Paul Lay revient avec « Deep Rivers »

Paul Lay revient avec « Deep Rivers »

Hommage musical riche en émotions

Le pianiste Paul Lay revient en trio avec la chanteuse Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tailleu déjà présents à ses côtés sur le splendide « Alcazar Memories ». « Deep Rivers » résonne comme un voyage autour de 100 ans de chansons américaines, de la guerre de sécession à Nina Simone. Le trio rend hommage aux musiques populaires de la fin du 19ème et du 20ème siècle. Le répertoire s’enrichit de quatre compositions du pianiste rejoint par quatre invités. Les émotions sont au rendez-vous.

Dix ans après la sortie de son premier album « Unveiling » chez Laborie Jazz, Paul Lay revient avec « Deep Rivers » (Laborie Jazz/Socadisc/IDOL) sorti le 10 janvier 2020. L’album répond à une commande destinée à commémorer les 100 ans de l’arrivée du jazz en Europe. Le pianiste retrouve la chanteuse suédoise Isabel Sörling et le contrebassiste Simon Tallieu, partenaires avec lesquels il avait déjà enregistré « Alcazar Memories » (2017) dont on a pu apprécier la musicalité.

Paul Lay

Depuis ses débuts, le pianiste orthézien a développé une expérience très large qui lui a permis de s’exprimer en solo ou en leader à la tête de ses trios ou quartet, mais aussi dans les groupes de Riccardo Del Fra, Géraldine Laurent, Ping Machine et Eric le Lann avec lequel il a d’ailleurs enregistré « Thanks A Million » (2018) qui célèbre la mémoire et l’œuvre de Louis Armstrong. Parmi les nombreux prix prestigieux reçus par Paul Lay, on peut citer le Prix « Django Reinhardt » qui l’a distingué en 2016 meilleur artiste de jazz français de l’année.

Fin mélodiste doté d’une technique imparable au service d’une imagination impressionnante, Paul Lay demeure ancré dans la tradition qu’il renouvelle avec subtilité. Inspiré, le pianiste développe une expression très personnelle d’où est absente toute reproduction et tout étalage. Virtuose, il prend de la distance avec la technique et développe une identité singulière. Son jeu allie force et sensibilité, élégance et finesse, le tout exposé avec générosité, aisance et toujours un brin d’humour,

« Deep Rivers »

Pqul Lqy revient avec Deep RiversPaul Lay demeure fidèle au Label Laborie Jazz avec lequel il collabore depuis dix années. Après quatre opus, « Unveiling » en 2010, « Mikado » en 2014, « The Party » et « Alcazar Memories » en 2017, son cinquième album « Deep Rivers » sorti le 10 janvier 2020 plonge dans les musiques populaires de la fin du XIXème et début XXème siècle.

L’album fait suite à une demande que le pianiste a reçu de Matthieu Jouhan alors qu’il préparait les évènements liés au centenaire de l’arrivée du jazz en Europe, en 1918 et particulièrement le centième anniversaire du premier concert de jazz, le 12 février 1918 à Nantes.

Accompagné de la chanteuse suédoise Isabel Sörling et du contrebassiste Simon Tailleu, le pianiste Paul Lay reprend des chansons folkloriques américaines de la fin de la guerre de Sécession jusqu’aux années 60. A ces titres emblématiques, spirituals et folksongs, écrits tant au Sud qu’au Nord des USA scandent le droit à la dignité et à la liberté, s’ajoute Go to Hell, un titre de Nina Simone qui leur fait écho. Par ailleurs, quatre compositions personnelles du pianiste sont mises en miroir face à ces compositions historiques. Sur trois d’entre elles il est rejoint par quatre invités, le batteur Donald Kontomanou, le tromboniste Bastien Ballaz, le trompettiste Quentin Ghomari et le saxophoniste Benjamin Dousteyssier.

Au fil des titres

Nombre des morceaux du répertoire résonnent avec familiarité aux oreilles. Avec le trio et ses invités, tous prennent de nouvelles couleurs enchanteresses et chargées d’émotions.

Chansons populaires et traditionnelles

On découvre (ou redécouvre) avec plaisir quelques-uns des folksongs et spirituals qui ont jalonné un siècle d’histoire des USA de 1860 à 1960. Les musiciens en donnent des versions sensibles et puissantes.

En  solo, Paul Lay interprète deux courts morceaux, Sylvia d’Oley Speaks et le célèbre ragtime Maple Leaf Rag de Scott Joplin sur lequel son jeu facétieux semble animer un film muet où la silhouette de Charlot ponctue des scènes burlesques. Le pianiste développe une maîtrise inouïe du piano stride, sa main droite se fait volubile alors que sa main gauche articule un rythme de pompe syncopé.

Mené par le trio martial, Southern Soldier Boy de G. W. Alexander évoque le poids de la guerre alors que sur Rebel Soldier de Jamey Johnson, l’archet et la voix dialoguent avec émotion.

La musicalité sans faille de la contrebasse de Simon Tailleu et son efficacité rythmique constituent des atouts précieux et contribuent à la force du discours musical.

Accompagnée par le seul jeu singulier et très délicat du piano, Isabel Sörling donne une interprétation bouleversante du spiritual Deep River. On se laisse subjuguer par la puissance de son interprétation dont la force poignante émeut. Toujours en duo avec le piano, la voix se fait plus sensuelle et tendre sur Moonlight Bay de Percy Weinrich. Sur Chasing rainbows de Harry Carroll la voix céleste se pare de lumière et sublime la poésie que la contrebasse précise et le piano plein de grâce accompagnent.

Le chant d’Isabel Sörling habite corps et âme le titre Go to Hell de Nina Simone. C’est avec un enthousiasme et une expressivité peu commune que la chanteuse reprend Battle hymn of the Republic. Interprété par le trio enthousiaste renforcé par la batterie inventive, le chant prend la forme d’un hymne joyeux. Le chant puissant et fragile à la fois apporte une grande humanité à Follow the Drinking Gourd écrit en 1928 à la fin de la guerre civile. Le piano et la rythmique ponctuent d’un rythme effréné la fuite des esclaves en quête de liberté.

La tessiture étendue et la diversité de timbres de la voix véhiculent de nombreuses émotions qui vont du spleen au désespoir, de la rage à la bonne humeur. On reste suspendu à cet alliage vocal unique de fragilité et de force, de profondeur et de légèreté. Ses aigus célestes élèvent la musique dans de hautes sphères émotionnelles.

