ECM publie « After the Fall » du Keith Jarrett Trio

ECM publie « After the Fall » du Keith Jarrett Trio

La renaissance du phœnix

Le label ECM publie « After the Fall », un double album live du Keith Jarret Trio. Le concert donné en 1998 à Newark par Keith Jarret, Gary Peacock et Jack DeJohnette témoigne du très haut niveau d’excellence de la musique de ce trio légendaire.

Le Keith Jarrett Trio, aussi connu sous le nom de Standards Trio a enregistré de nombreux albums et parcouru les scènes jusqu’en 2015, année officielle de la dissolution du trio. « After The Fall » dont la sortie est annoncée pour le 02 mars 2018 permet d’écouter le trio en 1998 lors d’un concert qui marque le retour du pianiste sur scène, après deux ans d’une interruption imposée au pianiste pour raison de santé.

Le titre de l’opus, « After the Fall » (après la chute), laisse entendre qu’il s’agit réellement d’une renaissance pour Keith Jarrett qui reprend sa place derrière le clavier de son piano tel un phœnix entouré de ses fidèles compagnons le contrebassiste Gary Peacock et le batteur Jack DeJohnette.

Enregistré à Newark (New Jersey) le 14 novembre 1998 au New Jersey Performing Art Center, « After the Fall » Couverture de l'album "After The Fall" de Keith Jarrett Triorestitue une musique qui témoigne de l’enthousiasme et de la créativité retrouvés du pianiste sur douze reprises des grands standards du Great American Songbook.

Le premier disque ouvre avec The Masquerade Is Over de Herb Magidson et Allie Wrubel. Après une introduction très calme du pianiste durant deux minutes, le batteur accélère le rythme. Keith Jarret s’anime et la magie du trio opère durant quinze minutes. Sur Scrapple From the Apple de Charlie Parker on capte la connivence extrême qui existe entre Keith Jarrett et Jack DeJohnette sur ce thème de bop. Le premier disque se termine avec Autumn Leaves de Kosma où Gary Peacock offre un long solo de contrebasse.

Sur le second disque, le trio au meilleur de sa performance investit avec énergie et brillance Doxy de Sonny Rollins, Bouncin’ with Bud de Bud Powell et Moment’s Notice de John Coltrane. Gary Peacock brille sur One for Majid de Pete La Roca. Plein d’entrain, le trio interprète Santa Claus Is Coming To Town sur un rythme très tonique.

Le Keith Jarrett Trio joue deux ballades, Old Folks  et When I Fall In Love qui termine le second disque. On est saisi par le lyrisme de Keith Jarrett et par les nuances dont le trio fait preuve sur cette interprétation d’une rare sensibilité.

Vingt ans après son enregistrement, « After The Fall » illustre de manière exemplaire la créativité effervescente du légendaire Keith Jarret Trio. Fougueux et inspiré, Keith Jarrett enchante par son lyrisme et sa sensibilité.

Michel Portal présente « MP85 »

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Bill Frisell présente « Music IS », son prochain album solo

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Randonnée sur les cordes d’une guitare mélodiste

Géant de la guitare, Bill Frisell annonce pour le 16 mars 2018 la sortie de « Music IS ». Cet album solo de Bill Frisell constitue un véritable évènement pour tous les amateurs de jazz. De nouvelles compositions et des adaptations solo d’anciens titres de son répertoire. Une promenade onirique dans un monde où la mélodie est reine.

Celui qui est sans doute l’un des guitaristes les plus célèbres du jazz des trente dernières années avec Pat Metheny, John Scofield, Marc Ribot Mike Stern et le disparu John Abercrombie possède un style reconnaissable qui lui appartient en propre. Bill Frisell promène la douceur de son attaque et son expression teintée de sérénité dans le monde de la musique improvisée.Couverture de l'album "Music IS" du guitariste Bill Frisell

« Music IS » (Okeh Records/Sony Music Masterworks), album solo du guitariste Bill Frisell, sort après « Ghost Town » paru en 2000 chez Nonesuch et « Silent Comedy » produit en 2013 par John Zorn chez Tzadik.

