Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

« Danse », « The Invariant », « Sooner and Later », « Daylight Ghosts »


« Label ECM-Focus4 » continue l’exploration du label ECM et de son identité singulière. En ce début 2017, ECM propose les albums de quatre pianistes aux univers très différents. Colin Vallon, Benedikt Jahnel et Julia Hüllsman, tous en trio et Craig Taborn en quartet.

Premier album de ce « Label ECM-Focus4 », celui du Colin Vallon Trio sorti le 13 janvier 2017, « Danse ». Après « Rruga » (2011) et « Le Vent » (2014) « Danse » est le troisième opus en trio du pianiste Colin Vallon chez ECM où il a aussi participé aux deux albums de la chanteuse Elina Duni, “Matanë Malit” (2012) et « Dallёndyshe » (2012).

Aux côtés du pianiste, le batteur Julian Sartorius déjà présent sur l’album « Le vent » de 2014. Son jeu de batterie foisonne de détails rythmiques précis qu’il dispense avec insistance en soutien aux lignes tout aussi obsédantes de la contrebasse de Patrice Moret, intégré au trio de Colin Vallon depuis 2004. L’entente piano/contrebasse est très forte puisque tous deux participent aussi au quartet de la chanteuse Elena Duni et se retrouvent au sein du groupe « Parallels » du saxophoniste Nicolas Masson.

Imposer son nom dans l’univers surpeuplé des trios piano/basse/batterie n’est pas chose évidente, pourtant le Colin Vallon trio y est parvenu depuis sa création en 1999. Le pianiste ne met pas en avant ses talents de soliste mais esquisse la mélodie puis définit avec ses partenaires un cadre où se libère l’expression collective. Si le pianiste a composé neuf des onze pièces de l’album, le contrebassiste a contribué au répertoire avec Tinguely, une pièce tellurique et étrange.

« Danse » a été enregistré dans le magnifique studio Aditorio Stelio Molo de la RSI à Lugano en live, sans écouteurs ni séparations acoustiques. La musique y gagne en fraîcheur et en authenticité.

« Danse ». Des rythmes doux et insistants qui explorent la dimension du temps. Des passages au calme recueilli et d’autres où la musique déclenche des séismes. Une musique sensible et subtile qui bouleverse les repères.

Deuxième album de ce « Label ECM-Focus4 », l’opus « The Invariant » du pianiste berlinois Benedikt Jahnel Trio sorti le 13 janvier 2017, cinq ans après « Equilibrium ». Constitué du pianiste Benedikt Jahnel, du bassiste espagnol Antonio Miguel et du batteur canadien Owen Howar, le trio célèbre son dixième anniversaire.

Cette constance du trio constitue un « invariant » dans la vie du musicien Benedikt Jahnel et vaut son titre à l’album, « The Invariant ». Dire que le trio pratique la musique tout comme un chercheur résout une équation est tentant. En effet, Benedikt Jahnel est un compositeur prolifique amoureux de la musique et des mathématiques. Il développe des motifs pianistiques sur des textures aux mailles variables dessinées par les dynamiques échanges de la contrebasse et de la batterie.

Further Consequence ouvre l’album et reprend là où le précédent disque « Equilibrium » s’était arrêté en 2012. Ce continuum dans le style témoigne de ce qui caractérise le Benedikt Jahnel Trio. On peut parler d’une continuité qui n’engendre pourtant aucune monotonie. La tendre ballade For the Encore contraste avec Mirrors dont le propos tempéré du piano se voit dynamisé par le son boisé de la contrebasse et avec Part of The Game où le flot de notes du piano déboule en réponse à l’appel d’ouverture que lancent batterie et la contrebasse.

Produit par Manfred Eicher, « The Invariant » a été enregistré en avril 2016 dans l’Oslo’s Rainbow Studio.

« The Invariant ». La dynamique du trio crée une musique soignée et subtile. Les mélodies simples alternent avec des moments de pur lyrisme. D’un morceau à l’autre les climats et les rythmes évoluent. Entre écriture et improvisation, les interactions musicales génèrent un équilibre collectif harmonieux au swing absolu. Un album singulier et attachant.

