D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

D. Linx, G. de Chassy et M. Pastorino – « On Shoulders We Stand »

Poésie, sobriété et raffinement

Sur l’album « On Shoulders We Stand », le chanteur David Linx, le pianiste Guillaume de Chassy et le clarinettiste Matteo Pastorino proposent un voyage musical entre jazz et classique. Guillaume de Chassy a retranscrit des thèmes de pièces classiques sur lesquelles David Linx a écrit des paroles. Un album enchanteur où poésie, sobriété et raffinement s’entrelacent avec bonheur. Une réussite absolue !

Inscrit entre jazz et musique classique, « On Shoulders We Stand - Transcriptions » lie intimement poésie et musique qui se magnifient et fondent un univers raffiné et subtil. David Linx, Guillaume de Chassy et Matteo Pastorino s’associent pour revisiter neuf pièces de musique classique écrites pour piano par huit compositeurs classiques, Bach, Chopin, Chostakovitch, Mompou, Rachmaninov, Ravel, Schubert et Scriabine.visuel de l'album "On Shoulders We Stand" de D. Linx, G. de Chassy et M.Pastorino

Le pianiste Guillaume de Chassy a retranscrit les thèmes de compositeurs pour la voix du chanteur David Linx qui a greffé sa poésie sur la musique. Piano et voix sont rejoints par les clarinettes de Matteo Pastorino.

Au final, le trio propose « On Shoulders We Stand - Transcriptions » (Enja/Yellowbird Records/L’Autre Distribution), un album éminemment poétique dont la sortie est annoncée pour le 18 novembre 2022.

Sur les épaules des grands créateurs….

Initiateurs du projet « On Shoulders We Stand », David Linx et Guillaume de Chassy définissent ainsi leur démarche commune :

« Nous n’inventons rien totalement ; nous nous tenons sur les épaules des grands créateurs qui nous ont précédés ou de ceux que nous côtoyons aujourd’hui : musiciens, peintres, écrivains… Ces géants nous soutiennent et nous inspirent chaque jour. Certains compositeurs classiques nous paraissent comme des amis fidèles. Dans leurs pièces pour piano, l’évidence de la mélodie appelle souvent le chant. Nous avons donc réalisé des transcriptions pour la voix, que David a revêtues de ses propres mots. Il y évoque la quête de soi et son rapport au monde actuel. Les musiques que nous traversons sont parfois écrites, parfois improvisées : nous enjambons les frontières avec jubilation. Nous nous sommes efforcés de ne pas simplifier ce qui est compliqué et de ne pas compliquer ce qui est simple. De même que les rivières changent de lit, des mondes se rencontrent et des horizons se déplacent. « 

Loin de tout conformisme, David Linx, Guillaume de Chassy et Matteo Pastorino projettent les pièces pianistiques des auteurs classiques dans l’époque actuelle… entre jazz et musique classique, entre poésie et réalisme.

Au fil des titres

Sur Drown Out The Noise adapté de Sergueï Rachmaninov, musique et texte évoquent le bruit perpétuel de notre quotidien et la quête d’une vie plus paisible. Entre romantisme et modernisme, la voix légèrement voilée de David Linx valorise ses talents de parolier sur les arpèges répétitifs de Guillaume de Chassy alors que gémit la clarinette basse.

Introduction pleine de grâce du piano, clarinette tel un papillon aérien au plus haut de l’azur, timbre chatoyant de la voix et maîtrise absolue du chant… tout concourt à faire de Souls Astray un moment magistral. Plus loin, le trio transporte l’oreille dans l’univers du prélude en si mineur du Clavier bien tempéré-1 de Jean-Sébastien Bach et l’on retrouve sur Of Mankind, Sun and Flames l’essence de l’art de la fugue avec tout à la fois la rigueur incarnée par le piano et la fantaisie par le chant et la clarinette.

D. Linx, G. de Chassy et M.Pastorino©Jeff Ludovicus

David Linx, Guillaume de Chassy et Matteo Pastorino©Jeff Ludovicus

C’est ensuite avec une délicatesse infinie que le trio restitue le climat du concerto en sol majeur de Maurice Ravel sur Daunting The Task où piano, clarinette et voix s’expriment en un parfait équilibre. On est saisi par la maîtrise absolue du chant et l’étendue de la tessiture de la voix.

