« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

« Nightintales, les chansons nocturnes de China Moses

Tempo implacable, swing et ballades… ça groove

China Moses traverse les territoires de la nuit sur « Nightintales ». Sa voix chaleureuse et son énergie convoquent des ambiances nocturnes. La chanteuse raconte une histoire passionnante où se télescopent le blues, le R&B, la soul et la pop. Un jazz nuancé très personnel qui met en lumière ses compositions et son nouvel univers.

Avec son nouvel album « Nightintales » (MPS/Pias) annoncé pour le 31 mars 2017, China Moses engage sa carrière sur une trajectoire nouvelle. Après un premier album en 1997, « China », où s’invite le hip-hop, après avoir exploré le R&B ainsi que les standards du Great American Songbook, la chanteuse investit avec brio en 2008 le répertoire de Dinah Washington sur « This One’s for Dinah ». En 2012 elle mêle ensuite avec talent blues, jazz et pop sur « Crazy Blues ». Après un tel parcours, on savait que China Moses était une chanteuse de standards de jazz et de blues avec laquelle il fallait compter.

Aujourd’hui China Moses creuse son sillon. Sur « Nightintales » elle s’affranchit de l’héritage des grandes voix du jazz pour enfin s’aventurer sur sa propre voie. Le résultat est enthousiasmant. China Moses s’invente un univers très personnel ancré dans les musiques qui groovent. Avec énergie et fraîcheur, elle interprète ses propres compositions. Sa chaude voix de contralto glisse sur des ballades somptueuses ou se déchaîne avec passion sur des rythmes énergiques pleins de syncopes.

De sa mère, la célèbre chanteuse de jazz Dee Dee Bridgewater, China Moses a hérité l’énergie et le swing puissant qui habite son nouveau projet. Elle a repris de son père, Gilbert Moses, metteur en scène américain de théâtre, de cinéma et de télévision, la capacité à projeter un scénario musical pour conter une histoire.

Les compositions écrites et composées par China Moses et Anthony Marshall ont été enregistrées à Londres au Snap Studios en cinq jours avec des musiciens anglais. Une grande complicité lie la chanteuse et le musicien-producteur du disque issu du R&B, du hip-hop et du gospel. Ils se connaissent musicalement depuis plus de 10 ans et ont déjà travaillé sur le 3ème album de China Moses. « Nightintales » né quasiment en temps réel sous la direction d’Anthony Marshall, restitue un vrai son « à l’anglaise » teinté de soul, de jazz et de blues et révèle l’ADN musical de la chanteuse.

China Moses (chant) et Anthony Marshall (guitare, vibraphone, chant) ont enregistré l’album avec Luke Smith (piano, orgue), Neville « Level » Malcolm (contrebasse), Jerry Brown (batterie), Luigi Grasso (sax alto), Rob Sell (sax baryton et alto), Tom Walsh (trompette), Patrick Hayes (trombone), Sovra Wilson-Dickson et Tadasuke Iijima (violon) et Gregory Dugan (violoncelle).

Les climats des titres se suivent et ne se ressemblent pas même s’ils participent d’un ensemble très cohérent. Des instants méditatifs avec la section de cordes, des moments malicieux, du swing effréné, des espaces de mélancolie, de l’énergie débridée. En fait, les onze titres de « Nightintales » ressemblent à s’y méprendre à la vraie vie.

China Moses nous met en garde, il faut se méfier des aventures de la nuit… Watch out, car il va falloir de l’énergie… Running, pour vivre ses passions… Put it on The line, sans perdre le fil… Disconnected, on succombe au swing de l’adultère… Blame Jerry,  aux addictions diverses… Nicotine, y compris à l’intoxication amoureuse… Hungover, vécue jusqu’à sa fin amère… Whatever, avec toujours en ligne de mire le risque de craquer… Breaking Point, pour finir par se retrouver et repartir pour une autre nuit et… Running de nouveau

« Nightintales »… China Moses narre et projette en images musicales les contes d’une nuit. La chanteuse promène son regard, ses oreilles et sa voix sur le monde qu’elle traverse. Sa musique donne vie à des aventures nocturnes et l’on sent vivre, respirer, aimer, courir, souffrir et espérer des personnages qui vivent dans les lieux d’une ville propice aux rencontres mais aussi à la solitude et à la mélancolie. 

