Shahin Novrasli présente Emanation

Shahin Novrasli présente Emanation

A la croisée de l’Orient et de l’Occident

Shahin Novrasli présente Emanation, un album singulier. Originaire d’Azerbaïdjan, le pianiste puise son inspiration dans les musiques du Caucase, le jazz et la musique classique. Un jazz épicé, savant et élégant qui repousse les frontières musicales.

Après le disque « Bayati » gravé en 2014 avec Ari Hoenig et Nathan Peck, Shahin Novrasli présente à quarante ans son deuxième album, « Emanation » (Jazz Village/[Pias]), sorti le 07 avril 2017. On découvre une musique riche et inspirée, imprégnée de la rigueur du classique tout autant que de la tradition azérie et ponctuée d’improvisations étourdissantes.

Après avoir suivi un cursus typique de pianiste classique en Azerbaïdjan, il maîtrise les partitions de Bach, Mozart et  Rachmaninoff et se produit dès ses onze ans avec l’orchestre philharmonique d’Azerbaïdjan. Shahin Novrasli s’initie ensuite au jazz sous l’influence de Vagif Mustafa Zadeh, le père de la merveilleuse pianiste Aziza Mustafah Zadeh, plus guère présente sur les scènes jazz actuelles. Avec lui il apprend l’art qui consiste à mêler le jazz au mugham, cette musique azérie de forme modale où l’improvisation tient une place majeure.

A sa sortie du conservatoire national en 2000, Shahin Novrasli se tourne vers le jazz et les œuvres de Bill Evans et Keith Jarrett. Il commence à écrire ses premières compositions et se produit ensuite dans de nombreux festivals internationaux de jazz  comme Montreux en 2007. Installé à New-York, il rencontre un de ses héros, Ahmad Jamal qui lui apporte son soutien, ses conseils et coproduit aussi son album.

C’est d’ailleurs avec le contrebassiste James Cammack qui a longtemps joué avec Ahmad Jamal que Shahin Novrasli entre en studio à Paris en avril 2016 pour enregistrer « Emanation ». La batterie est tenue par l’incontournable André Ceccarelli. Sur quelques plages, intervient le percussionniste Erekle Kolava qui collabore régulièrement avec le pianiste. On note aussi la participation du violoniste Didier Lockwood sur Ancient Parallel où il soutient les psalmodies vocales du pianiste et sur le superbe Saga.

Sur les neuf plages de l’album « Emanation », Shahin Novrasli donne libre cours à son inspiration. Dans son univers musical se mélangent avec élégance, la musique classique, le mugham azerbaïdjanais et le jazz. Le pianiste fait dialoguer orient et occident. Il brode des mélodies dépaysantes sur des rythmes orientaux et utilise des harmonies puissantes portées par une énergie puisée dans les racines du jazz. Étourdissant et lyrique.

Sans doute le titre Tittle Tattle laisse augurer de l’esthétique rythmique qui pourrait présager de l’évolution musicale de Shahin Novrasli de même que le morceau Ancient Parallel où les origines orientales de la musique du pianiste dominent mais on demeure sous le charme du titre Emanation empreint de liberté, d’élégance et d’un lyrisme maîtrisé. De cette composition qui ouvre l’album émane une impression de fragilité et de nostalgie inspirée.

Pour Shahin Novrasli, « le plus important c’est la musique. Quand je joue ou que j’écris, je ne pense pas au jazz ou au mugham, je ne pense à aucun style en particulier. La musique doit être beauté, amour. »  Construit sur le principe de la spontanéité maximale, l’album laisse une grande part à l’improvisation chère au pianiste.

 

Pour s’immerger dans la musique étourdissante et lyrique de Shahin Novrasli, rendez-vous le le samedi 20 mai 2017 à 20h30 à la Maison des Océans, dans le cadre du festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris.
Le pianiste de produit aussi en première partie des concerts des 05 et 06 juillet 2017 à 20h à l’OdéonThéâtre de l’Europe à Paris dans le cadre de « The Week Celebration of Ahmad Jamal ».
Shang Ziming Quartet présente « Bridge of Soul »

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Maisons-Laffitte Jazz Festival#Digital Edition 2020

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« Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet renoue avec Bach

Ferlet re-pense Bach

Après « Think Bach » paru il y a cinq ans, Édouard Ferlet renoue avec Bach sur « Think Bach Op.2 ». Une récidive de bon aloi où Ferlet, en piano solo, compose et improvise autour des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Entre hommage introspectif et conversation passionnée.

