Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Un hommage vibrant aux arrangeurs

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

visuel de l'album "Los Arregladores"_Baptiste Herbin et Minino Garay présentent "Los Arregladores"De facto, si les arrangeurs des projets musicaux de tous genres sont souvent dans l’ombre, leur rôle est pourtant fondamental pour que les objectifs artistiques souhaités par les musiciens compositeurs et/ou interprètes soient atteints.

C’est ce rôle essentiel des arrangeurs que les deux leaders, Baptiste Herbin et Minino Garay, ont voulu mettre en évidence au fil des treize pistes de l’album « Los Arregladores » (Continuo Jazz/UVM Distribution) dont la sortie est annoncée le 16 janvier 2026.

« Los Arregladores », un album érudit, sensible et audacieux.

Le projet « Los Arregladores »

Autour d’eux, Baptiste Herbin (saxophones soprano et alto) et Minino Garay (batterie et percussion) ont réuni le pianiste Léo Montana et le contrebassiste Felipe Cabrera. Ces quatre artistes forment un véritable collectif où les expériences croisées nourrissent une vision ouverte et généreuse de la musique. Le quartet a aussi invité le bandéoniste Patricio Tripa Bonfiglio à les rejoindre sur deux titres.

Il en résulte un voyage musical multiculturel et riche en révélations dont Baptiste Herbin, prétend avec humour qu’il « rend hommage au jazz et à ses déclinaisons, à la sauce sud-américaine ».

Le quartet et son invité sont tous très liés avec l’Amérique latine.

Minino Garay_Baptiste Herbin et Minino Garay présentent "Los Arregladores"Ambassadeur musical de l’Amérique du Sud en France, Minino Garay a été élevé dans l’environnement de la musique populaire argentine. Musicien à l’esprit foisonnant et curieux, il a puisé dans ses origines et les a confrontées à d’autres genres avec d’autres grands noms de la musique, sur les scènes de diverses parties du monde. Arrivé en France à Paris dans les années 1990, il a été le premier percussionniste à faire connaître le cajon péruvien (instrument de percussion) en France. Il a enregistré plus de 250 albums en collaboration avec de multiples artistes. Dans le projet « Los Arregladores », il assure la rythmique de chaque titre à travers des rythmes comme la Chacarera, Cueca, Joropo, Habanera, Bolero, Tango, Landó, Festejo, Marinera - sans oublier une touche de rythme Gnawa. Minino Garay combine le spoken word, cette poésie parlée à voix haute, avec ses influences imprégnées par l’esprit du tango poésie.

BAptiste Herbin_Baptiste Herbin et Minino Garay présentent "Los Arregladores"Lauréat du prix Django Reinhardt 2019, Baptiste Herbin est aujourd’hui un artiste incontournable de la scène jazz française et internationale. Enseignant, il donne des master classes dans le monde entier. Sa musique et son jeu sont influencés par Charlie Parker, Cannonball Adderley, Ornette Coleman, Maceo Parker, John Coltrane, la musique malgache, balkanique ou brésilienne, mais aussi des compositeurs classiques comme Debussy, Ravel et Bach. Ces inspirations diverses font de son jeu une expérience unique et intense. Après « Brother Stoon » (2010), son premier disque en leader, il a enregistré l’album « Interférences » (2014) puis « Dreams and Connections » (2017) avant de publier en 2020 son quatrième album « Vista Chinesa » (Space Time Records/Socadisc). En 2023, il publie « Symmetric » (Matrisse Production/L’Autre Distribution) enregistré avec le trompettiste Nicolas Gardel avant de revenir en 2024 en trio avec le remarquable « Django! » (Matrisse Productions/L’Autre Distribution). « Passionné par les peuples premiers des Amériques », le saxophoniste s’est impliqué avec grand intérêt dans le projet « Los Arredaglores ».

Avec ses origines sud-américaines, le pianiste Leo Montana est réellement ancré dans le jazz. Dans l’âme, il a la Bolivie où il est né, le Brésil et la Guadeloupe où il a grandi avant de s’installer à Paris. Sur les touches noires et blanches de son clavier, il a élargi son jeu pianistique en participant à des projets très éclectiques dans de nombreux festivals et clubs du monde entier. Il a joué aux côtés de Felipe Cabrera, Raul de Souza, Anne Paceo, Celine Bonacina, Geraldine Laurent, Naïssam Jalal, Claude Tchamitchian, Irving Acao, Gueorgui Kornazov, Dave Liebman, Chico Freeman, Arnaud Dolmen, Christophe Panzani, Line Kruse, Sandro Zerafa et avec nombre de vocalistes. Il pratique aussi la composition de musique de scène et a participé à la création de deux opéras, lors du Festival d’été du Wem (Var), « Variations provençales » en 2008 et « Randonnée Dérandonnée » en 2010. Exemple parfait du mélange des cultures réussi, le pianiste a trouvé sa place dans le projet « Los Arredaglores ».