Enregistré en août 2017 à Portland, en Oregon dans les studios Flora Recording and Playback du légendaire Tucker Martine et produit par son collaborateur de longue date, Lee Townsend, l’album « Music IS » propose un répertoire dont toutes les compositions ont été écrites par Bill Frisell.

« Music IS » présente le dialogue inspiré qu’entretient Bill Frisell avec sa guitare. Entre Bill Frisell et l’auditeur, juste la guitare et quelques pédales. Il s’agit d’un album solo avec des boucles et des chants superposés. Il se caractérise par une omniprésence de la mélodie, cet élément intrinsèque de l’ADN musical du guitariste.

Sur les seize plages de l’album Bill Frisell laisse émerger son monologue intérieur qu’il confie aux cordes de son instrument devenu une extension de lui-même. Quelques titres sont de purs solos, alors que sur d’autres plages le guitariste utilise ses pédales d’effets pour créer des superpositions et des boucles mais l’usage qu’il en fait ne constitue en rien un brouillage de son discours solo même si de douces sonorités flirtent avec d’autres plus métalliques.

On tombe sous le charme de nouvelles compositions. Change in the Air profilé comme une douce rêverie, Thankful aux sonorités psychédéliques et au climat nostalgique, le très interrogatif What Do You Want, Miss You, ballade mélancolique à souhait et Go Happy Lucky aux allures de blues tranquille.

Il est aussi fort plaisant de se laisser surprendre par des compositions considérées comme des classiques de Frisell, reprises en solo. Ron Carter, Pretty Stars, Monica Jane et The Pioneers. On retrouve aussi In Line et Rambler qui proviennent des deux premiers albums aux titres éponymes de Bill Frisell sortis chez ECM en 1983 pour le premier et 1985 pour le second.

Enfin, le guitariste offre deux versions de Rambler une composition de ses débuts. Après une première piste avec boucles et overdubs de six minutes trente-trois, la berceuse surgit à nouveau à la fin de « Music IS » en bonus track, dans une version plus courte et acoustique.

Sur « Music IS », le propos de Bill Frisell séduit par la sérénité sensible de ses mélodies, son toucher précis et son lyrisme empreint d’un romantisme un rien nostalgique avec des échos de country et de blues. Tel un poète américain sur sa guitare, Bill Frisell décline avec talent des mélodies souvent oniriques.

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Femi Kuti présente « One People One World »

Femi Kuti présente « One People One World »

Message de fraternité et musique flamboyante

Femi Kuti, fils de Fela Kuti, présente son dixième album. “One People One World” sort le 23 Février 2018. Le leader perpétue la tradition de l’Afrobeat et dispense un message d’espoir et de réconciliation mais son propos engage au combat. Un cri musical pour une Afrique unie et universelle.

Femi Kuti a enregistré “One People, One World” (Partisan/ Knitting Factory) en grande partie à Lagos au Nigeria avec son groupe Positive Force. Son fils Omorinmade Anikulapo - Kuti a contribué à de nombreuses chansons. En revenant aux racines africaines de la musique le leader trace plus profond encore le sillon de l’Afrobeat dont il enrichi la syntaxe.

En effet, aux élémeCouverture de l'album "One People One World de Femi Kutints essentiels de l’Afrobeat créé par Fela Kuti dans les années 70, musique traditionnelle du Niger, jazz et funk, Femi Kuti rajoute une pincée de reggae, des notes de highlife, un brin de soul, une touche de R & B, d’autres saveurs africaines et des effluves caribéennes et afro-américaines qui ajoutent de la profondeur et de la complexité aux arrangements mais surtout au-dessus de tout cela triomphe le son caractéristique de Femi Kuti.

C’est au Nigéria, dans les murs du Shrine, construit en souvenir de son père, qu’il fait vivre et évoluer sa musique en se confrontant toutes les semaines aux réactions de ses fans.

Porte-parole de l’UNICEF pour la défense des Droits des Enfants et défenseur de l’éducation comme arme contre la corruption et l’oppression, Femi Kuti demeure un leader reconnu qui inspire les Africains pour résister contre la corruption et le pouvoir de l’argent et aspirer ensemble à l’unité et à l’égalité pour tous.