La musique de Jean-Sébastien Bach constitue un réservoir infini d’inspiration pour le pianiste Édouard Ferlet qui entretient une relation suivie et plus qu’intime avec sa musique. En effet, après « Think Bach » paru en 2011 puis « Bach Plucked Unplucked » enregistré en 2015 avec la claveciniste Violaine Cochard, le pianiste de jazz récidive et renoue avec Bach. Il continue son exploration des partitions de Bach sur « Think Bach Op.2 » (Mélisse/Outhere) sorti le 28 avril 2017. Sur l’album, neuf compositions du pianiste et une interprétation du largo du Concerto pour clavecin n°5 en Fa mineur BWV 1056.

La première écoute de l’album suscite d’abord un moment d’incrédulité, « …comment, il approche de nouveau la musique de Bach ! » mais sitôt après survient l’étonnement, « surprenant, il est vraiment parvenu à renouveler son propos » et enfin, avec l’immersion totale, advient le plaisir inconditionnel que procure cet opus absolument addictif.

Avec « Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet, déjà imprégné de l’œuvre de Bach, pénètre encore plus avant au cœur de l’écriture du Maître de Chapelle. Il se glisse dans la trame des partitions qu’il explore comme un chercheur en quête de compréhension. Pour cet album le pianiste dissèque les lignes musicales, pose, dépose et repose autrement les notes, dérange et change les rythmes, bouscule la structure de la musique de Bach. On se demande s’il s’agit d’une communion ou d’un jeu espiègle entre Ferlet et l’âme de la musique de Bach. Peut-être les deux à la fois d’aileurs.

La lettre introductive que le pianiste adresse à J.S. Bach dans le livret dit beaucoup de son rapport avec le compositeur baroque. Il le tutoie, c’est dire sa familiarité avec lui. A travers les termes de la missive on perçoit  la relation passionnée voire même physique entretenue avec la musique de celui qu’il admire. « … je te joue et joue avec toi. Mes doigts en folie courent et s’essoufflent dans l’ivresse et la rigueur de tes lignes, mes muscles se figent et se relâchent pour exprimer ma rage et ma passion ». Si Édouard Ferlet fait état de ses « anciennes blessures » ce n’est point pour s’en plaindre mais pour les évoquer comme un point de départ de sa renaissance.

Sur « Think Bach Op.2 », Édouard Ferlet communie avec la musique de Bach, ausculte sa respiration profonde et entre en relation intime avec les partitions dont il s’abreuve. Il communique avec le compositeur dont il explore l’écriture. Il la comprend et déjoue les difficultés. Il joue à déplacer les phrases, à modifier les intervalles, à décaler les rythmes et les cadences, à bousculer les lignes de construction. On ne parle pas de transgression mais plutôt d’une exploration de la substance musicale. Cette recherche en quête de compréhension nourrit son inspiration. En effet de cette démarche naît une nouvelle musique comme une filiation innovante et respectueuse.

A partir de techniques compositionnelles variées évoquées dans le livret, le pianiste apporte des touches contemporaines et se réapproprie la musique de Bach. Ferlet se projette dans le monde de Bach. Il pénètre dans le rythme, le son, la charpente de la musique et les accueille dans l’univers du jazz. Il explore même les mélodies comme sur les quatre minutes de la seule piste de l’album qu’il n’a pas composée. C’est en effet uniquement la mélodie qu’il restitue du largo du Concerto pour clavecin n°5 en fa mineur BWV 1056.  Moment surprenant et émouvant.

Crazy B est sans doute la pièce où l’on perçoit le plus la manière dont le pianiste compose un morceau à partir d’une phrase citée puis cernée contournée, reprise autrement, remise sur le métier, travaillée encore et encore, transformée jusqu’à devenir un leitmotiv rythmique étourdissant où une mélodie trouve place. Le pianiste propose ainsi à l’auditeur « plusieurs sas de décompression » comme des paliers qui familiarisent l’oreille à l’évolution progressive de la phrase originale.

Encore une fois Édouard Ferlet inscrit Bach dans l’espace de sa propre musique et lui ouvre la porte du jazz via ses compositions et ses improvisations. On est  touché par la sensibilité qui se dégage de Miss Magdalena (inspiré du prélude en ut majeur BWV 846) où le pianiste siffle à l’unisson un thème écrit dans la tessiture de son sifflet.

