Nuits de Fourvière 2017 – Focus sur Titi Robin

Nuits de Fourvière 2017 – Focus sur Titi Robin

« Rebel Diwana », un tournant mais pas une rupture

Le 05 juillet 2017, le festival des Nuits de Fourvière propose « Rebel Diwana », le nouveau projet de Titi Robin. Un manifeste qui conserve la langue modale, mélodique et rythmique que l’artiste a forgée au fil du temps même si elle prend une forme de radicalité dans le son qui devient électrique.

Comme on a déjà eu  l’occasion de l’écrire dans la présentation de la programmation des Nuits de Fourvière 2017, Titi Robin est un artiste auquel le festival est attaché. Il a déjà été reçu deux fois par les Nuits de Fourvière. En 2014 avec Michael Lonsdale pour le projet « L’ombre d’une source » à partir des textes poétiques du musicien et en 2016 avec Erik Marchand, un très ancien compagnon musical dans une soirée aux teintes bretonnes.

En 2017, « Rebel Diwana » est le troisième projet que les Nuits de Fourvière présentent en coproduction avec l’Épicerie Moderne de Feyzin, qui a accueilli en résidence Titi Robin et ses musiciens en janvier 2017. Ils seront de nouveau accueillis pour quelques jours à Feyzin avant le concert du 05 juillet à l’Odéon qui sera suivi de l’enregistrement d’un album.

Le 02 mai 2017, les Nuits de Fourvière organisent une rencontre et un showcase de Titi Robin à la librairie Musicalame spécialisée dans les ouvrages musicaux. Richard Robert, conseiller artistique et assistant à la programmation musical du festival engage l’artiste à retracer rapidement son parcours musical avant d’aborder la création proprement dite. A l’issue de l’échange l’artiste gratifie le public d’une prestation solo à la guitare électrique qui restitue l’esprit du projet « Rebel Diwana ».

Enflammé, Titi Robin rappelle qu’il a musicalement pris « des chemins qui ne sont pas ceux de la culture dominante en occident ». Il a toujours été « …très intéressé par les musiques populaires, celles qui viennent du peuple, les musiques traditionnelles ». Issu « d’un milieu populaire, de l’ouest de la France du côté d’Angers » il est « fier de ses racines » et a appris la musique de manière autodidacte à partir des rencontres humaines qui ont jalonné sa vie et qui ont été « (s)on université ». D’abord aux côtés des jeunes Marocains, « des berbères du Moyen Atlas » et des Gitans de son quartier puis a continué avec d’autres musiciens de proximité géographique comme le breton Erik Marchand. Avec eux, il se sentait « comme à la maison » avant de jouer, entre autres, avec des musiciens de l’Inde, de la Turquie, du Maroc.

Loin des musiques « dominantes anglo-saxonnes » (commercialement parlant) que sont le blues, le rock et le jazz et bien avant que n’existe le courant de la World Music et de ses aléas commerciaux, Titi Robin a forgé son propre langage auprès des communautés gitanes et orientales, mêlées à son environnement. Son approche musicale s’inspire de ces musiques traditionnelles orientales. Il joue « avec eux sans les imiter ». Titi Robin déclare que « les musique orientales, celle qui partent du sud de l’Europe, englobent la méditerranée et vont jusqu’au nord de l’Inde ont des lignes de force liées à l’histoire, avec des échanges au niveau de la musique mais aussi de la poésie, de la philosophie. Même si cela ne correspond pas aujourd’hui à une réalité géopolitique, pour moi le bassin méditerranéen, les Balkans et à travers l’Asie centrale jusqu’au Nord de l’Inde, aujourd’hui je trouve toujours des musiciens qui comprennent ma façon de jouer dans ces lieux-là. Même si les musiques sont différentes, on a une même logique de langage, ce qui n’est pas le cas avec le courant anglo-saxon, ce pour des raisons musicologiques. En effet, ma musique est plus modale alors que le jazz et le rock sont des musiques harmoniques ». Pour lui « un langage n’est jamais séparé d’une certaine philosophie, d’une manière de voir le monde et celle de ces musiques, me correspondent ».

