Sonny Troupé Quartet Add2 présentent « Reflets denses »

Sonny Troupé Quartet Add2 présentent « Reflets denses »

Une double réalité, tantôt jazz, tantôt créole

Sur son nouvel album « Reflets Denses », Sonny Troupé explore des mélodies gwo ka qu’il arrange. La matière première prend des reflets différents, tantôt jazz, tantôt créole. Un quartet, un trio, deux saxophones pour diffracter le même sujet musical. Une musique chaleureuse loin des formats standards.

Héritier de la tradition gwo ka, le batteur et percussionniste guadeloupéen Sonny Troupé fait partie de cette nouvelle scène jazz dynamique et créative venue des Antilles. Son univers gravite aux frontières de plusieurs mondes. Après « Voyages et Rêves » (2013) puis « Luminescence » (2015) en duo avec Grégory Privat, Sonny Troupé récidive avec un nouvel album « Reflets denses » sorti le 05 avril 2017. 

Sonny Troupé a travaillé durant trois ans pour préparer cet album. Il a étudié, écouté, analysé la musique gwo ka, sa tradition et sa modernité. Le disque restitue l’authenticité de cette musique. Il s’est amusé à exploiter de manière différente une même base de mélodie pour qu’à la fin les musiques restituent des reflets différents, tantôt plus axé sur le gwo ka moderne, tantôt plus orienté vers le jazz. Bien sûr à cela, Sonny Troupe rajoute des métriques issues du métal qu’il a aussi étudié sans oublier quelques pincées d’électro pour pimenter le tout.

Le tambour ka, la percussion traditionnelle de la Guadeloupe, demeure au cœur de la musique de Sonny Troupé mais son ouverture aux mondes musicaux le conduit à confronter ses racines caribéennes avec les autres influences. Sur l’album  « Reflets Denses », il interroge l’identité créole de sa musique au travers du prisme de ses autres influences, jazz, fusion, metal. Il navigue entre passé et présent pour envisager l’avenir. Il reconfigure la tradition pour transfigurer le présent et nous invite en quelque sorte à un voyage à travers le temps. L’expérience est très plaisante.

Pour « Reflets Denses », Sonny Troupé ne lésine pas sur les moyens et réunit plusieurs formations et musiciens. Bien sûr le Sonny Troupé Quartet avec le pianiste Grégory Privat, le bassiste Mike Armoogum, le tambouyé Olivier Juste, et lui-même, à la batterie et au tambour maké.

Le groupe Reflets Denses avec le pianiste Jonathan Jurion, le bassiste Michel Alibo et le tambouyé Arnaud Dolmen. L’entité « Add 2 » composée de Thomas Koenig au saxophone ténor et à la flûte et Raphaël Philibert au saxophone alto. Sans oublie des invités. Christian Laviso qui intervient à la guitare sur Twa Jou San Manjé. Lucie Kancel et Patrice Hulman pour les chœurs, le jeune Djokaèl Méri au tambour maké sur l’introduction du thème Equation.

Un maître de musique derrière ses tambours. Trois binômes où chaque instrumentiste est le reflet de l’autre, piano, basse et gwo ka. Un duo de saxophones pluriels, avec le ténor qui penche vers le jazz et la fusion alors que l’alto est plus baigné dans le gwo ka et la musique antillaise. Un guitariste expert des rythmiques et harmoniques ka. Le résultat est à la mesure de l’effectif. Outre les prestations des musiciens, l’album intègre au fil des plages des samples sous des formes variées. Chant du coq qui ouvre le disque et évoque le début du jour, ambiances de rue, vie de marché et aussi chanteurs traditionnels et musiciens (Lin Canfrin, Kristen Aigle, Sergius Geoffroy, Robert Oumaou…).

Titre après titre, d’un reflet à un autre, les ambiances alternent. Pianistes et bassistes se croisent. Jonathan Junion se rapproche de Mike Armoogum sur la ballade intitulée Une fin ? D’une facture plus contemplative que les autres morceaux du disque, ce thème pourrait autant annoncer un début qu’une fin mais avec le temps, qui sait ?

Sur Evocation, flûte, saxophone et piano fusionnent très contenus par une section rythmique plutôt ronde. Grégory Privat chemine avec Michel Alibo. Ça sonne très jazz au niveau des expositions de thèmes et des improvisations.

Sur Twa Jou San Manjié du compositeur Guy Kontèt la contribution du guitariste Christian Laviso accentue le climat tendu du morceau. Rythmiques complexes des percussions que les saxophones poussent dans leurs retranchements. La basse se joint à la mêlée musicale jusqu’à la résolution finale éclatée et salvatrice.

L’écoute du quatrième titre, Le Temps, est un régal. Les percussions scandent avec violence l’infinie force du temps, la basse ronfle, le piano évoque la ronde des heures qui filent, les saxophones crient jusqu’au paroxysme l’avancée inexorable du temps qui passe alors qu’on demeure suspendu à la voix du « diseur de texte » (dixit Sony Troupé) Toma Roche qui a mis en mot la fuite du temps et le rapport que l’homme entretient avec lui… « Le temps nous aime comme des enfants, nous berce à sa pendule, nous fait devenir grand, nous fait devenir grand, nous donne du recul, nous pousse vers l’avant…  pour nous les enfants de peur le temps est relatif… avant que l’on renonce pour ne pas avoir peur de l’avenir en attendant la réponse, on passe son temps à regarder son heure venir… comprendre que tout y passera… le temps nous serre entre ses bras de pierre… se joue de nous et nous laisse infinis, infinis… dans la tempête du temps je tente d’attraper le temps par les deux bouts… « 

« Reflets Denses ». Onze titres à la fois différents et ressemblants. Une matière sonore chaude et flamboyante à la fois. On embarque avec le coq mais impossible de débarquer. On laisse l’album tourner en boucle pour mieux s’immerger dans le caraïb’jazz de Sonny Troupé et ses amis musiciens.

Et pour vivre en concert la musique de « Reflets Denses », rendez-vous le le 10 mai 2017 à 20h au Centre culturel Barbara, 1 rue Fleury à Paris.
Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

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Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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​​Sur « InTime Brubeck », le Duo Fines Lames explore le monde musical de Dave Brubeck à travers des relectures d’œuvres choisies ou des compositions personnelles inspirées de l’univers de cette figure essentielle du jazz West Coast que fut le pianiste. Les lames de l’accordéon chromatique de Florent Sepchat et celles du vibraphone et du marimba de Renaud Detruit dialoguent en interaction permanente. Entre hommage fidèle et création inventive, leurs échanges d’une modernité sensible créent des climats inédits.

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Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Jazz à Vienne 2017, les suggestions de Benjamin Tanguy

Jazz à Vienne 2017, les suggestions de Benjamin Tanguy

 Pour bien choisir ses soirées

Chaque année la question se pose aux festivaliers quand il s’agit de choisir parmi les soirées programmées par Jazz à Vienne. Benjamin Tanguy, le coordinateur artistique du festival, accepte de jouer le rôle de guide pour éclairer d’éventuels indécis. On ne pouvait pas espérer meilleur conseiller.

On remercie Benjamin Tanguy d’avoir joué le jeu qui consiste à suggérer quelques orientations pour guider des spectateurs encore hésitants face aux 14 soirées proposées au Théâtre Antique par le festival Jazz à Vienne, du 29 juin au 13 juillet 2017. Il s’agit bien sûr de plusieurs « profils spectateur » imaginés à dessein pour cet interview… et même si l’on ne se reconnaît que partiellement dans ces portraits de festivaliers, les suggestions de Benjamin Tanguy s’avèrent pertinentes.

Nicole Videmann : on sollicite votre aide pour conseiller des spectateurs qui souhaiteraient organiser l’agenda de leurs soirées durant le festival Jazz à Vienne. En effet ces personnes aimeraient ne pas se tromper dans leurs choix et assister à 3, 4 ou 5 soirées qui répondent à leurs goûts musicaux ou à leurs aspirations personnelles. Le premier groupe rassemble des ‘jeunes’ pas familiers de jazz mais amateurs de musique « qui groove ». Ils souhaitent « s’éclater ensemble » durant quelques soirées.

Benjamin Tanguy : puisqu’ils aiment le groove on peut d’emblée leur conseiller la soirée du 01 juillet avec la venue du groupe De La Soul qui revient, après 11 ans d’absence, avec un nouvel album plébiscité par la presse et très ouvert musicalement. Ce groupe très atypique a été crée dans les années 82 à New-York. Très influencé par le jazz et la soul, De La Soul puise ses racines dans le jazz des années 70 et même s’il a choisi de s’exprimer via les textes, il demeure très instrumental et joue en live. Cet été il ne fait que quelques dates et le festival est très heureux de les avoir. Durant cette même soirée est proposé le projet « Hip-Hop symphonique », reprise  d’une création donnée en en 2016 à Radio France avec un orchestre symphonique. A Vienne c’est l’ONL (Orchestre national de Lyon) qui intervient avec la venue exceptionnelle de MC Solaar, avec les Sages Poètes de la Rue de retour après 14 ans d’absence et aussi avec Ärsenik et Bigflo & Oli.

Ensuite on peut sans risque leur proposer d’assister à la Soirée Funk du 08 juillet avec Larry Graham, Trombone Shorty et Juan Rozoff et aussi à la Soirée Soul du 10 juillet avec Mary J. Blige et en ouverture la prestation solo de Lianne La Havas, la petite protégée de Prince. S’il aiment le groove un peu ‘nouvelle génération’, on peut aussi leur proposer la soirée du 11 juillet avec Deluxe (qui a collaboré avec I Am et -M-) et  Postmodern Jukebox qui assure d’ailleurs la première partie de soirée. On  peut enfin les engager à vivre la All Night Jazz du 13 juillet puisqu’il y a au moins deux groupes très festifs qui bougent et correspondent à leur envies, Con Brio et Bixiga 70.

NV : il y a ensuite un groupe de collègues de travail qui souhaitent avant tout vivre et partager ensemble une soirée conviviale et se distraire sans se « prendre la tête » avec des musiques complexes. Ces jeunes quarantenaires aspirent avant tout à se distraire et à profiter de soirées festives.

BT : on pourrait leur conseiller de commencer avec la soirée du 29 juin qui présente le projet plutôt ouvert de Zucchero. Le chanteur est très influencé par le blues du delta du Mississippi où il a d’ailleurs enregistré son album. Je conseillerais aussi peut-être la soirée du 05 juillet avec le pianiste-chanteur Jamie Cullum et la chanteuse Stacey Kent en première partie ainsi que la Soirée Blues du 06 juillet. Il s’agit d’une soirée très ouverte avec Vintage Trouble, groupe au chanteur très charismatique qui se produit certes dans les grands festivals de blues mais aussi de rock et de Metal et qui a assuré les premières parties des Who et ACDC.

Ensuite on peut les engager à vivre la Soirée Cuba du 07 juillet avec la création réalisée par le pianiste cubain Roberto Fonseca qui invite Eliades Ochoa et Daymé Arocena. Cette soirée permet aussi de percevoir l’influence de l’Afrique sur la musique cubaine avec la venue de la diva béninoise Angelique Kidjo qui rend hommage à la chanteuse salsa Célia Cruz. On pourrait aussi leur proposer la Soirée Funk du 08 juillet qui devrait convenir car elle demeure dans une dynamique festive.

NV : que conseiller par contre à des néophytes d’un âge médian qui souhaiteraient assister à des soirées un peu « prestigieuses » et pouvoir ainsi échanger ultérieurement avec des amateurs du jazz ? Il importe aussi de préciser qu’il s’agit de leur première venue au festival Jazz à Vienne.

BT : d’emblée, on peut leur conseiller d’assister à la soirée du 30 juin où se produit l’un des maîtres du jazz, le pianiste Ahmad Jamal qui revient en quartet avec un magnifique album autour de la ville de Marseille. Il est avec des invités prestigieux, Abd Al Malik et Mina Agossi. Ce même soir ils pourront écouter en première partie le trompettiste de la Nouvelle-Orléans Christian Scott qui vient pour la première fois à Vienne. Il a joué avec des grands du jazz comme Marcus Miller et produit une musique engagée et puissante émotionnellement et va sortir prochainement un triple album. La soirée devrait être plutôt acoustique même si peu d’électricité peut teinter le groupe du trompettiste.

On les engage aussi à assister à la soirée du 05 juillet avec le pianiste-chanteur Jamie Cullum qui vient en trio et partage le plateau avec la chanteuse Stacey Kent et ensuite à la soirée du 09 juillet avec Youn Sun Nah, et le trio Ponty/Lagrène/Eastwood. Cette formation constitue un véritable évènement car elle réunit trois générations d’artistes qui ont trois visions différentes de la musique, trois cultures musicales. Une réunion d’artistes prestigieux.

On leur propose ensuite la soirée du 12 juillet où se produit le pianiste quasiment légendaire Herbie Hancok. On note que la première partie de la soirée propose le projet très exigeant du saxophoniste Donny McCaslin qui a remporté récemment deux Awards. Pour précision, il a participé au dernier album de David Bowie, « Black Star » (paru deux jours avant sa mort) où il a joué avec le guitariste Ben Monder, le claviériste Jason Lindner,, le bassiste Tim Lefebvre et le batteur Mark Guiliana. On devrait écouter des morceaux de style fusion.

On peut enfin les engager à assister à la Soirée Hommage à Coltrane, le 03 juillet qui propose des mélanges de générations avec des réinterprétations différentes de la musique du Maître. Cette soirée produit le projet de Jeff Mills et Emile Parisien qui ne sonne pas free mais très contemporain. En effet, les deux artistes font ensemble une relecture de l’album « A Love Supreme ». Il s’agit d’un concept très particulier où Jeff Mills utilise sa machine. Durant une heure, les morceaux sont lus en direct et Mills retravaille en direct sur les machines le son du saxophoniste Parisien avec des reprises en boucle. C’est la seule date en France de ce projet durant l’été. Le plateau du 03 juillet constitue un évènement. Il présente deux jeunes artistes d’aujourd’hui qui revisitent l’œuvre de Coltrane à leur façon et deux autres grands musiciens qui eux, ont joué avec Coltrane. La venue du mythique saxophoniste Pharoah Sanders à elle-seule constitue un véritable évènement même s’il n’a plus la verve d’antan. On fait confiance au saxophoniste Archie Shepp pour honorer l’héritage de Coltrane avec des musiciens d’aujourd’hui réunis à ses côtés tels que le saxophoniste Shabaka Hutchings, le pianiste Jason Moran, le batteur Nasheet Waits et la chanteuse Marion Rampal.

NV : à quel public pourrait convenir la soirée du 04 juillet qui n’a pas été évoquée ?

BT : on peut conseiller la soirée du 04 juillet à des néophytes qui viendraient pour la première fois au festival car s’y produit Anne Sila qui est connue pour avoir participé à « The Voice ». Du coup, elle possède la double culture jazz/pop qu’elle revendique. Elle conçoit d’ailleurs comme une fierté de passer sur la scène de Jazz à Vienne où elle se produit avec le Magnetic Orchestra. La venue du pianiste Yaron Herman avec son nouveau projet peut aussi plaire à un public novice car il présente de fort beaux morceaux de jazz vocal. Enfin la soirée présente aussi Émile Parisien et l’accordéoniste Vincent Peirani qui rendent hommage à Joe Zawinul disparu il y a 10 ans. Le duo est entouré d’un all-stars de musiciens dont certains ont joué avec le maître des claviers, comme le batteur Paco Sery, le bassiste Lindley Marthe et le percussionniste Aziz Samahoui. A leurs côtés on retrouve aussi le guitariste Manu Codjia et le claviériste Tony Paeleman. Cette soirée du 04 juillet pourrait tout autant convenir à des inconditionnels de jazz à l’esprit ouvert.

Dans cette chronique sont uniquement évoquées les soirées programmées au Théâtre Antique. Par contre tous les festivaliers trouveront musiques à leur goût soit sur la scène de Cybèle soit durant les afters de fin de soirée au « Club de Minuit » ou au « Jazz Mix » dans la salle du Théâtre Vienne, en accès libre. Pour une information exhaustive sur tous les concerts et évènements proposés par le festival, il est bien sûr conseillé de se connecter sur le site de Jazz à Vienne.

Propos recueillis le 18 avril 2017 auprès de Benjamin Tanguy, coordinateur artistique de Jazz à Vienne
Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

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Le saxophoniste Stefano Di Battista revient sur le devant de la scène avec « Morricone Stories », un projet dédié à son compatriote Ennio Morricone. En quartet, il rend hommage à l’un des plus grands auteurs de musiques de film. L’opus propose quelques thèmes devenus légendaires et d’autres plus confidentiels, avec, en prime, une composition inédite que le Maestro Morricone a offert à Stefano di Battista. Avec talent, l’altiste s’empare des) thèmes du compositeur et les restitue avec lyrisme, flamboyance et virtuosité.

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Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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​​Sur « InTime Brubeck », le Duo Fines Lames explore le monde musical de Dave Brubeck à travers des relectures d’œuvres choisies ou des compositions personnelles inspirées de l’univers de cette figure essentielle du jazz West Coast que fut le pianiste. Les lames de l’accordéon chromatique de Florent Sepchat et celles du vibraphone et du marimba de Renaud Detruit dialoguent en interaction permanente. Entre hommage fidèle et création inventive, leurs échanges d’une modernité sensible créent des climats inédits.

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Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Jazz à Vienne 2017, les suggestions de Benjamin Tanguy

Zoom sur Jazz à Vienne 2017 avec Benjamin Tanguy

 Partir du passé pour construire l’avenir du jazz

Du 29 juin au 13 juillet, Jazz à Vienne propose 14 soirées au Théâtre Antique. Benjamin Tanguy, coordinateur artistique du festival, met en évidence les liens qui se tissent au cœur des soirées et révèle les lignes de cohérence de cette édition 2017.

Après avoir présenté la programmation du festival jazz à Vienne 2017 avec ses stars, ses hommages et ses soirées thématiques on a souhaité s’entretenir avec Benjamin Tanguy, le coordinateur artistique du festival pour en savoir plus. On le remercie d’avoir accepté de faire un zoom explicite sur les liens qui sous-tendent la trame de l’organisation et donnent du sens à cette programmation.

Nicole Videmann : pouvez-vous préciser ce qui caractérise cette édition 2017 du festival Jazz à Vienne ?

Benjamin Tanguy : cette édition 2017 se déroule du 29 juin au13 juillet avec de nombreux hommages à des artistes qui ont marqué l’histoire du jazz et de la musique au sens large du terme. A vrai dire, l’idée n’est pas de rendre des hommages dans un contexte nostalgique en prétendant que « la musique c’était mieux avant ». En fait, il s’agit plutôt d’avancer avec le passé pour construire l’avenir. Il convient de se rendre compte de tout ce que ces artistes (à qui l’on rend hommage) ont apporté et en même temps de se dire que la nouvelle génération de musiciens possède cela en héritage et qu’elle l’assume. Autrement dit, les musiciens d’aujourd’hui se sont construits avec cette musique-là et donc ce qu’ils vont produire dans le présent et dans l’avenir sera influencé par ces artistes disparus.

C’est bien le cas avec John Coltrane qui est un des musiciens qui a le plus révolutionné le jazz, lui qui était à l’aise sur de nombreux registres (be-bop, hard-bop, free jazz) et qui était autant attiré par des musiques indiennes que par des musiques africaines. Un tel artiste continue d’influencer les musiciens. Ceux qui apprennent le jazz dans les écoles de musique, dans les conservatoires et même de manière autodidacte sont influencés par Coltrane.

Un projet comme la rencontre entre Jeff Mills et Émile Parisien, le 03 juillet lors de la Soirée Hommage à John Coltrane, s’inscrit dans cet axe et correspond à ce que le festival aime présenter. En l’occurrence, avant d’avoir connaissance de leur projet à l’automne dernier, on savait que Coltrane faisait partie des influences du saxophoniste Émile Parisien mais on ignorait que Jeff Mills était un passionné de Coltrane. Leur rencontre prouve que des musiciens actuels a priori fort différents arrivent à communiquer musicalement autour de l’œuvre de musiciens disparus qui les ont influencés. Nous souhaitons faire connaître au public la musique de ceux qui influencent encore aujourd’hui les artistes d’aujourd’hui.

Pour Prince il s’agit de la même chose. Jeanne Added qui a débuté dans le jazz est capable de chanter pendant 4 heures d’affilée la musique de Prince avec beaucoup d’émotion. Ce qu’on veut présenter le le 08 juillet, c’est une soirée consacrée à la musique de Prince et non pas faire défiler des artistes qui ont joué avec lui. Bien sûr Larry Graham a été un de ses bassistes mais il n’a joué avec Prince que durant une période. En guise d’Hommage à Prince, on initie donc une création avec deux artistes qui représentent Prince et le funk à la française, Jeanne Added et Marco Prince, et Juan Rozoff qui fut un des ambassadeurs de la funk dans les années 90 aux côtés de FFF (Fédération Française de Funk) même s’il a depuis un peu quitté la scène funk. Il y aura aussi Trombone Shorty qui a joué avec Prince et qui se produit très souvent avec Lenny Kravitz, lui-même très influencé par Prince.

Dans toute la programmation de Jazz à Vienne il y a un fil. Par exemple Keziah Jones vient sur scène le 13 juillet dans la All Night Jazz avec un nouvel EP qui précède un album à venir à la rentrée. Or, sur cet album et donc dans le répertoire qu’il va présenter il y a des reprises de Coltrane et de Fela Kuti (auquel est consacrée la journée du 02 juillet) et l’on sait aussi combien Keziah Jones est influencé par Prince. Il existe donc des liens entre tous ces artistes présentés et ceux du passé.

L’idée est de mettre en évidence tout ce que le passé nous a appris, de ne pas lui tourner le dos et en même temps de ne pas adopter un côté nostalgique, d’être fier de ce que ces musiciens disparus ont apporté à la musique et de continuer à avancer avec leur musique.

NV : qu’en est-il en ce qui concerne David Bowie ?

BT : Cela procède de la même logique pour ce qui concerne le magnifique hommage qui sera rendu par Seu Jorge lors de la All Night Jazz. Suite à la disparition de David Bowie, le guitariste et chanteur brésilien Seu Jorge a décidé de jouer en live les morceaux de Bowie qu’il interprétait en brésilien dans le film de 2004 « La vie Aquatique » de Wes Anderson. Sur la scène du Théâtre Antique le 13 juillet, Seu Jorge va chanter exclusivement en brésilen, simplement accompagné de sa guitare acoustique dans un décor très marin évoquant le film, avec le bonnet rouge (référence à Cousteau) et des images du film qui seront projetées sur les écrans. Après 22h quand la nuit sera tombée, Seu Jorge sera seul sur scène… ce sera magique. On rêvait depuis 6 ans de faire venir cet artiste au festival. Cette année nous avons su très tardivement que sa venue était confirmée et nous nous en réjouissons.

NV : on peut donc percevoir un délicat fil d’Ariane qui relie tous ces hommages ?

BT : Oui c’est vrai. A vrai dire c’était quasi incontournable pour ceux qui ont disparu comme Coltrane et Fela Kuti (décédés respectivement en 1967 et 1997), mais il ne s’agit pas uniquement de marketing a priori. En fait on essaie de créer des liens, de proposer ces spectacles à un nouveau public.

Par exemple l’hommage à Zawinul n’est pas corrélé avec le fait que 2017 constitue une date anniversaire de sa mort (2007). En fait, à l’origine on envisageait de proposer une éventuelle « Carte Blanche » à Vincent Peirani. L’accordéoniste évoque alors ses après-midis d’adolescence où il relevait les chorus de Joe Zawinul. On ignorait tout à fait que l’accordéoniste Peirani avait pu être influencé par Zawinul. En outre son binôme musical Émile Parisien avait déjà rendu un hommage à Zawinul en juillet 2010 au Parc Floral avec Paco Sery. Du coup ils ont conçu un projet qui sera présenté le le 04 juillet dans le cadre de la Soirée French Touch. Il faut s’attendre à quelque chose d’assez génial puisqu’il y aura aussi à leurs côtés des musiciens qui ont joué avec Joe Zawinul en l’occurrence, Lindley Marthe (basse) Paco Serry (batterie), et aussi Aziz Sahmaoui (percussions).

NV : en quelque sorte il existe un passage de témoin entre les « créateurs disparus » et la nouvelle génération ?

BT : Oui et cela devrait permettre au public de continuer à évoluer en même temps que le jazz comme cela s’est déjà fait depuis les années 20 au fur et à mesure de l’évolution des styles, du swing au be-bop, puis au hard bop, au free jazz ou à la fusion etc… Certes certains publics sont restés fidèles à une chapelle ou à une autre mais l’essentiel pour le festival est d’essayer de faire plaisir à tous ces fans de jazz, d’aller vers d’autres publics et aussi de faire du lien entre les publics et les musiques.

Pour y parvenir, il convient de présenter des projets cohérents, de tenter quand cela est possible de faire du lien entre la première scène et la tête d’affiche, même si cela n’est pas toujours très simple sur 15 jours de festival. Il est vrai que cela est complqué car l’organisation des tournées ne permet pas toujours de travailler les thèmes de manière suivie. Les artistes pressentis en septembre ne sont plus toujours disponibles en février…

NV : au-delà de la programmation qu’est-ce qui différencie  le festival Jazz à Vienne de tous les autres festivals de jazz français ?

BT :après réflexion et avec le sourire… C’est le lieu magique que constitue le Théâtre Antique de Vienne. D’abord il possède une acoustique exceptionnelle et aussi il induit une proximité rare entre les artistes et le public. Ce « mur d’humanité » impressionne les artistes autant de jour que de nuit. De plus, les musiciens voient la Vierge Noire de Pipet qui surplombe le Théâtre. Particulièrement lorsqu’elle est éclairée durant la nuit certains artistes ressentent une sorte de connexion mystique.

Il y a aussi un autre élément propre à Jazz à Vienne. