Le pianiste Emmanuel Borghi dévoile un superbe album qui porte bien son nom, « Secret Beauty ». S’il convient de préserver la beauté de cette œuvre il est essentiel de lever le secret sur cet album à partager sans limite. Puissent les portes de ce rêve enchanteur et serein s’ouvrir largement pour libérer sa musique pacifiée.
Neil Cowley et l’album « Spacebound Apes »
« Spacebound Apes », un album sidéral et sidérant
Le pianiste anglais Neil Cowley revient avec « Spacebound Apes », un album-concept réalisé en studio sur son propre label. La bande son originale de l’histoire magique de Lincoln. Une promenade spatiale dans des atmosphères émotionnelles surprenantes.
depuis longtemps Neil Cowley a fait sa place dans le monde de la musique. S’il a commencé par la musique classique, il a tôt fait de l’abandonner pour se tourner vers le rock puis le jazz. Ses talents de claviériste et de producteur sont appréciés de groupes avec lesquels il travaille (« The Brand New Heavies », « Zero 7 »). Après un essai en duo, il monte un groupe en trio avec le contrebassiste Richard Sadler et le batteur Evan Jenkins Ainsi est né le Neil Cowley Trio qui flirte avec le jazz et le rock sans pour cela faire du jazz-rock. Le trio sort deux albums en trio, « Displaced » en 2007 puis « Loud…Louder…Stop » en 2008. « Radio Silence » paraît en 2010. En 2012, Rex Horan remplace Richard Sadler et la même année le nouveau Neil Cowley trio sort « The Face of Mount Molehill » puis « Touch and Flee » en 2014.
Le jazz du trio est un jazz singulier qui n’est pas sans évoquer l’énergie du groupe « Bad Plus ». Le trio de Neil Cowley construit une musique dynamique qui émerge vraiment du collectif et ne doit rien à la virtuosité. Le trio crée des ambiances et des textures aux allures changeantes. Il utilise des riffs répétitifs pour créer des tensions et des atmosphères qui ne cessent d’évoluer. Des rythmiques complexes sous-tendent des mélodies très simples habilement répétées. Sur l’album « Spacebound Apes », la musique du trio conserve ses caractéristiques singulières mais cette fois Neil Cowley, Rex Horan et Evan Jenkins mettent en scène la bande originale de l’histoire de Lincoln dont on peut lire le « journal ».
Au gré des plages de « Spacebound Apes » on ressent des accélérations et des décélérations. On vogue de planète en planète au gré de rythmes entêtants. On plane en apesanteur dans des galaxies inconnues dont le magnétisme bouleverse nos repères. Un voyage intergalactique qui décoiffe.
L’écoute du disque est en effet sidérante, on ne peut décrocher. On se laisse porter au fil de l’aventure musicale pour découvrir les couleurs des planètes sonores de l’album. Après le premier titre Weightless, on flotte quasiment en apesanteur comme suspendu en attente du titre suivant, Hubris Major au climat presque pop. L’atmosphère se tend jusqu’à devenir martiale dans Governance qui nous conduit aux portes de The City And The Stars où se déchaîne un rock pulsatile.
Après un paroxysme d’énergie adviennent les vibrations salvatrices de Grace …
A l’écoute du titre Echo Nebula on accède alors au monde des nébuleuses et on se sent de nouveau flotter. On plane dans une atmosphère aux couleurs irisées mais voilà qu’approchent de nouvelles planètes dont les dangers menacent. Regain d’énergie rock avec le titre The Sharks of Competition. Pour Lincoln le temps s’écoule mais il reste encore beaucoup à faire, Duty to The Last, pour accéder à l’amour dans un lieu privilégié et prometteur, Garden of Love. L’album touche à sa fin et le titre The return of Lincoln annonce le retour dans une galaxie plus apaisée. Le voyage intersidéral est terminé.
On dit d’un astéroïde qu’il peut bouleverser la vie d’une planète. Il n’est pas exclu que « Spacebound Apes », le nouvel album concept de Neil Cowley soit l’astéroïde qui explose le paysage du jazz en 2016.
« Spacebound Apes », un bon moyen pour changer de galaxie. Avec cet album magnétique et envoûtant on décolle et on découvre les confins d’un jazz décomplexé et débarrassé de ses discours habituels.