Ainsi toute sa carrière, Titi Robin dit avoir « creusé de manière hyper pointue le même sillon » sans s’éparpiller. Pour éclairer son propos, Titi Robin précise : « Que je joue avec un Gitan, un Indien, un Arabe ou un Turc, dans la réalité, ce sont en fait eux qui jouent ma musique. Ils peuvent la jouer car mon style est proche de leur style, il y a terrain commun. Ce sont eux qui s’adaptent…. Jusqu’à aujourd’hui quand je fais un nouveau projet, je prends parfois des thèmes que j’ai composés il y a 30 ans. Mon style a évolué dans la forme mais le caractère, l’identité, ma manière de fonctionner, rythmiquement, mélodiquement, n’a pas bougé du tout. ».

A Fourvière le 05 juillet, « Rebel Diwana » est un jalon important dans le parcours de Titi Robin qui déclare : « Tazeri », mon dernier disque est le vingtième. Vingt albums, cela constitue une œuvre cohérente et je pense avoir exprimé ce que j’ai voulu dire. Il y a sans doute encore des malentendus mais aujourd’hui je peux aller plus loin. Sans faire de concession par rapport à mon langage je peux utiliser des instruments qui font partie de la musique dominante. Ainsi je prends une guitare électrique, je profite à plein du volume, de sa rugosité, des effets de distorsion, de l’épaisseur, du grain mais j’utilise les mêmes modes pour mes impros. »

Ainsi, même s’il se saisit d’un instrument emblème de la culture dominante anglo-saxonne et passe à la guitare électrique Fender, il demeure dans la continuité de sa démarche. Le projet « Rebel Diwana », « est une musique d’improvisation avec un gros volume sonore ».

Pour ce nouveau projet seront à ses côtés, ceux qu’il nomme « ses familiers ». Murad Ali Khan, un compagnon de longue date, joueur de sarangi, une vielle à archet. Shuheb Hasan, « jeune chanteur qui sait improviser ». Il chante la mélodie sur les textes écrits par Titi Robin et traduits en hindi. Titi Robin précise : « Il y a la voix qui chante la  mélodie et la poésie puis celle qui improvise. Pour qu’on comprenne ce que dit le chanteur, j’assume la lecture de texte en français sur fond musical et Shuheb Hasan prolonge avec le chant et ensuite il prend en charge l’improvisation ».

Pour ce projet « Rebel Diwana » le guitariste utilise les instruments de la musique occidentale comme des outils qu’il met au service de sa propre musique. C’est ainsi que Titi Robin invite ceux qu’il appelle « les exotiques ». Arthur Alard à la batterie, Nicholas Vella aux claviers et Natallino Netto à la basse. Au lieu de l’accordéon, sont utilisés les claviers, « le timbre change, c’est un autre habillage ». Au tandem batterie/basse, le leader demande de réinventer un jeu rythmique qui naisse de son style musical et ne se cale pas sur une logique anglo-saxonne. Pour ce faire il supprime la cymbale charley et demande à la basse de s’inspirer du jeu du « gembri des musiciens gnaoui »… et ça fonctionne, les musiciens sont entrés dans sa logique musicale après leur résidence de janvier 2017 à l’Épicerie Moderne et la création « Rebel Diwana » s’inscrit tout à fait dans le langage intime et personnel de Titi Robin;

A l’attention de ses fidèles, Titi Robin précise : « si « Rebel Diwana » est un nouveau projet, je ne laisse pas tomber ma guitare. C’est une Di-Mauro que j’ai achetée en 80 et avec laquelle j’ai fait toute ma carrière et je ne vais pas l’abandonner. J’ai besoin de proposer ce nouveau projet et j’ai envie de réussir ce pari. Si je réussis il faut que cela soit compris par ceux qui me suivent et ceux qui me découvrent ».

Ce nouveau projet ne l’empêche donc pas de poursuivre les autres. Il continue de tourner avec le super orchestre de ses trois disques « Les Rives », en trio avec Chris Jennings et Habib Meftah mais aussi avec Mehdi Nassouli sur le répertoire de « Tazeri », son projet précédent.

« Rebel Diwana », la nouvelle création de Titi Robin, constitue un événement essentiel de l’été à voir absolument le 05 juillet 2017 sur la scène magique de l’Odéon, dans le cadre du festival des Nuits de Fourvière.

