaks, ses riffs répétés à l’envi par la trompette et la rythmique toujours efficace.

Ni jazz, ni pop, ni rock, la musique d’Ibrahim Maalouf demeure certes toujours inclassable mais tout à fait identifiable.

Tournée S3NS dans toute la France

Paris, Marseille, Lyon

Pour découvrir le nouveau trip latino du trompettiste Ibrahim Maalouf, les rendez-vous sont nombreux dans l’hexagone. La tournée commence avec trois dates à Paris, à l’Olympia, les 23, 24, et 25 septembre 2019. Marseille accueille ensuite le projet le 01 décembre 2019 au Dôme. La tournée passe plus tard à la Halle Tony Garnier de Lyon, le 27 octobre 2019 avec un concert qui s’inscrit dans saison 2019/20 programmée par « Jazz à Vienne » où Ibrahim Maalouf a toujours fait un tabac.

Partout dans l’hexagone

Ibrahim Maalouf & « S3NS » poursuivent ensuite leur tournée en direction de la Bretagne, à Brest le 28 septembre 2019 (Brest Arena), Nantes le 29 septembre 2019 (Zénith Nantes Métropole) et Rennes le 06 octobre 2019 (Le Liberté). Crochet ensuite dans le Sud-Ouest à Toulouse le 12 octobre 2019 (Toulouse Métropole) et à Bordeaux le 13 octobre 2019 (Arkéa Arena). Puis les rendez-vous se poursuivent de Lille à Montpellier en passant par Dijon, La Rochelle, Nancy, Monte-Carlo… et plus encore. ICI pour tout savoir de la tournée « S3NS » du trompettiste Ibrahim Maalouf.

Pour se mettre en oreilles, on écoute Happy Face

Ricardo Izquierdo présente « Kikun Pelu Mi Wá »

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Andy Emler & A Filetta au Musée des Confluences

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Rencontre entre jazz et polyphonies corses

Dans le cadre des spectacles Vibrations du Monde, le Musée des Confluences offre une Carte blanche à Andy Emler et A Filetta. Échanges, conférence et concerts à vivre du 26 au 28 septembre 2019. Quatre jours pour découvrir les univers du pianiste de jazz et du chœur polyphonique corse.

Vibrations du Monde au Musée des Confluences, carte Blanche à Andy emlet et A FilettaLes spectacles Vibrations du Monde du Musée des Confluences invitent chaque année le public à faire escale au croisement des œuvres traditionnelles et de la scène contemporaine. Autant d’occasions pour vibrer au rythme des créations et découvrir la richesse artistique d’un monde en mouvement.

La saison 2019/20 des Vibrations du Monde ouvre avec une Carte Blanche à Andy Emler et A Filetta.

Ainsi, du 26 au 28 septembre 2019, deux univers de tradition orale vont de rencontrer. Celui du jazz incarné pour l’occasion par le pianiste Andy Emler et quelques-uns de ses compagnons d’aventure et celui des polyphonies corses que représente le chœur A Filetta.

Andy Emler

Compositeur, pianiste et arrangeur, Andy Emler se passionne depuis toujours pour le jazz et l’improvisation. Inventeur et innovateur il dirige depuis 1989 le MegaOctet, orchestre à nul autre pareil qui demeure une référence unique dans le monde de la musique improvisée. Virtuose et festif, le MegaOctet a vécu des mues successives mais demeure au fil de ses trente ans de vie, un laboratoire où toutes les audaces sont permises aux improvisateurs qui le constituent.

Andy Emler s’exprime aussi au sein du trio Emler - Tchamitchian  -Echampard et par ailleurs se produit en sol

A Filetta

Composé des voix de cinq chanteurs, Jean-Claude Acquaviva, François Aragni, Petr’Antò Casta, Paul Giansily et Maxime Vuillamier, le Chœur A Filetta perpétue depuis près de 40 ans la tradition orale insulaire tout en explorant des créations d’œuvres plus contemporaines.

Quatre jours entre jazz et polyphonies corses

« A’core datu » : A Filetta

A Filetta, Carte Blanche à Andy Emler et A Filetta au Musée des Confluences

A Filetta©Armand Luciani

Jeudi 26 septembre à 12h30 dans le Grand Auditorium, le Chœur A Filetta se propose de livrer les 40 ans de son histoire musicale au public au cours d’un échange, véritable exposé illustré vivant et chantant.

L’occasion de découvrir les différentes phases de l’évolution du groupe, les traditions qui ont influencé son parcours atypique.

« Le Cantu in Paghjella » : de l’héritage à l’apprentissage

Vendredi 27 septembre à 12h30 dans le Petit Auditorium (entrée libre), Philippe Salort, chercheur, chargé de l’inventaire du Patrimoine Culturel Immatériel - Direction du Patrimoine, Collectivité de Corse propose une conférence en français autour de la Paghjella.Inscrite sur la liste UNESCO du patrimoine culturel immatériel menacé, la Paghjella se transmet par imprégnation et immersion.

Cette tradition polyphonique corse fait l’objet de nouvelles réflexions pédagogiques sur son apprentissage oral.

“Nobody Knows…” : Andy Emler, piano solo

Andy Emler, Carte Blanche à Andy Emler et A Filetta au Musée des Confluences

Andy Emler©Marion Duhamel

Vendredi 27 septembre à 20h dans le Grand Auditorium, le pianiste Andy Emler invite le public à le rejoindre dans un voyage improvisé aux saveurs épicées et aux teintes chamarrées.

Seul avec son piano, il va promener son inspiration inouïe aux croisées des musiques du monde et du jazz avec des incursions dans les univers de Ravel, Stravinsky, les Beatles et bien d’autres portées habitées.

Polyphonies corses

Dans le cadre de la carte blanche à Andy Emler & A Filetta, les stagiaires du CFMI, dir. Association corse Citàdell’Anima proposent des concerts impromptus au niveau 1 du musée le samedi 28 septembre à 14h30, 15h30 et 16h30.

“The Wake Up call” : Quartet Andy Emler & A Filetta

Rendez-vous le samedi 28 septembre à 20h dans le Grand Auditorium avec une création hors-norme d’Andy Emler pour Quartet et A Filetta. Quatre improvisateurs de jazz au service de la polyphonie vocale. De grands chanteurs au service d’instrumentistes virtuoses.

Autour du piano d’Andy Emler qui a composé musique et textes, se retrouvent le contrebassiste Claude Tchamitchian, le saxophoniste et clarinettiste Laurent Dehors et le percussionniste François Verly. Les instrumentistes de jazz vont échanger avec Jean-Claude Acquaviva, François Aragni, Petr’Antò Casta et Maxime Vuillamier, chanteurs du Chœur A Filetta.

Des promesses de moments musicaux inédits.

Ricardo Izquierdo présente « Kikun Pelu Mi Wá »

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Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Chick Corea – The Spanish Heart Band : « Antidote »

Un feu d’artifice vibrant de latinité

A la tête d’un octet rutilant qui réunit des musiciens venus de l’Espagne, de Cuba, du Venezuela et des États-Unis, le pianiste Chick Corea plonge de nouveau dans son héritage musical espagnol, latin et flamenco. Chick Corea - The Spanish Heart Band : « Antidote »… une immersion vivifiante dans le jazz latin de Chick Corea.

couverture de l'album Antidote de Chick Corea - The Spanish Heart BandAnnoncé pour le 28 juin 2019, l’album « Antidote » (Concord/Universal) marque une nouvelle étape latine dans la discographie de Chick Corea.

Dans la droite ligne de « Touchstone » and « My Spanish Heart », le pianiste continue à explorer les styles musicaux espagnol et afro-cubain avec à ses côtés, « The Spanish Heart Band » au casting exceptionnel. Des thèmes de Paco de Lucía, Antonio Carlos Jobim et Igor  Stravinsky s’ajoutent à des reprises de ses deux albums fétiches.

« My Spanish Heart »

« Mes racines sont italiennes, mais mon cœur est espagnol. J’ai grandi avec cette musique. Ce nouveau groupe est un mélange de tous les merveilleux et différents aspects de mon amour et de mon expérience vis-à-vis de ces rythmes qui constituent une grande partie de mon patrimoine musical. »  Chick Corea

Tout au long de sa longue carrière, le légendaire compositeur, pianiste et claviériste Chick Corea a exploré la musique bien au-delà des frontières du jazz. De nombreuses fois au fil des décennies, il a approfondi cet héritage des traditions espagnole, latine et flamenco qu’il nomme « My Spanish Heart ».

Depuis pratiquement ses débuts, la musique de Chick Corea a été empreinte de latinité. D’ailleurs il se  plait à évoquer le premier concert qu’il a écouté à son arrivée à New York en 1960, une prestation du percussionniste d’origine cubaine Mongo Santamaría au Birdland. Une grande partie de son « Spanish Heart » provient de cette époque où pendant les pauses de ses concerts, il allait écouter Tito Puente, Machito, Ray Barretto, Eddie Palmieri qui jouaient au Palladium.

Chick Corea ne fait aucun mystère de son amour pour la musique espagnole, latine et pour flamenco. Ça commence en 1972, par une de ses compositions les plus connues, Spain inspiré par le Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo. Le morceau a d’ailleurs été enregistré d’innombrables fois depuis, y compris par Paco De Lucía et Tito Puente.

En 1976, le pianiste sort « My Spanish Heart » avec Stanley Clark, Don Alias, Steve Gadd, Jean Luc Ponty et Gayle Moran où figure le thème Armando’s Rhumba dédié à son père. Cet album qui fusionne de manière innovante jazz et musique latine traditionnelle, fait partie des grands classiques de Corea.

Seize ans plus tard, en 1982, le pianiste s’est de nouveau aventuré sur un terrain musical similaire avec l’album « Touchstone » auxquels participaient entres autres, Al di Meola, Stanley Clarke and Lenny White et le légendaire guitariste flamenco Paco De Lucía sur deux titres, Touchstone et Yellow Nimbus.

En 2019, sur « Antidote » Chick Corea explore de nouveau ses influences espagnoles et latines avec le premier album de son nouveau The Spanish Heart Band, un octet multi-culturel auquel se joignent Rubén Blades, Gayle Moran Corea, et Maria Bianca.

The Spanish Heart Band

Pour se lancer dans cette nouvelle exploration dynamique de ses racines de cœur, le virtuose du clavier âgé de 78 ans a réuni autour de lui The Spanish Heart Band, un groupe de huit brillants musiciens.

Ainsi, une rythmique imparable entoure Corea avec le maître cubain de la basse Carlitos Del Puerto et le percussionniste vénézuélien Luisito Quintero qui ont joué sur l’album « Chinese Butterfly » (2018) enregistré par Corea en collaboration avec Steve Gadd. La batterie est confiée à Marcus Gilmore qui suit les traces de son grand-père, le grand Roy Haynes, lequel a d’ailleurs lui aussi collaboré avec Corea.

Outre la section rythmique, The Spanish Heart Band compte deux musiciens originaires d’Espagne, le guitariste de flamenco Niño Josele et le saxophoniste/flûtiste Jorge Pardo, qui ont tous deux travaillé avec le maître du flamenco Paco de Lucía. A leurs côtés, un duo de soufflants imparable composé du trompettiste Michael Rodriguez et du tromboniste Steve Davis. Enfin, le groupe accueille le danseur de flamenco Nino de los Reyes.

A cet octet multiculturel expert en flamenco et en rythmes latins s’ajoutent les voix de Rubén Blades, de Gayle Moran Corea et Maria Bianca.

De plage en plage

L’album ouvre avec la chanson titre et la voix de Rubén Blades qui se joint à l’ensemble des musiciens de l’octet. Le morceau se développe jusqu’à la transe à laquelle participe aussi le danseur. Dans la même dynamique on écoute avec un plaisir indicible la nouvelle version du célèbre Armando’s Rhumba déjà présent sur « My Spanish Heart » et dédié par le pianiste à son père. Sur ce nouvel arrangement, on savoure les rutilantes interventions du trombone, de la flûte et de la trompette. La guitare émerveille par son énergie et le piano se réinvente puis laisse place à une fusion rythmique éblouissante qui déclenche un un véritable séisme musical.

Les percussions dialoguent ensuite avec les pas du danseur en ouverture de Nimbus jaune, écrit à l’origine pour le duo Corea/De Lucía. The Yellow Nimbus - Part 1, donne libre expression aux couples guitare/palmas/danseur et flûte/piano qui échangent dans un tourbillon flamenco éblouissant et nuancé. Advient ensuite The Yellow Nimbus - Part 2, une autre facette du thème où l’on se laisse porter par les échanges entre le piano exultant et la guitare virtuose. Une musique enivrante.

Le chœur vocal luxuriant de Prelude To My Spanish Heart résonne comme une offrande religieuse qui précède une version revisitée de My Spanish Heart. Pris sur un rythme un rien danzon, la voix et les cuivres laissent place à un solo fougueux du piano puis à un chorus solaire de la trompette suivi d’un scat inspiré du chanteur. De Duende, le groupe propose une version quasi atmosphérique aux résonances percussives étranges autant que délicates. Flûte, trombone, trompette et piano amorcent le thème, très vite suivis par les huit musiciens qui engagent des échanges habités par la grâce… l’âme du flamenco affleure !

Chick Corea revisite de manière fort originale Zyryab, cette composition de Paco de Lucia qui porte le nom du poète et musicien du persan-africain du IXe siècle espagnol. Le leader a enregistré la version originale du titre avec le guitariste en 1990. La musique de 2019 restitue l’esprit d’un flamenco authentique nimbé d’influences espagnoles et moyen orientales qui sont mis en valeur par des arrangements riches et contrastés.

Chick Corea explore aussi le célèbre Desafinado composé par Antônio Carlos Jobim. Il choisit de poser la voix soul un peu détimbrée de Maria Bianca pour faire écho au titre qui signifie désaccordé. Sur un tempo plus rapide que le titre originel, le clavier conte avec allégresse et fluidité cette triste histoire d’amour. Avec le très court Pas de Deux, Corea introduit un autre genre musical, via un arrangement pour piano-solo d’un morceau du ballet « The Fairy’s Kiss » de Stravinsky. Seul au piano, Corea danse avec son instrument. Un enchantement plein de délicatesse.

L’album se termine avec Admiration sur lequel flûte aérienne et guitare lumineuse rivalisent d’inspiration. Si Corea endosse le rôle de pianiste, on perçoit surtout dans ce titre son implication dans les arrangements et les orchestrations qui élèvent ce morceau au firmament des étoiles. Les pas du danseur concluent le morceau. On flotte loin des contingences terrestres.

« Antidote », un album dynamique d’une grande musicalité. Sur les onze pistes, le jazz de Chick Corea - The Spanish Heart Band vibre d’une latinité qui enchante, il fait rêver et incarne peut-être le rôle de la musique et des artistes: aider à lutter contre le quotidien souvent sombre et peu amène, contribuer à apporter un dose d’espoir et de bonheur… comme un antidote contre la morosité ambiante.

Après l’écoute de l’album « Antidote », il tarde de retrouver live Chick Corea - The Spanish Heart Band. RV le 03 juillet 2019 à Jazz à Vienne, le 04 juillet 201 à Enghien-les-Bains 9, le 30 juillet 2019 à Marciac. ICI, pour connaître l’ensemble des autres dates de la tournée de Chick Corea - The Spanish Heart Band 

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Samba Pop dépouillée et réjouissante ​Nul besoin de présenter Seu Jorge, chanteur et acteur brésilien au succès international. En 2004, l’album « Cru » l’avait consacré comme « roi » de la musique brésilienne. Annoncé pour le 16 juin 2024, l’album...

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« Life is a Movie » par Laurent de Wilde Trio

« Life is a Movie » par Laurent de Wilde Trio

En trio avec le contrebassiste Jérôme Regard et le batteur Donald Kontamanou, le pianiste et compositeur Laurent de Wilde présente « Life is a Movie » et ses ambiances éclectiques irriguées de groove et de liberté. La vie d’un musicien narrée comme un film, au fil des rencontres et des imprévus de la vie. Un album élégant gorgé de vie et de swing.

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Clin d’œil à Tabasco Quintet & « The Very Last Blues »

Clin d’œil à Tabasco Quintet & « The Very Last Blues »

Limpide et mordant à la fois

Tabasco Quintet maintient le cap avec son deuxième album, « The Very Last Blues » dont le titre marque la filiation avec celui de son premier opus, « The Last Blues ». Groove mordant et mélodies limpides coexistent avec bonheur au fil des neuf plages qui ménagent de belles surprises.

Après « The Last Blues » paru sur le Petit Label en 2015, Tabasco revient en 2019 avec un deuxième album, « The Very Last Blues » (Clapson/Inouïe Distribution).

Tabasko Quintet

Tabasco©Cristof Echard

L’album propose une musique à la fois limpide et mordante qui fait alterner rêveries mélodiques sensibles et escapades rythmiques dépaysantes.

Pour ce deuxième enregistrement, Tabasco est devenu quintet. Toujours à la barre du groupe fondé en 2014, le saxophoniste Robin Nicaise et les frères Réchard, Loïc à la guitare et Ivan à la contrebasse. Invité sur le premier opus, le pianiste Leonardo Montana a cette fois intégré le groupe. A leurs côtés, c’est Fred Pasqua qui, avec souplesse et dynamisme, pilote tambours, cymbales et baguettes.

« The Very Last Blues »

Couverture de l'album "The Very Last Blues" par Tabasco QuintetAprès avoir rôdé sur scène les nouveaux morceaux de son répertoire, Tabasco Quintet est entré au studio du Prado où l’album a été enregistré et mixé par Pierre Dachery, les 11 et 12 décembre 2018.

Avec une grande fluidité, les ambiances varient au fil du répertoire. Hormis le célèbre When I Grow Too Old to Dream (Sigmund Romberg et Oscar Hammerstein), les huit autres titres sont à porter au crédit de Robin Nicaise, Ivan et Loïc Réchard.

Sur « The Very Last Blues », Tabasco Quintet propose un jazz moderne à la croisée de nombreuses influences. Entre effluves de funk néo-orléanais et pointes de néo-bop, la musique capte des vents venus d’orient, des vapeurs bluesy et des souffles lyriques. Entre groove tendu et souple balancement alternent mélodies caressantes et envolées syncopées.

Ambiances de voyage

Le message est clair d’emblée, nul besoin de réfléchir, il faut y aller, Go Go Go… On se laisse porter par la sonorité ample et feutrée du ténor qui tisse la mélodie puis on navigue au gré des chorus inspirés des solistes qui se succèdent. Le voyage continue avec Mer de nuit, un rêve enivrant que saxophone et guitare développent sur un motif réitératif du piano qui confine à l’obsession. Après ces deux compositions du bassiste, le saxophoniste signe Mountain Journey. L’entente est parfaite entre le style mélodique du ténor et la fluidité expressive de la guitare.

C’est une excursion plus sportive qu’a conçue le guitariste en écrivant Trocadero. A la croisée d’un funk enchanteur et d’un jazz moderne, le morceau se densifie au fur et à mesure des interventions des solistes que la section rythmique propulse avec énergie. Il fait bon ensuite flotter En Apesanteur sur la superbe ballade écrite par le saxophoniste. On a l’impression que le temps se dilate sous le souffle évanescent du ténor. Le jeu mouvant de la guitare et la caresse des balais font s’évaporer les notes.

Le voyage continue sur un tapis volant porté par Scirocco à l’inspiration plus orientale et à la métrique complexe. Cette composition du contrebassiste inspire au piano et à la batterie des interventions animées. Sur Comète (Part II) crédité au saxophoniste, on est propulsé dans une sphère néobop où guitare et ténor s’en donnent à cœur joie sur une rythmique stimulante.

Après l’espace, on explore le temps avec une échappée libre sur les syncopes de Janvier composé par le guitariste. Un moment réjouissant entre lyrisme du ténor, jeu pointilliste du piano et envolées bensonniennes de la guitare. L’album se termine avec le célèbre When I Grow Too Old To Dream composé en 1934 par Sigmund Romberg et tant de fois repris. Sur un tempo très étiré, Tabasco Quintet en donne une version sensible où le ténor élève son chant expressif et velouté entre blues et gospel.

RV à Paris, le 25 juin 2019 au Sunside pour la sortie officielle de l’album « The Very Last Blues » du Tabasco Quintet avec Robin Nicaise (saxophone ténor), Loïc Réchard (guitare), Leo Montana (piano), Ivan Réchard (contrebasse) et Fred Pasqua (batterie).

Ricardo Izquierdo présente « Kikun Pelu Mi Wá »

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Après « Ida » et « Ants », le saxophoniste Ricardo Izquierdo présente son nouveau album « Kikun Pẹlu Mi Wá » (Mirr/L’Autre Distribution) sorti le 26 mai 2023. A l’écoute de cet album, on plonge au cœur des premières influences de Ricardo Izquierdo, celles de son enfance dans le quartier de la Marina de la ville portuaire de Matanzas, l’un des principaux berceaux de la musique afro-cubaine.

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« Life is a Movie » par Laurent de Wilde Trio

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Le contrebassiste Avishai Cohen revient avec « Arvoles »

Le contrebassiste Avishai Cohen revient avec « Arvoles »

Retour aux sources de son inspiration jazz

Avec « Arvoles », le contrebassiste Avishai Cohen opère un retour aux sources de son inspiration jazz. Sur la moitié des plages de ce superbe opus, il revient au trio acoustique avec le pianiste Elchin Shirinov et le batteur Noam David. Sur les cinq autres titres de l’album, le trio est rejoint par Björn Samuelsson au trombone et Anders Hagberg à la flûte. Un opus vibrant et dynamique.

couverture de l'album Arvoles du contrebassiste Avishai CohenAprès son dernier opus « 1970 », sorti en 2017 et tourné vers la pop, le contrebassiste Avishai Cohen délaisse la voix, la basse électrique et le piano pour revenir à la contrebasse acoustique.

Sur « Arvoles » (Razsdaz Recordz/Warner Music), son dix-septième album studio sorti le 07 juin 2019, le contrebassiste propose un projet qui diffère du précédent, tant au niveau du son que des ambiances. Il retrouve le cœur de l’idiome jazz qui a fondé son identité si singulière.

« Arvoles »

« Pour moi, Arvoles est une musique nouvelle, une sorte de réflexion sur l’univers qui m’a entouré ces dernières années. On pourrait dire que ce nouvel album dévoile une autre partie de ma personnalité. Si vous écoutez les deux albums du début à la fin, vous aurez une bonne idée de l’homme, du mari et du père que je suis. » Avishai Cohen

Sur cet album dont le titre Arvoles signifie « arbres » en ladino (ancienne langue parlée par le peuple séfarade de la diaspora), le compositeur et contrebassiste Avishai Cohen se produit en trio acoustique sur la moitié des dix pistes, avec à ses côtés le pianiste azerbaïdjanais Elchin Shirinov  et le batteur Noam David, originaire de Jérusalem. Sur les cinq autres titres, le tromboniste Björn Samuelsson et le flûtiste Anders Hagberg renforcent le trio piano/contrebasse/batterie.

« Arvoles » rassemble une chanson traditionnelle (Arvoles) et neuf compositions instrumentales originales qu’Avishai Cohen a écrites au cours des dernières années et qui n’étaient pas censées se retrouver sur le même album mais qui coexistent avec bonheur. Le leader en a conçu tous les arrangements et les a enregistrées aux Nilento Studios en Suède entre le 18 Février 2019 et le 15 mars 2019.

La pochette de l’album reproduit un tableau d’Ora Cohen, la mère du contrebassiste. Les couleurs et le graphisme s’accordent tout à fait avec la teneur musicale de l’opus, nostalgique et romantique, délicat mais empreint d’une force vitale.

Sur « Arvoles », les idées se bousculent et foisonnent autour de ce qui constitue l’ADN jazz du contrebassiste Avishai Cohen. Une musique somptueuse et dynamique dont les subtiles harmonies vibrent et éclatent au fil de plages où coexistent envolées lyriques et mélodies nostalgiques.

Au fil des plages

L’album ouvre avec Simonero introduit par la contrebasse vite rejointe par le piano et la batterie puis par la flûte et le trombone. Les chants et contrechants des instruments tissent une superbe texture musicale sur laquelle le piano virevoltant brode un chorus lumineux.

Advient ensuite la délicate mélodie bucolique d’Arvoles qui donne son nom à l’album. Au rythme des caresses des balais, la contrebasse livre un chorus virtuose et poétique qui inspire un solo romantique au piano.

Le trio se retrouve sur Face Me que le piano entame par un riff énergique décliné sur un fond aux couleurs moyen-orientales. L’archet s’amuse sur les cordes de la contrebasse et développe un chorus énergique et virtuose. Le quintet entame ensuite le lyrique Gesture #2 où les deux soufflants rivalisent en contrepoint autour de la mélodie aux allures néoclassiques. La contrebasse aérienne fusionne avec le piano qui joue en décalage.

Plutôt alerte, Elchinov développe plus tard, en trio, un motif en boucle qui inspire une grande euphorie au pianiste. Exécuté en quintet, Childhood for Carmel se pare de teintes baroques. La flûte élégante devise avec le trombone plaintif alors que sur la contrebasse nostalgique alternent archet et pizzicati aux couleurs plaintives.

Le trio continue avec Gesture #1 qui pourrait s’intituler requiem pour une seule note, celle que tient le piano sur un rythme soutenu. Les solides lignes de contrebasse s’enflamment et libèrent l’espace pour un solo tendu du piano. Intitulé à juste titre Nostalgia, le morceau suivant se développe en deux mouvements. Le piano flirte d’abord avec une romantique mélancolie suivie d’un rythme latin subtil qui inspire à la contrebasse une échappée talentueuse et maîtrisée.

Le quintet revient sur New York 90’s, une composition au thème enivrant et à la pulsation rock asymétrique. Sur la mélodie du piano se superpose le souffle énergique du trombone. L’album se termine avec le quintet qui fait swinguer la belle mélodie de Wings. La contrebasse groove avec éloquence suivi d’une envolée majestueuse du piano. Évocateurs d’ambiances West-Coast, les arrangements donnent presque l’impression qu’un big band a rejoint le quintet.

Pour écouter live le contrebassiste Avishai Cohen en concert, RV le 30 juin 2019 dans le cadre de La Défense Jazz Festival puis à Jazz à Junas, dans le Gard, le 19 juillet 2019, à Marciac le 07 août 2019 et à la Cigale, à Paris, le 17 novembre 2019. ICI pour connaître l’ensemble des dates des concerts du contrebassiste Avishai Cohen.

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