« Nightintales ». La passion d’une chanteuse déterminée à prendre sa place dans le territoire d’un jazz vivant, maîtrisé et nuancé. Une musique fraîche, énergique, souple et captivante. Du swing, du groove, de l’humour, de la sensualité et de l’émotion avec un menu musical alléchant. Onze titres pétillants entre deep soul, blues, cool jazz et R&B rythmé qui s’autorise même un clin d’oeil vers une pop souriante. Un album plein de nuances qui respire la passion.

Ecouter « Nightintales » donne envie de bouger avec la musique et de découvrir le projet live pour profiter aussi de la remarquable présence scénique de la chanteuse. Ça tombe bien, un concert approche à grand pas. China Moses présente en effet le répertoire de son album  à Paris le 28 avril 2017 à 21h au New Morning. Pour ce rendez-vous, la chanteuse est accompagnée de Luigi Grasso (saxophone alto et baryton), Joe Armon Jones (piano), Marijus Aleksa (batterie), Luke Wynter (basse).
Une tournée d’été s’annonce dont les dates figurent sur le site de China Moses.
Jon Urrutia Trio dévoile « The Paname Papers »

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« The Paname Papers » fait partie des belles surprises de la rentrée discographique de l’automne 2018. Proposé par le talentueux Jon Urratia Trio, l’album séduit par sa vitalité. Les neuf compositions originales du leader restituent l’éventail de ses influences. Une combinaison réussie de modernité, d’audace et de virtuosité. Surprenant de maturité et de maîtrise.

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Opera Underground – Les RV d’octobre 2018

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A peine ont retenti les trois coups de l’automne que déjà se profilent les RV d’octobre 2018 de l’Opéra Underground. Un concert dans la grande salle de l’Opéra avec un double plateau aux couleurs de l’Amérique latine. Quatre concerts jazz et musiques du monde dans la salle de l’Amphi. Des promesses de surprises et de dépaysement !

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John Scofield sort « Combo 66 »

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Toujours dynamique, John Scofield revient avec une nouvelle proposition musicale pour ses 66 ans qu’il fête ainsi de belle manière. Pour l’occasion il sort « Combo 66 » avec neuf nouveaux morceaux. Entouré d’un quartet de choc, le guitariste demeure une voix majeure du jazz. Il renouvelle son propos qui sonne plus swing et plus joyeux que jamais.

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Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

Label ECM-Focus5-Mars 2017 – Improvisation

« Rimur », « Asian Fields Variations »

« Label ECM-Focus5 » propose de découvrir deux nouveaux albums ECM parus en mars 2017. « Rimur » du Trio Mediaeval & Arve Henriksen et « Asian Fields Variatons » par Louis Sclavis, Dominique Pifarély et Vincent Courtois. L’improvisation bat au cœur de deux univers très différents.

« Rimur », premier album de ce « Label ECM-Focus5 » est sorti le 03 mars 2017. C’est une première sur disque pour le Trio Mediaeval qui célèbre ses vingt ans et intègre dans ce projet l’improvisation dans les musiques médiévales traditionnelles d’Islande et de Norvège en accueillant le trompettiste Arve Henriksen.

Ce septième album du Trio Mediaeval reste dans continuité du travail du groupe qui explore la musique ancienne, la musique médiévale mono et polyphonique sacrée, les chansons traditionnelles avec un intérêt manifeste pour la musique contemporaine. Pourtant sur « Rimur », le groupe s’intéresse à l’improvisation et collabore dans ce champ avec le trompettiste Arve Henriksen qui s’intéresse lui aussi aux musiques nordiques.