Lors d’une première écoute, le Prélude Op87 N°10 composé par Dmitri Chostakovitch en hommage à Bach, ressemble à s’y méprendre à un exercice de style. Pourtant, l’interprétation du trio contribue à transformer le titre en un moment musical d’une légèreté et d’une luminosité sans pareilles. S’inscrivant dans la tradition du Clavier bien tempéré, le trio propose ensuite A Dragon’s Might, une lancinante variation du prélude Opus 87 N°18 du même Chostakovitch. Le climat se fait étrange voire envoûtant. Douceur divine de la voix, notes telluriques de la clarinette basse et accords mystérieux du piano font vibrer tout à la fois le cœur et l’âme.

Après une courte introduction de clarinette, débute The Very Concept of You. Le chant limpide de David Linx, le piano coloriste de Guillaume de Chassy et la bucolique sonorité de la clarinette de Matteo Pastorino font onduler de plaisir les portées de la Mazurka en Fa mineur de Frédéric Chopin. Le comble du raffinement et de l’esthétique que cette pièce tout en délicatesse et en subtilité !

Sur The Riptide, le trio plonge l’oreille dans une atmosphère inspirée par la Musica Callada du compositeur catalan Federico Mompou. Les musiciens s’expriment en totale communion. Tel un cantique spirituel, la musique paraît incarner la voix-même du silence… chant tout en retenue et en pudeur, clarinette basse tellurique, piano en suspension, musique calme et secrète, celle du cœur, de l’âme, de la vie… poésie musicale et silencieuse.

L’album se termine avec le mélancolique New Life’s At Hand interprété en duo par David Linx et Guillaume de Chassy. Le morceau restitue le lyrisme et la poésie de l’Etude Op2 N°1 de Scriabine, lui-même inspiré de Chopin. On est bouleversé par la profondeur et la beauté du son, par la sobriété de l’expression, par la délicatesse du chant.

Pour s’immerger live dans le répertoire du superbe « On Shoulders We Stand » et retrouver David Linx, Guillaume de Chassy et Matteo Pastorino, rendez-vous le 10 novembre 2022 à 21h30 au Sunside, à Paris et le 11 novembre 2022 à 20h30 sur la scène de la Jazz Station, à Bruxelles, dans le cadre du festival « Bruxelles sur scènes ».

2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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« Blue in Green », Paul Lay rend hommage à Bill Evans

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Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

Ellinoa & Wanderlust Orchestra – « Ville Totale »

Voyage orchestral incantatoire

« Ville Totale » marque le retour discographique de la compositrice vocaliste et cheffe d’orchestre Ellinoa et son Wanderlust Orchestra. Un voyage musical incantatoire qui imagine les retrouvailles entre l’Homme et la Nature. Une exploration musicale où poésie et narration, jazz, pop et musique contemporaine allient leurs textures au sein d’une riche palette sonore. Une fable écologique et dystopique qui évolue entre énergie et délicatesse.

Visuel de l'album "Ville Totale" par Ellinoa & Wanderlust Orchestra -Après « Wanderlust » (Les P’tits Cailloux du Chemin/Music Box Publishin /inOuïe distribution) publié en 2018 avec le Wanderlust Orchestra et « The Ballad of Ophelia » (Les P’tits Cailloux du Chemin Music Box Publishing/Absilone-Socadisc) enregistré en quartet avec Arthur Henn (voix, contrebasse), Paul Jarret (guitare) associés au quatuor Les Enfants d’Icare, Ellinoa est de retour le 21 octobre 2022 à la tête du Wanderlust Orchestra.

Elle présente « Ville Totale » (Les p’tits cailloux du chemin/L’autre Distribution), une toute nouvelle création, conçue et réalisée en 3D sonore.

« Ville Totale » - Ellinoa & Wanderlust Orchestra

Wanderlust orchestra

Wanderlust orchestra©Sylvain Golvet

Le projet « Ville Totale » réunit quinze musicien.ne.s au sein du Wanderlust Orchestra, mini big band qui sonne comme un orchestre symphonique réduit.