Ce « Label ECM-Focus4 » présente un troisième trio piano/contrebasse/batterie, celui de la pianiste berlinoise Julia Hülsmann qui collabore avec le label ECM depuis 2008, année où elle enregistre « The End of a Summer » avec ceux qui sont devenus ses partenaires réguliers, le contrebassiste Marc Muellbauer et le batteur Heinrich Köbberling. En 2011 elle grave avec eux « Imprint » puis le trio devient quartet avec le trompettiste/buggliste Tom Arthurs et advient l’album « In Full View », en 2013. Le même quartet accueille le chanteur Theo Bleckmann sur le disque « A Clear Midnight  » autour de la musique de Kurt Weill. 

Fidèle au label ECM, la pianiste Julia Hülsmann revient au trio avec l’album « Sooner and Later » annoncé pour le 24 février 2017. Cette artiste est une militante acharnée du jazz allemand ce qui lui a valu d’être récompensée du prix d’honneur du WDR (Westdeutscher Rundfunk) pour son action en faveur des musiciens de jazz.

Sur les onze titres de l’album « Sooner and Later » on retrouve la musique du trio dans sa pleine maturité après que le groupe ait conduit sa musique tout autour du monde, de l’Europe à l’Amérique du Nord sans oublier le Pérou et surtout la Chine et l’Asie Centrale. De cette dernière tournée témoigne l’interprétation de Biz Joluktuk. Le groupe a découvert ce morceau interprété par un jeune violoniste du Kirghizistan. La pianiste a ré-harmonisé le morceau et il en ressort une musique libre et suspendue entre son et silence.

Écrit par Hülsmann, le thème Thatpujai rend hommage à la pianiste de jazz Jutta Hipp dont il est l’anagramme. J.J., Soon et Der Mond jouent avec le rythme et les syncopes. Le piano rebondit sur les passerelles tendues par la batterie féline et la contrebasse sérieuse. L’oreille s’amuse de ces jeux rythmiques. Encore une fois, tous les membres de l’album ont contribué aux compositions. Comme Mehldau et bien d’autres musiciens de jazz, le Julia Hülsmann trio succombe à la musique du groupe britannique « Radiohead » dont il reprend avec inspiration le fameux All I Need.

Produit par Manfred Eicher, « Sooner and Later » a été enregistré en septembre 2016 dans le fameux Oslo’s Rainbow Studio. Toujours présent et attentif, le producteur du label ECM prodigue ses conseils tout en respectant le libre-arbitre des musiciens.

« Sooner and Later ». Une musique souple et dansante qui coule avec limpidité. Des atmosphères multiformes qui ne cessent de surprendre.Tempo étiré et césures rythmiques étonnantes. Le trio joue en équilibre avec le rythme, élément majeur du style de ce trio qui sait intégrer le silence à son discours.

C’est avec le quartet du pianiste/claviériste américain Craig Taborn que se termine ce « Label ECM-Focus4 ». Après le disque solo « Avenging Angel » paru en 2011 et « Chants » enregistré en trio et publié en 2013 chez ECM, le pianiste revient en leader pour son troisième album à la tête d’un quartet avec « Daylight Ghosts » attendu le 24 février 2017. On ne compte plus ses autres participations comme sideman aux côtés des musiciens phare du label ECM comme Roscoe Mitchell, Tim Berne, Chris Potter et Michael Formanek.

Craig Taborn réunit autour de lui, Chris Speed (saxophone ténor et clarinette), Chris Lightcap (contrebasse et basse électrique) et Dave King (batterie et batterie électronique) membre éminent du groupe « Bad Plus ».

La palette sonore des instruments est constitutive du climat singulier de l’album. La construction des morceaux surprend et séduit à la fois. Des fragments de mélodie entrent en collision avec des riffs ostinato développés sans fin comme des lignes de basse intranquilles. Entre électrique et acoustique les motifs s’assemblent et le mystère s’éclaircit au fur et à mesure du disque.

Riche de ses propres influences, chaque musicien contribue à colorer les plages de climats qui empruntent autant au rock qu’à la musique électronique. Sans omettre le clin d’oeil appuyé à ce jazz où la musique se fonde et se soude à partir de l’improvisation collective.

