Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.
Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »
Un hommage vibrant aux arrangeurs
Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.
De facto, si les arrangeurs des projets musicaux de tous genres sont souvent dans l’ombre, leur rôle est pourtant fondamental pour que les objectifs artistiques souhaités par les musiciens compositeurs et/ou interprètes soient atteints.
C’est ce rôle essentiel des arrangeurs que les deux leaders, Baptiste Herbin et Minino Garay, ont voulu mettre en évidence au fil des treize pistes de l’album « Los Arregladores » (Continuo Jazz/UVM Distribution) dont la sortie est annoncée le 16 janvier 2026.
« Los Arregladores », un album érudit, sensible et audacieux.
Le projet « Los Arregladores »
Autour d’eux, Baptiste Herbin (saxophones soprano et alto) et Minino Garay (batterie et percussion) ont réuni le pianiste Léo Montana et le contrebassiste Felipe Cabrera. Ces quatre artistes forment un véritable collectif où les expériences croisées nourrissent une vision ouverte et généreuse de la musique. Le quartet a aussi invité le bandéoniste Patricio Tripa Bonfiglio à les rejoindre sur deux titres.
Il en résulte un voyage musical multiculturel et riche en révélations dont Baptiste Herbin, prétend avec humour qu’il « rend hommage au jazz et à ses déclinaisons, à la sauce sud-américaine ».
Le quartet et son invité sont tous très liés avec l’Amérique latine.
Ambassadeur musical de l’Amérique du Sud en France, Minino Garay a été élevé dans l’environnement de la musique populaire argentine. Musicien à l’esprit foisonnant et curieux, il a puisé dans ses origines et les a confrontées à d’autres genres avec d’autres grands noms de la musique, sur les scènes de diverses parties du monde. Arrivé en France à Paris dans les années 1990, il a été le premier percussionniste à faire connaître le cajon péruvien (instrument de percussion) en France. Il a enregistré plus de 250 albums en collaboration avec de multiples artistes. Dans le projet « Los Arregladores », il assure la rythmique de chaque titre à travers des rythmes comme la Chacarera, Cueca, Joropo, Habanera, Bolero, Tango, Landó, Festejo, Marinera - sans oublier une touche de rythme Gnawa. Minino Garay combine le spoken word, cette poésie parlée à voix haute, avec ses influences imprégnées par l’esprit du tango poésie.
Lauréat du prix Django Reinhardt 2019, Baptiste Herbin est aujourd’hui un artiste incontournable de la scène jazz française et internationale. Enseignant, il donne des master classes dans le monde entier. Sa musique et son jeu sont influencés par Charlie Parker, Cannonball Adderley, Ornette Coleman, Maceo Parker, John Coltrane, la musique malgache, balkanique ou brésilienne, mais aussi des compositeurs classiques comme Debussy, Ravel et Bach. Ces inspirations diverses font de son jeu une expérience unique et intense. Après « Brother Stoon » (2010), son premier disque en leader, il a enregistré l’album « Interférences » (2014) puis « Dreams and Connections » (2017) avant de publier en 2020 son quatrième album « Vista Chinesa » (Space Time Records/Socadisc). En 2023, il publie « Symmetric » (Matrisse Production/L’Autre Distribution) enregistré avec le trompettiste Nicolas Gardel avant de revenir en 2024 en trio avec le remarquable « Django! » (Matrisse Productions/L’Autre Distribution). « Passionné par les peuples premiers des Amériques », le saxophoniste s’est impliqué avec grand intérêt dans le projet « Los Arredaglores ».
Avec ses origines sud-américaines, le pianiste Leo Montana est réellement ancré dans le jazz. Dans l’âme, il a la Bolivie où il est né, le Brésil et la Guadeloupe où il a grandi avant de s’installer à Paris. Sur les touches noires et blanches de son clavier, il a élargi son jeu pianistique en participant à des projets très éclectiques dans de nombreux festivals et clubs du monde entier. Il a joué aux côtés de Felipe Cabrera, Raul de Souza, Anne Paceo, Celine Bonacina, Geraldine Laurent, Naïssam Jalal, Claude Tchamitchian, Irving Acao, Gueorgui Kornazov, Dave Liebman, Chico Freeman, Arnaud Dolmen, Christophe Panzani, Line Kruse, Sandro Zerafa et avec nombre de vocalistes. Il pratique aussi la composition de musique de scène et a participé à la création de deux opéras, lors du Festival d’été du Wem (Var), « Variations provençales » en 2008 et « Randonnée Dérandonnée » en 2010. Exemple parfait du mélange des cultures réussi, le pianiste a trouvé sa place dans le projet « Los Arredaglores ».