“Quand vous regardez ce qui se passe en Afrique, en Europe et en Amérique, il est important de garder le rêve de l’unité en vie.” Femi Kuti

Femi Kuti

Femi Kuti© Optimus Dammy

One People, One World résonne comme un plaidoyer pour l’unité mondiale, avec un appel et une réponse entre la section de cuivres et la voix sincère de Femi Kuti. La guitare soukous ondulante d’Awomolo Opeyemi, la ligne de basse reggae d’Andrew Aghedo et la batterie crépitante d’Ayodele Alaba subliment ce titre.

L’album ouvre avec Africa Will be Great Again où la syncope issue de la Caraïbe et la mélodie venue d’Afrique font bon ménage. L’orgue déchirant du leader, les cuivres jubilants, la basse lancinante, la guitare entêtante stimulent la voix puissante qui s’élève pour dénoncer la corruption au-dessus du rythme obsédant des percussions qui mènent la danse

On aime le contraste entre Evil People qui transpire de l’énergie rutilante des cuivres et la « quasi » ballade The Way Our Lives Go teintée de R&B où le chœur des voix s’élève pour répondre à la prière formulée à voix douce par Femi Kuti en faveur de la paix.

Corruption Na Stealing émeut par sa rythmique obsédante déchirée par les riffs des cuivres, les pleurs de l’orgue et les chœurs qui reprennent le titre de la chanson en écho au chant désespéré du leader.

Sur Na Their Way Be That la mélodie du saxophone du leader s’élève d’abord au-dessus du riff de la guitare congolaise et des percussions avant que les cuivres n’entrainent le morceau dans une danse ondulante menée par la voix de Femi Kuti et les chœurs flottant sur le tempo lancinant jusqu’au retour de la lamentation du saxophone.

“One People One World” engage à la paix, la réconciliation et la fraternité sans pour autant abandonner la dimension combative du discours. Rutilante d’énergie la musique enivrante est portée par les riffs puissants des cuivres, la prière de l’orgue soul, les lignes hypnotiques de la guitare soukous, les chœurs puissants, la ligne de basse obsédante et surtout la voix du leader et celles de ses instruments aux mélodies incandescentes.

Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

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Lewis Porter sort « Beauty & Mystery »

Lewis Porter sort « Beauty & Mystery »

Excellence d’une musique fondée sur l’exigence

Sur « Beauty & Mystery », son quatrième opus comme leader, le pianiste new-yorkais Lewis Porter invite John Patitucci à la contrebasse et Terri Lyne Carrington à la batterie ainsi que la saxophoniste Tia Fuller qui est conviée sur deux pistes. Ancré dans l’exigence du beau, cet album dégage un charme mystérieux qui contribue à son excellence.

« The most beautiful thing we can experience is the mysterious »

Cette citation du grand physicien Albert Einstein figure en préambule du livret de « Beauty & Mystery ». C’est en gardant à l’esprit cette idée posée comme principe que Lewis Porter conçoit l’album. Couverture de l'album "Beauty & Mystery" de Lewis PorterEn définitive cela permet au pianiste de réaliser un disque abouti. En effet les dix pistes de « Beauty & Mystery » (Altrisuoni) ne se contentent pas d’être belles, elles cultivent un rien de mystère qui leur octroie encore plus de profondeur.

Dans les faits, c’est sans doute en suivant ce même axe que Lewis Porter a inscrit sa carrière car il est devenu un musicien respecté tant pour sa stature d’universitaire érudit que pour celle de compositeur émérite et de pianiste accompli. Il a joué avec Dave Liebman, Joe Lovano, Wycliffe Gordon, Ravi Coltrane, Marc Ribot et de nombreux autres et a écrit « John Coltrane : sa vie, sa musique » publié aux éditions Outre Mesure en 2007.