Une légende attribue à Arnarson, le premier colon norvégien en Islande la fondation de Reykjavik en 874. Au XXème siècle, une statue d’Arnarson est érigée dans la capitale islandaise et une copie dans Rideval, sa ville natale en Norvège. Le concept du projet « Rimur » remonte à 2007 quand Trio Mediaeval et Arve Henriksen participent à une cérémonie à Dalsfjorden sur la côte Ouest de la Norvège, entre le village de Rideval et la capital islandaise Reykjavik.

Fascinés et inspirés par les sagas islandaises, les chants folkloriques et religieux, les quatre musiciens passent du temps ensemble à Dalsfjorden et tentent d’imaginer la musique qu’a entendue Arnarson à Rideval. C’est ainsi qu’émerge un programme de musiques médiévales et traditionnelles d’Islande et de Norvège qui intègre l’improvisation. Le répertoire de « Rimur » célèbre trois saints et leurs hymnes médiévaux, les chants monophoniques de St Sunniva de Norvège, de St Birgitta de Suède et un hymne à deux voix dédié à St Magnus d’Orknet

Le trompettiste a déjà collaboré avec Trio Mediaeval sur « The Magical Forest » de Sinikka Lageland paru chez ECM en 2016. Il a aussi joué live avec le trio mais l’album « Rimur » est la première collaboration discographique des quatre musiciens.

« Rimur » a été enregistré en février 2016 au Himmelfahrtskirche de Munich et produit par Manfred Eicher toujours très impliqué dans ses projets.

« Rimur ». Le son de la trompette de Arve Henriksen se mêle avec subtilité aux voix aériennes de Anna Maria Friman, Linn Andrea Fuglseth et Berit Opheim. Une élévation musicale autant que spirituelle au-dessus des fjords norvégiens.

L’improvisation préside au processus créatif du second album de ce « Label ECM-Focus5 », « Asian Fields Variations », sorti le 17 mars 2017. Il s’agit du premier enregistrement du trio composé par le clarinettiste Louis Sclavis, le violoniste Dominique Pifarély et le violoncelliste Vincent Courtois. Ces trois artistes majeurs de la musique créative française sont des adeptes de l’improvisation qui constitue d’ailleurs le noyau fondamental de leur expression. Les trois artistes travaillent de longue date ensemble dans des contextes très divers.

Sclavis et Pifarély collaborent depuis 35 ans. Leur première rencontre a eu lieu au sein du groupe de Didier Levallet et s’est poursuivi ensuite par l’enregistrement de l’album « Chine », puis par la constitution de l’Acoustic Quartet suivi de l’enregistrement de l’album éponyme pour ECM. Une quinzaine de collaborations se sont enchaînées parmi lesquelles dont on retient avec émotion le projet intitulé « Les Violences de Rameau » enregistré et sorti en 1996 chez ECM.

 Sclavis et Courtois travaillent ensemble depuis 20 ans. Courtois a intégré le groupe de Sclavis lors de l’enregistrement de l’Affrontement des Prétendants en 1999 dont l’album est sorti en 2001 chez ECM. Il a ensuite été présent aux côtés du clarinettiste sur « Napoli’s Wall » enregistré en 2002 et sorti en 2003 chez ECM.

Les trois musiciens se sont retrouvés en 2000 avec Jean-Louis Matinier et François Merville pour l’enregistrement de la BO du film muet de Charles Vanel, « Dans la nuit », sorti en 2002 chez ECM.

En 2015, le trio Sclavis-Pifarély-Courtois a été relancé avec un nouveau projet de compositions sur la scène du festival A Vaulx Jazz un certain 19 mars 2015. On garde le souvenir de la prestation que les trois artistes donnèrent à cette occasion devant une salle suspendue au déroulement de cette création instantanée pleine de surprises, de fraîcheur et de vivacité.

Certes, Louis Sclavis est à l’origine du projet « Asian Fields Variations » mais le groupe fonctionne de manière démocratique avec une participation égale de chacun des membres au processus créatif. Il s’agit d’une réelle organisation collective où chaque musicien contribue à la composition du programme. Ceci fonde le groupe autant que le projet.

Gérard de Haro et Nicolas Braillard étaient aux commandes de la séance d’enregistrement réalisée en décembre 2015 dans les Studios La Buissonne à Pernes-les-Fontaines. Cette fois encore, le producteur Manfreid Eicher veille à un équilibre harmonieux entre improvisation et composition. Toujours impliqué, le fondateur du label continue par son implication et ses choix à insuffler dans les productions une grande partie de l’identité que l’on se plaît à explorer dans ces « Label ECM-Focus ».

« Asian Fields Variations ». Une musique chambriste aux subtiles nuances. Équilibre délicat entre composition et improvisation. La virtuosité au service de la créativité.

Très bientôt un billet « Label ECM-Focus6 » pour continuer à s’immerger dans d’autres productions du Label ECM.

Jon Urrutia Trio dévoile « The Paname Papers »

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Opera Underground – Les RV d’octobre 2018

Opera Underground – Les RV d’octobre 2018

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John Scofield sort « Combo 66 »

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Bernard Lubat en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Bernard Lubat en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Un jazz libre, questionné et sans cesse réinventé

Du 13 au 15 avril 2017, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille en résidence « l’im-poly-instrumentiste » Bernard Lubat. A la fois poète, chanteur, batteur, pianiste, accordéoniste, vibraphoniste et compositeur, ce fils prodige du jazz est surtout le tenant d’un jazz inclassable et insolent. Au menu, improvisation et liberté.

Après la résidence exceptionnelle du saxophoniste Christophe Monniot qui a captivité, surpris et enthousiasmé le public tout au long des cinq concerts donnés à l’AmphiJazz en mars 2017, François Postaire invite Bernard Lubat. C’est un plaisir de retrouver l’agitateur gasconnais présent à la batterie dans le trio de Martial Solal, le 14 octobre 2016 dans la Grande Salle de l’Opéra de Lyon.

A la tête la Compagnie Lubat, cette compagnie transartistique de divagation,  le musicien a créé dans sa ville natale, le fameux festival « Uzeste musical visages villages des arts à l’œuvre », véritable Mine d’Art à Ciel Ouvert.

Né le 12 mai 1945 à Uzeste, en lisière des Landes et de la Gascogne, au premier étage du café Estaminet d’Alban et Marie Lubat, Bernard Lubat grandit, écoute et apprend l’accordéon. Il prend des cours de piano classique dans un village voisin et entre ensuite au Conservatoire de Bordeaux où il découvre les percussions. Il poursuit son cursus au Conservatoire de Paris à 16 ans où il obtient ses diplômes.

Dans le même temps il fréquente les caveaux de jazz de Paris et sa vie bascule dans cette musique. Il « apprend le jazz en le jouant » avec les plus grands, Stan Getz, Martial Solal, Eddy Louiss… Il participe au groupe vocal « les Double-Six » et prend part à l’émergence du free-jazz en France auprès de Michel Portal, Jean-François Jenny-Clark et Jean Pierre Drouet. Dans le même temps il contribue à la création d’œuvres contemporaines avec entre autres Luciano Berio tout en côtoyant des musiciens de la chanson française comme Jacques Brel, Yves Montand et Claude Nougaro.

Au début des années 80 il fait le choix radical de quitter les scènes et les studios parisiens et rentre à Uzeste où il monte avec son ami Patrick Auzier la Compagnie Lubat, véritable laboratoire voué au décloisonnement des arts. L’improvisation constitue la pierre essentielle du jazz de la Cie, un jazz ouvert qui lutte pour renouveler ses formes, qui questionne le(s) sens. Il crée un festival d’été nommé « Hestejada de las artas » où il accueille Jaques Di Donato, André Minvielle, François Corneloup, Michel Portal, Beñat Achary, Sylvain Luc, Jean-Louis Chautemps, … mais les musiciens ne sont pas les seuls à fréquenter le festival. On y trouve aussi des poètes et des écrivains comme Bernard Manciet, Edouard Glissant, des plasticiens comme Ernest Pignon, des sociologues et même des syndicalistes.

Sans cesse en recherche, Bernard Lubat se dit « œuvrier créateur » et « chercheur d’art ». Il est en fait un musicien en liberté qui résiste contre le système et questionne sans cesse la musique et le monde. Inventer, bricoler, croiser, questionner, douter. Pour lui, « le jazz est une colère, un rire, un humour, une insolence, du corps, de la pensée »… « de la composition permanente, instantanée multi-immédiate ».

Pour mieux profiter de cette résidence de Bernard Lubat à l’AmphiJazz, on conseille la lecture d’un petit bouquin savoureux où le musicien livre sa vision de l’artiste et expose l’intérêt de l’improvisation comme outil de création. Il s’agit de l’ouvrage sorti en juillet 2016 aux Éditions Court Circuit et intitulé « Lubat Incendiaire », entretien dodécaphonique avec Jean-Marie Faure. Un livre où l’on apprend qu’on ne s’improvise pas improvisateur.

On comprend d’emblée que la résidence de Bernard Lubat ne ressemblera à aucune autre et sera l’occasion pour les spectateurs de découvrir un jazz qui refuse de se laisser formater, un jazz loin des sentiers battus qui se laisse saisir par qui veut bien l’approcher sans a priori et être disponible pour le recevoir.

Le jeudi 13 avril à 20h30, la soirée sera Intranquille. Le Gascon Bernard Lubat  (piano/batterie/voix) convie son compère basque le guitariste Sylvain Luc. De la musique sans papiers, 100% improvisée, groove inclus, énergie intacte, joie de jouer sans borne.

Le vendredi 14 avril à 20h30, l’UZ Quartet invite Louis Sclavis. Pour Bernard Lubat, Louis Sclavis est un « artistisan » de la musique improvisée, un vrai improvisateur. Bernard Lubat tient les claviers, son fils Louis Lubat est la batterie, Fabrice Vieira assure le chant et la guitare et Louis Sclavis est annoncé à la clarinette basse. Une soirée comme une promesse d’invention pour découvrir une musique que l’on ne trouve pas dans les bacs du commerce, une musique non formatée, une musique à vivre en direct.

Le samedi 15 avril à 20h30 est l’occasion pour Bernard Lubat d’inviter Jacques Di-Donato, ancien camarade de promotion, ancien professeur du CNSMD de Lyon et présent dans la première Cie Lubat. On retrouve Bernard Lubat au piano et au chant, Fabrice Vieira à la guitare et au chant, Jules Rousseau à la guitare basse, Thomas Boudé à la guitare et Jacques Di Donato à la clarinette basse. Une rencontre à travers les âges, les générations, les genres, l’énergie au cœur et l’imaginaire à l’abordage. De la musique à vivre qui n’en finit pas de commencer.

Il convient aussi de repérer les deux séances d’Amphi-Midi proposés à 12h30 le mercredi 12 et le vendredi 14 avril. Lors du premier rendez-vous Bernard Lubat (voix, piano, textes) en solo propose des « Improvisions d’oreilles ». Avec lui « laissons aller… improviser… respirer… la pensée ». Lors du second moment, Bernard Lubat promet des « Mosicans solis solos ». des solos de Bernard Lubat, accordéon/mots, Louis Lubat, batterie/mots, Fabrice Vieira, guitare/mots. L’occasion de saisir comment entre culture et artistique, oral et écrit, improvisé et interprété, s’élabore et se cultive la personnalité d’un artiste œuvrier musicien contemporain.

Pour Bernard Lubat, l’art doit faire réfléchir et divertir, avertir et éduquer, faire vivre ensemble et autonomiser mais aussi troubler, exciter et provoquer. Pour vibrer en ce sens, rendez-vous du 13 au 15 avril à l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon.