Né à la Havane, Felipe Cabrera est un musicien et compositeur cubain issu de la « Révolution ». Il a grandi dans une famille de mélomanes et est entré au conservatoire à douze ans. Il en sort quinze ans plus tard, diplômé de l’Instituto Superior de Arte, en qualité de bassoniste. C’est pourtant sur un autre instrument et dans un autre milieu que celui de la musique classique qu’il s’est ensuite illustré. En effet, après avoir appris la contrebasse en autodidacte, en 1984 il remplace le bassiste du pianiste Gonzalo Rubalcaba. Il en est devenu ensuite le compagnon de route pendant quatorze ans, côtoyant les plus grands noms du jazz. Ainsi, en ayant choisi le jazz pour la grande liberté de création qu’il offre en termes d’expression, il s’est imposé comme un contrebassiste incontournable de la scène Jazz afro-cubaine. A l’aube de l’an 2000, il traverse l’Atlantique et rejoint le milieu latino de Paris où il se fait un nom. S’il s’est produit dans les plus fameux festivals et clubs de jazz de la planète et a partagé les scènes avec les plus grands tel Herbie Hancock, Wayne Shorter, George Benson, Omara Portuondo, Anga Dias, Harold Lopes Nusa, Tata Guinés ou encore Roberto Fonseca, le contrebassiste est aussi un compositeur talentueux. Il n’est pas étonnant au vu de sa formation, de ses origines cubaines et de son cheminement dans le milieu du jazz, que le rythmicien se soit engagé dans le projet « Los Arredaglores » dans lequel il retrouve Leonardo Montana avec lequel il a enregistré l’album « Mirror » (3D Family/MDC/PIAS).
Bandonéiste, arrangeur, compositeur et réalisateur argentin, Patricio Tripa Bonfiglio a rejoint les nouveaux groupes de Tango les plus importants des 15 dernières années. Il a aussi travaillé avec Gustavo Santaolalla pour son spectacle Arrabal. Le musicien donne des concerts sur des scènes d’Asie, d’Europe, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord. Il est aussi compositeur et milite pour que la musique et la danse Tango évoluent ensemble dans les salles. Il intervient sur deux titres du projet « Los Arregladores ».
Au fil des titres
Chaque morceau de l’album « Los Arregladores » est arrangé soit par les membres du quartet soit par dix autres artistes que Baptiste Herbin et Minino Garay admirent. Les morceaux sont ensuite réinterprétés par le groupe, avec un regard nourri de jazz, de rythmes traditionnels. Tout au long des plages musicales on perçoit la complicité musicale qui règne entre les musiciens.
Le répertoire débute avec Evidence, une composition de Monk sur des arrangements de Fernando Huergo et Mokhtar Samba. Minino Garay ouvre avec une rythmique segmentée et crée une pulsation assez inhabituelle pour ce thème bop. C’est ensuite avec un enthousiasme palpable que piano et alto exposent la mélodie à l’unisson. Leo Montana fait scintiller les notes sur son clavier et adopte lui aussi une manière originale de déstructurer le tempo. Il laisse ensuite la place à l’alto flamboyant de Baptiste Herbin dont la vélocité se plie aux exigences de la mélodie. Sa sonorité fluide et ronde n’est pas sans évoquer le jeu de Cannonball Adderley. Le morceau continue et se termine avec des séquences rythmiques ponctuées par des breaks et par les exclamations de Minino Garay.
Sur des arrangements crédités à Minino Garay et Jacky Terrasson, l’alto entame ensuite un solo chargé d’émotion sur la mélodie de Smile, écrite par Charlie Chaplin. Le saxophoniste est rejoint par Minino Garay et son cajon puis alto et piano croisent leurs chants avec ferveur. Le pianiste offre une improvisation libérée de toute pesanteur et son jeu confine à la frénésie. L’alto n’est pas en reste et Baptiste Herbin s’envole avec maîtrise dans l’univers des super-aigus. Son talent laisse rêveur. Pour terminer le morceau, Minino Garay pratique une polyrythmie dont la pulsation résonne d’échos africains.
Le quartet poursuit avec Spirits 15, la composition de Keith Jarret dont Minino Garay et Felipa Cabrera ont écrit les arrangements. L’interprétation évoque une cérémonie rituelle qui balance entre allégresse et nostalgie pour gravir les chemins des Andes.
Le répertoire continue avec Llorando se fu, chanson bolivienne du groupe Los Kjarkas sortie en 1981 et composée par Ulises et Gonzalo Hermosa dont Manu Guerrero a conçu les arrangements. L’alto de Baptiste Herbin s’exprime avec ferveur sur cette version originale de la lambada. Leo Montana prend le relais et exalte la mélodie du morceau que la rythmique segmente avec force.
Avec leur invité, le bandonéiste Patricio Tripa Bonfiglio, les musiciens transforment la composition d’Horace Silver, Nica’s dream. Sur des arrangements d’Abel Rogantini le titre devient un superbe tango irradié par le lyrisme fougueux du bandonéiste et l’impétuosité inspirée de l’altiste.
Le quartet enchaîne avec deux compositions de Baptiste Herbin, Malinche part. 1 et Malinche part. 2. Après une version mélancolique empreinte de sensualité et prise sur un tempo de rumba lente et langoureuse, le groupe poursuit avec une version plus entraînante qui met en lumière la fulgurance du jeu de l’altiste. Les citations se suivent dans son improvisation qui fait des clins d’œil à la valse musette tandis que la rythmique ternaire déstructurée impulsée par Minino Garay évoque la Chacarera, cette danse pleine d’énergie du folklore argentin.
Changement de décor avec le titre le plus court de l’album, Animas, une composition de Felipe Cabrera arrangée par le Minino Garay. De sa voix grave et embrumée, le chanteur parle plus qu’il ne chante en s’accompagnant du cajon et des cymbales alors que piano et alto tissent un contrechant nostalgique derrière le spoken word du percussionniste.
Retour à un standard de jazz avec une version originale et audacieuse du titre Night In Tunisia de Dizzy Gillespie. Les arrangements conçus par Baptiste Herbin, Diego Bravo et Diego Urcola dépaysent ce grand standard de jazz. L’alto virtuose s’envole vers les sommets et stimule le pianiste qui poursuit avec ferveur et propose une improvisation pétillante. Un grand moment de l’album.
Sur des arrangements de Lalo Zanelli et Miguel Ballumbrosio, Minino Garay entame ensuite sur ses percussions, l’introduction de Footprints, un autre standard de jazz, crédité à Wayne Shorter Le soprano de Baptiste Herbin transfigure le morceau et le métamorphose en un chant spirituel qui étonne autant qu’il séduit l’oreille.
Le répertoire se déroule et le piano entame Cien Años, la composition de Ruben Fuentes & Raul Cervantes arrangée par Baptiste Herbin. Avec délicatesse, l’alto expose la mélodie puis la contrebasse de Felipe Cabrera fait chanter ses graves tandis que voltigent les aigus de l’alto sur un rythme ternaire langoureux et syncopé qui évoque celui du Landó.
Le pianiste Leo Montana expose seul l’introduction de Black Narcissus, un autre thème de jazz composé par Joe Henderson sur des arrangements de Minino Garay et Leo Montana. Après cette entrée sensible et épurée, le piano est rejoint par le soprano de Baptiste Herbin qui adopte un phrasé très sobre et précis alors que la rythmique les soutient. Le pianiste continue avec un solo lumineux et développe un jeu torride avant de céder l’espace au saxophoniste qui prend une improvisation éblouissante à l’alto dont il tire des effets pleins d’éclat.
Le voyage musical se termine avec La Peregrinacion d’Ariel Ramirez sur des arrangements de Minino Garay. Le bandonéiste rejoint le collectif. Les mots de Minino Garay, le bandonéon et jeu de tous les musiciens transfigurent la chanson en une Huella Pampeana, danse argentine, bien éloignée des versions pas toujours inspirées de la chanson connue en France sous le titre Alouette Alouette.
Grâce à « Los Arregladorres », les arrangeurs sont sortis de l’ombre, et nul ne s’en plaindra !
Pour écouter live le projet « Los Arregladores », rendez-vous à 21h30 les 05, 06 et 07 février 2026 au Sunside à Paris avec Baptiste Herbin, Minino Garay, Leo Montana, Pato Lisboa (contrebasse) et leur invité Patricio Tripa Bonfiglio.
Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »
2025… CD à ne pas rater !
En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.
2025… Ultimes « Coups de cœur »
Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.
Avec à ses côtés, Mark Helias (basse) et Eric McPherson (batterie), le pianiste
Constitué de
L’oreille est captivée par les onze plages du premier album « Atrium » (Pure Capture/L’Autre Distribution) de Julien Stella. Avec Line Belaïd (violoncelle) et Marie-Suzanne de Loye (viole de gambe) le clarinettiste et compositeur propose un opus acoustique dont il a composé la plupart des titres, hormis deux traditionnels qu’il a arrangés.
Sous la direction artistique de Daniel Yvinec, le pianiste Laurent Epstein consacre les dix titres de son album « French Movies In New York » (Plaza Mayor Company/The Orchard/Sony Music/Inouïe Distribution) aux grandes mélodies du cinéma français. À ses côtés il réunit le contrebassiste Eddie Gomez, le batteur Willie Jones III et la chanteuse Vanisha Gould.
Sur « Song for Abbey » (Les rivières souterraines/L’autre distribution) sorti le 14 novembre 2025, la chanteuse
Enregistré en fin d’année 2024 et sorti le 25 avril 2025, « Refuge » (Jazz Family) est le cinquième opus du guitariste
Premier album du oudiste
Sorti en CD le 11 octobre 2025, jour anniversaire d’Art Blakey, « Strasbourg 82 » (Gearbox Records) présente un concert explosif enregistré le 1er avril 1982 à Strasbourg, en France, au sommet de la renaissance du hard-bop. Entouré d’une nouvelle génération de prodiges, Terence Blanchard (trompette), Donald Harrison (saxophone alto), Johnny O’Neal (piano), Billy Pierce (saxophone ténor) et avec Charles Fambrough (contrebasse), le batteur Art Blakey propulse les Jazz Messengers dans une nouvelle ère, entre tradition et réinvention.
Après quinze années d’existence, cinq répertoires et cinq disques dont le célèbre « Love of Life » enregistré en Californie, une tournée aux États-Unis, des dizaines de concerts dans toute l’Europe et toujours le même enthousiasme à se retrouver, le trio formé de Vincent Courtois (violoncelle), Daniel Erdmann (saxophone ténor) et Robin Fincker (clarinette, saxophone ténor) a confronté son expérience commune, son évidente complicité et surtout un son unique, à ses naturelles réminiscences de jazz West Coast. Il en résulte « Lines For lions » (La Buissonne/PIAS), un superbe album sorti le 07 novembre 2025.
C’est en quintet qu’Henri Texier a enregistré son nouveau projet « Healing Songs ». En effet, sur cet opus, Emmanuel Borghi (piano, fender-rhodes) et Hermon Mehari (trompette) ont rejoint le trio constitué par Henri Texier (contrebasse), Sébastien Texier (clarinette, clarinette basse, saxophone alto) et Gautier Garrigue (batterie). Par ailleurs, le batteur Manu Katché est invité et participe à l’enregistrement de trois morceaux.

Sept ans après

Avec « Lili », Tom Bourgeois rend un hommage inspiré à la compositrice Lili Boulanger (1893-1918), sœur cadette de Nadia Boulanger.
Leïla Olivesi a goûté aux joies de la scène au sein de la troupe des « P’tits Loups du jazz » dès l’âge de treize ans. Corse par son père et mauritanienne par sa mère, Leïla Olivesi est née au Moulin d’Andé en Normandie et a grandi dans l’effervescence artistique et cosmopolite de son milieu familial, entre le bandonéon d’Astor Piazzola, Nina Simone et la musique de Miles Davis et John Coltrane.
A ses côtés, Leïla Olivesi a réuni Baptiste Herbin (saxophone alto), Adrien Sanchez (saxophone ténor), Jean-Charles Richard (saxophones baryton & soprano), Quentin Ghomari (trompette, bugle), Manu Codjia (guitare), Yoni Zelnik (contrebasse) et Donald Kontomanou (batterie). Sur un titre, la partition de saxophone alto est confiée à Olga Amelchenko.
« Songbook » annoncé pour le 14 novembre 2025 chez Artwork Records. A la tête de son trio, il se produit avec six chanteuses, Jean Baylor, Ann Hampton Callaway, Cécile McLorin Salvant, Ekep Nkwelle, Catherine Russell et deux chanteurs, Kurt Elling et Tyreek McDole.