Des moments de grande quiétude peuplent The Great Silence et Subtle Living Equations. La clarinette éthérée de Chris Spedd apporte une lumineuse fragilité à la reprise de Jamaïcan Farewell du saxophoniste Roscoe Mitchell.

« Daylight Ghosts » a été enregistré aux Avatar Studios de New York City’s en présence du producteur Manfred Eicher.

Le disque dégage une énergie hypnotique intense et des ambiances spectrales alternatives. La technicité et la virtuosité des musiciens contribuent à la richesse sonore de l’album dont les climats troublants tiennent autant à la dimension collective qu’aux performances brillantes des solistes.

On explore très bientôt d’autres enregistrements du Label ECM dans un futur billet « Label ECM-Focus5 ».

Omer Avital revient avec « Qantar »

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Deux ans après « Abutbul Music », le contrebassiste Omer Avital revient avec son nouvel album « Qantar » (Zamzama Records) enregistré à Brooklyn avec le quintet formé en 2016. La musique n’a rien perdu de sa singularité. Rayonnante d’énergie elle résonne d’un jazz solide traversé d’influences orientales.

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Clin d’œil à Joel Hierrezuelo & « Zapateo Suite »

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« Zapateo Suite », premier album du chanteur, guitariste et percussionniste Joel Hierrezuelo constitue une des belles surprises de l’automne 2018. A la tête de son quintet, le natif de La Havane invite à un voyage lumineux au pays des musiques qui irriguent sa vie. Avec bonheur, le jazz croise les musiques cubaines, africaines et orientales.

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Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

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Avec « Jericho Sinfonia », le compositeur et saxophoniste Christophe Monniot propose une œuvre artistique remarquable. En soixante-six minutes l’album interpelle par la richesse de son propos. A partir du récit biblique de l’effondrement des murailles de Jericho se tisse un récit captivant. Une création musicale vibrante de spiritualité.

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Diana Krall annonce « Turn Up The Quiet »

Diana Krall annonce « Turn Up The Quiet »

Diana Krall revient au Great American Songbook

Nouvelle réjouissante, la célèbre pianiste et chanteuse de jazz Diana Krall annonce la sortie de son prochain album « Turn Up The Quiet » pour le 05 mai 2017. On aime son premier single, Night and Day.

Avec « Turn Up The Quiet » (Verve/Universal), Diana Krall revient au jazz et à la tradition du Great American Songbook qu’on se le dise. Pour cet album, elle retrouve le légendaire producteur Tommy Lipuma. Avec une telle affiche, on peut imaginer que les récompenses vont honorer un album dont le succès est quasi garanti.

Au programme de l’opus « Turn Up The Quiet », des reprises titres prestigieux L.O.V.E., Like Someone In Love, I’m Confessin’, Dream. Ce retour aux standards du jazz laisse augurer un opus soigné qui devrait rallier autant les suffrages des puristes de la tradition jazz que ceux du grand public qui affectionne de reconnaître ces grands thèmes devenus populaires.

On découvre le premier single de l’album où Diana Krall interprète une version sensuelle du célèbre Night and Day. Sur un rythme de bossa nova alangui marquée par le balançao de la guitare, la chanteuse étire le temps. Soutenue par les violons, sa voix légèrement embrumée murmure le thème qu’elle égrène au  piano avec délicatesse.

 

Diana Krall annonce la date de ses premiers concerts en France. Déplacement à prévoir pour toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas rater sa venue en France. Elle donne rendez-vous aux amateurs de sa musique les 07 et 08 octobre 2017 à Paris et plus précisément à l’Olympia.
Omer Avital revient avec « Qantar »

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Clin d’œil à Joel Hierrezuelo & « Zapateo Suite »

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Label ECM-Focus4-Janvier-février 2017 – Pianistes

Label ECM-Focus3-Janvier 2017 – La voix de Theo Bleckmann

Theo Bleckman enregistre « Elegy » en leader chez ECM

Avec « Label ECM-Focus3 » se poursuit l’exploration de l’identité ECM. Sur l’album « Elegy » sorti le 27 janvier 2017, le chanteur Theo Bleckmann fait ses débuts comme leader chez ECM. Un album sublime où le chanteur évoque la mort sous un éclairage lumineux.