On se laisse emporter par la rythmique et les oasis mélodiques dépaysants de Es ist Vollbracht fort distancié de l’air de la Passion selon saint Jean BWV 245. On écoute Oves, pièce façonnée « autour de l’intervalle de seconde et de l’ostinato rythmique empruntés au Prélude en sol dièse majeur BWV 884 ». Édouard Ferlet la présente comme une « ouverture… généreuse, qui a le sourire solaire, comme la musique de Bach »

 

Édouard Ferlet sera en concert pour la sortie de son album au Café de la Danse à Paris le samedi 13 mai 2017 à 20h. Avec en invités Naïssam Jalal et Sonny Troupé.
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Jean-Philippe Viret revient avec « Les idées heureuses »

Jean-Philippe Viret revient avec « Les idées heureuses »

Élégance poétique autour de François Couperin

Jean-Philippe Viret revient avec l’album « Les idées heureuses » cinq ans après le premier opus « Supplément d’âme » où il avait enregistré « Les barricades mystérieuses » de Couperin. Une élégante promenade musicale entre poésie et introspection.

Sur ce nouvel album « Les idées heureuses » (Mélisse/Outhere Music France) sorti le 14 avril 2017, le contrebassiste Jean-Philippe Viret poursuit sa quête autour de François Couperin. Le disque emprunte d’ailleurs son titre à une pièce de l’auteur, issue du premier livre de pièces de clavecin paru en 1713.

Le contrebassiste revient avec son quatuor « Supplément d’âme ». Ce quartet à cordes est dissident dans la forme du quatuor classique dont la composition requiert deux violons, un alto et un violoncelle, En effet dans le quartet à cordes tel que l’a voulu Jean-Philippe Viret, la contrebasse remplace le second violon du quatuor. Ainsi dans son quatuor à cordes, le contrebassiste de jazz réunit autour de lui l’altiste David Gaillard, le violoniste Sébastien Surel et le violoncelliste Eric-Maria Couturier.

Avec élégance, liberté et poésie, Jean-Philippe Viret célèbre la musique de François Couperin dont le quatuor « Supplément d’âme » reprend d’ailleurs une pièce, « La muse plantine ». Les autres morceaux du répertoire sont tous des compositions originales du contrebassiste. Trois thèmes s’inspirent librement de trois pièces de Couperin. L’Idée qu’on s’en fait d’après « Les idées heureuses » de Couperin, L’an tendre, d’après « Le dodo ou l’amour au berceau » de Couperin, Tocs et tics et chocs d’après le « Le tic-toc-choc ou Les maillotins » de Couperin.

Musicien et compositeur, Jean-Philippe Viret prouve par son parcours musical son art à gérer l’éclectisme et à y réussir. On le connait pour avoir joué depuis plus de 30 ans dans l’Orchestre de contrebasses. Jean-Philippe Viret travaille aussi la matière musicale avec le groupe « 60% de matière grave » où il réunit trois instruments « graves » de 3 familles différentes, un saxophone basse avec Eric Seva, un tuba avec Michel Godard et lui-même à la contrebasse. On sait qu’il a aussi travaillé comme sideman aux côtés d’autres musiciens de jazz comme Marc Ducret, Simon Goubert ou Emmanuel Bex et bien d’autres solistes internationaux comme Dave Liebmann.

Après avoir été membre du trio de Stéphane Grappelli de 1989 à 1997, Jean-Philippe Viret a créé en 1998 son propre son trio avec lequel il a depuis enregistré des albums tous aussi passionnants les uns que les autres. Dans ce trio il se produit avec Fabrice Moreau à la batterie et Edouard Ferlet au piano. C’est d’ailleurs ce dernier qui a assuré la direction artistique de l’album « Les idées heureuses » enregistré à la Courroie à Entraigues-sur-la-Sorgue en octobre 2016.

Sur « Les idées heureuses », Jean-Philippe Viret livre en toute liberté sa propre vision du monde musical de François Couperin. La musique dessine un univers poétique qui accueille dans son intimité toute oreille qui veut bien écouter avec attention et sans a priori de genre.

La liberté que donne l’improvisation appartient à toutes les musiques et à tous les musiciens qui souhaitent la mettre au cœur de leur pratique. C’est pourquoi on ne s’inscrit pas ici dans un débat qui souhaiterait déterminer si ce disque inscrit ou non son propos dans le monde du jazz, ou une autre controverse qui prétendrait que l’album ne respecte pas à la lettre l’univers de la musique baroque de François Couperin.

