Avec « Wild Beasts », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et ses trois complices proposent un safari-jazz aux accents félins. Huit tableaux musicaux expressifs constituent les étapes de ce voyage. Par ses audaces, la musique charpentée évoque la liberté de la faune sauvage et comme elle, ne s’embarrasse guère des contraintes. Un jazz ensauvagé paré d’une poésie coloriste.
Kandace Springs intègre le légendaire label Blue Note
« Soul Eyes », l’album Blue Note de Kandace Springs
Le Label Blue Note accueille Kandace Springs, une nouvelle chanteuse-pianiste. Annoncé pour le 30 septembre, son premier album porte le nom du standard de Mal Waldron, « Soul Eyes ». C’est plutôt un bon présage et on se réjouit de découvrir cette nouvelle voix.
La venue d’une nouvelle artiste attire d’autant plus l’attention qu’elle revendique l’influence de grandes chanteuse de jazz. En effet, Kandace Springs, pianiste, chanteuse et songwriter de 27 ans installée à Nashville revendique clairement l’influence d’artistes de jazz telles que Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Roberta Flack et Norah Jones.
En 2014, la chanteuse était plutôt orientée R&B/hiphop, idiome dans lequel elle obtenait alors un franc succès. Malgré cela Kandace Springs se remet en question et souhaite trouver une autre direction musicale. C’est dans cet intervalle qu’elle attire l’attention de Prince qui l’invite à se produire avec lui lors d’un concert donné pour le 30ème anniversaire de « Purple Rain ». L’honneur est grand et Prince l’encourage à persévérer et à trouver son propre son.
« Soul Eyes » un album qui chante l’amour. Un délicat voile nimbe le chant de Kandace Springs d’une aura magique qui devrait toucher le cœur d’un large public. Son chant teinté de nostalgie se promène entre une soul très cool et un chant jazzy nocturne.
Pour enregistrer l’album « Soul Eyes » la chanteuse retrouve les producteurs, Carl Sturken et Evan Rogers avec lesquels elle a déjà travaillé mais elle se rapproche du célèbre producteur Larry Klein dont on sait qu’il a été en proximité de Melody Gardot, Lizz Wright et Joni Mitchell.

Kandace Springs©Mathieu Bitton
Sur l’album « Soul Eyes », Kandace Springs assure le chant et les parties de piano. Elle est accompagnée des guitaristes Dean Parks et Jesse Harris, de l’organiste Pete Kuzma, du bassiste Dan Lutz, du batteur Vinnie Colaiuta et du percussionniste Pete Lorpela. Terence Blanchard la rejoint sur deux morceaux dont le titre éponyme et Too Long to Last à l’ambiance torride où le trompettiste délivre un solo déchirant.
Le père de Kandace Springs était chanteur à Nashville et ainsi la musique a très tôt fait partie de l’environnement de la jeune-femme. Elle apprend le piano à10 ans mais la passion de la chanteuse pour la musique remonte vraiment à l’écoute du premier album de Norah Jones, « Come Away With Me » que lui offre un ami de son père en 2002. Elle tombe sous le charme du titre The Nearness of You qui devient en quelque sorte un repère marquant pour sa personnalité musicale. C’est d’ailleurs ce titre qu’elle chante lors de concerts à Nashville. Ceux qui ont découvert Rihanna, les producteurs Carl Sturken et Evan Rogers la repèrent alors et lui proposent de signer avec leur maison de production mais à 17 ans Kandace Springs temporise et continue à chanter à Nashville.