Un avant-goût du duo Lubat/Luc…

Jon Urrutia Trio dévoile « The Paname Papers »

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Opera Underground – Les RV d’octobre 2018

Opera Underground – Les RV d’octobre 2018

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John Scofield sort « Combo 66 »

John Scofield sort « Combo 66 »

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A Vaulx Jazz-Combat Jazz-Naissam Jalal-Marc Ribot

A Vaulx Jazz-Combat Jazz-Naissam Jalal-Marc Ribot

Naissam Jalal-Marc Ribot, le jazz résiste et combat

A Vaulx Jazz intitule la soirée du 17 mars, « Combat Jazz ». Sur scène, deux groupes. La flûtiste Naïssam Jalal & Rythms of Resistance. Le guitariste Marc Ribot & Ceramic Dog. Une ode à la résistance et un manifeste véhément contre les oppressions. Le jazz, musique toujours d’actualité pour porter les combats.

« Soirée Combat Jazz ». L’accroche est bonne dans le monde actuel en convulsion où plus rien n’est acquis. De tout temps l’art s’est mobilisé pour combattre. Le jazz a déjà été le fer de lance de la minorité afro-américaine contre les discriminations. Aujourd’hui encore le jazz persiste et signe. Dans cette soirée du 17 mars 2017 il devient instrument de lutte et tente de mobiliser contre l’indifférence, sensibiliser aux injustices, mettre en garde et engager au combat. En effet, A Vaulx Jazz donne la parole à deux musiciens issus de cultures différentes. Naissam Jalal-Marc Ribot. Deux musiques quasiment aux antipodes.

Acquis par avance au discours du légendaire guitariste Marc Ribot, le public découvre avec intérêt le talent de la flutiste, compositrice Naïssam Jalal accompagnée de son groupe « Rythms of Resistance ».

La soirée ouvre avec Naïssam Jalal and Rythms of Resistance, le quintet de la franco-syrienne Naïssam Jalal, compositrice, flûtiste et joueuse de ney (flûte oblique à embouchure terminale en roseau). Très concentrée la jeune-femme présente son projet dont le nom, « Almot Wala Almazala« , « la mort plutôt que l’humiliation » campe d’emblée le sens du combat. Celui que le peuple syrien a engagé contre le pouvoir en place « pour vivre libre et digne dans son pays ». Naïssam Jalal offre sa musique en hommage aux martyrs de ce grand peuple.

On a déjà loué lors de sa sortie le 10 novembre 2016, la musique de « Almot Wala Almazala« , le dernier album de la flutiste Naïssam Jalal and Rythms of Resistance. La découverte du projet en concert confirme l’écoute du disque. Loin des cadres traditionnels formatés des musiques orientalisantes, les compositions de la jeune flûtiste sont servies par des interprètes virtuoses qui se jouent des modes orientaux pour construire une musique porteuse de révolte et d’espoir. La mise en place est parfaite. La rythmique soutient l’expression remarquable des solistes.

Totalement investie dans sa musique Naïssam Jalal fait preuve sur la flûte traversière d’une virtuosité dans pareille. Ses improvisations impressionnent. Elle maîtrise parfaitement le vocabulaire modal et aussi la pratique du jouer-chanter sur la flûte. Les cris ou les plaintes de sa voix doublent ses envolées furieuses ou ses mélopées éthérées. Elle embouche le ney pour un solo empreint de tristesse qu’elle élève contre les violences policières.

Le charismatique saxophoniste franco-marocain Mehdi Chaïb assure une prestation excellente. Sonorités stridentes et exacerbées, tout en retenue ou au contraire totalement extraverties. Il apporte un soutien rythmique efficace au chant de la flûte dont il magnifie les expressions et, au derbouka, il échange avec la section rythmique à plusieurs occasions.