Après être apparu sur les deux albums ECM de Meredith Monk, « Impermanance » (2007) et « Mercy » (2002), Theo Blackmann a tenu un rôle important sur « A clear Midnight », l’album que la pianiste Julia Hülsmann a consacré en 2015 aux chansons de Kurt Weill. 

« Elegy » est le premier album de Theo Bleckmann comme leader chez ECM. Chanteur à la voix d’une pureté rare, il pratique son art avec audace comme le ferait un peintre. Sa voix pose des traits de lumière sur la toile musicale déroulée par le groupe. Le chanteur propulse librement ses vocalises sur les parois d’une bulle sonore dont il semble qu’elle réverbère les échos de sa voix.

Sur « Elegy » Theo Bleckmann est accompagné de son compagnon de longue date, le guitariste Ben Monder, du pianiste Shai Maestro et de la subtile section rythmique constituée de Chris Tordini et John Hollenbeck. Certes l’album met en vedette Theo Bleckmann comme chanteur mais aussi en tant que compositeur.

Porté par la performance collective de l’orchestre, le chant de Theo Bleckmann s’étire sur les accords du piano et sa voix de ténor Prend toute sa mesure dans l’univers singulier que tisse le guitariste Ben Monder avec qui le chanteur a déjà travaillé en duo. Si Bleckmann a aussi joué avec le batteur John Hollenbeck, c’est par contre une nouvelle collaboration qu’il entreprend avec le contrebassiste ChrisTordini et Shai Maestro dont le toucher léger presque minimaliste convient tout à fait au contexte de l’album. Le pianiste joue d’ailleurs un rôle majeur dans l’album dont il assume en grande partie le contexte harmonique sur lequel évolue le chanteur. Le pianiste est tout aussi impliqué dans la dimension rythmique assurée en grande partie par la guitare et la batterie.

Le titre de l’album, « Elegy », réfère « à la mort ou évoque… la transcendance existentielle » que Theo Bleckmann a souhaité convovoquer. Malgré la gravité du contexte, le chanteur offre une musique lumineuse. Les climats changeants et contrastés nimbent la mortalité d’une aura d’espoir dénué de tristesse.

Les onze titres tressent les fils du silence avec les lignes de l’élégance. Des textes sur quatre des onze titres. De petites pièces instrumentales comme des respirations, comme des îles posées sur le fil de la vie. Sur les autres morceaux, Théo Bleckmann improvise et crée des ambiances qui empruntent la légèreté aux plumes des anges célestes.

On découvre avec intérêt la sublime interprétation de chanson de Sondheim Comedy Tonight  dont le chanteur donne une version assez éloignée de l’originale la dotant d’une tonalité mélancolique. Les arrangements planants restituent le souvenir de l’humour et du regard toujours amusé que sa mère récemment décédée portait encore à 91 ans sur les choses de la vie.

Toujours en référence à la thématique de l’album, les paroles To Be Shown to Monks at a Certain Temple sont celles d’un poème Zen sur lequel Theo Bleckmann a mis de la musique. « Il s’agit de ne pas abandonner, de ne pas penser à la mort, juste continuer à bouger, ne pas être morose, continuer à vivre » précise le chanteur.

Theo Bleckmann a écrit Take my life en pensant à Bach et à ses cantates et plus précisément Ich habe genug. Sur un rythme soutenu, la voix évoque un départ presque joyeux vers l’au-delà. Le chanteur imagine « ce que serait de mourir, de perdre peu à peu ses facultés : perdre la  voix, son pouls, son souffle ». L’orchestre porte la voix jusqu’au silence. Nul pathos, la vie/la mort, l’énergie avant la fin.

On vibre à l’écoute de la mélodieuse Elegy et on est touché par l’ambiance quasi fantomatique du morceau « Fields » où le toucher impressionniste du batteur évoque les mouvements des herbes qui ploient sous le souffle du vent changeant.

Enregistré aux Studios Avatar de New York, « Elegy » a bénéficié de toute l’attention du producteur Manfred Eicher qui a assuré la Direction artistique de l’album. C’est par exemple lui qui a suggéré d’utiliser des matériaux écrits par le chanteur comme des bases d’improvisations libres et de les insérer des respirations instrumentales, comme des îlots de sérénité entre les chansons. Ainsi l’album ouvre avec Semblance et se termine avec Alate alors qu’au milieu du répertoire Cortège résonne comme une marche funèbre.