Emmanuel Borghi dévoile « Secret Beauty »
Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL
Avec l’album « Sauvage Formes » l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL propose une musique ludique et libérée qui embrase les huit pistes du CD. Un trésor à faire résonner tous azimuts pour stimuler les tiédeurs bien-pensantes, dynamiter les faux-semblants et rendre jaloux les pseuso-novateurs.
Festival Django Reinhardt 2018
Le Festival Django Reinhardt fête le 50ème anniversaire de sa création dans le parc du Château de Fontainebleau. Du 05 au 08 juillet 2018, des stars du jazz… George Benson, Biréli Lagrène, Marcus Miller, Hugh Coltman, Shabaka Hutchings… les Snarky Puppy. Avec une ouverture le 30 juin 2018 à Samois-sur-Seine avec des représentants du jazz manouche
En fait, en envisageant de « jouer le moins de notes possibles et juste les bonnes » sur deux fois 88 touches de piano, les deux musiciens se sont vraiment attaqués à une énigme (riddles en anglais). En effet il est toujours tentant pour un pianiste de bavarder sur un clavier et cela s’aggrave lorsque deux pianistes se retrouvent face à face. Forts de leurs expériences passées, Ray Lema et Laurent de Wilde ont résolu l’équation et leur credo a pris la forme de l’album « Riddles » (Gazebo-One Drop/L’Autre Distribution). Dix pièces qui reflètent leur joie de jouer ensemble, une seule musique élaborée et jouée à deux pianos.
A 70 ans, Ray Lema a derrière lui une carrière éclatante et a ouvert sa culture
congolaise aux musiques du monde et au jazz. Preuve en est son dernier album
L’enregistrement et le mixage parviennent à faire sonner deux pianos comme un seul et à raconter un voyage qui traverse le monde de la musique. Rythmes et chants se mêlent. Ils évoquent la forêt congolaise dans Too Many Keys, la Jamaïque dans The Wizard, les pays tropicaux et leurs arbres aux lianes magiques dans Liane et Banian. Quand le blues rencontre une mélodie du Sahel se dessine la musique de Cookie qu’on déguste avec délice comme le gâteau du même nom. Les deux idiomes se fondent en un nouveau langage.
Vingt ans après son premier opus, Madeleine Peyroux poursuit son cheminement musical et revient le 16 septembre 2016 sur le prestigieux label Impulse! avec « Secular Hymns ».
Accompagnée des deux musiciens qui sont à ses côtés en tournée depuis deux ans, le guitariste Jon Herington et le contrebassiste Barak Mori, la chanteuse a choisi d’enregistrer une sélection de chansons qu’elle envisage « comme des cantiques, des cantiques profanes, des chansons qui ont toutes une dimension très individuelle, personnelle et intime ».
Madeleine Peyroux promène sa voix dans le répertoire américain populaire. Avec grande tendresse elle se frotte au blues avec If the sea was whiskey de Willie Dixon et Hello Babe de Lilian « Lil » Green. Elle interprète avec une douce mélancolie le spiritual traditionnel Trampin et s’aventure avec bonheur sur les rives du folk de Townes Van Zandt et donne une version sensible du titre The Highway Kind.
Premier album de ce « Label ECM-Focus1 », le double CD « Atmosphères » réunit Tigran Hamasyan (piano), Arve Henriksen (trompette), Eivind Aarset (guitare) et Jan Bang (samples live et samples). L’idée de ce disque remonte à 2013 lorsque Manfred Eicher a entendu à la radio un extrait d’un duo qui réunissait Tigran Hamasyan et le musicien électro Jan Bang. Le potentiel de cette association l’a conduit à proposer aux deux musiciens de se réunir avec Eivind Aarset et Arve Henriksen.
Tous les musiciens impliqués dans « Atmospheres » ont déjà enregistré chez ECM dans des configurations variées. La présence du pianiste entraîne les musiciens norvégiens vers d’autres territoires que les leurs. A l’époque de l’enregistrement Tigran Hamasyan travaillait sur « Lyis i Luso » ce qui explique que l’on retrouve sur le disque du quartet des thèmes du compositeur arménien Komitas Vardapet (1968-1935). Ils émergent comme des îlots dans les vagues musicales d’improvisation de l’album.