​Né à la Havane, Felipe Cabrera est un musicien et compositeur cubain issu de la « Révolution ». Il a grandi dans une famille de mélomanes et est entré au conservatoire à douze ans. Il en sort quinze ans plus tard, diplômé de l’Instituto Superior de Arte, en qualité de bassoniste. C’est pourtant sur un autre instrument et dans un autre milieu que celui de la musique classique qu’il s’est ensuite illustré. En effet, après avoir appris la contrebasse en autodidacte, en 1984 il remplace le bassiste du pianiste Gonzalo Rubalcaba. Il en est devenu ensuite le compagnon de route pendant quatorze ans, côtoyant les plus grands noms du jazz. Ainsi, en ayant choisi le jazz pour la grande liberté de création qu’il offre en termes d’expression, il s’est imposé comme un contrebassiste incontournable de la scène Jazz afro-cubaine. A l’aube de l’an 2000, il traverse l’Atlantique et rejoint le milieu latino de Paris où il se fait un nom. S’il s’est produit dans les plus fameux festivals et clubs de jazz de la planète et a partagé les scènes avec les plus grands tel Herbie Hancock, Wayne Shorter, George Benson, Omara Portuondo, Anga Dias, Harold Lopes Nusa, Tata Guinés ou encore Roberto Fonseca, le contrebassiste est aussi un compositeur talentueux. Il n’est pas étonnant au vu de sa formation, de ses origines cubaines et de son cheminement dans le milieu du jazz, que le rythmicien se soit engagé dans le projet « Los Arredaglores » dans lequel il retrouve Leonardo Montana avec lequel il a enregistré l’album « Mirror » (3D Family/MDC/PIAS).

Bandonéiste, arrangeur, compositeur et réalisateur argentin, Patricio Tripa Bonfiglio a rejoint les nouveaux groupes de Tango les plus importants des 15 dernières années. Il a aussi travaillé avec Gustavo Santaolalla pour son spectacle Arrabal. Le musicien donne des concerts sur des scènes d’Asie, d’Europe, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord. Il est aussi compositeur et milite pour que la musique et la danse Tango évoluent ensemble dans les salles. Il intervient sur deux titres du projet « Los Arregladores ».

Au fil des titres

Chaque morceau de l’album « Los Arregladores » est arrangé soit par les membres du quartet soit par dix autres artistes que Baptiste Herbin et Minino Garay admirent. Les morceaux sont ensuite réinterprétés par le groupe, avec un regard nourri de jazz, de rythmes traditionnels. Tout au long des plages musicales on perçoit la complicité musicale qui règne entre les musiciens.

Le répertoire débute avec Evidence, une composition de Monk sur des arrangements de Fernando Huergo et Mokhtar Samba. Minino Garay ouvre avec une rythmique segmentée et crée une pulsation assez inhabituelle pour ce thème bop. C’est ensuite avec un enthousiasme palpable que piano et alto exposent la mélodie à l’unisson. Leo Montana fait scintiller les notes sur son clavier et adopte lui aussi une manière originale de déstructurer le tempo. Il laisse ensuite la place à l’alto flamboyant de Baptiste Herbin dont la vélocité se plie aux exigences de la mélodie. Sa sonorité fluide et ronde n’est pas sans évoquer le jeu de Cannonball Adderley. Le morceau continue et se termine avec des séquences rythmiques ponctuées par des breaks et par les exclamations de Minino Garay.

Sur des arrangements crédités à Minino Garay et Jacky Terrasson, l’alto entame ensuite un solo chargé d’émotion sur la mélodie de Smile, écrite par Charlie Chaplin. Le saxophoniste est rejoint par Minino Garay et son cajon puis alto et piano croisent leurs chants avec ferveur. Le pianiste offre une improvisation libérée de toute pesanteur et son jeu confine à la frénésie. L’alto n’est pas en reste et Baptiste Herbin s’envole avec maîtrise dans l’univers des super-aigus. Son talent laisse rêveur. Pour terminer le morceau, Minino Garay pratique une polyrythmie dont la pulsation résonne d’échos africains.

Le quartet poursuit avec Spirits 15, la composition de Keith Jarret dont Minino Garay et Felipa Cabrera ont écrit les arrangements. L’interprétation évoque une cérémonie rituelle qui balance entre allégresse et nostalgie pour gravir les chemins des Andes.

Le répertoire continue avec Llorando se fu, chanson bolivienne du groupe Los Kjarkas sortie en 1981 et composée par Ulises et Gonzalo Hermosa dont Manu Guerrero a conçu les arrangements. L’alto de Baptiste Herbin s’exprime avec ferveur sur cette version originale de la lambada. Leo Montana prend le relais et exalte la mélodie du morceau que la rythmique segmente avec force.

Avec leur invité, le bandonéiste Patricio Tripa Bonfiglio, les musiciens transforment la composition d’Horace Silver, Nica’s dream. Sur des arrangements d’Abel Rogantini le titre devient un superbe tango irradié par le lyrisme fougueux du bandonéiste et l’impétuosité inspirée de l’altiste.