« Elegy ». Une réussite absolue. Les atmosphères flottantes de l’album évoquent avec grâce les émotions liées au cycle immuable de la vie. Flexible et contrôlée la voix du chanteur évolue toute en retenue.

Très bientôt un billet « Label ECM-Focus4 » pour explorer d’autres enregistrements du Label ECM.

Omer Avital revient avec « Qantar »

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Clin d’œil à Joel Hierrezuelo & « Zapateo Suite »

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Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

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Décès du pianiste Maurice Vander

Le 16 février, Maurice Vander a rejoint le firmament du jazz

Le pianiste et compositeur de jazz Maurice Vander s’est éteint à Paris le 16 février à l’âge de 87 ans. Son swing incomparable l’avait fait connaître et apprécié dans les milieux du jazz parisien de l’après-guerre et aussi à l’international. Durant 40 ans il a été le pianiste de Claude Nougaro.

Après avoir étudié le piano et l’accordéon le petit Maurice Vandershuer qui prendra plus tard le nom de Maurice Vander choisit le piano après avoir découvert, grâce à son frère, la musique de jazz via la musique américaine que diffusait Hugues Panassié à la radio. On peut dire qu’il tombe ainsi dans le bop.

Dans les années 1950, il fréquente les clubs parisiens et s’impose rapidement comme l’un des grands pianistes de jazz de son époque. Il accompagne au piano des chanteurs comme Boris Vian, Sacha Distel, Henri Salvador, et aussi de grands musiciens de jazz comme le saxophoniste ténor américain Don Byas, Le pianiste et compositeur Michel Legrand, le violoniste Stéphane Grappelli et le guitariste Django Reinhardt.

En 1959 à Paris il enregistre « Jazz At The Blue Note » avec le contrebassiste Pierre Michelot et le célèbre batteur be-bop Kenny Clarke

Il croise la route de Chet Baker, de Stan Getz, de Quincy Jones et son nom s’impose dans le milieu du jazz international.

Au début des années 1960 sa rencontre avec le chanteur Claude Nougaro donne une autre orientation à sa carrière .Il devient son pianiste attitré et commence avec lui une aventure de plus de 40 ans. Il l’accompagne sur scène et arrange plusieurs de ses  grands succès comme Le coq et la pendule, La pluie fait des claquettes et Armstrong.

Durant les dernières années de sa vie il a sillonné les routes de France et rendu hommage à Nougaro avec le spectacle  » Ils se la jouent Nougaro »

Maurice Vander a aussi collaboré à de nombreuses musiques de films comme « Les Valseuses » de Bertrand Blier, « Nous irons tous au paradis » d’Yves Robert,  « Mille milliards de dollars » d’Henri Verneuil, « Milou en mai » de Louis Malle, « Tenue correcte exigée » de Philippe Lioret.

Il était le père de Christian Vander, le leader du groupe de rock progressif Magma, et de l’organiste de jazz Laurent Vander.

On garde le souvenir de son swing incomparable et on imagine qu’il accompagne ailleurs ses vieux compagnons Claude Nougaro et Eddy Louiss. Il nous reste les disques et les souvenirs

Omer Avital revient avec « Qantar »

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Jericho Sinfonia, le dernier opus de Christophe Monniot

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Concert de Basel Rajoub au Théâtre de Vienne

Concert de Basel Rajoub au Théâtre de Vienne

 Une musique captivante au climat apaisant

Le 16 février 2017, le concert de Basel Rajoub a instauré un climat de paix et de sérénité dans le Théâtre de Vienne. Forts d’un héritage culturel étoffé et d’une maîtrise des instruments orientaux et occidentaux, Basel Rajoub et les musiciens du « Soriana Project » ont offert à l’auditoire une musique mélodieuse et aérienne.

Organisé dans le cadre de la « Saison 2016/17 Jazz à Vienne », le concert de Basel Rajoub du 16 février 2017 est annoncé comme une musique lumineuse traversée par la tradition moyen-orientale et la liberté du jazz. Bouleversé par le propos musical singulier de l’album « The Queen of Turquoise » sorti chez Jazz Village le 13 mai 2016, on attend  avec grand intérêt de découvrir la dimension scénique de cette musique fascinante.