Dans la carrière de Titi Robin, « Rebel Diwana » représente certes un tournant mais ne constitue nullement une rupture. Même en utilisant les instruments de la culture occidentale, Titi Robin, loin de la fusion demeure fidèle à son propre langage mélodique, rythmique et modal qu’il a forgé au fil des années, à travers les échanges humains et musicaux auxquels il est tant attaché. Fidèle et engagé dans une dynamique artistique et esthétique très personnelle, il continue à tendre des ponts entre les hommes par le biais de sa musique unique.

Pour plus de détails sur la création « Rebel Diwana » on conseille de consulter le site des Nuits de Fourvière et le site de Titi Robin pour découvrir plus avant l’artiste et ses projets.

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Triste nouvelle ! Le trompettiste Roy Hargrove s’est éteint à New-York, à l’âge de 49 ans, dans la nuit du vendredi 02 au samedi 03 novembre 2018. Sa musique transgénérationnelle a mis d’accord les amateurs de be-bop autant que les fans de hip-hop. A tout jamais merci Roy !

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Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Huit mois après la sortie de l’album « Mean Things », Miniatus Quartet propose son jazz le 17 Novembre 2018 au Centre Culturel de Lesquin et au festival Jazz d’H.Beaumont. La musique s’appuie sur les fondamentaux du jazz. Expressives et riches, les improvisations virtuoses prennent vie dans l’instant et explorent librement l’espace musical. Un album à découvrir.

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Europa Oslo, dernier album de l’ONJ dirigé par Olivier Benoit

Europa Oslo, dernier album de l’ONJ dirigé par Olivier Benoit

Passionnant et magnétique

Olivier Benoit et l’ONJ terminent leur tour d’Europe. Après Paris, Berlin et Rome, le projet Europa gagne Oslo. « Europa Oslo » dresse le portrait musical de la Norvège. La musique se renouvelle et fait alterner les climats. Une partition opératique passionnante.

Sur ce quatrième et ultime opus « Europa Oslo » (ONJ/L’Autre Distribution) sorti le 28 avril 2017, le directeur musical de l’ONJ, Olivier Benoit propose son nouveau programme créé en résidence à l’Académie norvégienne de musique d’Oslo, en décembre 2016. Pour ce faire il a associé deux artistes pour offrir un autre répertoire à la magnifique machine qu’est devenu l’ONJ. Le poète osloïte Hans Petter Blad auteur des textes de l’album et la comédienne Maria Laura Baccarini

Hans Petter Blad a traduit lui-même en anglais certains de ses textes réalistes qui résonnent avec les musiques d’Olivier Benoit. Connue dans le monde du jazz pour son travail auprès de Régis Huby  la comédienne Maria Laura Baccarini se fait chanteuse ou récitante avec l’ONJ et sa voix fascinante est un élément majeur sur cet album qu’elle habite littéralement.

Sur « Europa Oslo », l’ONJ d’Olivier Benoit donne à entendre son unité, sa cohérence sur soixante neuf minutes d’une musique singulière dont les richesses se dévoilent à chaque nouvelle mesure. Si la photo de couverture pourrait laisser augurer d’une musique plutôt froide, il n’en est rien, loin de là. Il s’agit d’une suite orchestrale qui prend les couleurs d’une forêt musicale bruissant de mille sonorités et de tout autant de nuances. Rythmique souple ou pulsatile, frottements gracieux ou grincements féroces des cordes, turbulences ou grâce des soufflants, voix qui passe du murmure au cri, sonorités fiévreuses et énergiques ou bruitisme inquiétant.

Avant de continuer plus avant à évoquer la musique de ce onzième Orchestre National de Jazz, il est bon de rappeler sa composition et de signaler que le directeur, Olivier Benoit, les a choisis après un appel à candidatures. Lui-même tient la guitare. Il est entouré de Maria Laura Baccarini (voix), Jean Dousteyssier (clarinettes), Alexandra Grimal (saxophone ténor), Hugues Mayot (saxophone alto), Fidel Fourneyron (trombone), Fabrice Martinez (trompette, bugle), Théo Ceccaldi (violon), Sophie Agnel (piano), Paul Brousseau (Fender Rhodes, synthétiseur basse), Sylvain Daniel (basse électrique) et Eric Echampard (batterie, électronique).

Le nuancier de la musique de l‘ONJ « Europa Oslo » est d’une richesse inouïe. La musique explose ou murmure. Elle porte à la rêverie ou évoque la révolte. On est surpris autant qu’enchanté. On apprécie les moments suspendus portés par la voix limpide et souple de Maria Laura Baccarini, les notes perlées de Sophie Agnel, les tumultueux emballements menés par la basse rugueuse de Sylvain Daniel et la batterie énergique d’Eric Echampard. L’orchestre tout entier rejoint les rythmiciens pour faire pulser un groove tellurique et fascinant.