Composée du contrebassiste Zacharie Abraham et du batteur italien Francesco Pastacaldi, la solide section rythmique assure un soutien sans faille à l’expression très libre des solistes. En osmose avec les propos de la flûtiste, le guitariste et violoncelliste allemand Karsten Hochapfelt tisse des climats singuliers. L’archet de son violoncelle double souvent celui de la contrebasse pour créer une ligne de basse continue lancinante et grave. On a apprécié le climat disruptif et ludique du morceau Où est passé le bouton pause de mon cerveau ? qui permet au guitariste de partir librement en impro.

La musique de Naïssam Jalal a gagné son combat. Des compositions aux arrangements somptueux se dégage une musicolère combative et ondoyante. A travers elle on entend le combat du peuple, les cris de révolte qui s’élèvent mais l’espoir advient et pour finir l’amour triomphe au-delà des frontières.

Le second set revient à Marc Ribot et son projet Ceramic Dog. A ses côtés, Shahzad Ismally à la guitare, basse, percussions et Moog et le batteur Ches Smith. Si le nombre de musiciens diminue, l’intensité sonore augmente. L’ambiance se profile comme enragée voire nucléaire. Le guitariste présente un brûlot enflammé contre le capitalisme et le consumérisme crié sur une musique libérée de toute frontière. Une esthétique vigoureuse qui hésite entre rock post punk et jazz avant-gardiste underground.

Le groupe se présente comme un triangle à géométrie mouvante. Deux guitares, une batterie et trois voix. Une voix, une guitare, une basse et des percussions. Deux voix, deux batteries, une guitare. Le guitariste virtuose sait tout faire et ne bride à aucun moment l’expression de son orchestre qui apparaît comme une extension de lui-même. Si la musique affiche la rage et la violence, elle n’en est pas moins construite avec une précision surprenante. Le guitariste pilote la machine à musique et les morceaux se succèdent sans interruption sous sa férule attentive.

Marc Ribot n’est pas content et il le fait savoir. Il se partage entre guitare et voix pour exprimer sa rage contre la société de consommation et ses dérives dont le téléchargement illégal des musiques. Il dénonce les méfaits du capitalisme qui abandonne ses enfants et perpétue la ségrégation à tous les niveaux de la société. Sur des rythmes effrénés, les improvisations de la guitare crient la désespérance et la colère. Sa voix hurle la révolte et appelle à la résistance et au combat.

Les formes éclatent sous les coups de butoir d’un batteur, réincarnation vivante d’un Vulcain féroce mais élégant. Si le batteur hache le rythme, le bassiste fait ronfler les graves avant de se saisir du manche de la guitare pour rejoindre le leader et hurler avec lui. Il utilise ensuite le Moog pour relancer la folie jusqu’au paroxysme et s’acharne sur ses tambours pour rejoindre le batteur infatigable.

Les spectateurs adhèrent à la musique de ces trois fauteurs de trouble qui parviennent à rallier les suffrages d’un public amateur de musique enragée, convulsive mais généreuse et inventive.

La musique de Marc Ribot zigzague entre les styles qu’il se réapproprie. Il emprunte tout à la fois les atours du jazz, du rock, du punk, du blues et des musiques improvisées qu’il compacte en un format très singulier, une sorte de paroxyjazz enrocké qui tronçonne et caresse à la fois. 

Jon Urrutia Trio dévoile « The Paname Papers »

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John Scofield sort « Combo 66 »

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A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz – Dirty Dozen Brass Band

A Vaulx Jazz 30ème édition, soirée d’ouverture festive

 

L’esprit de la Nouvelle-Orléans plane sur la soirée d’ouverture du Festival A Vaulx Jazz#30. Après le Zozophonic Orchestra arrive sur scène le Dirty Dozen Brass Band. Cette fanfare culte fait régner l’esprit de la fête sur le Centre Culturel Communal Charlie-Chaplin.