A la fois compositrice, vocaliste, improvisatrice et cheffe d’orchestre, Camille Durand alias Ellinoa (chant et narration) intègre sa voix pure et cristalline comme un instrument aux côtés du piano de Thibault Gomez, de la guitare de Matthis Pascaud, de la flûte de Sophie Rodriguez, de la clarinette basse et du cor anglais de Balthazar Naturel, du saxophone alto d’Illyes Ferfera et du saxophone ténor de Pierre Bernier, du trombone de Paco Andreo, des violons d’Héloïse Lefebvre et Widad Abdessemed, de l’alto de Séverine Morfin, du violoncelle de Juliette Serrad, de la contrebasse de Arthur Henn et des deux batteries de Gabriel Westphal et de Léo Danais.

Ellinoa a co-écrit les textes de « Ville Totale » avec Christelle Bakhache, impliquée au sein du Conservatoire d’Espaces Naturels en Haute-Savoie dans la conservation des espaces naturels et des espèces.

« Ville Totale »… une ville qui inquiète autant qu’elle rassure, une ville entre foule et isolement, entre richesse et pauvreté, entre abondance et stérilité, une ville dont l’album narre la métamorphose… « Ville totale », un conte imaginaire où se côtoient écologie et philosophie… « Ville Totale » un voyage orchestral chatoyant en onze étapes.

Au fil des titres

Ellinoa

Ellinoa

Après l’introduction instrumentale de Ville Totale et son bouillonnement sonore chaotique, la musique se libère à travers le chant qui incarne la renaissance de la Nature. L’improvisation du ténor laisse ensuite échapper un flot de notes tumultueuses, support d’un élan vital palpable. La plage suivante, Urbs Maxima, résonne comme un manifeste. La voix d’Ellinoa dénonce avec force la survenue de cet espace urbain contrôlé. Plus loin, Air Conditionné donne la parole au saxophone alto et à la flûte qui soufflent des bribes de notes éparses parmi les traits et pincements des cordes. De l’orchestre émerge par la suite une ligne mélodique lumineuse puis le solo bouillonnant du saxophone alto décoiffe de nouveau le paysage sonore.

Accompagnée par le piano, le chant puissant et poétique d’Ellinoa évoque La Mémoire du Monde. L’orchestre les rejoint, le violon s’envole dans un solo acrobatique au-dessus de « la ville inféconde » suivi du hautbois qui s’exprime d’abord seul puis avec l’orchestre, faisant entendre des sonorités déchirantes aux accents orientaux. La voix scintillante de la chanteuse reprend le récit et conclut le titre, propulsée en avant par un orchestre vigoureux.

Le répertoire continue avec Lianes dont l’atmosphère sonore s’inscrit dans l’univers de la musique contemporaine. Piano et orchestre restituent un climat mystérieux puis la voix limpide d’Ellinoa revient et charme par son expressivité. Sur Ascenceur émotionnel, Ellinoa parle de la Nature et de la vie qui reprennent leurs droits et fissurent le béton de la ville. L’orchestre traduit les métamorphoses de cette mégapole et avec force, porte la musique de cette plage au paroxysme.

Le début de Parkour est morcelé par les scansions du chant d’Ellinoa et les arrangements subtils et singuliers de l’orchestre. Le développement du solo de trombone ensorcelle tout autant d’ailleurs que les timbres de l’orchestre qui suggèrent la transformation de la Ville à l’aube de son effondrement. L’oreille est immergée dans une dense matière sonore.

Avec Effleurvescence, complet changement de climat. Après la chute… une autre Ville advient ! La voix parlée d’Ellinoa tient en suspension tout au long de la renaissance qu’elle évoque, soutenue par la guitare et la contrebasse puis elle vocalise seule. Survient ensuite Après la pluie sur lequel son chant se joint à l’orchestre somptueux dans un puissant crescendo et sa voix enflammée chante la résurrection de la Nature, soutenue par la puissance orchestrale du Wanderlust Orchestra qui improvise à qui mieux mieux.

Plant Bombing surprend par son climat incantatoire, le chant répétitif et la flûte aux sonorités perçantes. L’orchestre submerge l’oreille autant qu’elle l’étonne par sa force percussive et sa vigueur.

L’album se termine avec La Canopée. Ellinoa parle depuis la canopée alors qu’elle regarde « la nouvelle vie » qui émerge. Les sons graves des vents fusionnent avec les aigus des instruments à cordes. La voix et l’orchestre s’unissent dans un crescendo et leur expression confine à la transe. Symphonique et intense la musique clôt l’album « Ville Totale » et vient alors l’envie de réécouter le projet de bout en bout.