Même s’il s’agit de la musique d’un orchestre devenu une véritable entité, les solistes ne sont pas en reste. Le saxophone d’Alexandra Grimal psalmodie sur Sense That You BreathePaul Brousseau fait exploser ses claviers électriques sur Ear Against The Wall porté par l’énergie pulsatile d’un Eric Echampard inépuisable. Sur Intimacy, la guitare d’Olivier Benoit se fait lyrique et il se déchaîne tel un rocker infatiguable comme pour s’élever au niveau du chant. Le saxophone alto de Hugues Mayot éclabousse A Sculpture Out Of Tune de ses spirales ascensionnelles qui rivalisent avec la voix de Marie-Laura Baccarini. Le trombone de Fidel Fourneyron donne le tempo et des couleurs à la fête sur An Immoveable Feast. La trompette de Fabrice Martinez prend son envol avec insolence sur Det Har Ingenting Å Gjøre soutenu par la guitare et l’orchestre tout entier.

Si la musique de cet album s’abreuve aux sources du jazz, du rock progressif et de la musique répétitive, elle résulte surtout du travail d’un directeur qui a su offrir l’espace nécessaire aux musiciens pour que l’ONJ devienne vraiment un groupe et sonne comme jamais encore l’ONJ ne l’avait fait et pourtant on a connu de beaux moments sous la conduite des précédents directeurs depuis 1986 qui a vu la naissance de cet Orchestre National de Jazz. 

Écouter « Europa Oslo » constitue une expérience qui dépasse largement la notion du simple plaisir. On ressent des moments d’intenses vibrations. On se laisse envahir par des émotions très fortes. On frissonne et on se sent transporté sur les cinq dernières minutes de « Pleasures Unknown », le titre bonus de l’album. C’est absolument bouleversant. On regrette vraiment que l’ONJ ne soit pas plus largement accueilli sur les scènes françaises. On envie les veinards qui pourront écouter ce répertoire avant juin 2018 et pourront ainsi vivre live des moments de bonheur musical intense.

« Europa Oslo ». La musique pulse et respire, vibre et s’envole, surprend et se réinvente de plage en plage. Chaque morceau permet à l’orchestre de faire résonner son propre vocabulaire pour écrire un langage qui n’a cesse de se renouveler. Avec l’énergie inventive d’un collectif innovant, l’ONJ explore tous les univers. Il élabore des instants poétiques mais génère des moments énergiques à la rythmique entêtante et tellurique.

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

Triste nouvelle ! Le trompettiste Roy Hargrove s’est éteint à New-York, à l’âge de 49 ans, dans la nuit du vendredi 02 au samedi 03 novembre 2018. Sa musique transgénérationnelle a mis d’accord les amateurs de be-bop autant que les fans de hip-hop. A tout jamais merci Roy !

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Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

Huit mois après la sortie de l’album « Mean Things », Miniatus Quartet propose son jazz le 17 Novembre 2018 au Centre Culturel de Lesquin et au festival Jazz d’H.Beaumont. La musique s’appuie sur les fondamentaux du jazz. Expressives et riches, les improvisations virtuoses prennent vie dans l’instant et explorent librement l’espace musical. Un album à découvrir.

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Saison 2017/18 à l’Auditorium de Lyon

Saison 2017/18 à l’Auditorium de Lyon

Entre Jazz, Rock & Chanson Française

La Saison 2017/18 à l’Auditorium de Lyon propose cinq concerts de jazz et élargit le paysage en direction du rock et de la chanson française. La nouvelle a de quoi ravir tous les amateurs de jazz et de musique en général car la teneur du programme est de haute volée.

Avec l’arrivée de la nouvelle directrice, Aline Sam-Gio, se poursuit le partenariat engagé avec succès par Jean-Marc Bador avec l’équipe de « Jazz à Vienne ». On se réjouit que le dialogue artistique continue entre l’AOL (Auditorium Orchestre National de Lyon) et « Jazz à Vienne ».