C’est au Zozophonic Orchestra qu’échoie de débuter la soirée d’ouverture du 30ème Festival A Vaulx Jazz le 16 mars 2017 à Vaulx-en-Velin. Quatre ans après leur précédente venue au festival, les six « zozos » parviennent à mobiliser l’enthousiasme des spectateurs. Le groupe présente le répertoire de son nouvel album ce qui explique sans doute le manque de délire et de spontanéité de la prestation très réglée.

Le set est pourtant mené avec entrain par cet orchestre joyeux. Le chanteur “Manouche” Fournier, le guitariste Nicolas Frache, Sylvain Felix au saxophone baryton, Jean Crozat au trombone, Etienne Kermarc  à la basse et Jean Joly à la batterie. Devant la scène le public adhère à la musique qui zigzague entre blues, rock, country et esprit néo-orléanais.

Le décor est planté, le public est prêt… le tapis rouge peut être déroulé pour accueillir de  la star des Brass-Bands, le Dirty Dozen Brass Band.

Véritable institution de la Nouvelle-Orléans, le Dirty Dozen Brass Band (DDBB) fête sur les routes du monde le quarantième anniversaire de sa création avec à sa tête ses deux membres fondateurs le trompettiste Gregory Davis et le saxophoniste baryton Roger Lewis.

Cette formation a renouvelé le répertoire des ensembles de cuivres de la Nouvelle Orléans. Sa recette, dynamiter les thèmes des marches néo-orléanaises en les accommodant à la sauce funk, rock, jazz, pop. Un assemblage de musiques propre à cet orchestre mythique qui inspire de nombreux brass-bands de par le monde. Entre respect des traditions et modernité à l’approche très funk, le souffle du DDBB bidouille un groove incandescent crado mais bon enfant.

Attaché au courant des musiques populaires le DDBB renouvelle les fondations de la tradition mais colle à la réalité de la musique d’aujourd’hui. Avec simplicité et cordialité le groupe invite le Zozophonic Orchestra qu’il entraîne dans son délire furieux. Le plaisir de Sylvain Felix et de Jean Crozat est palpable lorsqu’ils mêlent leurs souffles à ceux des cuivres du Dirty Dozen Brass Band. Peut-être le charisme des américains sera-t-il une source d’inspiration pour « Manouche » plutôt en retrait face à ces bêtes de scène.

Face au public tous les musiciens exultent. Sous des dehors plutôt calmes, Kevin Harris joint son chant et celui de son saxophone ténor à la liesse. Au sousaphone, Kirk Joseph assure les basses avec une vigueur impressionnante. Dommage que le son de cet instrument ait été quelque peu amputé de toutes ses harmoniques que l’on ne percevait que devant la scène en son direct. Malgré son frêle gabarit le guitariste Takeshi Shimmura fait merveille aux côtés de Julian Addison, batteur charismatique et infatigable.

En fin de soirée, quelques spectatrices sont même invitées sur scène pour s’associer à la liesse et à la danse des Américains survoltés.

La musique du DDBB unit plus qu’elle n’exclut. On peut dire qu’elle assume un rôle social le temps d’un spectacle en réunissant sur scène des musiciens de cultures différentes et en fédérant des publics de tous âges et de toutes cultures au rythme de la musique.

Un modèle dont pourraient s’inspirer les politiques pour mobiliser les citoyens. On voterait volontiers pour le Dirty Dozen Brass Band qui a réussi à inclure Fly me to the Moon dans son répertoire et à conduire les spectateurs dans leur ciel d’étoiles. On a apprécié le professionnalisme sans faille des musiciens du DBBB qui semblent encore habités par le plaisir de jouer et de partager, même après 40 années de métier.

A partir de mélodies très simples le Dirty Dozen Brass Band fait planer une allègre cacophonie dans la salle. Parties vocales collectives, fragments de spirituals, enchaînements débridés, solistes brillants, arrangements festifs, de l’humour et de l’énergie à perdre haleine. La fanfare fait exploser les repères et aide à oublier la morosité quotidienne. Le Dirty Dozen Brass Band booste les humeurs et stimule les corps. Un abime d’énergie et de trouvailles comme remède à la tristesse.

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