Rendez-vous le 09 novembre 2022 à 20h au Café de la Danse (Paris) pour écouter Ellinoa & Wanderlust Orchestra.

2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Focus sur Manu Le Prince et « Children of The Night »

Hommage à Wayne Shorter

Avec « Children of The Night », Manu Le Prince rend hommage à Wayne Shorter, saxophoniste et compositeur essentiel de l’histoire du jazz. Entourée d’un aréopage de musiciens français, cubains et brésiliens, elle met en parole quelques-uns des grands standards du mythique jazzman dont les qualités de mélodiste font l’unanimité.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, Manu Le Prince se partage entre Paris et Rio. Brésilienne de cœur, la chanteuse, autrice et compositrice aux origines anglo-argentines mêle avec réussite le jazz qui a bercé son enfance à la musique ethnique ou brésilienne.

Après deux albums hommages à Cole Porter et à Johnny Alf, après l’élégant « In a Latin Mood » (Plaza Mayor Company Ltd/Sergent Majot Company Ltd) sorti en 2017 et coréalisé avec Minino Garay, Manu Le Prince revient avec « Children of The Night » (Frémeaux & Associés/Frémeaux & Associes, Socadisc, Believe) sorti le 26 août 2022.

Sur le lumineux « Children of The Night » Manu Le Prince reste fidèle à l’esprit de l’œuvre de Wayne Shorter. Tout en prenant ses distances avec l’écriture originale, elle pose ses paroles sur les instrumentaux. Avec délicatesse et souplesse, elle s’approprie les morceaux qu’elle projette dans ses propres territoires, entre musique brésilienne et jazz.

« Children of The Night »

Focus sur Manu Le Prince et "Children of the Night"Manu Le Prince livre cet opus en hommage au grand saxophoniste et compositeur Wayne Shorter, avec les encouragements du maître qui a lui-même validé ses paroles sur quatre de ses musiques. L’opus retrace plusieurs périodes du parcours musical de Wayne Shorter dont celle avec le chanteur brésilien Milton Nascimento. Le disque porte le nom du titre composé par Wayne Shorter en 1961 pour l’album « Mosaic » des Jazz Messengers d’Art Blakey dont il faisait alors partie.

Manu Le Prince s’est entourée d’une solide équipe au sein de laquelle est perceptible une belle osmose : Irving Acao aux saxophones et arrangements, Leo Montana au piano, Felipe Cabrera à la contrebasse, Lukmil Perez à la batterie et d’autres invités parmi lesquels le saxophoniste Baptiste Herbin, les comparses de Milton Nascimento, le pianiste Kiko Continentino et le percussionniste Robertinho Silva, le percussionniste Minino Garay, le batteur Zaza Desiderio, le bassiste Acelino de Paula et ses fils Julian Le Prince Caetano (piano) et Gael Le Prince Caetano (percussions).

De titre en titre

D’emblée, la voix chaude et sensuelle de la chanteuse installe un climat chargé d’émotion sur Eleanora, le titre d’ouverture. La chanteuse reprend et étire la mélodie de Lady Day écrit par Wayne Shorter en hommage à Billie Holiday et enregistré en 1965 chez Blue Note sur l’album « The Soothsayer ». Au fil de son solo, l’alto lyrique de Baptiste Herbin déroule ensuite des spirales sinueuses puis fait alterner délicats frémissements et accélérations foudroyantes.

Le répertoire se poursuit avec Speak No Evil, une autre composition de Wayne Shorter qui a donné son nom à l’album du saxophoniste sorti en 1966 chez Blue Note. Après avoir exposé le thème, la voix puissante au timbre légèrement voilé cède la parole au ténor musclé d’Irving Acao puis Leo Montana virevolte sur les touches blanches et noires. Break après break, le morceau se déroule sur un tempo aux accents latins. C’est ensuite avec un brin de romantisme que résonne le piano de Julian Le Prince Caetano sur Introduction My Children of The Night. Par la suite, la voix de la chanteuse brille de tous ses éclats sur Children of The Night écrit par Wayne Shorter et enregistré en 1961 sur l’album « Mosaic », alors qu’il jouait avec Art Blakey & The Jazz Messengers. Une fois de plus, l’alto aérien de Baptiste Herbin fait preuve d’une étonnante volubilité et d’une maîtrise inouïe.