Le concert de Basel Rajoub débute en trio. A gauche de la scène, le très concentré Feras Sherastan au qanûn, cette cithare en bois en forme de trapèze dont il est soliste virtuose au sein du Qatar Philharmonic Orchestra et du Syrian National Symphony Orchestra. Sur le côté droit lui fait face le souriant percussionniste Andrea Piccionni et ses tambourins. Au centre, Basel Rajoub embouche à tour de rôle le duclar, cet instrument traditionnel en bois qui ne possède qu’une octave, le saxophone soprano et le saxophone ténor. Il manifeste le souci de faire priorité à la musique et prend la parole uniquement pour présenter ses musiciens, en début et fin de concert. Après cinq morceaux le trio invite la chanteuse Lynn Adib qui les rejoint sur trois titres et un rappel.

Attentifs, les artistes développent une écoute de chaque instant qui leur permet de réagir au juste moment et de construire des interactions souples et nuancées. Les instrumentistes virtuoses maîtrisent les instruments, les rythmes et modes moyen-orientaux mais parviennent à dépasser la technique pour proposer au public une musique accessible.

Mise en place précise, énergie maîtrisée, complicité extrême, richesse des timbres. Un voyage magique entre tradition orientale et modernité des improvisations.

Chaque morceau développe un climat particulier. Du qanûn de Feras Sherastan s’élèvent des mélodies aux notes cristallines qui invitent le saxophone à propulser son chant dans les médiums puis à s’épaissir et enfler, soutenu par la percussion. Avec élégance et précision Andrea Piccionni caresse les tambourins plus qu’il ne les frappe. Rythmique autant que mélodique le percussionniste fait pleurer la peau des tambours. A l’issue d’un solo sensible et bouleversant il ouvre tous les possibles à ses deux complices qui croisent leurs chants inspirés. Au-dessus des harmonies développées par le qanûn plane le souffle du saxophone.

Lors d’un autre morceau, qanûn et saxophone ténor exposent le thème à l’unisson puis en fond de scène, loin des micros, le saxophone de Basel Rajoub entonne un chant sourd qui tranche avec la clarté de la sonorité des cordes pincées. Le paysage musical évolue, entre son et souffle s’élève la plainte du saxophone au-dessus de la percussion dont le rythme reproduit l’écoulement du temps. Le souffle s’assombrit mais l’espoir renait et le son redevient lumière. Il flotte comme un parfum de jasmin sur le public qui suspend sa respiration. Le saxophoniste passe du soprano au ténor pour revenir au duclar mais conserve sur tous les instruments un son sensible, boisé et chaud qui rappelle parfois celui du duduk.

Avec l’arrivée de la chanteuse Lynn Adib, le quartet interprète une Prière pour la Vierge Marie. Un chant lumineux comme une offrande au monde qui souffre. Le chant limpide de la voix s’unit aux notes pures du qanûm. Les visages des musiciens s’illuminent. Après cette parenthèse calme et recueillie, le quartet interprète un morceau qui évoque le vol d’un Pigeon chargé de porter le rameau de paix à la Syrie. La voix fragile et les instruments mêlent leurs timbres. Porté par le son boisé du duclar, l’oiseau chevauche le vent en quête de la lumière des cieux. Le frais murmure vocal plane au-dessus du lead léger des cordes pincées soutenu par les percussions délicates. On a vu planer un rameau d’olivier au-dessus de Damas.

Empreinte de gravité la musique du concert de Basel Rajoub, Feras Sherastan, Andrea Piccionni et Lynn Adib captive de bout en bout. Envoûtante et lyrique elle respire, apaise et instaure un climat propice au recueillement. Sensible et mélodieuse elle est comme un pont tendu entre deux mondes musicaux, entre Moyen-Orient et Occident, entre l’idiome de la tradition et la liberté du jazz.

Le temps d’un concert les musiciens sont parvenus à transporter le public dans la musique et l’esthétique du « Soriana Project » dont on attend avec impatience les prochains développements.

Omer Avital revient avec « Qantar »

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