En effet, l’année 2016/17 a été riche en spectacles de jazz et de musiques du monde qui ont rallié des publics variés et enthousiastes, y compris le jeune public avec l’Amazing Keystone Big Band. Au regard de la proposition récemment dévoilée par l’Auditorium, la Saison 2017/18 à l’Auditorium de Lyon se profile comme un grand cru « Jazz, Rock & Chanson Française ».

La programmation à venir stimule les envies et fait naître la curiosité. Des valeurs sûres avec la venue de la chanteuse Dianne Reeves et le duo des complices Chick Corea et Steve Gadd. L’engagement des musiciens de l’ONL auprès des grandes stars du jazz que sont les frères Belmondo et Jacky Terrasson et le pianiste cubain Roberto Fonseca. L’offre audacieuse de faire groover l’orgue de l’Auditorium avec le Trio Rock The Organ. La proposition d’un concert participatif de Gospel. La mise en lumière de la musique de Barbara, 20 ans après sa disparition.

  • En 2017, quatre spectacles.

Le 28 septembre 2017 à 20h, une coproduction avec Jazz à Vienne réunit l’ONL conduit par Christophe Larrieu et Lionel Belmondo (saxophone, composition et arrangements), Stéphane Belmondo (trompette bugle), Jacky Terrasson (piano) accompagnés de Thomas Bramerie (contrebasse) et Simon Goubert (batterie). Ils honorent « Ravel et le Jazz ». Lionel Belmondo a arrangé un répertoire comportant des œuvres de Satie, Debussy et Ravel. Cette soirée met en évidence la modernité de Ravel.

Le 24 octobre 2017 à 20h, une coproduction avec Jazz à Vienne et Rhino Jazz(s) Festival présente la divine chanteuse, Dianne Reeves. Celle qui a conquis depuis 1987 tous les publics devant lesquels elle s’est exprimée, celle qui a été récompensée de cinq Grammys se présente avec le guitariste brésilien Romero Lubambo avec qui elle a engagé une collaboration fructueuse depuis déjà longtemps. A leurs côtés se produisent  Reginald Veal (contrebasse), Peter Martin (claviers) et Terreon Gully (batterie). La promesse d’une soirée où riment élégance et performance.

Le 27 octobre 2017 à 20h, hommage est rendu à la musique de Barbara, la grande chanteuse, auteure et compositrice disparue en 1997. Pour cette occasion le pianiste classique Alexandre Tharaud, à la carrière internationale, retrouve la comédienne Juliette Binoche pour mettre en lumière à la fois les mots et la musique de la Dame en noir à laquelle les deux artistes sont très attachés. Un propos minimaliste mais sans doute beaucoup d’émotion.

Le 19 novembre 2017 à 16h une coproduction avec Jazz à Vienne réunit sur scène deux monstres de la scène jazz, le pianiste Chick Corea et le batteur Steve Gadd. Les deux musiciens se sont retrouvés en 2016 à New-York après s’être croisés en 1969, 1977 et 1981. Ils présentent sur les scènes internationales un spectacle prometteur qui réunit autour d’eux des artistes dont les prestations ne cessent de faire l’unanimité : le guitariste Lionel Loueke, le saxophoniste et flutiste Steve Wilson, le bassiste Carlitos Del Puerto et le percussionniste Luisito Quintero. Pas de doute, la soirée sera tonique et festive.

  • En 2018, trois spectacles.

Le 26 mars 2018 à 20h, une nouvelle coproduction avec Jazz à Vienne présente Roberto Fonseca. Étoile incontestable du jazz cubain le pianiste vient en quartet sur la scène de l’Auditorium. Accompagné d’un trio 100% latino composé de Ramsès « Dynamite » Rodriguez (batterie), Adel González (percussions), Yandy Martinez Rodriguez (basse), le musicien va aussi se produire sur quelques morceaux accompagné par les cordes de l’ONL. La soirée promet de belles couleurs rythmiques et des envolées lyriques.

Le 12 avril 2018 à 20h et le 14 avril à 18h, en partenariat avec Jazz à Vienne, place à de dynamiques Concerts Participatifs autour d’œuvres célèbres de Gospel. Ces deux concerts prolongent le succès incroyable de Sweet Witness à l’Auditorium en janvier 2017. Les chanteurs reviennent donc avec l’ONL et des choristes de la région lyonnaise sous la direction de Pascal Horecka. Deux soirées magiques entre fête et exaltation.