Accompagnée du bassiste Acelino de Paula, du pianiste Kiko Continentino et du batteur Zaza Desiderio, Manu Le Prince propose une version magistrale de Tarde, la composition de Milton Nascimento enregistrée en 1974 par Wayne Shorter sur son album « Native Dancer » sorti en 1975. De sa voix grave et voilée, la chanteuse étire le tempo au-dessus des envolées gracieuses du soprano de Baptiste Herbin avant que le piano ne fasse entendre ses interventions inspirées et lumineuses.

Avec Caminho Solar, Manu le Prince transpose en portugais le célèbre Footprints composé par Wayne Shorter. A ses côtés, le saxophone soprano d’Irving Acao s’enflamme et invite l’oreille à le rejoindre dans son univers coloré. Plus loin, Manu Le Prince parvient à restituer le climat sonore unique de Milton Nascimento à travers sa composition Vera Cruz. Sur un tempo bossa un peu rapide qui flirte avec samba et jazz, s’expriment tour à tour, la voix puissante de la chanteuse et le piano de Kiko Continentino qui n’hésite pas à emprunter des chemins escarpés.

Le répertoire se poursuit avec la célèbre composition de Wayne Shorter, Infant Eyes, enregistrée en 1964 sur l’album « Speak No Evil » sorti chez Blue Note en 1966. Avec grâce et conviction, Manu le Prince chante en anglais sur un tempo médium alors que le soprano vagabonde et projette avec bonheur ses volutes ascensionnelles dans l’espace musical. Avec le court Bass Prelude, la basse tellurique de Felipe Cabrera introduit la composition de Manu Le Prince, Hugs and Roses, sur laquelle les musiciens développent une musique intimiste empreinte de romantisme.

C’est ensuite sur un tempo funky et groovy que la chanteuse interprète la fameuse compositon de Wayne Shorter, Beauty & the Best, qu’elle a renommée From Soul To Soul et sur laquelle elle a posé des paroles en anglais. Sur cette version singulière du titre, les envolées du soprano d’Irving Acao sont du meilleur effet et participent pour beaucoup à la musicalité du morceau. L’album se termine avec Blue Cat que la chanteuse interprète avec le pianiste Kiko Continentino, compositeur de ce thème que le duo interprète avec élégance et sobriété.

Rendez-vous le 22 octobre 2022 dans le cadre du Festival Jazz Sur Seine pour retrouver Manu Le Prince sur la scène de l’établissement « Les 2 pianos » (Paris 15ème). Manu Le Prince se produira le 16 décembre 2022 à 21h30 au Sunside (Paris) où elle sera entourée de Irving Acao, Leo Montana, Felipe Cabrera et Lukmil Perez.

2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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Laurent Coulondre propulse « Meva Festa »

Laurent Coulondre propulse « Meva Festa »

Evasion, exotisme et jazz font bon ménage

Avec « Meva Festa », Laurent Coulondre livre un album explosif. Au fil des pistes, le pianiste communique sa vision de la musique, de la vie et du partage. Chaque titre constitue une promesse d’évasion. L’album respire la joie de vivre et communique l’envie d’exulter. Placé sous le signe du soleil et de l’exotisme, « Meva Festa » porte bien son nom, un mélange de catalan et de brésilien qui se traduit par « Ma Fête »…. tout un programme !

Après la présentation de Meva Festa, premier extrait du nouvel album au titre éponyme de Laurent Coulondre, il a fallu patienter jusqu’au 23 septembre 2022 pour s’immerger dans la musique du nouveau projet du pianiste, l’album « Meva Festa ». Sur cet opus, entouré de ses amis et musiciens préférés, le pianiste propose un jazz latin, festif et chaleureux qui rend hommage à ses origines espagnoles et à l’Amérique du sud qu’il affectionne tant.

Une carrière jalonnée de récompense

Depuis le début de sa carrière, Laurent Coulondre ne dort pas sur ses lauriers et glane de nombreux titres et récompenses prestigieux.