Sur « Beauty & Mystery » sorti le 16 février 2018 chez Altrisuoni, le pianiste Lewis Porter réunit un groupe à la mesure de ses ambitions. Il a en effet à ses côtés John Patitucci à la contrebasse et Terri Lyne Carrington à la batterie. C’est d’ailleurs la première fois que ces deux vieux amis enregistrent ensemble un album de jazz acoustique. La participation de la saxophoniste Tia Fuller invitée sur deux pistes (avec l’autorisation du label Mack Avenue) complète la distribution 

Avec ce groupe prestigieux le pianiste conduit sa musique dans des paysages coltraniens et s’aventure aussi sur d’autres pistes qu’il se plait à explorer dans le jazz. L’album a été enregistré le 25 septembre 2017 par Mike Marciano dans les studios de Systems Two de Brooklyn à New-York. Hormis Bye Bye Blackbird de R. Hendersen, People Get Ready de Curtis Mayfield et 1919 de Ted Chubb arrangés par Lewis Porter les sept autres compositions sont à porter au crédit du pianiste.

Les reprises enregistrées par le trio enchantent.

Le trio interprète avec une tendre nonchalance la douce ballade 1919 composée par le trompettiste Ted Chubb. On ne se lasse pas des improvisations successives qui émaillent le célèbre Bye Bye Blackbird de R. Henderson. Sur People Get Ready de Curtis Mayfield, Lewis Porter et John Patittuci devisent avec élégance et le chorus du contrebassiste vibre d’une profondeur émouvante.

L’ensemble des titres du pianiste permet de prendre la mesure de son talent de compositeur et de la variété des styles qu’il embrasse.

« Beauty & Mystery » commence et se termine avec deux compositions de Lewis Porter. Prologue ouvre l’album avec un superbe solo romantique de Lewis Porter inspiré par les premières notes de la Symphonie n° 2 de Jean Sibelius et Day is Done, tendre valse éthérée aux accents lyriques, boucle l’album avec un au-revoir pacifié.

Sur un réarrangement du Cherokee de Ray Noble intitulé Chasing Lines, le groupe réalise une prise qui interpelle. Le piano improvise sur une ligne de basse confondante de justesse et de vélocité alors que la batterie assure le tempo sans rien lâcher mais avec le savoir-faire tout en légèreté de Terri Lyne Carrington. Dazzling Raga mélange avec bonheur raga et jazz.

Trois autres morceaux composés par Lewis Porter rendent hommage à l’univers de John Coltrane. Birthplace lui est dédicacé, Blues for Trane and McCoy adresse un clin d’oeil aux deux complices musicaux que furent le saxophoniste John (Col)Trane et le pianiste McCoy (Tyner) et enfin le morceau From Giovanni to Jimmy écrit pour honorer une des idoles de Coltrane, le contrebassiste Jimmy Garrison avec au passage un rappel aux racines de John Patitucci via l’utilisation de son prénom traduit en italien.

Sur Birthplace aux motifs rythmiques saccadés, la sonorité tranchante et acide du saxophone soprano de Tia Fuller évoque celle de Coltrane. Sur Blues pour Trane and McCoy les échanges tendus du pianiste et du saxophoniste rappellent ceux qui firent la gloire du duo Coltrane-Tyner. Après une longue introduction de la contrebasse, From Giovanni to Jimmy est l’occasion pour John Pattitucci d’exposer toute l’étendue de son art comme une dédicace respectueuse adressée à Jimmy Garrison.

Accéder à la beauté de l’album de Lewis Porter est chose aisée. Il suffit  de laisser tourner les dix plages de cet album qui lève sans pudeur le voile sur son mystère. Cette musique exigeante délivre son excellence qui se savoure avec un plaisir infini.

Michel Portal présente « MP85 »

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Pierrick Pedron sort « Fifty/Fifty (1) New York Sessions »

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Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

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Carmen Souza revient avec « Creology »

Carmen Souza revient avec « Creology »

Un pont entre musique créole capverdienne et jazz

La chanteuse portugaise Carmen Souza revient avec « Creology ». Avec le bassiste Théo Pascal elle propose des chansons mêlant musique créole capverdienne et jazz. L’album dépasse la nostalgie liée à ses racines et vibre d’une chaleur un rien espiègle.

Sur son huitième album, « Creology » (Galileo/Pias) annoncé en France pour le 23 février 2018, Carmen Souza est toujours accompagnée, quatorze années après, par Théo Pascal son co-compositeur, co-réalisateur, bassiste et ami. Cette fois les deux complices plongent dans leurs racines et explorent  la musique créole capverdienne.Couverture de l'album "Creology" de Carmen Souza

Avec une grande liberté les deux musiciens mélangent les éléments culturels traditionnels de leur héritage avec d’autres plus modernes comme le jazz. Ce faisant, ils consolident leur identité musicale qui éclate sur les douze plages de « Creology ».

Fille du Cap Vert, Carmen Souza est issue d’un héritage directement lié à l’esclavage créole, tandis que Theo Pascal est le fils d’un pasteur baptiste portugais dont la mission, dans les années 70, était d’aider les Africains en fuite après le processus de décolonisation et la révolution portugaise. Cet album intègre donc des éléments issus de cette Afrique que tous deux connaissent.

Loin de s’attacher à la dimension linguistique, « Creology » restitue un paysage musical fondé sur les racines créoles capverdiennes. Douze chansons basées sur cette musique qui a voyagé pendant des siècles via les esclaves à travers les continents. La voix à la fois solaire et espiègle de la chanteuse prend quelquefois des accents rugueux ou acidulés. Elle réchauffe les douze titres de cet opus dont les rythmes évoquent le  Portugal, le Cap-Vert, le Mozambique, l’Angola, le Brésil, Cuba et la Nouvelle-Orléans.

Sur « Creology », on voyage à travers les rythmes profondément ancrés dans la culture capverdienne, comme le batuque, le funana, le semba, le qui-lapanga, le marrabenta, les sons afro-brésiliens et cubains sans omettre le jazz de la Nouvelle-Orléans.

On retrouve dix chansons originales écrites par Carmen Souza et composées par Théo Pascal, ainsi que deux reprises. Pretty Eyes du pianiste Horace Silver d’origine capverdienne auquel la musicienne attribue une grande partie de son inspiration et Upa Neguinho d’Edu Lobo. Sur ce titre la chanteuse s’accompagne au piano. Elle se montre facétieuse et mutine, et donne à entendre l’étendue de son talent.

L’album a été enregistré entre Londres et Lisbonne, en trio avec Carmen Souza (voix, piano et guitare), Théo Pascal et leur batteur-percussionniste de longue date, Elias Kacomanolis du Mozambique et une invitée, Zoe Pascal, à la batterie sur trois morceaux, Mon di Deus, Kem ka tem Cabeca et Creology.

Sur l’album « Creology » Carmen Souza et Théo Pascal valorisent la dimension joyeuse des musiques créoles capverdiennes. Servie par une solide rythmique, la chanteuse libère sa voix malicieuse et donne libre cours à son chant singulier. Une musique pétillante et chaleureuse.

 
Pour écouter Carmen Souza, Theo Pascal et Elias Kacomanolis en concert, rendez-vous le 06 avril 2018 à Paris, au Sunside à 20h30.
Michel Portal présente « MP85 »

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Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

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Sons of Kemet annonce « Your Queen is a Reptile »

Sons of Kemet annonce « Your Queen is a Reptile »

Musique forte et envoutante entre jazz et hip-hop

Shabaka Hutchings, saxophoniste et leader de « Sons of Kemet », s’apprête à sortir son troisième album sur le mythique label Impulse! Sur « Your Queen is a Reptile », le groupe se joue des styles pour explorer l’identité de la diaspora caribéenne installée au Royaume-Uni. Un manifeste à la gloire des Reines qui ont lutté contre les oppressions.

Après « Burn » et « Lest We Forget What We Came Here To Do » parus respectivement en 2013 et 2015 chez Naim Jazz Records, « Sons of Kemet » annonce la sortie prochaine de « Your Queen is a Reptile », son troisième album à paraître le 06 avril 2018 sur le célèbre label Impulse! avec lequel le leader Le saxophoniste Shabaka HutchingsShabaka Hutchings a signé un contrat.

Star montante de la nouvelle scène du jazz londonien, le saxophoniste Shabaka Hutchings qui a grandi à la Barbade s’est fait remarquer par la diversité et la richesse de ses projets. On le connait  en effet avec son trio électro-jazz « The Comet Is Coming », au sein de son projet sud-africain « Shabaka and The Ancestors » et aussi avec son quartet atypique « Sons of Kemet » qui réunit autour de son saxophone ténor un tuba et deux batteries.