Le 17 avril 2018 à 20h, le rock progressif investit l’orgue de l’Auditorium avec des musiques de Pink Floyd, Zappa, Metheny, Emerson Lake & Palmer et King Crimson. L’organiste Yves Rechsteiner est fasciné par la musique de Zappa et constitue le Trio Rock The Organ avec un percussionniste, Henri-Charles Caget et un guitariste électrique, Fred Maurin tous deux issus du monde du jazz. Ensemble ils ont élargi leur exploration du rock de Zappa aux univers d’autres groupes et musiciens fameux. L’assurance d’une soirée insolite.

Certes la rentrée de septembre 2017 peut paraître lointaine en ce mois de mai mais le temps passe vite. Pour anticiper et caler les agendas, une consultation du site de l’Auditorium de Lyon permet d’avoir plus de détails sur l’ensemble de cette « Programmation Jazz, Rock & Chanson Française ».

On gage que les spectateurs se mobiliseront nombreux sur les spectacles de la saison jazz 2017/18 et donneront encore une fois raison à l’AOL qui manifeste au fil des ans un réel souci de diversification des offres musicales et d’ouverture en direction de publics variés.

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

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Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

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« On a Monday Evening », concert inédit de Bill Evans

« On a Monday Evening », concert inédit de Bill Evans

L’univers evansien retrouvé

Le label Concord propose un concert inédit du pianiste américain Bill Evans, enregistré le lundi 15 novembre1976 au Madison Union Theater de l’Université du Wisconsin, en trio avec le bassiste Eddie Gomez et le batteur Eliot Zigmund. « On a Monday Evening », un album précieux.

C’est le 15 novembre 1976 un lundi soir au Théâtre de l’Union de l’Université de Madison du Wisconsin. Bill Evans est au piano, Eddie Gomez tient la contrebasse et Elliot Zigmund la batterie. Le concert est brillant … en tout cas c’est ce que l’on ressent quarante et unes années plus tard à l’écoute de cet album inédit, « On a Monday Evening » (Concord/Universal).

Certes depuis le décès de Bill Evans en 1980, sa discographie impressionnante ne cesse de s’épaissir s’enrichissant d’inédits en provenance des Etats-Unis, du Japon ou d’Europe mais tous les albums ne présentent pas un intérêt essentiel. Récemment on a eu l’occasion d’écouter « The Bill Evans Album » (Columbia/Sony) une réédition d’une session enregistrée en 1971 avec le même Eddie Gomez à la contrebasse et Marty Morell à la batterie. Le propos n’est pas enthousiasmant même si tous les titres enregistrés sont très bien interprétés (uniquement des compositions du pianiste). Pas de réelle magie. Ce n’est pas le cas pour ce qui concerne « On a Monday Evening » jamais publié, ni même piraté et enregistré live avec l’un des meilleurs trios de la fin de carrière de Bill Evans.

Après avoir interviewé Bill Evans pour la station de radio du College, Larry Goldberg et James Fraber parviennent à utiliser l’appareil de contrôle de la station et enregistrent le concert qu’ils conservent précieusement pour la postérité. Remastérisé à partir des bandes analogiques originales via l’utilisation des techniques les plus récentes de restauration, les enregistrements proposés sur « On A Monday Evening » présentent un excellent concert de jazz donné un certain 15 novembre 1976 par un Bill Evans au sommet de son art.

En effet, la musique du trio de Bill Evans entouré du bassiste Eddie Gomez et du batteur Eliot Zigmund témoigne de la force de l’art evansien à un moment charnière de sa carrière. Il s’agit d’un concert tonique un peu différent de ces moments introspectifs que le pianiste avait coutume d’offrir aux spectateurs. Comme à son habitude, le pianiste interprète des morceaux qui lui sont familiers. Huit titres dont trois de ses compositions personnelles, Sugar Plum, T.T.T. (Twelve Tone Tune), Time Remembered et des standards qu’il ré-interprète inlassablement tout au long de sa carrière comme, All of You ou  Someday My Prince Will Come.

« On a Monday Evening ». La qualité sonore est remarquable et sans les applaudissements, on oublierait presque qu’il s’agit d’une prise live.  La performance musicale du trio est éclatante de bout en bout. On constate combien chacun des musiciens s’exprime librement au sein de ce trio. On retrouve les subtilités mélodiques, le discours harmonique très développé du pianiste et son jeu quasiment polyphonique. Il ne s’agit pas du Bill Evans méditatif et introspectif qu’il nous est souvent donné d’écouter mais d’un Bill Evans au jeu intense, lyrique, souple mais toujours subtil et raffiné.