En effet, après avoir été vainqueur avec son trio au Concours National de Jazz à la Défense 2015 et nommé la même année Talent Jazz Adami puis élu Génération Spedidam (2014-2017), il est lauréat Jazz et Musique Classique de la Fondation Lagardère en 2016 puis est récompensé du titre de « Révélation de l’Année » aux Victoires du Jazz 2017. Son album « Michel on My Mind » reçoit le « Prix du disque français 2019 » décerné par l’Académie du Jazz. Pour finir, en 2020, Laurent Coulondre est élu « Musicien français de l’année 2019 » par Jazz Magazine et reçoit une Victoire du Jazz dans la catégorie « Artiste instrumental ».

Outre ses activités de scène, Laurent Coulondre enseigne aussi avec passion le piano et le jazz depuis 2017 à l’École Supérieure de Musique Bourgogne-Franche-Comté (formation supérieure pour les musiques actuelles) et au Centre des Musiques Didier Lockwood (CMDL) après être intervenu à l’Université de Toulouse le Miraïl en Licence de Musicologie et avoir été directeur et responsable pédagogique du Centre de Formation Professionnelle de Musique de Toulouse.

« Meva Festa »

Laurent Coulondre propulse Meva FestaNé de la rencontre avec le percussionniste brésilien Adriano Tenorio, l’album « Meva Festa » réunit autour du pianiste dix musiciens issus de générations diverses parmi lesquels l’iconique batteur André Ceccarelli (75 ans), le tout jeune tromboniste Robinson Khoury (25 ans) et aussi le percussionniste Adriano Dos Santos Tenorio, le bassiste Jérémy Bruyère, les trompettistes Alexis Bourguignon et Nicolas Folmer, le saxophoniste (alto et baryton) Lucas Saint Cricq, le saxophoniste ténor et flutiste Stéphane Guillaume et la chanteuse Laura Dausse.

La brillante section de cuivre se joint à la solide section rythmique pour soutenir les envolées lyriques des solistes. Il en résulte un groove de chaque instant qui donne une furieuse envie de danser.

« Meva Festa » restitue des ambiances festives et chaleureuses aux sonorités latino-américaines épicées de couleurs musicales cuivrées. Un album solaire où musique et plaisir entrent en résonance à chaque instant.

Au fil des titres

Dès la première plage, Meva Festa, qui donne son nom à l’album, on est immergé dans un mélange de rumba catalane et de samba brésilienne. La fulgurance mélodique du piano se joint à la rutilance des cuivres pour donner le ton de l’album, celui de la FÊTE. Dès l’introduction du second thème El Jonito, les arrangements colorés et somptueux abreuvent l’oreille d’un groove funky. Les riffs mettent en avant les percussions alors que les échanges entre les solistes brillent par leur précision et explosent d’une fougue inouïe.

C’est avec une allégresse contagieuse que l’ensemble des musiciens expose le thème d’Agua Bon puis le saxophone alto furieux et les cuivres rugissants émergent des rythmiques éclatantes. Dans la première partie de Memoria, la mélodie est placée en orbite sur un tempo de jazz latin et l’on se laisse ensorceler par le jeu lumineux de la flûte. Sur la deuxième partie du morceau, le piano s’emballe et déclenche un véritable feu d’artifice sur un rythme effréné de batucada.

Après la mélodie onirique de Isla Perdida que déroule le piano avec lyrisme, la voix angélique de Laura Dausse prend le relai. Sur un écrin de percussions, le piano entonne ensuite la mélodie latine de Piment Doux. Un parfum d’exotisme s’installe alors que la section de cuivre rejoint la rythmique avec panache. Après un court et efficace solo de contrebasse, le trombone rugit et développe une improvisation décoiffante qui boucle le titre. Accompagné par le piano volubile et stimulé par la cuica, les onomatopées inspirées de la chanteuse et les délires enchanteurs de la flûte illuminent la samba Bahia.

Une conversation entre la contrebasse véhémente et les accords hispanisants du piano ouvre Gato Furioso. Au-dessus des percussions volubiles, Laurent Coulondre déroule ensuite la mélodie d’une rumba catalane entrecoupée des fulgurances lumineuses du piano. Un sommet de l’album.

