Dans son neuvième album « The Silver Messengers », Carmen Souza célèbre le pianiste Horace Silver disparu il y a cinq ans. Avec son indéfectible complice, le bassiste Theo Pascal, la chanteuse aux origines cap-verdiennes rend hommage au pionner du hard-bop. Elle reprend des titres du répertoire de son aîné auxquels s’ajoutent deux morceaux originaux. Le jazz pimenté de résonances créoles du Cap-Vert envoûte et séduit. Une belle réussite !
« Dreamers » par le quartet de Sébastien Texier
Sébastien Texier et ses « Dreamers » échappent à la pesanteur
Dans son nouvel album « Dreamers » paru le 01 avril chez Cristal Records/Harmonia Mundi, Sébastien Texier fait le choix d’une formation qui laisse libre cours à son imagination.
Dans l’opus « Dreamers », le rêve existe comme un lien, un fil qui relie les nouvelles compositions. Dans notre monde contemporain, il est difficile de rêver, de s’évader… et Sébastien Texier (saxophone alto, clarinettes) a voulu réunir autour de lui des compagnons qui sont à la fois des musiciens et des rêveurs, de vrais « dreamers », Olivier Caudron à l’orgue Hammond B3, Pierre Durand à la guitare électrique et Guillaume Dommartin à la batterie.
Ces quatre musiciens complices évoluent en osmose. Au centre du nouvel opus de Sébastien Texier la mélodie permet à chaque soliste de s’exprimer en toute liberté.
Les rêves se suivent et les « dreamers » interprètent différents climats de rêves. Au fil des huit titres de l’album, les musiciens nous engagent à l’évasion et nous invitent à les rejoindre dans leurs mondes aux couleurs accueillantes.
C’est une Nouvelle-Orléans dynamique qui ouvre le disque avec « Let’s Roll ». Les titres se suivent et nous transportent. L’amitié est dessinée dans « Frienship », la solidarité habite l’hymne recueilli de « Silent March », la douceur se projette dans les lignes de « Smooth Skin », la partition de Crest Waves » surfe sur l’équilibre, comme un rêve, « Dreaming with Ornette » s’élève vers Ornette (Coleman), les paysages paradisiaques imprègnent « Cape Cod ». L’atmosphère planante de « Dreamers », résonne comme un dernier écho de leurs atmos-rêves. Hormis « Cape Cod » écrit par Olivier Caudron, toutes les autres compositions sont de Sébastien Texier.
Let’s dream ! ….. sans aucune arrière pensée.
Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »
Retour de Gregory Porter avec « Revival »
Le 17 janvier 2020 marque le retour de Gregory Porter avec « Revival », son nouveau single paru chez Decca/Blue Note. Cette bonne nouvelle en cache une autre et pas des moindres, puisque ce single annonce la sortie du sixième album studio du chanteur, « All Rise », attendu pour le 17 avril 2020.
Grégory Privat revient avec « Soley »
Trois ans après « Family Tree », le pianiste Grégory Privat revient en trio avec Chris Jennings et Tilo Bertholo. Son album « Soley » est comme irradié de la lumière de l’étoile solaire. Chargé d’énergie, l’album navigue sans frontières entre jazz, musiques caribéennes, électroniques et chant. La musique invite à l’optimisme et à l’espérance.
Dans cet opus « Inspiration Baroque » par l’Ensemble Amarillis et Louis Sclavis, deux trios coexistent. Le trio baroque Amaryllis, Héloïse Gaillard (flûtes à bec et hautbois baroque), Annabelle Luis (violoncelle baroque) et Violaine Cochard (clavecin). Le trio jazz, Louis Sclavis (clarinettes), Matthieu Metger (saxophones) et Jean-Philippe Feiss (violoncelle). Les deux formations mettent en résonance des œuvres de l’époque baroque et des compositions de Jazz européen de Louis Sclavis et Matthieu Metzger.
L’enchaînement des morceaux concourt à mettre en évidence les points communs qui existent entre les syntaxes de cesdeux musiques. Lors du passage d’un morceau à un autre, point vraiment de démarcation mais plutôt des ponts, des similitudes, des liens même. Les musiciens en toute liberté inventent et croisent sons et partitions, alternent rythmes et fantaisies, inventent des mots nouveaux.
Après « Water » (2010) et « Be good » (2012) et le succès phénoménal de « Liquid Spirit », son premier disque sur Blue Note en 2013, Gregory Porter est retourné en studio à New-York pour réaliser « Take me to The Alley » (Blue Note/Universal), toujours avec le soutien de son fidèle producteur Kamau Kenyatta. Il a enregistré avec le noyau dur de son groupe, le pianiste et directeur musical Chip Crawford, le bassiste Aaron James, le batteur Emmanuel Harrold, le saxophoniste alto Yosuke Sato et le saxophoniste ténor Tivon Pennicott. Le disque bénéficie également des participations de la chanteuse Alicia Olatuja, du trompettiste Keyon Harrold et de l’organiste Ondrel Pivec.
désenchanté comme le fut celui de James Dean. Après une période de vie ravagée par les excès et les addictions, il a repris une seconde carrière de 1975 à sa mort tragique en 1988. S’il n’était plus physiquement le même, sa musique aussi s’était transformée. Chargée d’émotion, elle restituait, ses questionnements, ses errances, sa quête. Son souffle et sa voix nous bouleversaient. Sa musique devenait l’incarnation même de la nostalgie. Ses notes bleues ponctuaient le silence dont il se jouait. Le souffle devenait soupir, la voix se brisait. Son visage crépusculaire et parcheminé, évoquait celui d’un indien qui aurait parcouru les sentiers d’une guerre qu’il livrait avec lui-même. Autour de Chet la légende prenait forme.
Le contrebassiste
L’album ouvre avec Muhammad’s Market aux résonnances coltraniennes irradiées de soleil sur laquelle Horace Silver aurait greffé son empreinte rythmique. Bien après son écoute, la mélodie nous revient en mémoire. Intenses et énergiques avec des accents « sauvages », Afrik et New Yemenite Song sont des titres phares où la virtuosité, le rythme et la mélodie se disputent la prééminence. Avec Three four sur un tempo de valse en 3/4 nous réserve des surprises. Le groupe fait un pas du côté vers un jazz plus à la tonalité plus soul où encore une fois s’affirment les talents de mélodistes des solistes. Le morceau gagne en épaisseur sur les 8’35 de son développement.