Aujourd’hui c’est avec le tubiste Theon Cross et les deux batteurs Tom Skinner et Seb Rochford que le saxophoniste et compositeur Shabaka Hutchings continue à explorer ses racines caribéennes. C’est avec eux qu’il a enregistré « Your Queen is a Reptile ». Ce nouvel album enregistré à Londres bénéficie en outre de la contribution d’artistes venant des quatre coins de la scène musicale britannique comme la légende de la jungle Congo Natty ou le poète Joshua Idehen.

Musicalement « Your Queen is a Reptile » emprunte à la Nouvelle-Orléans, à Londres, aux Caraïbes et au Moyen-Orient mais l’influence de la diaspora caribéenne constitue toutefois son véritable fil rouge. Des éléments de rap, de spoken word ou de dub mettent en évidence les liens étroits qui unissent jazz et hip hop.

Les neuf titres de « Your Queen is a Reptile » forment un véritable manifeste musical qui dénonce l’injustice de la monarchie britannique, de son système politique oppressif légitimant les inégalités sociales et la discrimination raciale.

Shabaka Hutchings refuse le système inégalitaire incarné par la Reine d’Angleterre, propose une alternative en célébrant d’autres Reines dont il fait les louages : « Nos reines à nous imposaient leur autorité par leurs actions, elles donnaient l’exemple et savaient écouter. D’un passé marqué par la cruauté et l’injustice, nos reines ont su donner naissance à un avenir radieux ».

Sur « Your Queen is a Reptile » le groupe « Sons of Kemet » dialogue avec les femmes qui les inspirent. Chacun des neuf titres est dédicacé à une « Reine Noire ». Certaines ont de l’importance aux yeux du groupe, la plupart sont des femmes historiquement fameuses, des dirigeantes de mouvements de résistance ou anti-impérialistes.

My Queen is… Mamie Phipps Clark qui a obtenu un doctorat en psychologie à l’Université de Columbia et a travaillé au Northside Center for Child Development, premier centre à offrir des conseils psychologiques pour les enfants à Harlem. Harriet Tubman qui a marqué l’histoire de la ségrégation aux Etats-Unis. Esclave, elle est devenue militante et a combattu au sein de l’Underground Railroad pour l’abolition de l’esclavage durant la guerre de Sécession. Son portrait devrait figurer sur le recto des billets de 20 dollars américains à partir de 2020.Couverture de l'album "Your Queen is a Reptile" du groupe Sons of Kemet du saxophoniste Shabaka Hutchings

My Queen is… Anna Julia Cooper Haywood, écrivaine, enseignante, éducatrice qui est l’une des plus éminentes femmes afro-américaines des États-Unis d’Amérique. Elle a mis en avant des théories modernes sur le féminisme et l’éducation. Angela Davis, la militante des droits civiques afro-américaine qui est connue pour son activisme au sein du Parti des Panthères Noires.

My Queen is… Yaa Asantewaa, la « Reine Mère d’Ejisu” dans l’Empire Ashanti (Ghana actuel) qui a conduit une rébellion contre la colonisation  des Anglais. Albertina Sisulu, amie de Nelson Mandela qui a milité en Afrique du Sud contre l’apartheid et pour le droit des femmes et celui des enfants.

My Queen is… Nanny of The Maroons, héroïne nationale de la Jamaïque qui est une icône de la résistance contre l’esclavage sur l’île de la Jamaïque. C’est sans doute à elle qu’est dédié le morceau le plus lyrique et le plus sensible de l’album.

L’éclectisme musical du groupe explore la complexité des rythmes issus de l’afro-beat auxquels se mêlent des ondes savoureuses issues des Caraïbes. un mélange de dub et de rythmes qui empruntent à l’electronica, sans oublier le groove venu de la Nouvelle-Orléans. « Your Queen is a Reptile », une musique hypnotique et envoûtante où affleure la transe.

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Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Stéphanie Lemoine signe « Love leaves traces »

Avec « Love leaves traces », son deuxième album, la chanteuse, auteure et compositrice, Stéphanie Lemoine navigue entre nu-jazz, pop, folk et soul. Son univers éclectique explore des espaces poétiques où son chant aérien alterne entre français et anglais. Un voyage musical sans frontières entre les genres.

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