Un titre du répertoire allège la dimension tonique de l’album. Il s’agit du magnifique morceau Minha (All Mine) que Bill Evans interprète avec une grâce rare, comme en apesanteur. La contrebasse et la batterie servent avec délicatesse et légèreté le propos du pianiste. Bill Evans joue rubato comme les pianistes romantiques le font. Le climat devient impressionniste. Un délicieux moment de rêverie.

A l’écoute de l’album « On a Monday Evening » on perçoit aussi une des caractéristiques introduites par Bill Evans dans le jeu du trio. Celui qui consiste à favoriser l’expression de chacun des musiciens, ce qu’on nomme l’interplay ou jeu interactif. Si la profondeur harmonique de l’accompagnement d’Eddie Gomez est indéniablement perceptible on apprécie surtout de pouvoir écouter ses brillants chorus à l’archet sur All of You par exemple et ses improvisations volubiles, rapides et très déliées sur le manche de la contrebasse lors de ses échanges soutenus avec le pianiste comme sur T.T.T. Le batteur Zigmund Eliot vient tout juste d’intégrer le trio de Bill Evans et restera avec lui jusqu’en 1979. Son accompagnement subtil cède le pas à des frappes pêchues et inspirées dès qu’il lui est donné d’intervenir lors des échanges 4/4 ou des improvisations.

Cet album « On a Monday Evening » (Concord/Universal) vient enrichir l’héritage discographique de Bill Evans, ce pianiste devenu une référence, un modèle pour des générations de pianistes, celui qui possède l’art de sublimer la mélodie, celui qui a « créé » une esthétique particulière et a renouvelé l’art du trio. Bill Evans a en effet sorti la batterie et la contrebasse de leur rôle d’accompagnateur et a ainsi renouvelé la formule du trio jazz moderne piano/contrebasse/batterie.

Disparition du trompettiste Roy Hargrove

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Clin d’œil à Miniatus Quartet & « Mean Things »

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Bill Evans – « Mini Mémo »

Intense et subtil, lyrique et raffiné, méditatif et poignant

Williams, John, Bill Evans

16/08/1929 à Plainfield, New Jersey-USA - 15/09/1980 à New-York-USA

Pianiste et compositeur de jazz, Bill Evans représente toujours une référence majeure dans l’art du piano qu’il a transformé. Créateur d’une esthétique singulière qui sublime la mélodie, il pratique un discours harmonique très développé et emploie dans son jeu des subtilités rythmiques inouïes. Il a aussi bouleversé l’art du trio piano-contrebasse-batterie. Après lui, la contrebasse et la batterie sont élevées en place de solistes et ont toute latitude à dialoguer avec le piano.

Né dans une famille mélomane, le jeune Bill Evans commence l’apprentissage du piano à l’âge de 6 ans après s’être essayé au violon et la flûte. Il s’intéresse au jazz à travers les musiques de Nat King Cole puis Bud Powell et Lenny Tristano. Après avoir obtenu en 1950 son diplôme de fin d’études au Southern Louisiana College d’Hammond, il est engagé dans l’orchestre du saxophoniste Herbie Fields avant d’être mobilisé durant trois ans dans l’armée. Après sa démobilisation en 1954, il poursuit sa carrière de jazzman et travaille au sein de divers orchestres de danse et de petits clubs de New-York jusqu’en 1955 où il est repéré et engagé par George Russell avec qui il enregistre. Il travaille aussi avec Tony Scott.

En 1956 il constitue son premier trio avec Teddy Kotick (contrebasse) et Paul Motian (batterie) et réalise son premier disque en tant que leader, « New Jazz Conceptions » (Riverside) où apparaît déjà son identité harmonique. Il commence à être sollicité par les jazzmen et travaille avec Tony Scott, Helen Merrill ou Charles Mingus où le trompettiste et compositeur Miles Davis le remarque et fait appel à lui.

En 1958 il fait partie du sextet régulier de Miles Davis, entre avec lui en studio et participe à l’enregistrement de « Basic Miles » puis du fameux album « Kind df Blue » en 1959. Il continue de travailler en sideman jusqu’en 1963 auprès de nombreux leaders comme le saxophoniste Cannonball Adderley, le batteur Philly Joe Jones, le trompettiste Chet Baker, le saxophoniste Lee Konitz et même avec Michel Legrand.

En 1959, c’est la naissance du trio mythique avec Paul Motian et le jeune contrebassiste Scott LaFaro. Dans ce trio il commence aussi à forger son esthétique. C’est aussi au sein de ce trio que se développe ce qui va caractériser la nouvelle dynamique du trio piano-contrebasse-batterie induite par Bill Evans et qui se nomme l’interplay. Cela authentifie un nouveau statut à la batterie et à la contrebasse qui quittent leur statut d’accompagnateurs et deviennent des solistes à part entière. Ainsi les trois instruments, piano, contrebasse, batterie, échangent de façon « démocratique » et les morceaux donnent lieu à des échanges stimulants. Des enregistrements fameux témoignent de l’entente qui règne entre ces trois musiciens.

En 1961, Scott LaFaro décède dans un accident de la route ce qui va affecter Bill Evans. Aux côtés du pianiste vont se succéder plusieurs contrebassistes mais il parvient à retrouver une belle entente avec Chuck Israels et Paul Motian toujours présent. ce dernier le quitte en 1964 à la suite de quoi plusieurs batteurs se succéderont auprès de Bill Evans dont Larry Bunker, Arnold Wise, Philly Lee Jones et Jack DeJohnette.C’est la période durant laquelle le pianiste questionne la formule du trio jusqu’au départ de Chuck Israels en 1966.

Il faut attendre que les routes du pianiste croisent celles du contrebassiste Eddie Gomez (en 1966) et du batteur Marty Morell (1968) pour que Bill Evans reconstitue un autre trio avec lequel il va tourner de 1968 à 1974. De 1975 à 1979 c’est Eliot Zigmund qui prend place derrière les fûts. En 1979, Bill Evans constitue son dernier trio régulier avec le contrebassiste Marc Johnson et le batteur Joe Labarbera. Avec eux point d’enregistrement en studio mais des live fabuleux dont beaucoup sortiront après sa mort qui survient en le 15 septembre 1980.

Toujours en quête de perfection, Bill Evans a exploré les même thèmes tout au long de sa vie jusqu’à sublimer littéralement les mélodies de ses propres compositions ou des standards choisis. Bill Evans a particulièrement apprécié les rythmes à trois temps (comme en témoigne sa fameuse Waltz for Debbie) qui convient tout à fait à son phrasé où alternent retenue et dynamique.

Chez Bill Evans la main gauche déchargée de son rôle rythmique lui permet de développer un discours harmonique extrême par le biais de renversements d’accords. Il s’exprime en de longues phrases limpides où il pratique l’art de la nuance. Il conserve en effet un jeu tout en pondération quel que soit le tempo et la force de son jeu, son toucher conserve la douceur même dans les forte. Bill Evans est coutumier de subtilités rythmiques qui restituent les effets du fameux rubato des pianistes romantiques chez qui le changement de tempo insuffle tant de sensibilité à la musique.

L’art unique de Bill Evans continue à inspirer les pianistes et on ne se lasse pas d’écouter sa musique qui demeure d’une modernité étonnante.

Une sélection de nos disques préférés

  • « Bill Evans Trio - Portrait In Jazz » (Riverside), 1959, avec Scott LaFaro et Paul Motian
  • « Sunday at the Village Vanguard » (Riverside), 1961, avec Scott LaFaro et Paul Motian
  • « The Bill Evans Trio - Moon Beams » (Riverside), 1962, avec Chuck Israels et Paul Motian
  • « Alone » (Verve), 1968, Bill Evans piano solo
  • « On a Monday Evening » (Concord), 1976, sorti en 2017, avec Eddie Gomez  et Eliot Zigmund
  • « Affinity » (Warner Bross Records), 1978, avec M. Johnson, E. Zigmund, T Thielemans et L. Schneider
  • « His Las Concert in Germany » (West Wind Records), 1980, sorti en 1980, avec M. Johnson et J. La Barbera

Références de lecture

  • Bill Evans, Alain Gerber, Éditions Fayard, 2001, 360p. Préface de Pierre Bouteiller
  • Bill Evans - Portrait de l’artiste au piano, Enrico Pieranunzi, 2014, 157p, Éditions Rouge Profond
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