Compositions originales du pianiste

Cinq  compositions personnelles de Paul Lay émaillent l’album.

Sur Mister Morton au rythme syncopé et joyeux, le piano accompagné de la seule batterie, rend hommage au pianiste Ferdinand Joseph La Mothe, passé à la postérité sous le nom de « Jelly Roll Morton ».

Sur trois autres compositions originales, Paul Lay est rejoint par ses invités. Donald Kontomanou (batterie), Bastien Ballaz (trombone), Quentin Ghomari (trompette) et Benjamin Dousteyssier (saxophone alto). Horizons ouvre l’album avec une emphase solennelle aux couleurs cuivrées alors qu’une atmosphère empreinte de nostalgie teinte Blues, le dernier titre de l’opus. La chanteuse se joint aux instrumentistes sur To Germany, poème écrit au front en 1917 par C. H. Sorley, jeune officier britannique, juste avant de tomber sous les balles. La voix aérienne et vibrante d’Isabel Sörling élève une ode poignante à la paix et dédiée au peuple allemand. Un moment d’émotion indéniable.

Sur « Deep Rivers », Paul Lay et ses partenaires complices allient avec subtilité jazz, folk et blues dans un hommage musical riche en émotion.

RV avec Paul Lay (piano), Isabel Sôrling (voix) et Simon Tailleu (contrebasse) le 06 février 2020 à Paris dans le cadre de la 13e édition du festival Au Fil des Voix (du 20 janvier au 7 février 2020). Le concert de 20h est complet mais LE 360 Paris Music Factory propose un second set à 22h . Avis aux amateurs !

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Coup de Cœur pour GRIO – GRand Impérial Orchestra

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Tonique, Hypnotique & Addictif

Débuter l’année 2020 avec l’album « Music Is Our Mistress », c’est la garantie de faire le plein d’énergie car GRIO - GRand Impérial Orchestra n’a pas fait les choses à moitié. Il ne manque ni d’idées, ni d’invention. Étoffée de trois soufflants et d’un pianiste, la superbe équipe de l’Impérial Quartet est devenue octet. En concert, la musique de GRIO est atomique et l’album restitue tout à fait l’ardente puissance de l’orchestre. Après une première dégustation cochléaire, une seconde tournée est bienvenue pour s’enivrer de cette musique tonique, hypnotique et addictive. A consommer sans modération !

Improvisateurs actifs et novateurs, les musiciens de la Compagnie Impérial ont une approche contemporaine de la musique et l’improvisation collective constitue le cœur de leurs projets. L’énergie du rock habite la musique d’Impérial Quartet autant que le lyrisme et la liberté du jazz moderne. Au sein d’Impérial Orphéon, vibrent le lyrisme de l’opéra et la diversité des folklores. Le duo D&G invite les musiques traditionnelles et populaires. La musique mandingue imprègne celle d’Impérial Pulsar. Dans la famille de la Compagnie Impérial, le nouvel orchestre, GRIO – GRand Impérial Orchestra ne dépare pas.

GRIO est né de l’association de l’Impérial Quartet constitué des saxophonistes Gérald Chevillon (saxophones basse, ténor et soprano) et Damien Sabatier (saxophones baryton, alto et sopranino), du bassiste devenu contrebassiste pour l’occasion, Joachim Florent et du batteur Antonin Leymarie avec d’autres brillants improvisateurs, le pianiste finlandais Aki Rissanen, le tromboniste Simon Girard et les trompettistes Fred Roudet et Aymeric Avice.

Initié en 2018 par ces improvisateurs hors pair, le projet de GRIO – GRand Impérial Orchestra invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrés et chatoyants. Entre polyrythmies et jazz libertaire, GRIO réfute les contraintes et les formats pré-conçus et propose un jazz en constante réinvention, un jazz libre, de J à Z.

Annoncée pour le 17 janvier 2020, la sortie de « Music is our Mistress », le premier album de GRIO devrait faire bien des heureux. D’abord le public qui ne connait pas encore sa musique et va, après écoute de l’album, guetter le prochain concert du GRand Impérial Orchestra pour vibrer en direct. Par ailleurs, celles et ceux qui ont déjà eu le plaisir d’écouter GRIO live, pourront se ré-immerger dans l’univers fascinant de l’orchestre.

« Music is our Mistress »

En mai 2019, l’équipe du GRIO – GRand Impérial Orchestra entre au studio La Buissonne à Pernes-les-Fontaines où l’album « Music is our Mistress » (Compagnie Imperial/Inouie) est enregistré par Nicolas Baillard.couverture de l'album Music Is Our Mistress par GRIO - GRand Impérial Orchestra

Fascinés par les Banda Linda de Centrafrique, les musiciens du GRand Impérial Orchestra profilent leur musique du côté des polyphonies centrafricaines mais cette influence coexiste avec le jazz qui imprègne l’aventure musicale de l’orchestre.

En effet, GRIO hisse haut la bannière du jazz pour son premier opus dont le titre fait référence à « Music is my Mistress », l’autobiographie de Duke Ellington. Ainsi, le travail du groupe se situe sous le haut patronage du grand compositeur mais l’intitulé de l’album regarde aussi du côté d’Ornette Coleman et de son album « This Is Our Music » enregistré en 1960. Si la richesse des orchestrations évoque les textures orchestrales ellingtoniennes, il n’en ressort pas moins que la référence au jazz libertaire des années 60/70 saute clairement aux oreilles dès la première écoute.

Ainsi, « Music is our Mistress » de GRIO – GRand Impérial Orchestra s’abreuve des polyrythmies et polyphonies traditionnelles des Banda Linda de Centrafrique et du jazz libertaire des années 60/70.

Banda Linda de Centrafrique

D’emblée on ne peut s’empêcher de rapprocher le terme griot de l’acronyme GRIO. L’Afrique les relie. En Afrique de l’Ouest, le premier est garant de la tradition orale. Le second puise une partie de son inspiration dans les pratiques musicales orchestrales des Banda Linda centrafricaines, l’ethnie Banda Linda étant un sous-groupe ethnique du groupe Banda. GRIO assure donc en quelque sorte une transmission de cette tradition musicale comme ailleurs le font les griots.

Les racines évidées des kapokiers fournissent des cornes aux orchestres des Banda Linda. Chaque corne/trompe ne joue qu’une note. Les trompes se répartissent les mélodies divisées en plusieurs parties contrapuntiques. Ainsi, le « hoquet instrumental » constitue la base de la polyphonie Banda Linda. Duke Ellington dans sa jungle music avait d’ailleurs remis à l’honneur ce principe ainsi que les musiciens du free jazz qui l’avaient adopté dans leurs expériences musicales.

GRIO - GRand Impérial Orchestra - le 18 octobre 2019 - Opera Underground©NV

GRIO - GRand Impérial Orchestra - 18/1019 - Opera Underground©NV

Dans la trace de leurs célèbres aînés, les musiciens du GRIO empruntent eux-aussi à cette tradition africaine. D’ailleurs Damien Sabatier s’est inspiré de deux morceaux traditionnels. L’album ouvre avec Cult of Twins, morceau qui chez les Banda Linda célèbre la naissance des jumeaux. L’opus se termine avec Tchebou Ganza Tche Gate/Le Sommeil Droit joué en Centreafrique par les jeunes-hommes qui ont passé une journée bien remplie, titre avec lequel les musiciens ont terminé le concert du 18 octobre 2019 à l’Opera Underground de Lyon, avec une déambulation joyeuse dans la salle.

Dans une autre dynamique, le titre Gomorra Pulse, composé par Joachim Florent, débute aussi par cette répétition de note que chaque instrumentiste souffle rythmiquement et entremêle avec celle des autres vents. La musique, tourne, s’étoffe et se complexifie. On se laisse hypnotiser non sans penser aux boucles sonores de Steve Reich.

La section rythmique et le piano viennent ensuite ajouter leur grain de sel à la mécanique bien huilée des instruments à vent. La pâte sonore se densifie encore. Polyrythmies, enchevêtrements de riffs réitératifs, le chaudron bout jusqu’à ce qu’advienne un temps de répit durant lequel piano, et contrebasse jouée à l’archet dialoguent en toute intimité. Un climat digne des plus belles atmosphères ravelliennes advient et un vent rafraîchissant inspire à l’orchestre un jazz lyrique porté par la voix du piano jusqu’à ce que l’ensemble des soufflants revienne en force pour élever la musique jusqu’au sommet de la canopée. La musique enveloppante en vient à swinguer comme un big band ellingtonnien sans pour autant oublier des incursions insolentes dans les plus folles polyrythmies. Les sonorités flirtent entre les effluves d’un orchestre que le Duke n’aurait pas renié et les impertinentes envolées d’un Mingus Orchestra. Sauvage et lyrique à la fois, ce superbe moment suspend le temps et relie tous les genres.

Linda Linda du même Joachim Florent s’inscrit dans la même veine des polyrythmies traditionnelles.

Jazz libertaire des années 60/70

GRIO – GRand Impérial Orchestra puise aussi son inspiration dans le jazz libertaire. Anima porte bien nom. Cette composition d’Antonin Leymarie sonne comme un hymne et restitue l’âme de ce jazz libre des années 60/70. On y retrouve l’esprit du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley et on capte aussi des échos venus en droite ligne de l’Art Ensemble of Chicago. Les instrumentistes improvisent à cœur joie et mettent en valeur la richesse de l’écriture.

Quand un des soufflants improvise les autres soufflent en section, tous les instruments s’investissent au niveau rythmique, mélodique et harmonique ce qui donne à la musique une texture d’une richesse inouïe. GRIO fonctionne comme une machine bien huilée qui bouscule et stimule l’écoute.

Du même compositeur, A Cançao Do Grillo installe quant à lui un climat fait de contrastes. Après une intro orchestrale percutante, trompette et saxophone basse vocifèrent avec une énergie infernale… free jazz es-tu là ? … soprano et trombone s’en mêlent, le piano ponctue, la batterie pousse puis le climat change.

Solo, le pianiste muse alors sur les touches blanches et noires et instaure un climat musical éthéré qui tranche avec l’énergie et la pulsation du début du morceau. Plus tard il est rejoint par les vents puis par la batterie et l’archet de la contrebasse. La texture musicale se densifie et le sopranino guide le morceau vers sa fin.

Une alchimie orchestrale superbe et coloriste se dégage d’une autre composition du contrebassiste, Hillbrow. La musique émarge chez Mingus par la puissance et les interventions inspirées des instrumentistes, liberté du piano, présence exacerbée de la batterie et puissance de la contrebasse omniprésente. Sur un tempo plus lent Frida Kalho Song of Love, composé par Joachim Florent, résonne comme une solennelle procession où trompette et saxophone alto croisent leurs chants d’amour soutenus par le luxuriant orchestre.

Sacrément impertinent, carrément sauvage et un brin poétique, GRIO – GRand Impérial Orchestra propose sur « Music is our Mistress », une musique physique et tonique. Une musique hypnotique et organique qui invite à voyager dans un monde polyrythmique aux reflets cuivrées et chatoyants. Une musique qui parvient à combiner avec insolence et réussite les influences du jazz des années 60/70 et les polyrythmies des musiques centrafricaines de l’ethnie des Banda Linda. Ce croisement est une réussite absolue, c’est savant et captivant, foisonnant et libre, joyeux et trépidant, ça déménage !

Pour écouter live GRIO - GRand Impérial Orchestra, quelques RV se profilent après la sortie de l’album « Music Is Our Mistress ». Le 18 janvier 2020 à la SMAC 07–Théâtre de Viviers, le 19 janvier 2020 à Tournus dans la salle Le Galpon et à 20h le 20 janvier 2020 à Paris au Pan Piper.

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Saint-Fons Jazz Festival#21

Saint-Fons Jazz Festival#21

Du jazz vitaminé et diversifié

Du 21 janvier au 01 février 2020, paré de ses plus beaux atours, le jazz réchauffe l’hiver durant le Saint-Fons Jazz Festival#21. Une programmation réjouissante propose des musiques chaleureuses imprégnées de l’esprit de la fête. « Contrebasses Messengers Quintet », les Swingirls « Survoltées », des têtes d’affiche prestigieuses avec Kenny Garrett et Renaud Garcia-Fons, sans oublier une soirée de clôture dansante avec un grand Bal Lindy Hop.

Comme chaque année en Janvier, le cœur du jazz bat fort à Saint-Fons. En effet, organisé par l’école de Musique CRC, le Saint-Fons Jazz Festival ponctue l’hiver et réunit à la fois les élèves et les professeurs, des têtes d’affiche et des projets qui possèdent une vocation pédagogique et développent une vison loco-régionale.

En 2020, par la voix de Norbert Gelsumini, directeur de l’Ecole de Musique, le Saint-Fons Jazz Festival#21 clame haut son credo : « la musique crée du lien et apporte, l’air de rien, un petit supplément d’âme ». La programmation diversifiée qu’affiche le festival va en son sens et à n’en pas douter, entre le 21 janvier et le 01 février 2020, les musiques vont faire vibrer un public amateur de jazz.

Une conférence autour du jazz vocal (21/01/20), « Contrebasses Messengers Quintet » et sa création inédite (22/01/20), Renaud Garcia-Fons et son projet en trio « La vie devant soi » (24/01/2020), les Swingirls et leur projet « surVOLTées » (29/01/2020), le saxophoniste Kenny Garrett à la tête de son quintet (31/01/2020) et pour finir une soirée de clôture dansante avec le Grand Bal Lindy (01/02/2020).

Conférence autour du jazz vocal

Qui de mieux que Jérôme Duvivier (professeur au Conservatoire de Lyon) pour guider le public à la découverte du jazz vocal ! En compagnie du pianiste et professeur de l’école de musique de Saint-Fons, Wilhelm Coppey, il va guider les auditeurs sur les rivages du blues, du swing, de la bossa nova, du bebop et tout dévoiler sur les mystères du scat.

RV à 20h le 21 janvier 2020 dans les locaux de la Médiathèque RMG , Place Roger Salengro à Saint-Fons. Un voyage au pays du jazz vocal !

Contrebasses Messengers Quintet

Après une restitution de Pratiques Collectives de l’école de Musique de Saint-Fons, celle qu’on surnomme la grand-mère, la contrebasse, est sous les feux de la rampe. En effet un trio de contrebasses tenues par Patrick Maradan, Christophe Lincontang et Stéphane Ribero propose une création. En quintet avec Wilhelm Coppey (piano) et Matthieu Garaud (batterie), les contrebassistes vont développer en duo, trio, ou solo, l’éventail de tous les possibles pour cet instrument imposant, pilier de l’orchestre de jazz.

RV à 20h le 22 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Belle occasion pour découvrir toutes les ressources de la contrebasse !

Renaud Garcia-Fons et son projet « La vie devant soi »

Renaud Garcia-Fons Trio©Solene Person

Pour faire suite à la soirée du 22 janvier avec son zoom sur la contrebasse, c’est un maître de l’instrument qu’invite le festival en la personne de Renaud Garcia-Fons. Celui qui fait littéralement chanter sa contrebasse et joue des cinq cordes de son instrument avec autant de virtuosité que de sensibilité, vient en effet  présenter son projet « La Vie devant soi » avec ses deux complices, l’accordéoniste David Venitucci et le multi-instrumentiste Stephan Caracci.

Ainsi épaulé d’un accordéoniste coloriste poète et d’un percussionniste virtuose et sensible, le contrebassiste mélodiste va arpenter le pavé de Paris entre hier et aujourd’hui, au fil de rencontres qui sont autant de clin d’oeil au titre du livre d’Ajar/Gary, « La vie devant soi ».

RV à 20h30 le 24 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Une musique chambriste qui n’oublie pas de groover !

Les « Swingirls » et leur projet « surVOLTées »

Les Swingirl au Saint-Fons Jazz Festival#21Les « Swingirls », c’est un trio qui réunit Marianne Girard (guitare, chant), Caroline Ruelle (accordéon, chant) et Violaine Soulier (violon, percussions, chant). Ces trois instrumentistes, chanteuses et comédiennes viennent présenter leur nouveau spectacle intitulé « surVOLTées ».

Ce trio déjanté sort guitares électriques, grosse caisse à double pédale et claviers « vintage » et passent du swing au rock. Les trois stars posent leurs voix sur des textes à l’humour décapant et pimentent le tout de clowneries. Leur album « surVOLTées » est annoncé pour le 10 janvier 2020.

RV à 20h30 le 29 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Un spectacle « Rocky ! Sexy ! Crazy ! »

Kenny Garrett Quintet

Le saxophoniste de Détroit, Kenny Garrett a joué avec les plus grands parmi lesquels entre autres, MIles Davis et Marcus Miller. Il a fait partie des Jazz Messengers d’Art Blakey entre 1986 et 1987. Il a ensuite poursuivi sa propre trajectoire et imposé son saxophone alto au firmament du jazz.

Kenny Garrett au Saint-Fons Jazz Festival#21

Kenny Garrett©Jimmy Katz

Kenny Garrett inscrit son expression dans la tradition du jazz et pratique une musique post hard bop dans laquelle il introduit des éléments de hip-hop, de la nu-soul ou du gospel. Ce virtuose flamboyant joue avec vélocité et exubérance. Très extraverti, le saxophoniste affectionne les improvisations qu’il développe et porte à leur paroxysme. Son jeu se caractérise par une attaque très ferme, une puissance expressive, une expression rapide, nerveuse, très assurée même sur sur les tempi les plus rapides.

S’il n’a pas produit d’album depuis « Do You Dance » (2016), Kenny Garrett demeure un showman hors pair qui donne le meilleur de lui- même sur scène où il excelle à enchanter et déchaîner l’enthousiasme du public. Sa musique libre se réinvente sans cesse. Exubérante ou spirituelle, elle touche autant les âmes que les corps et donne souvent l’envie de danser.

A Saint-Fons, Kenny Garrett vient présenter sa musique en quintet, entouré du pianiste Vernell Brown Jr., du contrebassiste Corcoran Holt, du percussionniste Rudy Bird et du batteur Samuel Laviso.

RV à 20h30 le 31 janvier 2020 au Théâtre Jean Marais de Saint-Fons. Un concert évènement qui devrait enflammer le public jusqu’à la transe !

Grand Bal Lindy Hop

Le festival se termine par un bal Lindy Hop. Pour les danseurs novices tentés par l’expérience, Lyon swing (lien) et Gon’a Swing (lien) proposent au public de s’essayer à cette danse festive et joyeuse. Des séances d’initiation gratuites sont d’ailleurs proposées le mercredi 22 Janvier à 17h et à 19h en Salle associative des Clochettes, le samedi 01 février à 18h au Centre d’Art Plastique et à 20h en ouverture du Bal Lindy Hop.

Sur scène l’orchestre qui anime la soirée réunit Christophe Metra (trompette), Wilhelm Coppey (piano), Cédric Perrot (vibraphone), Stéphane Rivero (contrebasse) et Matthieu Garraud (batterie). Pour celles et ceux qui ne danseraient pas, le spectacle ne devrait pas non plus manquer de piquant.

RV à 20h le 01 février 2020 dans le Hall des Fêtes, Place Girardet à Saint Fons. Retour dans les années 30 et moment festif garanti !

Du 21 janvier au 01 février 2020, la programmation du Saint-Fons Jazz Festival#21 se profile comme une thérapeutique musicale et vitaminée. L’idéal pour affronter la morosité hivernale.

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« NOUGARO » par Babx, Minvielle et De Pourquery

« NOUGARO » par Babx, Minvielle et De Pourquery

Magie et enchantement

Porté par Babx, André Minvielle et Thomas De Pourquery, l’album « NOUGARO » enchante. Cet opus-bijou restitue la magie du spectacle que propose le trio sur scène. Complices, les trois en-chanteurs unissent leurs talents et font sonner haut la langue et la musique de Claude Nougaro. Empreint de tendresse, l’album fait renaître l’esprit du chanteur toulousain, quinze ans après sa disparition. « NOUGARO » captive, charme et éblouit.

Sorti le 06 décembre 2019, l’album « NOUGARO » (La Familia/L’Autre Distribution/IDOL) restitue avec une grande fidélité le climat de ce projet dit parallèle que Babx, André Minvielle et Thomas De Pourquery, jouent environ huit fois par an. L’écoute de « NOUGARO » réactive de manière saisissante le souvenir d’une soirée des Nuits de Fourvière, un 24 juin 2018 où Babx, André Minvielle et Thomas de Pourquery ont rendu un hommage à Nougaro en convoquant à la fois son verbe et son esprit sur la scène intime de l’Odéon de Fourvière.

« NOUGARO » s’adresse donc à deux publics. D’une part il réjouit celles et ceux qui ont eu le plaisir d’assister au spectacle des trois artistes mais d’autre part, et là réside sans doute son plus grand intérêt, il suscite chez les autres l’envie de découvrir le climat de ce projet lors d’une prochaine venue sur scène du trio Babx-Minvielle-De Pourquery.

Babx - Minvielle - De Pourquery

Pour le projet initié sur scène en 2014 par le « Marathon des Mots » de Toulouse, le chanteur-pianiste Babx a fait appel à André Minvielle et Thomas de Pourquery.

Chanteur, scatteur et percussionniste, André Minvielle a travaillé avec Nougaro et cosigné des chansons avec lui. Le chanteur toulousain a d’ailleurs été président de « Suivez l’accent », l’association de collecte et de recherches fondée par Minvielle. Tchatcheur impénitent, ce voc’alchimiste, comme il se définit lui-même, possède ancré au plus profond de lui la capacité inouïe de faire groover mots et notes. Énergique altiste et compositeur, Thomas de Pourquery pilote son sextet Supersonic vers des galaxies incandescentes où se fait entendre sa voix puissante.

Après cette première réunion, le trio complice se retrouve au fil des ans au gré de la disponibilité des trois protagonistes et des demandes.

La rareté des prestations du trio rend plus précieuse encore la saveur de ce projet intimiste qui réunit sur une même scène trois artistes fédérés par l’amour qu’ils portent à Claude Nougaro et à son œuvre. Accompagnées d’un piano, d’un saxophone alto et une batterie/percussion au format minimaliste, les deux voix de baryton Martin de Minvielle et De Pourquery croisent celle de Babx autour d’un répertoire de douze titres qu’ils réinventent. Avec eux on savoure les mots de Nougaro  pour qui « … la voix est un instrument de musique et les mots sont de la musique aussi ….

Au fil du répertoire de « NOUGARO »

Qu’on se rassure, Babx, Minvielle et De Pourquery se gardent bien de décliner une collection de tubes du chanteur toulousain, ce serait d’ailleurs bien mal les connaître que de l’imaginer un seul instant. En fait, le trio revisite de manière singulière quelques succès connus de Nougaro auxquels s’ajoutent deux morceaux du répertoire de Minvielle pour lequel Nougaro a écrit des paroles.

Avec souplesse et une grande complicité, les trois musiciens posent de nouvelles couleurs, de nouveaux rythmes sur les mots et les musiques de Nougaro. Ils dépaysent les morceaux dans leur univers sans trahir l’esprit de l’art du chanteur toulousain. Ils proposent un répertoire où alternent des climats contrastés. Au cœur des improvisations, l’humour et la surprise ajoutent à la force de la poésie et à la musicalité des mots.

Après la douce entrée a capella de Minvielle qui ouvre avec Pommier d’amour, les trois compères déboulent avec le vertigineux Locomots. Avec force, ils assènent mots et rythmes parmi lesquels on reconnait ceux de L’amour sorcier, Le coq et la pendule, Locomotive d’or, Paris mai, Tu verras, Autour de minuit, Dansez sur moi, Allée des brouillards, Anna, Déjeuner sur l’herbe.

Ensuite, les trois chanteurs se partagent les couplets de La pluie fait des claquettes. On apprécie la grâce vocale de Babx, on se laisse surprendre par la voix de Minvielle où résonne avec profondeur l’âme de Nougaro puis l’on succombe à la force vocale de Pourquery dont le saxophone alto poursuit avec un chant gorgé de blues. Juste après, A bout de souffle tient l’oreille en haleine. Bien loin du Blue Rondo A La Turk de Brubeck qu’avait repris Nougaro, le murmure haletant de Thomas de Pourquery entretient le suspens jusqu’au coup de feu fatal. En arrière-fond, les doigts du chanteur percutent les clefs de l’alto, le piano et la voix de Minvielle esquissent délicatement l’ambiance de la boîte de nuit. Un thriller vocal oppressant !

couverture de l'album NOUGARO par Babx, Minvielle et De PourqueryC’est alors que Babx reprend Rimes dont il propose une version d’une élégante sobriété. Sur la superbe mélodie composée par Aldo Romano, l’alto et le piano valsent avec tendresse avant que la voix du pianiste ne boucle le titre avec une délicatesse infinie. Minvielle intervient ensuite avec un K you K yaw dont Nougaro avait écrit les paroles. Sur un rythme soutenu le chanteur gascon collecte les cailloux alors que les contrechants du saxophone encouragent les improvisations vocales virevoltantes. Un pur délice !

Plus tard, sur une introduction au piano, la voix de Nougaro ouvre La vie en noir : « … c’est plutôt les mots qui se jouent de moi… ». La voix de Thomas de Pourquery donne alors toute sa force à cet hymne bluesy et gospellisant qui chante la difficulté des discriminés, « …leur tourment de vivre parfois ». Minvielle monte ensuite sur le ring durant les presque six minutes de C’est Non. Sur un accord unique martelé du début à la fin du morceau, il évoque l’éternel combat que se livrent oui et non. Ses scats décoiffants balancent eux aussi entre l’ondulatoire oui et le non inflexible. En ces temps conflictuels, le morceau demeure d’actualité et l’on se réjouit que pour l’occasion les mots et la musique triomphent !

On se laisse ensuite cueillir par un chorus saisissant de l’alto qui propose une touchante version instrumentale de Cécile ma fille. Le saxophone fait entendre de superbes contrechants derrière la voix de Babx qui, avec une touchante simplicité, offre une version épurée de la célèbre chanson, Une petite fille.

En ouverture du dernier titre, revient la voix de Nougaro qui ouvre en rythme les Pantoufles à papa dont il avait écrit le texte sur une musique de Jean Constantin. Au rythme d’un chachacha entêtant, le trio cherche et finit par trouver les pantoufles … en feutre !

Bien décidé à rester sous le charme de ce « NOUGARO » magique, on repart de pied ferme … et bien chaussé de pantoufles pour réécouter l’album que l’on savoure de nouveau avec délice.

Pour découvrir la version live de « NOUGARO », RV avec trio Babx-Minvielle-De Pourquery pour quelques rares dates annoncées en direction du public du Sud-Ouest qui d’ores et déjà peut se réjouir et réserver. Le 23 janvier 2020 à 21h, au théâtre L’Aire Libre à Rennes - Saint Jacques de la Lande, le 24 janvier 2020 à 20h30 et le 25 janvier 2020 à 15h et 20h30 au Théâtre Verdière de La Rochelle, le 29 avril 2020 au Théâtre Michel Portal (date déjà complète) et à 19h le 16 mai 2020 à l’Espace Jéliote d’Oloron Sainte Marie.

Kavita Shah publie « Cape Verdean Blues »

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Promenade dans « Le Jardin des Rêves » du quintet Oni Giri

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Avec 3Le Jardin des Rêves3, deuxième album du quintet Oni Giri, le pianiste Rémi Denis signe un répertoire inspiré et exigeant. Il invite à le suivre dans son monde singulier où l’excellence musicale rencontre l’exigence poétique. Un jazz contemporain où subtilité et énergie cheminent en bonne entente, un univers musical où mélodie rime avec poésie.

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Yoann Loustalot présente « Oiseau Rare »

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Trompettiste mélodiste à la sonorité unique, Yoann Loustalot présente « Oiseau Rare », un projet musical très personnel avec piano et cordes. Au fil des plages règne une atmosphère sonore riche, sensible et intime qui émerveille l’oreille. Un album unique, sensible et riche en sensations. A découvrir et à savourer sans retenue.

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Xavier Roumagnac revient avec son Eklectik Band

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Pulsation euphorique et énergie communicative

Deux ans après « Sirènes », le batteur compositeur et arrangeur Xavier Roumagnac revient à la tête de son Eklectik Band. Sur l’EP « 78 Tours », Il propose un nouveau répertoire aux riches couleurs orchestrales. Une pulsation euphorique irrigue les cinq titres chargés d’une énergie communicative. Un concentré d’allégresse !

Sorti le 22 novembre 2019, l’EP « 78 Tours » (Jazz Family) marque le retour du batteur Xavier Roumagnac et de son Eklectik Band. Il s’inscrit dans le prolongement de l’album « Sirènes » sorti en 2017 par Xavier Roumagnac Eklectik Band. Augmenté d’une flûte, d’un saxophone alto et d’une trompette, (trois « bois » cuivrés), le quintet propose cinq titres aux orchestrations énergiques et colorées. Portés par une pulsation rythmique musclée, les solistes s’en donnent à cœur joie.

Vingt minutes suffisent à l’octet pour développer une musique vigoureuse gorgée d’allégresse. Un collectif énergique, cinq titres joyeux, des couleurs musicales vigoureuses ! Cet EP au format apéritivant déclenche l’envie de découvrir d’autres compositions aux ambiances plus variées.

Xavier Roumagnac Eklectik Band

Deux ans après « Sirènes » (Jazz Falimy/Socadisc), le batteur, compositeur et arrangeur, Xavier Roumagnac revient à la tête de son Eklectik Band. Sur « 78 Tours », le quintet composé du leader, de Công Minh Pham (synthés), Yoann Kempst (guitare), Robby Marshall (saxophone ténor, clarinette basse) et Guillaume Marin (basse) s’étoffe de trois soufflants.

En l’occurrence, il s’agit de trois instruments de la classe des vents. Parmi eux on retrouve deux complices qui avaient participé à quelques plages de l’album précédent, Julien Alour (trompette, bugle) et le saxophoniste William Hountondji qui cette fois embouche l’alto. Ils sont rejoints par la flûtiste Sue Mc Carthy.

Ainsi augmenté, l’Eklectik Band pare les cinq compositions de Xavier Roumagnac de belles couleurs orchestrales.

« 78 tours »… un concentré de groove cuivré

Avec cinq titres énergiques, « 78 Tours » propose une musique vibrante portée par une rythmique musclée dont la pulsation euphorique libère l’expression jubilatoire des solistes. Les riches arrangements font exploser de joie une musique cuivrée et punchy qui invite à la fête et au mouvement.

Xavier Roumagnac revient avec l'Eklectik Band et 78 ToursVent Marin ouvre sur un motif répétitif de la guitare à la pulsation rock qui inspire à la trompette des interventions charnues et énergiques. Portée par l’orchestre cuivré, la mélodie tourne en boucle et ouvre l’espace à un chorus enflammé de la guitare.

On se prend ensuite à déambuler sur les riches couleurs de Walking Man dont les arrangements rutilants et nuancés mettent en avant alto, clarinette basse et trompette. Sur Pop Club, le voyage continue et on embarque sur un flot de vibrations sonores. Stimulés par la basse ronflante et la rythmique énergique de la batterie, saxophone et synthé croisent leurs notes avec ardeur.

Advient ensuite Duetto dont la musique organique évoque une procession dansante. Librement arrangé d’un extrait de « La clémence de Titus » de Mozart, ce titre enchanteur permet d’écouter un solo volubile du ténor rejoint dans sa protestation par la guitare aérienne. Avec le synthé, elle relance l’allégresse collective. L’orchestre tout entier reprend ensuite sa marche, porté par la pulsation joyeuse de la rythmique.

Pour finir, 78 Tours fait s’enchevêtrer les sonorités cuivrées. De leur fusion émergent les envolées furieuses de la guitare et du ténor. Sur un tempo rythmique groovy, les deux solistes élèvent une célébration jubilatoire et euphorisante qui comble l’oreille et déclenche l’envie de tourner et tourner encore avec l’Eklectik Band de Xavier Roumagnac !

Comme une mise en bouche, « 78 tours » stimule l’appétit et déclenche l’envie furieuse d’écouter plus encore cette musique énergique et cuivrée dont les riches arrangements invitent à la joie. Pour vivre live la musique de Xavier Roumagnac Eklectik Band, rendez-vous à Paris le 16 janvier 2020 à 20h30 au Sunset à l’occasion du concert de sortie de l’album.

Kavita Shah publie « Cape Verdean Blues »

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Clin d’œil à ASTA & « Passers of Time »

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Énergie et musicalité

Le batteur André Ceccarelli a sonné le rappel de ses complices, le saxophoniste Sylvain Beuf, le contrebassiste Thomas Bramerie et le pianiste Antonio Faraò pour enregistrer “Passers of Time”, le premier album de leur quartet, dénommé ASTA. Porté par les quatre virtuoses, le projet déborde d’énergie sans pour autant se départir d’une musicalité de chaque instant. Cette belle aventure musicale témoigne de l’étroite connivence que ces quatre compagnons ont conservé au fil du temps.

couverture de l'album Passers of Time du quartet ASTAASTA est l’acronyme constitué des premières lettres des prénoms de ces quatre musiciens, André Ceccarelli, Sylvain Beuf, Thomas Bramerie et Antonio Faraò réunis au Studio de Meudon en décembre 2018 pour graver ce “Passers of Time” qui propose un répertoire auquel ont contribué les quatre protagonistes de l’aventure d’ASTA.

Avec “Passers of Time” (Bonsaï/L’Autre Distribution) sorti le 18 octobre 2019, ASTA propose un projet musical énergique fort convainquant. Une grande musicalité se dégage de cet album qui rassemble neuf compositions originales apportées par les quatre membres du quartet, une improvisation collective et un thème du pianiste Henri Giordano avec lequel André Ceccarelli a joué dans la première mouture du groupe « Troc » dans les années 70.

Sur le titre qui donne son nom à l’album, on note aussi la participation du chanteur David Linx avec qui André Ceccarelli mène par ailleurs de nombreux projets gravés sur disques, « le Coq et la Pendule » (2009), « à NOUsGARO » (2014) et aussi « 7000 Miles » (2018).

La joie de jouer ensemble et l’osmose parfaite qui règne entre les membres du quartet sont perceptibles de bout en bout des onze plages de « Passers of Time ». En effet, les quatre leaders que sont André Ceccarelli, Sylvain Beuf, Thomas Bramerie et Antonio Faraò réinvestissent dans ASTA leurs expériences individuelles que ces passers of time mettent au service d’une complicité de plus de 25 ans.

Plus de 25 ans après

La création du quartet ASTA résulte d’une aventure qui a commencé à la fin des années 90. En effet, en 1995, André Ceccarelli enregistre « From the Heart » avec un quartet composé de Sylvain Beuf, Jean-Michel Pilc et Thomas Bramerie qu’il retrouve d’ailleurs en 2014 sur l’album « Twenty ». André Ceccarelli et Sylvain Beuf entament ensuite une collaboration étroite au sein d’un quartet composé du pianiste Antonio Faraò et du contrebassiste Rémi Vignolo (qui n’avait pas encore troqué la contrebasse pour la batterie) avec lesquels ils enregistrent « West Side Story », une relecture de l’œuvre de Leonard Berstein qui sort en 1997 chez BMG avec en invités Richard Galliano, Dee Dee Bridgewater et Bireli Lagrène.

Quatre leaders copilotent ASTA

ASTA - Sylvain Beuf, Thomas Bramerie, André Ceccarelli & Antonio Faraò

ASTA - Sylvain Beuf, Thomas Bramerie, André Ceccarelli & Antonio Faraò

Depuis 2012 et la sortie de « Ultimo » son dernier album en leader, le batteur André Ceccarelli ne souhaite plus piloter de projet en leader, raison pour laquelle il propose à ses trois complices Sylvain Beuf, Thomas Bramerie et Antonio Faraò de se réunir au sein d’un quartet dont ils sont tous les quatre co-leaders. ASTA… un groupe à part entière et non pas un nouveau quartet d’André Ceccarelli.

C’est d’ailleurs aussi « Dédé » (surnom amical donné au batteur par les musiciens de jazz), qui propose de nommer le groupe ASTA. Ainsi l’acronyme qui assemble les quatre premières lettres du prénom des quatre musiciens authentifie la structure groupale de ce quartet où chaque membre est impliqué à part égale.

Pour symboliser plus encore cette dimension égalitaire, les quatre lettres du groupe sont inscrites au sein d’un carré, figure géométrique dont côtés et angles sont égaux. Au-delà de cette symbolique représentation, on perçoit à l’écoute de « Passers of Time » combien les musiciens s’engagent dans le répertoire avec un égal investissement. En effet, non seulement ils mettent en commun leurs compositions mais ils engagent aussi leur talent, leur virtuosité, leur inventivité au service de la musique du quartet.

Quatre passers of time

Ce sont donc quatre jazzmen de premier plan de la scène jazz française qui unissent leurs talents sur l’album « Passers of Time ».