Kandace Springs©Mathieu Bitton
Quelques années plus tard, après avoir hésité à entrer dans une école de design automobile, la jeune-femme recontacte les producteurs. Elle rejoint New-York et travaille d’arrache-pied jusqu’à obtenir une audition avec le président de Blue Note, Don Was qui tombe sous le charme de son interprétation de I Can’t Make you love me de Bonnie Rait. Aujourd’hui Kandace Springs appartient à l’écurie « Blue Note » et met un pied dans le monde du jazz.
Sur le CD « Soul Eyes » la chanteuse Kandace Springs interprète le standard de Mal Waldron qui donne son nom à l’album. Elle a aussi choisi deux titres écrits par le guitariste Jesse Harris, Talk to Me et Neither Old Nor Young. Elle reprend par ailleurs deux chansons de Shelby Lynne, Thought it Would Be Easier et Leavin’. La chanteuse intègre quelques influences funk en incluant The World is a Ghetto dont elle donne une interprétation souple et chaleureuse. Elle a co-écrit avec Carl Sturken et Evan Rogers la ballade Fall Guy et Novocaine Heart. On préfère le tempo plus tonique du second titre à l’ambiance quasiment sirupeuse du premier.
C’est Rain Falling qui termine l’album. Kandace Springs interprète seule piano-voix, ce titre de sa composition. Cette ballade nostalgique et soignée se détache de la couleur globale de l’album et laisse augurer une possible incursion de la chanteuse dans un monde musical où le blues et le jazz seraient invités plus largement comme sur le clip où elle interprète « Soul Eyes » seule au chant et au piano
Jean-Marc Foltz présente « Wild Beasts »
Pierre de Bethmann Trio présente « Essais/Volume 3 »
Dans une approche très personnelle, Pierre de Bethmann Trio persiste depuis plus de six ans à explorer des compositions inscrites au patrimoine musical collectif. Après deux premiers albums, le pianiste Pierre de Bethmann, le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson présentent « Essais/Volume 3 » annoncé pour le 21 février 2020. Sans œillères ni dogmatisme, le trio exerce avec brio son talent dans l’art de la reprise.
Clin d’œil à Rosario Giuliani & « Love In Translation »
Le saxophoniste italien Rosario Giuliani présente « Love In Translation », un album qui scelle son retour sous le label Jando Music/Via Veneto Jazz. Il retrouve pour l’occasion le vibraphoniste américain Joe Locke avec lequel il a engagé une collaboration débutée il y a 20 ans à Umbria Jazz. Servi par une rythmique subtile et efficace, le duo célèbre l’amour avec chaleur et lyrisme. L’opus à l’esthétique soignée navigue entre tendresse et mélancolie. Gorgée de sensibilité et d’émotion, la musique enchante.
L’album « Les Nébuleuses » (jazz&people/Harmonia Mundi) est sorti le 23 septembre sous le label de jazz participatif français jazz&people. Il s’agit du nouveau projet du flutiste, compositeur et arrangeur Christophe Dal Sasso inspiré cette fois par le phénomène astronomique des nébuleuses. C’est le même label participatif qui avait soutenu le précédent projet de Christophe Dal Sasso et Lionel Belmondo « John Coltrane : A Love Supreme » paru en 2014. Dave Liebman avait alors apporté sa participation lors de concerts inoubliables.
« 1time ». Comment énoncer et comprendre le titre de l’album ? « Intime » ou « One time » ? Libre à chacun. En tout cas on ne peut l’écouter one time seulement car cet opus est comme un piège. On vient vite à l’écouter plus encore pour en découvrir tous les sens, pour en explorer tous les rythmes et pénétrer dans le monde d’André Minvielle.
Dans le morceau Présentation, André Minvielle teste la nouvelle compagne de son intime, la main-vielle à roue fabriquée sur mesure par Jacques Grandchamp pour accompagner son chant. Dans cet album, il choisit de convier une bande de musiciens complices.
Sur Nino, André Minvielle convoque « Journal Intime » et « Ti’bal Tribal » composé de sa fille cadette Juliette Minvielle voix/piano, du saxophoniste Illyes Ferfera et du bassiste Fernand « Nino Ferrer pour un rythm’ & blues funky comme une ode à St Cop. La pulsation du morceau n’a rien à envier aux meilleurs orchestres de funk.
Après avoir explosé les conventions du jazz avec « The Electric Epic » qui lui avait valu d’être remarqué par John Zorn et d’enregistrer en 2009 sous le label Tzadic, Guillaume Perret a contribué à révolutionner les repères du jazz. Son ouverture d’esprit l’a conduit alors à explorer d’autres horizons musicaux et à pratiquer une musique hors normes, la fusion de tous les styles qui l’ont influencé. De cela témoigne l’album « Open me » sorti en 2014.


Guillaume Perret pare deux titres de lumière et les dédie à son fils. Susu, une boucle hypnotique qui n’en finit pas de tourner et En Good aux allures d’un calypso enchanteur que n’aurait pas renié Sonny Rollins.
Les pieds dans la terre de ses ancêtres et la tête dans la modernité, Juan Carmona voue son art au flamenco. Son nouvel album « Perla de Oriente » (Nomades Kultur/L’autre Distribution) est à son image, insaisissable et intemporel. Le guitariste inscrit sa musique dans les pas de Paco de Lucia à qui il rend d’ailleurs hommage avec cet album.
Ce onzième opus teinté de reflets orientaux restitue le langage tout à fait personnel de Juan Carmona, celui qu’on avait aimé dans « Alchemya » et « Sinfonia Flamenca ». Dans ces enregistrements réalisés en studio dans les conditions du live, on perçoit la véracité de la création spontanée, les accents de sincérité de l’instantané, la complicité et la connivence qui lient les musiciens. Autour de Juan Carmona sont réunis Domingo Patricio aux flûte, pad et claviers, Bandolero aux percussions, El Bachi à la basse, Paco Carmona à la seconde guitare flamenca. El Piculabe assure le cante traditionnel flamenco et les pieds du danseur Sergio Aranda s’associent aux palmas assurés par Huanares alors que Noemie Humanes qui assure les chœurs. Le guitariste a invité de nouveaux venus dans son équipe. Thomas Bramerie à la contrebasse, Alex Ouemba à la batterie et Levon Minassian au duduk dont la présence constitue un atout indéniable.
Dédié à Damas et entièrement enregistré dans le mythique studio de Sear Sound à New-York, l’album « Diwan of Beauty & Odd » (OKeh/Sony) sorti le 16 septembre, propose treize poèmes musicaux. Une plongée sonore dans un monde céleste où Dhafer Youssef invite un orchestre de jazz à sa mesure. A ses côtés, la fine fleur du jazz new-yorkais. Le pianiste Aaron Parks, le trompettiste Ambrose Akinmusire, le contrebassiste Ben Williams et le batteur Mark Guiliana. Il s’agit du premier album que l’artiste enregistre entièrement avec un groupe de musiciens américains.
Certes cet album est plus enraciné dans le jazz que « Birds Requiem » mais on retrouve les chants traditionnels soufis, ses mélodies aériennes et les envols saisissants de la voix de Dhafer Youssef. La brillance des performances vocales de l’artiste coexiste avec une forte portée émotionnelle.