Le quartet enchaîne avec deux compositions de Baptiste Herbin, Malinche part. 1 et Malinche part. 2. Après une version mélancolique empreinte de sensualité et prise sur un tempo de rumba lente et langoureuse, le groupe poursuit avec une version plus entraînante qui met en lumière la fulgurance du jeu de l’altiste. Les citations se suivent dans son improvisation qui fait des clins d’œil à la valse musette tandis que la rythmique ternaire déstructurée impulsée par Minino Garay évoque la Chacarera, cette danse pleine d’énergie du folklore argentin.

Changement de décor avec le titre le plus court de l’album, Animas, une composition de Felipe Cabrera arrangée par le Minino Garay. De sa voix grave et embrumée, le chanteur parle plus qu’il ne chante en s’accompagnant du cajon et des cymbales alors que piano et alto tissent un contrechant nostalgique derrière le spoken word du percussionniste.

Retour à un standard de jazz avec une version originale et audacieuse du titre Night In Tunisia de Dizzy Gillespie. Les arrangements conçus par Baptiste Herbin, Diego Bravo et Diego Urcola dépaysent ce grand standard de jazz. L’alto virtuose s’envole vers les sommets et stimule le pianiste qui poursuit avec ferveur et propose une improvisation pétillante. Un grand moment de l’album.

Sur des arrangements de Lalo Zanelli et Miguel Ballumbrosio, Minino Garay entame ensuite sur ses percussions, l’introduction de Footprints, un autre standard de jazz, crédité à Wayne Shorter Le soprano de Baptiste Herbin transfigure le morceau et le métamorphose en un chant spirituel qui étonne autant qu’il séduit l’oreille.

Le répertoire se déroule et le piano entame Cien Años, la composition de Ruben Fuentes & Raul Cervantes arrangée par Baptiste Herbin. Avec délicatesse, l’alto expose la mélodie puis la contrebasse de Felipe Cabrera fait chanter ses graves tandis que voltigent les aigus de l’alto sur un rythme ternaire langoureux et syncopé qui évoque celui du Landó.

Le pianiste Leo Montana expose seul l’introduction de Black Narcissus, un autre thème de jazz composé par Joe Henderson sur des arrangements de Minino Garay et Leo Montana. Après cette entrée sensible et épurée, le piano est rejoint par le soprano de Baptiste Herbin qui adopte un phrasé très sobre et précis alors que la rythmique les soutient. Le pianiste continue avec un solo lumineux et développe un jeu torride avant de céder l’espace au saxophoniste qui prend une improvisation éblouissante à l’alto dont il tire des effets pleins d’éclat.

Le voyage musical se termine avec La Peregrinacion d’Ariel Ramirez sur des arrangements de Minino Garay. Le bandonéiste rejoint le collectif. Les mots de Minino Garay, le bandonéon et jeu de tous les musiciens transfigurent la chanson en une Huella Pampeana, danse argentine, bien éloignée des versions pas toujours inspirées de la chanson connue en France sous le titre Alouette Alouette.

Grâce à « Los Arregladorres », les arrangeurs sont sortis de l’ombre, et nul ne s’en plaindra !

Pour écouter live le projet « Los Arregladores », rendez-vous à 21h30 les 05, 06 et 07 février 2026 au Sunside à Paris avec Baptiste Herbin, Minino Garay, Leo Montana, Pato Lisboa (contrebasse) et leur invité Patricio Tripa Bonfiglio.

Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

Pour bien terminer l’année

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

L’occasion de se délecter de la dynamique musicale de « Proximity Alert » par le trio de Russ Lossing, de savourer « 88888888 », le 8ème album du trio RP3 de Rémi Panossian, de se laisser envoûter par le voyage onirique du trio de Julien Stella sur « Atrium » et de se régaler des mélodies du cinéma français interprétées par le quartet de Laurent Epstein sur l’album « French Movies In New York ».

« Proximity Alert »

visuel de l'album Proximity Alert de Russ Lossin_2025... CD à ne pas rater !Avec à ses côtés, Mark Helias (basse) et Eric McPherson (batterie), le pianiste Russ Lossing propose « Proximity Alert » (Songs/L’Autre Distribution) enregistré le 03 avril 2024 et sorti en France le 14 novembre 2025.

Les trois complices sont entrés en studio et ont enregistré sans répétition préalable. Il en ressort un album singulier de onze titres et soixante-trois minutes qui ne laissent pas l’oreille indifférente. Traversée par un vent de liberté, la musique respire. Sa pulsation hésite entre fougue et rêverie. Alerte et contemporain, le propos se fait tour à tour poétique, bouillonnant, mystérieux ou mélancolique.

« 88888888 »

visuel de l'album 88888888 de Rémi Panossian_2025... CD à ne pas rater !Constitué de Rémi Panossian (piano), Maxime Delporte (contrebasse) et Frédéric Petitprez (batterie), le trio RP3 fête ses 15 années d’existence avec un huitième album studio intitulé « 88888888 » (Naïve/Believe). Enregistré à Séoul en mars 2024 et sorti 29 août 2025, l’album propose une musique qui stimule autant qu’elle interpelle.

A travers les vibrations joyeuses, les phrasés virtuoses et maîtrisés, les rythmiques survoltées et les moments de rêverie, on perçoit la connivence qui règne entre les membres du trio. Un jazz pop et réjouissant, irrésistible et lumineux. ça groove de bout en bout.

« Atrium »

visuel de l'album Atrium de Julien Stella_2025... CD à ne pas rater !L’oreille est captivée par les onze plages du premier album « Atrium » (Pure Capture/L’Autre Distribution) de Julien Stella. Avec Line Belaïd (violoncelle) et Marie-Suzanne de Loye (viole de gambe) le clarinettiste et compositeur propose un opus acoustique dont il a composé la plupart des titres, hormis deux traditionnels qu’il a arrangés.

Un projet singulier empreint de poésie dont la musique hybride s’abreuve de folklores universels. Rythmes des Balkans, échos de la Bretagne, accents méditerranéens. Au final, un répertoire sans barrières géographiques ou les frontières culturelles sont abolies. Un voyage musical ouvert sur le monde

« French Movies In New York »

visuel de l'album French Movies In New York de Laurent Epstein_2025... CD à ne pas rater !Sous la direction artistique de Daniel Yvinec, le pianiste Laurent Epstein consacre les dix titres de son album « French Movies In New York » (Plaza Mayor Company/The Orchard/Sony Music/Inouïe Distribution) aux grandes mélodies du cinéma français. À ses côtés il réunit le contrebassiste Eddie Gomez, le batteur Willie Jones III et la chanteuse Vanisha Gould.

Enregistré à new York les 27 et 28 mars 2025, le CD est sorti le 28 novembre 2025. Il propose quarante-cinq minutes d’une musique élégante et raffinée où se croisent mélancolie, douceur et sensibilité. S’il fait bon l’écouter en cette fin d’année 2025, l’album ne perdra rien de son intérêt en 2026, loin s’en faut !

Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Jazz d’aujourd’hui & d’hier

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

Le moment d’écouter « Song for Abbey » de Marion Rampal, de découvrir « Refuge » du Alex Stuart 5tet, de succomber à « Shiraz » de Dhafer Youssef et de savourer « Strasbourg 82 » par Art Blakey & The Jazz Messengers.

« Song for Abbey »

Sur « Song for Abbey » (Les rivières souterraines/L’autre distribution) sorti le 14 novembre 2025, la chanteuse Marion Rampal rend hommage à l’immense chanteuse, compositrice, poétesse, activiste et actrice Abbey Lincoln, qui a marqué l’histoire du Jazz de sa voix unique.

Learning how to Listen, Caged Bird, The Music is the Magic… des compositions d’Abbey Lincoln que Marion Rampal, célèbre aux côtés de ses musiciens, Matthis Pascaud (guitare), Raphaël Chassin (batterie), Simon Tailleu (contrebasse) et Thibault Gomez (piano). Aux compositions phares ou plus confidentielles d’Abbey Lincoln, le répertoire mêle des reprises éclairant ses ancrages, ses amours musicales (Dylan, Oscar Brown Jr…), dont Skylark, avec en invité le guitariste Bill Frisell, et un morceau original, Remember The People, cosigné et chanté avec Archie Shepp qui fut un compagnon de route d’Abbey.

Un hymne d’une immense douceur.

« Refuge »

Enregistré en fin d’année 2024 et sorti le 25 avril 2025, « Refuge » (Jazz Family) est le cinquième opus du guitariste Alex Stuart.

Avec Irving Acao (saxophone, piano et claviers), Arno de Casanove (trompette, voix, piano et claviers), Benoît Lugué (basse) et Antoine Banville (batterie), le guitariste australien grave œuvre éclectique et ambitieuse où se mêlent jazz, post-rock, minimalisme et musiques du monde. Un son de groupe, un voyage sonore, une véritable ode à la beauté du monde. Les nuances des derniers rayons du soleil, la caresse d’un vent d’ouest dissipant les nuages, un oiseau se posant délicatement sur une branche, une houle scintillante…

Le monde est beau et la vie précieuse.

« Shiraz »

Premier album du oudiste Dhafer Youssef en tant que leader sur le label ACT, « Shiraz » est dédié Shiraz Fradi, son épouse. Sorti le 14 novembre 2025, l’opus évoque leur relation fusionnelle et les différents événements qu’ils partagent depuis qu’ils sont ensemble.

Enregistrés avec un groupe de jeunes musiciens, le pianiste Daniel García, le trompettiste Mario Rom, le bassiste Swaéli Mbappé, le batteur Tao Ehrlich et avec le guitariste Nguyên Lê, les neuf morceaux de l’album retracent les émotions vécues par Dhafer Youssef. De véritables films pour les oreilles plutôt que pour les yeux. L’oud acquiert l’intimité de la musique de chambre et la voix du leader gagne en importance, hymnique dans Shajan, tendre dans Rose Fragrance, explosive dans Eyebling And Eternity.

La musique de « Shiraz » incarne le dialogue entre héritage et modernité et célèbre autant la multiplicité que l’unité.

« Strasbourg 82 »

Sorti en CD le 11 octobre 2025, jour anniversaire d’Art Blakey, « Strasbourg 82 » (Gearbox Records) présente un concert explosif enregistré le 1er avril 1982 à Strasbourg, en France, au sommet de la renaissance du hard-bop. Entouré d’une nouvelle génération de prodiges, Terence Blanchard (trompette), Donald Harrison (saxophone alto), Johnny O’Neal (piano), Billy Pierce (saxophone ténor) et avec Charles Fambrough (contrebasse), le batteur Art Blakey propulse les Jazz Messengers dans une nouvelle ère, entre tradition et réinvention.

Un double album vibrant qui capture l’énergie brute d’une université du jazz en pleine mutation. Après une sortie en CD et LP chez Gearbox Store et via Bandcamp le 11 octobre 2025, une sortie globale est prévue via Believe, début février 2026.

Un enregistrement authentique, en haute fidélité, et d’une intensité musicale rare.

Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

lire plus
« Lines For lions »… par le trio Courtois/Erdmann/Fincker

« Lines For lions »… par le trio Courtois/Erdmann/Fincker

Jazz chambriste, lumineux et élégant

Avec sa nouvelle création « Lines for lions », le trio Courtois/Erdmann/Fincker continue à creuser le sillon d’un langage qui lui est propre, nourri de ses multiples influences. Les trois musiciens proposent un voyage musical enthousiasmant. Un jazz chambriste lumineux et élégant, inspiré par la musique West Coast.

"Lines For lions"... par le trio Courtois/Erdman/Fincker_visuel de l'album Lines For Lions de V. Courois, R. Finker & D. ErdmannAprès quinze années d’existence, cinq répertoires et cinq disques dont le célèbre « Love of Life » enregistré en Californie, une tournée aux États-Unis, des dizaines de concerts dans toute l’Europe et toujours le même enthousiasme à se retrouver, le trio formé de Vincent Courtois (violoncelle), Daniel Erdmann (saxophone ténor) et Robin Fincker (clarinette, saxophone ténor) a confronté son expérience commune, son évidente complicité et surtout un son unique, à ses naturelles réminiscences de jazz West Coast. Il en résulte « Lines For lions » (La Buissonne/PIAS), un superbe album sorti le 07 novembre 2025.

« Lines For lions », un projet à la fois cool et tonique, délicat et sophistiqué, lyrique et organique.

« Line for lions »

« Il s’agit d’un jazz chambriste où des instruments classiques comme la clarinette et le violoncelle ont une place privilégiée ce qui n’est pas si courant dans nos musiques. Je repense notamment à un de mes premiers émois : le quintette de Chico Hamilton avec Fred Katz au violoncelle et Buddy Colette à la clarinette » c’est ainsi que Vincent Courtois évoque la musique de l’album « Line for lions » (La Buissonne/PIAS).

Vincent Courtois©Christophe Charpenel_ "Lines For lions" ... par le trio Courtois/Erdmann/Fincker

Vincent Courtois©Christophe Charpenel

Si le titre de l’opus fait référence à une composition de Gerry Mulligan, les huit morceaux du répertoire ont été composés par les membres du trio. Trois compositions sont créditées au violoncelliste Vincent Courtois, trois au saxophoniste ténor et clarinettiste Robin Fincker et deux au saxophoniste ténor Daniel Erdmann. Outre le fait qu’il s’agisse d’un répertoire original, l’instrumentation participe aussi pour beaucoup à l’esthétique de la musique. Le trio a déjà enregistré trois albums tous récompensés par la presse et les institutions. A n’en pas douter, ce nouvel album peut lui aussi prétendre à une récompense officielle.

On peut se questionner quant à savoir si le trio explore l’esthétique du jazz californien des années 1950 ou si les musiciens rendent hommage au style West Coast. En tout cas quelle que soit l’option, le résultat est irrésistible.

L’oreille se délecte des nuances et de la richesse du propos musical. Mélodies et improvisations coexistent et captent l’attention de bout en bout. La teneur expressive contemporaine des instrumentistes dépayse de belle manière l’esprit et l’esthétique West Coast qu’elle dynamise et actualise.

Mené par l’ingénieur du son Gérard de Haro (Chevalier des Arts et Lettres, lauréat de deux « Victoires », celle du Meilleur ingénieur du son en 2017 et celle du Meilleur label jazz français en 2018 ), le label La Buissonne a intégré l’œuvre de Vincent Courtois à son catalogue depuis 2010. En effet, le musicien enregistre la plupart de ces projets discographiques aux Studios La Buissonne de Pernes-les-Fontaines, dans le Vaucluse, en France. Il en va ainsi pour « Line for lions » enregistré les 25 et 26 novembre 2024 et mixé en décembre 2024 par Gérard de Haro. L’ingénieur du son Nicolas Baillard en a assuré la mastérisation dans les Studios La Buissonne.

Au fil des titres

« Line for lions » … huit titres et quarante-deux minutes d’une musique ancrée dans l’esthétique du jazz californien West Coast. Les musiciens tissent les sons, les timbres se mélangent, les climats évoluent, les couleurs se renouvellent, la musique étonne et enchante.

L’album débute par Alone in fast lane, une composition de Vincent Courtois dont le violoncelle soutient le tempo alors que les deux soufflants exposent le thème tout en se répondant. Au croisement du free et de la grande tradition du ténor, la sonorité de Daniel Erdmann interpelle par sa puissance. Robin Fincker fait preuve d’une grande liberté de style et son jeu est saisissant de virtuosité.

Changement d’ambiance avec l’atmosphère sonore étrange et intimiste de Mulholland coffee break. Composée par Daniel Erdmann cette pièce met en valeur le jeu d’archet brillant du violoncelliste et la pureté de sa sonorité sans aucun vibrato. En contrepoint les soufflants exposent un motif fluide puis, à la clarinette, Robin Fincker s’exprime avec une nonchalance rêveuse et dialogue avec le saxophone de Daniel Erdmann.

Le répertoire se poursuit avec There and then de Robin Fincker. En ouverture, l’oreille est charmée par la pureté et la transparence du son de la clarinette, la musique respire. Plus loin, le violoncelle étire des lignes mélodiques puis se fait à la fois lyrique et grinçant. Tout au long de la pièce, le trio invite à le suivre dans son monde onirique qui n’est pas sans évoquer des paysages bucoliques.

Sur la composition de Robin Fincker, Finally Giovanni, l’échange musical entre les trois complices circule avec fluidité dans leur imaginaire empreint de sérénité… de la musique cool, ô combien ! Les saxophonistes jouent en écho au-dessus des pizzicati du violoncelliste.

Vincent Courtois introduit sa pièce Seven lines for old mediums par un jeu délicat de pizzicato puis il reprend l’archet alors que les soufflants installent une atmosphère obsédante mais apaisée où les trois voix instrumentales s’interrogent, se combinent, se complètent et s’harmonisent. Avec Lion’s den, Robin Fincker propose ensuite une composition de jazz cool qui aurait quelque peu flirté avec le bop. Forme orchestrale avec des lignes mélodiques sinueuses jouées par les deux ténors au-dessus de la ligne de basse sans faille que déroule le violoncelle. On est saisi par le travail que réalisent les deux saxophonistes sur le son, le souffle et la matière sonore. Le solo de Vincent Courtois étonne par sa liberté d’expression sans limites.

Le qualificatif chambriste définit tout à fait le climat de la composition Adios body (Hello soul) de Vincent Courtois. Le trio conjugue élégance et rudesse, passe du dépouillement aux élans les plus véhéments… notes détachées sur le manche du violoncelle, registre étendu exploré par les saxophones, expression tendue et tourmentée des vents entre cris rauques et chuintements qui se superposent.

L’album se conclut avec une composition de Robin Fincker, Hobo clown qu’introduit le violoncelle. Vincent Courtois explore tous les possibles, outre les phrases à l’archet dans la grande tradition classique, il gratte les cordes, les pince, les frotte et en tire les meilleurs effets. Sa liberté de ton stimule les deux soufflants qui manient avec brio l’art de l’imprévu. La transe n’est pas loin.

« Line for lions », une réussite absolue. Un album marquant qui dépayse l’art du trio. Avec le trio Courtois/Erdmann/Fincker. Huit titres et quarante-deux minutes d’une musique ancrée dans l’esthétique du jazz californien West Coast que les trois artistes revisitent avec talent.

Pour écouter le projet « Lines for Lions » du Trio Courtois/Redmann/Fincker, rendez-vous les 27 et 28 janvier 2026 à 20h à l’Opéra Underground de Lyon. Pour l’occasion, le trio invite Louis Sclavis. Un grand moment de jazz en perspective pour commencer l’année 2026.

Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

lire plus
Henri Texier présente « Healing Songs »

Henri Texier présente « Healing Songs »

Une synthèse de l’art du contrebassiste

« Healing Songs » tient les promesses que suggère son titre… le jazz d’Henri Texier apaise, déclenche le sourire, fait rêver et espérer le meilleur. Avec ce nouveau projet, le contrebassiste et compositeur réussit la prouesse d’ajouter à son statut de musicien celui de « guérisseur » car les musiques de cet opus possèdent des vertus apaisantes. Un album sensible et tonique dont le jazz contrasté incarne une synthèse réussie de l’art du contrebassiste.

Figure historique du jazz français et européen, Henri Texier regarde en arrière et reprend neuf thèmes parmi ceux qu’il a composés au cours des soixante années de sa carrière de musicien.

Sur « Healing Songs » (Label Bleu/L’Autre Distribution), sorti le 14 novembre 2025, il revisite en quintet quelques-unes de ses anciennes compositions et projette ses musiques dans le monde actuel.

L’oreille est captivée et charmée par cet album où coexistent lyrisme et groove. Une sorte d’art-thérapie dont il serait dommage de se priver. L’on se prend même à rêver… et si cet album guérissait la société de tous les maux qui l’habitent !

Henri Texier

Né en 1945, Henri Texier découvre le jazz durant son adolescence et abandonne le piano pour la contrebasse. Dans le milieu des années 60, il fréquente les clubs parisiens. Jeune vingtenaire, il joue déjà avec de nombreux maîtres du jazz parmi lesquels Dexter Gordon, Lee Konitz, Don Cherry, Bud Powel, Kenny Clarke, Art Taylor, Art Farmer, Johnny Griffin, Donald Byrd, Kenny Drew, Chet Baker… puis avec Hampton Hawes, Jean-Luc Ponty, Daniel Humair, Michel Portal, Albert Mangerlsdorff, Peter Brötzmann, Enrico Rava, Charlie Haden…

Dans les années suivantes, Henri Texier parcourt l’Europe et joue aux États-Unis avec Phil Woods et son European Rythm Machine puis crée le groupe « Total Issue » avec le batteur Aldo Romano. Jamais prisonnier d’une esthétique ou d’un univers musical, il confronte son art à d’autres arts, le cinéma, la télévision, le théâtre, la danse, les arts plastiques, les Arts du Cirque, les lectures poétiques et la photographie.

La carrière de ce géant du jazz est jalonnée d’une très riche production discographique à laquelle il participe comme leader, co-leader, ou sideman.

Sa collaboration avec le label de jazz français Label Bleu remonte au milieu des années 1980. C’est chez label Bleu qu’est sorti le fameux triptyque « Carnet de routes » (1995), « Carnet de routes : Suite Africaine » (1999) et « African Flashback » (2005), trois albums enregistrés par le trio Louis Sclavis/Aldo Romano/Henri Texier, lesquels albums sont illustrés par les clichés de Guy le Querrec.

C’est aussi chez Label Bleu qu’ont été publiés les projets d’Henri Texier en leader, dont les récents « Sand Woman » (2018),« Chance » (2020), « Heteroklite Lockdown » (2022) et « An Indian’s Life » (2023), quatre albums auxquels participaient déjà Sébastien Texier (saxophone alto, clarinettes) et Gautier Garrigue (batterie).

« Healing Songs »

Paru le 14 novembre 2025 chez le même Label Bleu, le dernier album d’Henri Texier, « Healing Songs » a été enregistré en juin 2025 au Studio Gil Evans à Amiens, par Boris Darley et Bertrand Hardï. Il a été mixé par Boris Darley au Studio Ohm Sweet Ohm à Saint-Laurent-sur-Gorre et masterisé par Simon Lancelot au Studio Ferber, à Paris.

« Riche de soixante années de vie musicale et sensible au climat anxiogène actuel, je me suis projeté dans mes anciennes compositions susceptibles de nous faire du bien à tous (to heal) ! À moi, aux miens, à mes amis, compagnons et « compagnonnes », à toutes les personnes qui les écouteraient et plus particulièrement à celles qui me suivent et me soutiennent depuis tout ce temps, un public fidèle et passionné. Lorsque l’on entend et que l’on reçoit les vibrations de sa propre musique, on est souvent touché et ému. En réécoutant les musiques qui composent cet album, j’ai éprouvé les mêmes sentiments que lorsque je les avais imaginées des années auparavant. Elles m’ont un peu consolé et il m’a semblé nécessaire de partager ces émotions avec mes camarades musiciens et avec le public. Puissent ces musiques vous apporter de l’apaisement et un peu de « légèreté profonde », à l’instar des « Healing Songs » (chants de guérison). » Henri Texier

C’est en quintet qu’Henri Texier a enregistré son nouveau projet « Healing Songs ». En effet, sur cet opus, Emmanuel Borghi (piano, fender-rhodes) et Hermon Mehari (trompette) ont rejoint le trio constitué par Henri Texier (contrebasse), Sébastien Texier (clarinette, clarinette basse, saxophone alto) et Gautier Garrigue (batterie). Par ailleurs, le batteur Manu Katché est invité et participe à l’enregistrement de trois morceaux.

Henri Texier est l’auteur de toutes les compositions de « Healing Songs » hormis Vent Poussière, crédité à Sébastien Texier.

Au fil des titres

L’album ouvre avec Amazone blues gravé sur l’album « An Indian’s Week »(1993). Sur un rythme soutenu et à partir d’un motif obsédant du piano, les soufflants jouent à l’unisson une ligne mélodique qui n’est pas sans évoquer le climat des enregistrements Blue Note des années 50/60. Hard bop à fond ! Après une intervention inspirée du leader, Emmanuel Borghi déroule sur son clavier un solo énergique et inventif. Il passe le relais au saxophone alto de Sébastien Texier dont le propos fluide et onctueux précède l’improvisation du trompettiste Hermon Mehari. L’oreille se laisse séduire par sa sonorité solaire, son articulation et son jeu legato. Le morceau continue, soutenu par la rythmique souple et groovy qu’impulse Gautier Garrigue.

Le répertoire se poursuit avec Grêve révolte enregistré sur l’album « Remparts d’Argile » paru en 2000. Le titre permet d’apprécier la sonorité tellurique de la contrebasse du leader, l’improvisation sinueuse du clarinettiste et les notes perlées du pianiste lors de leurs improvisations. Le solo très expressif du batteur introduit celui du trompettiste dont la sonorité hésite entre éclat et éclipse. On savoure avec délice les subtilités du jeu du contrebassiste et son goût pour le chant et la mélodie.

Le titre suivant, Chebika courage, a lui aussi été gravé sur l’album « Remparts d’Argile ». Sur cette plage, Henri Texier invite Manu Katché. A partir d’une rythmique tout en souplesse, les vents exposent le thème qui tournoie de manière lancinante puis s’expriment successivement la trompette virtuose au phrasé flexible et aux notes détachées et l’alto volubile dont le phrasé souple déborde d’énergie. Le fender-rhodes du pianiste fait régner un climat funky puis les deux batteurs échangent de manière fort harmonieuse dans un style percussif qui allie finesse et puissance.

Avec Decent Revolt, le tempo ralentit. Sur ce titre gravé à l’origine en 2013 sur l’album « (V)ivre » du Strada sextet de Henri Texier, la mélodie est interprétée par la clarinette et la trompette et le propos est empreint de gravité. La musique évolue au rythme d’une procession musicale où règne une douce tristesse. Les cordes de la contrebasse font écho aux accents sensibles des baguettes. Le groupe continue avec Leïla, une autre pièce de l’album « Remparts d’Argile », créé en 1999 au festival du film d Amiens pour le film muet du même nom de Jean-Louis Bertuccelli en réalisé en 1970. Il en émerge une atmosphère nostalgique où trompette bouchée, clarinette, piano et contrebasse s’expriment avec douceur au-dessus du battement groovy et subtil de Manu Katché.

Composition de Sébastien Tixier, Vent poussière, figure aussi sur l’album « Remparts d’Argile ». Clarinette, piano et contrebasse se répondent. Les échanges évoquent une méditation aérienne où les notes circulent au-dessus des scintillements des balais sur cymbales. Une courte et sensible poésie musicale, comme une suspension du temps et de ses méfaits.

Après l’introduction bluesy de Sarajevo Blues, le phrasé ciselé du fender-rhodes ouvre la séance des improvisations. La trompette dont la sonorité irisée flirte avec la brume, laisse place aux envolées du saxophone alto qui allie lyrisme et sensibilité. Place ensuite au gros son de la contrebasse d’Henri Texier, l’occasion d’apprécier une fois de plus le talent de mélodiste et l’inventivité du leader. Le groupe se retrouve et après un court solo de batterie, le morceau se termine, mélancolique, tel qu’il avait commencé.

Avec Samba loca, l’oreille entame une excursion musicale à travers les rythmes latins. Déjà enregistré en 2011 par Henri Texier sur son album « Canto Negro », ce titre est le plus court de l’album. La mélodie est exposée à l’unisson par les soufflants qui conversent ensuite avec furie. Sur son clavier, le pianiste se fait percussif et induit une tension qui inspire les deux batteurs dont les jeux complémentaires et inspirés alimentent une folle batucada.

Quand tout s’arrête marque le terminus du voyage musical. Enregistré en 2018 par Henri Texier sur l’album « Sand Woman », ce blues sonne comme une réflexion autour du temps qui passe. La trompette lumineuse se questionne, clarinette et fender lui répondent et sur le manche de sa contrebasse, Henri Texier fait sonner des notes nostalgiques en guise d’au revoir… mais on est tenté de reprendre la route et de relancer les « Healing Songs » sur la platine.

Rendez-vous le 28 janvier 2026 à 20h30, au New Morning, à Paris pour retrouver Henri Texier qui présente son nouveau projet « Healing Songs » en quintet avec Sébastien Texier, Hermon Mehari, Emmanuel Borghi et Gautier Garrigue.

Baptiste Herbin et Minino Garay  présentent « Los Arregladores »

Baptiste Herbin et Minino Garay présentent « Los Arregladores »

Le saxophoniste Baptiste Herbin et le batteur et percussionniste Minino Garay unissent leurs univers et rendent hommage aux arrangeurs sur l’album intitulé « Los Arregladores ». Le projet célèbre le jazz et la richesse de l’Amérique latine dans la diversité de ses rythmes. Toutes les compositions du disque sont arrangées par dix artistes de renom en plus de chacun des membres de ce quartet. Un opus qui invite à écouter autrement des chansons que l’on pensait connaître.

lire plus
2025… CD à ne pas rater !

2025… CD à ne pas rater !

En cette fin d’année 2025, quelques albums de jazz interpellent tant par la qualité de leur propos que par leur identité singulière. Impossible de passer sous silence ces musiques à écouter sans tarder pour découvrir de superbes paysages musicaux qui interpellent et charment l’oreille. Des CD à ne pas rater pour bien terminer l’année.

lire plus
2025… Ultimes « Coups de cœur »

2025… Ultimes « Coups de cœur »

Riche en surprises, 2025 a permis de découvrir de nouveaux talents et de se régaler de la musique d’artistes confirmés aux projets renouvelés. Pour terminer l’année, quoi de mieux que ces « Ultimes Coups de cœur » pour apprécier des pépites de jazz d’aujourd’hui et d’hier.

lire plus