Sans délai, les musiciens enchaînent avec Laura dont la version scintille des traits virtuoses du piano exubérant. En bonus, Laurent Coulondre termine l’album avec une deuxième version de Meva Festa. Après un début très percussif évoquant le maracatu brésilien, le piano s’exprime solo ajoutant à l’album une dimension lyrique somptueuse.

Pour écouter live Laurent Coulondre et son projet « Meva Festa », rendez-vous à Paris le 12 octobre 2022 au New Morning.

2022… Ultimes « Coups de cœur » #1

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André Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

André Minvielle revient avec « Ti’bal Tribal »

Au menu… euphorie et effervescence !

Sur « Ti’bal Tribal », André Minvielle mène le bal avec la verve, l’humour et l’inventivité qui lui appartiennent en propre. Il propose un bal euphorique et effervescent où se téléscopent valse et cumbia, cha-cha et fandango. Avec sa fille Juliette et son complice de longue date, Fernand « Nino » Ferrer, le batteur et chanteur gascon fait danser la vie et le jazz. La frénésie affleure !

Quoi de mieux pour cet été 2022 qu’un bal joyeux et ludique, surtout si l’animateur du bal se nomme André Minvielle. Avec sa tchatche habituelle, son accent unique et son humour imparable, il fait régner une euphorie de chaque instant sur les douze pistes de l’album « Ti’bal Tribal » dont la sortie est annoncée pour le 19 août 2022 sur le label « La C.A.D », abréviation de « La Complexe articole de déterritorialisation ».

L’oreille se régale de l’ambiance bouillonnante de cet opus où explose la vie.

couverture de l'album Ti'Bal Tribal de André MinvielleAprès « 1time » (Complexe articole de déterritorialisation/L’Autre Distribution) en 2016, André Minvielle s’est rapproché de Babx et de Thomas De Pourquery sur le captivant « NOUGARO » (La Familia/L’Autre Distribution/IDOL) en 2019 et du quintet Papanosh sur le poétique « Prévert Parade » (La C.A.D./Label Vibrant/L’Autre Distribution) en 2020.

Le 19 août 2022, il revient en trio avec « Ti’bal Tribal » (La C.A.D./L’Autre Distribution).

«Ti’bal tribal c’est le bal de tous les accents.
Du rhizome en dansant, en veux-tu en voilà.
En langues d’ici ou de là-bas. Œcuménique et créatif, il vous tape l’enfant d’là bal,
Vous joue la valse des étiquettes,
Une cumbia Mingusienne de berbère les fagots,
Un tcha de la tchatche de sézigue,
Un fandingo en trio de Janeiro.
Et «gens passent» !
On mixe.
C’est joyeux, ludique, érotique.
C’est de vous que nous apprenons à faire danser la vie
Seule à seul ou en couple
En cercle circassien,
En ronde instantanée,
En petits moments de liberté.
De la tête aux pieds. »

L’équipe musicale

Sur son nouvel album « Ti’bal Tribal », le chanteur et batteur est entouré de sa fille Juliette Minvielle (claviers, voix, guimbarde) et du bassiste Fernand « Nino » Ferrer.

De nombreux invités les rejoignent au fil des titres, Fabrice Vieira (guitare), Bernard Lubat (claviers), Illyes Ferfera (saxophones), Frédéric Gastard (saxophone baryton), Sylvain Bardiau (trompette) et Matthias Mahler (trompette) du « Trio Journal Intime« , Lucas Spirli (accordéon), Marcel Loeffler (accordéon) et Christophe Monniot (saxophone, synthé).

Le répertoire

André Minvielle créolise à merveille langues et couleurs musicales.

André Minvielle revient avec Ti'bal TribalOutre ses propres compositions, Nino, Balagora, Le Tcha de la Tchatche et Sacré Éole, De Dame et d’Homme et Esperanza l’Aranesa où il s’associe à Marc Perrone, le leader reprend La Lega, un traditionnel italien, assaisonne à la « sauce minvielle » El criollo camino to Chazz de Mingus qui devient Cumba Jazz Fusion, interprète Daphné de Django Reinhardt porté par le swing inouï de Marcel Loeffler, dynamise de belle manière Jubilee Stomp de Duke Ellington avec les soufflants du Trio Journal Intime rejoints par Christophe Monniot. André Minvielle fait groover Cajuina de Caetano Veloso sur lequel la voix de Juliette apporte un souffle de fraîcheur. Sans oublier l’incomparable Besame Mucho de Consuelo Velazquez où le chant et les scats de Minvielle rivalisent avec le saxophone de Christophe Monniot.