En fait, considérant que l’improvisation, indissociable de la pratique du jazz, était aussi inscrite en son temps d’une autre manière dans la pratique de la musique baroque, on en conclut que cette écriture instantanée qu’est l’improvisation relie le jazz et la musique baroque. Les neuf plages de l’album « Les idées heureuses » se donnent à écouter avec limpidité pour quiconque accepte de lâcher ses repères pour rencontrer ceux qui balisent le monde de Jean-Philippe Viret.

On est touché par la dimension onirique de l’album « Les idées heureuses » qui sonne comme une musique de film. Une bande-son qui accompagnerait la rêverie d’un promeneur confronté à un monde qui l’étonne et le comble à la fois. Empreint de nostalgie et d’introspection, le propos explore la carte des sentiments de ce rêveur qui évolue entre étonnement, ravissement, questionnement et incertitude. Les quatre musiciens du quatuor à cordes réuni par Jean-Philippe Viret mettent leur maîtrise technique au service de la sensibilité et déclenchent des émotions sensibles chez l’auditeur.

Pour écouter sur scène le quatuor « Supplément d’âme » dans le répertoire de l’album « Les idées heureuses », rendez-vous le 2 mai à Jazz à Eaubonne (95600), le 30 juillet au Parc Floral de Paris dans le cadre du Paris Jazz Festival ou le 02 août à Jazz in Marciac… et pour en savoir plus sur tous les concerts à venir du contrebassiste, il suffit de consulter le site de Jean-Philippe Viret.
Shang Ziming Quartet présente « Bridge of Soul »

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Sonny Troupé Quartet Add2 présentent « Reflets denses »

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Une double réalité, tantôt jazz, tantôt créole

Sur son nouvel album « Reflets Denses », Sonny Troupé explore des mélodies gwo ka qu’il arrange. La matière première prend des reflets différents, tantôt jazz, tantôt créole. Un quartet, un trio, deux saxophones pour diffracter le même sujet musical. Une musique chaleureuse loin des formats standards.

Héritier de la tradition gwo ka, le batteur et percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé fait partie de cette nouvelle scène jazz dynamique et créative venue des Antilles. Son univers gravite aux frontières de plusieurs mondes. Après « Voyages et Rêves » (2013) puis « Luminescence » (2015) en duo avec Grégory Privat, Sonny Troupé récidive avec un nouvel album « Reflets denses » sorti le 05 avril 2017. 

Sonny Troupé a travaillé durant trois ans pour préparer cet album. Il a étudié, écouté, analysé la musique gwo ka, sa tradition et sa modernité. Le disque restitue l’authenticité de cette musique. Il s’est amusé à exploiter de manière différente une même base de mélodie pour qu’à la fin les musiques restituent des reflets différents, tantôt plus axé sur le gwo ka moderne, tantôt plus orienté vers le jazz. Bien sûr à cela, Sonny Troupe rajoute des métriques issues du métal qu’il a aussi étudié sans oublier quelques pincées d’électro pour pimenter le tout.

Le tambour ka, la percussion traditionnelle de la Guadeloupe, demeure au cœur de la musique de Sonny Troupé mais son ouverture aux mondes musicaux le conduit à confronter ses racines caribéennes avec les autres influences. Sur l’album  « Reflets Denses », il interroge l’identité créole de sa musique au travers du prisme de ses autres influences, jazz, fusion, metal. Il navigue entre passé et présent pour envisager l’avenir. Il reconfigure la tradition pour transfigurer le présent et nous invite en quelque sorte à un voyage à travers le temps. L’expérience est très plaisante.

Pour « Reflets Denses », Sonny Troupé ne lésine pas sur les moyens et réunit plusieurs formations et musiciens. Bien sûr le Sonny Troupé Quartet avec le pianiste Grégory Privat, le bassiste Mike Armoogum, le tambouyé Olivier Juste, et lui-même, à la batterie et au tambour maké.

Le groupe Reflets Denses avec le pianiste Jonathan Jurion, le bassiste Michel Alibo et le tambouyé Arnaud Dolmen. L’entité « Add 2 » composée de Thomas Koenig au saxophone ténor et à la flûte et Raphaël Philibert au saxophone alto. Sans oublie des invités. Christian Laviso qui intervient à la guitare sur Twa Jou San Manjé. Lucie Kancel et Patrice Hulman pour les chœurs, le jeune Djokaèl Méri au tambour maké sur l’introduction du thème Equation.