Deuxième album de ce « Label ECM-Focus1 », le CD « Ida Lupino » où se retrouvent Giovani Guidi (piano), Gianluca Petrella (trombone), Louis Sclavis (clarinette) et Gerald Cleaver (batterie). Pour cet enregistrement Manfred Eicher a associé le batteur américain et l clarinettiste français au duo déjà constitué par le pianiste et le tromboniste italiens. Les deux derniers avaient déjà joué avec Cleaver mais Sclavis n’avaient jamais croisé la route de ces trois artistes.
Au centre de l’album on retrouve la complicité des deux grands improvisateurs italiens que sont Giovani Guidi et Gianluca Petrella
. Leur l’entente remonte à l’époque où tous deux jouaient dans l’orchestre du trompettiste Enrico Rava. Depuis, leur relation musicale n’a fait que s’étoffer. La musique de l’album « Ida Lupino » est donc fondée sur le duo que les deux autres musiciens surprennent et stimulent.
Dernier album de ce « Label ECM-Focus1 », l’opus « Rumi Songs » qui réunit le saxophoniste norvégien Trygve Sein, la chanteuse mezzo-soprano Tora Augestad, l’accordéoniste Frode Haltli et le violoncelliste Svante Henryson. Si les trois instrumentistes ont déjà enregistré chez ECM, c’est par contre la première apparition de la chanteuse sur un disque ECM.
Trygve Seim a commencé à écrire la musique de ses premiers Rumi songs en 2003 sur l’impulsion de la regrettée chanteuse Anne-Lise Berstsen. Après avoir essayé de multiples orchestrations, le saxophoniste s’est arrêté à la formule instrumentale actuelle saxophone/voix/accordéon/violoncelle qui valorise les textes. Les dix titres font alterner écriture et séquences d’improvisations. Le saxophoniste est entré chez ECM en 2001 avec « Different Rivers » qui a obtenu un immense succès. Il a depuis participé à une vingtaine d’enregistrements chez ECM invité par d’autres interprètes. « Rumi Songs » est son second album en tant que leader. Pour mettre la poésie arabe en musique, le saxophoniste s’est imprégné de musique arabe en étudiant au Caire. Il a aussi travaillé avec le musicien égyptien Fathy Salama. Ainsi, cet improvisateur reconnu qu’est Trygve Seim a élargi sa palette qu’il a mise au service de la poésie
.
La réputation du label ECM n’est plus à faire dans le domaine du Jazz. Le premier album du label paru le 1er janvier 1970 a été « Free at Last » avec le trio du pianiste américain Mal Waldron. De nombreux artistes du monde du jazz ont contribué à sa renommée comme Keith Jarrett (avec plus de 50 références), Jan Garbareck, Charles Lloyd, John Abercrombie, Terje Rypdal, Paul Bley, Marilyn Crispell, Carla Bley, Michael Mantler et Egberto Gismonti pour n’en citer que quelques-uns. Pat Metheny a commencé chez ECM avant d’être connu. En fait, la réputation du label s’est imposée après l’enregistrement le 24 janvier 1975 d’un solo de Keith Jarrett qui est devenu un double album,
le « Köln Concert ». Quasiment incontournable. Ont ensuite suivi le premier « Return to Forever de Corea et le « Offramp » de Pat Metheny puis les albums de nombreux artistes européens ou américains incontournables dont (pour en citer quelques uns) Lee Konitz, Charlie Haden, John Surman, Eberhard Weber, Miroslav Vitous, Eivind Aarset, Nik Bärtsch, Mark Turner, Andy Sheppard, Enrico Rava, Paolo Fresu, Anouar Brahem, Susan Abuehl, Louis Sclavis, François Couturier… pour plus d’exhaustivité,
Arvo Pärt, celles d’Andras Schiff, du Hilliard Ensemble, du Trio Mediaeval avec des œuvres de Pérotin et Guillaume de Machautet. La liste est loin d’être exhaustive.
l’album « Nouvelle Vague » qui présente musique, dialogues et sons du long métrage éponyme présenté en 1990 à Cannes. A la fin des années 90, ECM se lance dans « Histoire(s) du cinéma » avec cinq CD et cinq livres de textes, accompagnant la série télé réalisée par Godard.