« Ti’bal Tribal » foisonne de rythmes tous plus épatants les uns que les autres… cha cha, bossa nova, fandango, cumbia, valse, marche, jazz. Impossible d’écouter l’album sans bouger, pieds, bras, corps, tête et surtout sans éprouver un plaisir dingue. Alchimiste de l’art vocal dont il maîtrise tous les codes, André Minvielle n’en finit pas de se renouveler tout en restant fidèle à sa syntaxe et ses syncopes irrésistibles. Ram Dam Dam… Oili oili oila !!!

Pour écouter live André Minvielle et son « Ti’bal Tribal » avec Christophe Monniot, rendez-vous le 18 aout 2022 à Uzeste dans le cadre de la 45ème Hestejada de la arts. ICI pour connaître l’exhaustivité des concerts d’André Minvielle.

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Echo#1-Jazz à Vienne 2022

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Dhafer Youssef - Marcel Khalifé & Bachar Mar Khalifé

Double plateau alléchant et conditions atmosphériques estivales pour la soirée du 02 juillet 2022 du festival Jazz à Vienne. Le oudiste Dhafer Youssef venu en quartet puis Marcel Khalifé & Bachar Mar Khalifé en septet ont comblé le public du Théâtre Antique. Les vibrations musicales orientales ont déclenché l’ovation d’une foule enthousiaste.

Echo#1-Jazz à Vienne 2022 propose un retour sur la soirée du 02 juillet 2022

Dhafer Youssef 4tet

C’est en quartet que le oudiste et chanteur Dhafer Youssef se présente sur la scène du Théâtre Antique. Il propose une musique aux accents universels jouée par un Tunisien, un Malien, un Norvégien et un Brésilien. Avec à la kora, Ballaké Sissoko, à la guitare, Eiwind Aarset et Adriano Dos Santos derrière percussions et batterie.

Une grande complicité règne entre les musiciens.

Du début à la fin de la prestation du quartet, oud et kora dialoguent avec générosité. Leurs échanges sont soutenus avec nuance par la rythmique qui propulse et soutien l’élévation du chant aérien de Dhafer Youssef.

La musique passe d’une quasi-immobilité à des emballements inspirés. Les chorus de la kora saisissent par leur subtile légèreté doublée d’une intensité étonnante. La guitare électrique colore les échanges d’accents rock. La voix aérienne du oudiste élève très haut son chant qui plane entre orient et jazz.
Avant de terminer le set sous des applaudissements fournis d’un public conquis, Dhafer Youssef dit l’admiration qu’il porte à Milton Nascimento dont « la voix divine » l’inspire. Il lui dédie Milton Five.

Marcel Khalifé & Bachar Mar Khalifé

Le pianiste et chanteur franco-libanais Bachar Mar-Khalifé réunit un septet autour de Marcel Khalifé (chant, composition, oud) pour rendre hommage à l’œuvre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008). Autour de son piano et du oud de son père, il réunit un ensemble instrumental (accordéon, basse, guitare, violoncelle et batterie) pour un set qui mêle mélancolie et joie, nostalgie de l’exil et bonheur de l’amitié.

La musique du groupe soutient les mots de Marcel Khalifé qui chante les textes de celui qui fut son ami. Vibrant d’humanité, son chant fait entendre une véritable ode à la poésie, l’amour, la guerre, la prison, à l’exil et à l’amitié.

« Nous allons à la rencontre de la paix avec la poésie de Mahmoud Darwich. »

Sur l’écran de fond de scène sont projetés des dessins qui suggèrent le contenu des textes de Beyrouth, Haïfa, Vienne, Joseph, Rita. Mélancolique mais nuancée, la musique prend de l’ampleur et les rythmes varient. Musique instrumentale et chants se mêlent pour le plus grand bonheur du public qui reprend avec le groupe les paroles des rappels.

Marcel Khalifé & Bachar Mar Khalifé ont proclamé le credo de Mahmoud Darwich dont on souhaiterait qu’il devienne réalité : « Ma nationalité, c’est le cœur des autres, je n’ai besoin d’aucun passeport ».

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