  • André Ceccarelli, figure emblématique de la batterie, qui a conquis ses galons de maître ès batterie sur les scènes françaises, européennes et internationales. En témoignent sa vertigineuse discographie en tant que leader ou sideman et ses forts nombreuses collaborations scéniques avec les plus grands noms du gratin du jazz. Sa virtuosité et sa maîtrise technique ne seraient rien sans l’inspiration, la musicalité, la souplesse et la sensibilité dont il a toujours fait preuve. La carrière du batteur témoigne de la fidélité qu’il manifeste aux musiciens avec lesquels il prend plaisir à jouer. Il les honore de son jeu énergique et souple car il excelle autant aux baguettes sur les tempi rapides où son swing terrasse littéralement qu’aux balais sur les ballades les plus sensibles.
  • Le pianiste italien post bop Antonio Faraò qui joue avec nombre d’étoiles de la galaxie jazz parmi lesquelles entre autres, Franco Ambrosetti, Daniel Humair, Gary Bartz, Lee Konitz, Steve Grossman, Tony Scott, Chico Freeman, Miroslav Vitous, John Abercrombie. Après trois albums enregistrés chez Enja Records entre 1998 et 2000 et les disques gravés avec André Ceccarelli, on remarque ses plus récents opus “Domi” (2010), “Evan” (2013), “Boundaries” (2015) et le dernier « Eklektik  » (2017) aux frontières de l’électro jazz avec Marcus Miller, Manu Katché, Didier Lockwood, Bireli Lagrene, Krayzie Bone et Snoop Dog.
  • Sylvain Beuf, saxophoniste alto, ténor, soprano, compositeur, arrangeur et pédagogue reconnu fait partie des saxophonistes incontournables de la sphère jazz. On ne compte plus ses collaborations, avec André Ceccarelli certes mais aussi avec entre autres Bojan Z, Manuel Rocheman, Michel Perez, Denis Leloup, Pierrick Pedron, Franck Agulhon, Diego Imbert, Emmanuel Bex, Thierry Peala, Manu Codjia. Il expérimente toutes les formules, trio, quartet, quintet, sextet, septet, octet. Entre son premier opus en leader, « Impro Primo » sorti en 1993 et le dernier « Plénitude » (2015), il n’a eu cesse de proposer des albums aux formats et climats diversifiés.
  • Sideman incontournable, sur les scènes américaines où il a vécu de 1997 à 2006 et sur les scènes européennes, le contrebassiste Thomas Bramerie fait partie de ces artistes pour lequel il serait plus rapide de citer les noms de ceux avec qui il n’a pas joué plutôt que de lister ceux qu’il a accompagnés. On a pu apprécier en 2018, le jazz sensible et intemporel de « Side Stories », son premier album en leader enregistré avec le jeune pianiste Carl-Henri Morisset et le batteur Elie-Martin Charrière et trois invités, Jacky Terrasson, Eric Legnini et Stéphane Belmondo.

Au fil des plages

« Passers of Time » ouvre avec Two Places, composition de style post bop de Antonio Farao. On est submergé d’emblée par la forte énergie de ce titre où la vélocité et la puissance du jeu du pianiste s’accorde avec le propos fervent et la force tranquille du saxophone ténor. Le drumming d’André Ceccarelli enveloppe le morceau de bout en bout.

Le reste du répertoire fait alterner des titres au tempo énergique et d’autres où la mélodie s’invite en première ligne.

Énergie et virtuosité

Sur Early Time de Sylvain Beuf, le saxophoniste fait montre d’une aisance impressionnante dans l’art de l’improvisation. Le saxophone soprano se fait lyrique et voltigeur. Il croise les notes avec les lignes mélodiques et ingénieuses du piano enthousiaste. Dans la même filiation, s’inscrit 4433, un autre thème survitaminé du saxophoniste qui s’exprime avec puissance et lyrisme et suscite un solo enflammé du piano stimulé par le tempo d’enfer foudroyant que tient la batterie.

Histoire Alternative procède de la même énergie. Cette composition de Thomas Bramerie immerge dans un déluge musical. A l’écoute des chorus du ténor et du piano débordant de virtuosité, l’oreille s’affole et sombre dans une véritable exaltation. Composé par Antonio Faraò, Last One, ne manque pas d’énergie mais sidère surtout par sa conception harmonique. Le morceau déborde de joie et ses rythmes déclenchent chez le batteur un groove félin et chez le saxophoniste un jeu véhément qui ne manque pas d’impertinence.

La trop courte intervention de David Linx qui ouvre et termine Passers of Time parvient cependant à dépayser quelque peu le format musical du quartet. Comme une pointe de piment, le parler chanté du chanteur engage les passagers du temps à swinguer plus farouchement encore. L’album se termine avec Mr Henri, composition du pianiste Henri Giordano qui met en exergue la complicité et l’esprit de communion qui règne entre les musiciens. Le dernier mot revient à un court solo de l’infatigable « Dédé ».

Mélodie, poésie et humour

Sur sa composition, Ballade Pour Valérie, Sylvain Beuf embouche le saxophone alto. Sur cette aubade crépusculaire, sa sonorité reflète la plénitude de son art et les chorus du piano et de la contrebasse n’ont rien à lui envier. Écrit par Thomas Bramerie, Les rues se retrouvent propose un tempo ternaire. Sur ce lumineux morceau, le soprano et le piano enchantent par la poésie de leur jeu et par la véritable alchimie qui opère de bout en bout entre les membres du quartet.

Proposé par Thomas Bramerie, M Theory fait place à l’humour. Le piano s’en donne à cœur joie, le soprano batifole et la contrebasse gambade sur le tempo sautillant que soutiennent les balais enjoués. Après une introduction de la contrebasse au son boisé et profond, Improvisation for Asta suspend le temps. Le souffle évanescent du soprano installe une atmosphère onirique sur cette ballade mélancolique qui permet de saisir combien ces véloces et virtuoses musiciens accueillent dans leur jeu nuances et sensibilité.

« Passers of Time » témoigne de l’alchimie collective qui unit André Ceccarelli, Sylvain Beuf Thomas Bramerie et Antonio Faraò. ASTA signe un album énergique et chaleureux qui ne manque ni de nuances ni de musicalité. On espère que le quartet n’attendra pas 25 ans pour enregistrer un deuxième album !

Pour succomber live à l’énergie de ce superbe « Passers of Time », RV à Paris avec ASTA les 10 & 11 janvier 2020 à 21h30 au Sunside. En attendant, on profitera de cette fin d’année 2019, pour partager largement la musique de cet album qu’il convient de ne rater sous aucun prétexte.

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