Un maître de musique derrière ses tambours. Trois binômes où chaque instrumentiste est le reflet de l’autre, piano, basse et gwo ka. Un duo de saxophones pluriels, avec le ténor qui penche vers le jazz et la fusion alors que l’alto est plus baigné dans le gwo ka et la musique antillaise. Un guitariste expert des rythmiques et harmoniques ka. Le résultat est à la mesure de l’effectif. Outre les prestations des musiciens, l’album intègre au fil des plages des samples sous des formes variées. Chant du coq qui ouvre le disque et évoque le début du jour, ambiances de rue, vie de marché et aussi chanteurs traditionnels et musiciens (Lin Canfrin, Kristen Aigle, Sergius Geoffroy, Robert Oumaou…).

Titre après titre, d’un reflet à un autre, les ambiances alternent. Pianistes et bassistes se croisent. Jonathan Junion se rapproche de Mike Armoogum sur la ballade intitulée Une fin ? D’une facture plus contemplative que les autres morceaux du disque, ce thème pourrait autant annoncer un début qu’une fin mais avec le temps, qui sait ?

Sur Evocation, flûte, saxophone et piano fusionnent très contenus par une section rythmique plutôt ronde. Grégory Privat chemine avec Michel Alibo. Ça sonne très jazz au niveau des expositions de thèmes et des improvisations.

Sur Twa Jou San Manjié du compositeur Guy Kontèt la contribution du guitariste Christian Laviso accentue le climat tendu du morceau. Rythmiques complexes des percussions que les saxophones poussent dans leurs retranchements. La basse se joint à la mêlée musicale jusqu’à la résolution finale éclatée et salvatrice.

L’écoute du quatrième titre, Le Temps, est un régal. Les percussions scandent avec violence l’infinie force du temps, la basse ronfle, le piano évoque la ronde des heures qui filent, les saxophones crient jusqu’au paroxysme l’avancée inexorable du temps qui passe alors qu’on demeure suspendu à la voix du « diseur de texte » (dixit Sony Troupé) Toma Roche qui a mis en mot la fuite du temps et le rapport que l’homme entretient avec lui… « Le temps nous aime comme des enfants, nous berce à sa pendule, nous fait devenir grand, nous fait devenir grand, nous donne du recul, nous pousse vers l’avant…  pour nous les enfants de peur le temps est relatif… avant que l’on renonce pour ne pas avoir peur de l’avenir en attendant la réponse, on passe son temps à regarder son heure venir… comprendre que tout y passera… le temps nous serre entre ses bras de pierre… se joue de nous et nous laisse infinis, infinis… dans la tempête du temps je tente d’attraper le temps par les deux bouts… « 

« Reflets Denses ». Onze titres à la fois différents et ressemblants. Une matière sonore chaude et flamboyante à la fois. On embarque avec le coq mais impossible de débarquer. On laisse l’album tourner en boucle pour mieux s’immerger dans le caraïb’jazz de Sonny Troupé et ses amis musiciens.

Et pour vivre en concert la musique de « Reflets Denses », rendez-vous le le 10 mai 2017 à 20h au Centre culturel Barbara, 1 rue Fleury à Paris.
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Tony Allen annonce la sortie d’un EP en hommage à Art Blakey

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De Art Blakey à Tony Allen via Blue Note

Le batteur Tony Allen annonce la sortie chez Blue Note d’un EP de quatre titres avant la parution prochaine de son premier album sur le label mythique annoncé pour septembre 2017. « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » rend hommage au batteur de jazz américain Art Blakey, influence majeure de Tony Allen.

En attendant la sortie de son album attendu pour l’automne, Tony Allen annonce la parution d’un EP de quatre titres produit par Vincent Taurelle, « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » (Blue Note/Universal) disponible dès le 19 mai 2017.

Moanin, A Night In Tunisia, Politely et Drum Thunder Suite. Quatre standards des « Jazz Messengers » rejoués à travers le prisme de l’afrobeat.

Le style de Tony Allen tient autant des influences nigérianes et africaines que de celles des boppers rythmiciens que furent Kenny Clarke, Max Roach et Art Blakey. Surnommé « Bihaina » en Afrique où il a longtemps séjourné, le batteur Art Blakey (1919-1990) est cité comme le plus africain des batteurs américains de jazz. Il est aussi identifié comme l’un des pères du be-bop à la batterie, au même titre que Kenny Clarke et Max Roach.

Quand Tony Allen a entendu Art Blakey la première fois à Lagos dans les années 1960, il s’est imaginé écouter plusieurs percussionnistes jouant ensemble. Lorsqu’il réalise qu’un seul homme produit cela sur un seul et même instrument, il conçoit d’aborder son instrument de la même manière, comme un orchestre. Il déclare d’ailleurs : « je m’engage dans la batterie comme dans un orchestre, j’essaye de rendre mon jeu orchestral ».

Tony Allen pratique « l’articulation/désarticulation des éléments de la batterie, insiste sur la charley et la cymbale ride permettant de lâcher les coups sur les autres tambours ».

D’origines nigériane et ghanéenne, le batteur Tony Allen est né à Lagos le 12 août 1940. Il débute son instrument à dix-huit ans tout en travaillant comme technicien radio. En 1964, Tony Allen commence à jouer avec Fela Anikulapo Kuti. Du jazz, ils vont évoluer vers leur propre style, l’afrobeat, invention parachevée lors de leur tournée américaine de 1969, aux côtés de musiciens afro-américains, à cette époque houleuse de l’après-assassinat de Martin Luther King.

Tony Allen fut le batteur de Fela Kuti mais aussi son directeur artistique. D’ailleurs Fela lui-même a affirmé: « Sans Tony Allen il n’y aurait pas d’afrobeat ». Avec Fela Kuti & Africa 70, Tony Allen participe aux enregistrements majeurs du groupe tels que « Jealousy Progress » (1978), « No Accomodation for Lagos » (1978) ou « No Discrimination » (1978). 36 albums à leur crédit.

En 1979 Tony Allen rompt avec le chanteur et rejoint l’Europe pour tracer sa propre voie. Il travaille avec de nombreux musiciens notamment avec Ray Lema et Roy Ayers, le « Never Expect Power Always » et surtout Manu Dibango sur l’album « Wakafrika »  en 1994. Avec son propre album « Black Voices » Tony Allen réalise en 2000 la fusion entre afrobeat, rock, funk et hip-hop. En 2003  il sort l’album « Home Cooking », alliant pureté du style et des mélopées traditionnelles avec dub, funk et sonorités électroniques puis « Unsung Heroes » et « Soul II Soul ».

Après un « Tony Allen Live » en 2004, le batteur retourne à ses racines en enregistrant, dans son pays natal, le disque « Lagos No Shaking » en 2006. En 2007, Tony Allen et son nouveau groupe dénommé ‘The Good, The Bad and The Queen’ rend hommage au chanteur Bono, activiste investi dans des missions humanitaires africaines, sur l’album « In The Name of Love : Africa Celebrates U2 » (2008).

Depuis plusieurs années Tony Allen tente de nombreuses expériences (techno, électro). En 2012, le maître de l’afrobeat participe à « Rocket Juice & the Moon », avec le bassiste Flea (du groupe ‘Red Hot Chili Peppers’) et Erykah Badu. Damon Albarn, l’ex-chanteur de Blur est également présent sur le titre Go Back, extrait du dixième album solo de Tony Allen, « Film of Life », paru en octobre 2014 et produit par le groupe français les « Jazzbastards » (Ludovic Bruni, Vincent Taeger et Vincent Taurelle) chez Jazz Village.

On peut dire aujourd’hui que le batteur connaît une seconde jeunesse à Paris et en France. On se souvient avoir écouté un concert donné par Tony Allen en « Hommage à Art Blakey » le 11 mars 2016 dans le cadre du festival A Vaulx Jazz.

En 2017, en enregistrant le répertoire d’Art Blakey, Tony Allen, le batteur inventeur de l’Afrobeat se fait plaisir et rend  hommage à l’une de ses sources d’inspiration, Art Blakey, le batteur inventeur du hard bop. On se rappelle qu’Art Blakey enregistrait en son temps sur le label historique Blue Note. Ainsi avec « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers », le nouveau projet de Tony Allen gravé sur Blue Note, la boucle est bouclée. Blue Note relie donc ces deux batteurs essentiels.

On découvre le premier single de l’EP « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » qui permet d’écouter la version que Tony Allen donne de Moanin’, la composition du pianiste Bobby Timmons.

Rendez-vous prochainement pour retrouver Tony Allen et la sortie de l’album complet « A Tribute to Art Blakey And The Jazz Messengers » attendu pour la rentrée d’automne chez Blue Note.
Shang Ziming Quartet présente « Bridge of Soul »

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A n’en pas douter, l’album « Bridge of Soul », sorti le 27 avril 2020, constitue l’une des meilleures surprises de cette rentrée post-confinement 2020. Enregistré à Budapest fin février 2020 par un quartet international, le Shang Ziming Quartet, cet opus d’une musicalité inouïe propulse une musique moderne, énergique et innovante portée par la ferveur et la virtuosité des musiciens

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Solo Insolent #1 avec Fred Escoffier

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Le label indépendant Ouch ! Records lance, sur son site, Solo Insolent, une émission live mensuelle en exclusivité et participation libre. A partir du dimanche 24 mai à 18 heures, captation et diffusion de concerts dans le grenier de Lionel Martin, saxophoniste, compositeur et fondateur du label. Premier concert à suivre sur Ouch ! Records, celui du pianiste Fred Escoffier.

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Maisons-Laffitte Jazz Festival#Digital Edition 2020

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En raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, les organisations des festivals de jazz français se voient contraints, post-déconfinement, d’annuler et/ou reporter leurs éditions 2020 pour le plus grand désespoir des artistes et des publics. Dans le contexte actuel, le Maisons-Laffitte Jazz Festival choisit pourtant une autre option en proposant une… #Digital Edition 2020. Dans le paysage jazz, cette solution inédite réjouit !

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Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

La chanteuse va de l’avant mais conserve son ADN

Sur son nouvel album « She Moves On », la chanteuse Youn Sun Nah explore plusieurs facettes de la musique nord-américaine. Quatre ans après « Lento » sa voix unique n’a rien perdu de son élégance et de son potentiel émotionnel. Ballades touchantes, mélodies nostalgiques… Youn Sun Nah fait mouche.

Les titres des albums de Youn Sun Nah enregistrés sous le label ACT parlent… En 2009 la chanteuse dit son goût pour le « Voyage ». En 2013 avec « Lento » elle affirme son intérêt pour les ballades. Si en 2011 sur « Same Girl », elle avouait être restée la même, en 2017 sur « She Moves On », Youn Sun Nah explore d’autres contrées et avance mais sa voix n’en demeure pas moins reconnaissable dès la première note.

« She Moves On ». Sur ce nouvel opus, l’univers musical de la chanteuse Youn Sun Nah évolue. Le titre de l’album lui-même annonce la couleur. Elle va de l’avant, elle tourne la page en quelque sorte mais elle n’en renie pas pour autant son esthétique. Son ADN, sa VOIX, demeure. En effet, la chanteuse possède toujours ce pouvoir de captiver l’auditeur. Elle transforme son chant en ondes porteuses de mille éclats qui deviennent autant d’émotions lumineuses. 

On a annoncé « Shes Moves On » le nouvel album de Youn Sun Nah et sa prochaine venue sur les scènes de l’hexagone durant le printemps et l’été. Vient maintenant le temps de présenter ce quatrième opus de la chanteuse coréenne chez ACT. Cet album est bienvenu après l’absence de la chanteuse sur les scènes européennes depuis le printemps 2015.

Annoncé pour le 19 mai 2017, l’album « She Moves On » (ACT/PIAS) donne à entendre Youn Sun Nah dans un nouvel environnement musical. La chanteuse explore la musique nord-américaine avec un tout nouveau quartet américain. En premier lieu il convient d’évoquer celui qui est le producteur et l’arrangeur de l’album, le pianiste et claviériste Jamie Saft.

Plutôt connu pour son travail auprès des musiciens de l’avant-garde américaine comme John Zorn, Marc Ribot, Cuong Vu et Chris Speed, Jamie Saft démontre aussi sur ce disque son talent d’accompagnateur. Ses subtiles variations génèrent de sensibles atmosphères qui conviennent tout à fait à l’expression nuancée de la chanteuse. Comme producteur Jamie Saft a veillé à doter l’album d’un son chaleureux et feutré qui évoque les chansons de ces grands compositeurs et/ou interprètes du passé. Rien de vintage pourtant. L’ambiance demeure ancrée dans le XXIème siècle.

Pour avoir accompagné des musiciens aussi différents qu’Ornette Coleman ou Elvis Costello, le contrebassiste Brad Jones est lui aussi l’homme de la situation. Batteur du groupe « The Little Willies », Dan Rieser a participé à plusieurs enregistrements de Norah Jones dont le fameux « Come Away With Me », ce qui laisse penser qu’il a quelque familiarité avec l’accompagnement des voix. On comprend qu’une telle section rythmique soit capable de s’adapter à des contextes très différents qui vont de l’avant-garde à la pop. Leur présence sur l’album contribue pour beaucoup à sa qualité.

Quant au guitariste qui intervient sur cinq titres, on ne pouvait rêver mieux puisqu’il il s’agit du talentueux Marc Ribot dont les interventions toujours aussi brillantes et inspirées contribuent à faire de cinq chansons les moments phares de l’album. On peut aussi noter l’intervention d’un quartet de cordes sur une composition originale qui tente de restituer l’ambiance des années 60. L’enregistrement de « She Moves On » s’est déroulé aux studios Sear Sound de New York, au cœur du quartier de Hell’s Kitchen.

Dans son nouveau répertoire, Youn Sun Nah explore avec talent quelques titres allant du rock à la pop, en passant par le folk, le jazz, sans oublier les musiques traditionnelles auxquelles s’ajoutent trois compositions originales, Traveller qui ouvre l’album, Too Late (où intervient le quatuor de cordes) et Evening Star en final.

Dans des albums précédents, la chanteuse avait déjà revisité des titres de pop, de chanson française (Philippe Sarde), de rock (Metallica, Tom Waits, Nine Inch Nails), des chants traditionnels (coréen et américain) et même un morceau de Scriabine. Sur son nouvel album, Youn Sun Nah explore uniquement des musiques nord-américaines. On retrouve deux chants traditionnels. Black Is The Colour Of My True Love’s Hair (1915) qu’a interprétée Nina Simone et la chanson A Sailor’s Life (18ème siècle) d’après la version arrangée par « Fairport Convention » où chantait Sandy Danny en 1969.

En ce qui concerne les reprises, certaines ont obtenu des triomphes en leur temps comme par exemple Teach The Gifted Chrildren, le fameux titre que Lou Reed a enregistré en 1980 sur « Growing Up in Public ». La tonalité bluesy enjouée donnée par Marc Ribot est accentuée par la sobriété vocale de la chanteuse et par l’accompagnement de la section rythmique qui se calque sur le titre original.

D’autres reprises sont moins connues comme la chanson She Moves On enregistrée en 1990 par Paul Simon sur l’album « The Rhythm of the Saints » où la section rythmique offre une caisse d’écho à la voix de la chanteuse qui, stimulée par la guitare accrocheuse, se fait un peu plus aventureuse. The Dawntreader enregistré en 1968 par Joni Mitchell sur son premier album studio « Song to a Seagul  » ne compte pas parmi les titres les plus connus de la chanteuse américaine. La comparaison entre les versions des deux chanteuses demeure à l’avantage de l’originale beaucoup plus sensible, même si l’accompagnement de Jamie Shaft se fait très discret. Sur le seul titre qui émarge quelque peu dans le répertoire jazz, Fools Rushing In de R. Bloom et J. Mercer, l’orchestre contribue à donner un côté lénifiant à cette chanson que même Sinatra n’avait pas pu gommer en 1940. 

On a particulièrement apprécié la reprise que Youn Sun Nah fait avec la guitare écorchée de Marc Ribot de Drifting, la ballade dont Jimi Hendrix avait gravé un premier jet mais qui fut publiée avec deux ajouts après sa mort en 1971 sur « The Cry of love » De même on a vibré lorsque Youn Sun Nah prend sa kalimba (piano à pouces) sur le titre traditionnel Black is The Color Of My True Love’s Hair. On a retrouvé les accents de fragilité et de puissance émotionnelle que sait prodiguer la chanteuse. Les notes posées avec parcimonie et sensibilité par la seule contrebasse respectent tout à fait ce climat intime.

A l’écoute de l’album « She Moves On » on oublierait presque que Youn Sun Nah est une improvisatrice émérite. En effet sur cet opus, les effets de l’orchestre sont soignés et la technique vocale de la chanteuse est mise au service d’une esthétique qui restitue avant tout la pureté et les mille nuances de sa voix ductile, souple et puissante. On aurait pourtant apprécié quelques interprétations plus toniques voire même les improvisations débridées auxquelles elle nous avait habituées sur scène. Sans doute cette forme d’expression spontanée et moins formelle convient-elle mieux aux concerts qu’au format discographique.

Un clip rapide pour écouter celle que l’on on a découvert en 2003 durant le Rhino Jazz(s) Festival dans la petite église de Pavezin. Le temps a passé et depuis, Youn Sun Nah a quasiment atteint le statut de diva du jazz.

 
On attend donc avec impatience d’écouter les scats ébouriffants de Youn Sun Nah lors des concerts à venir sur les scènes françaises, comme par exemple les 25 & 27 mai durant le festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances, le dimanche 09 juillet 2017 au Théâtre Antique de Vienne dans le cadre du festival « Jazz à Vienne » ou durant le festival « Jazz à Sète » le 17 juillet prochain.
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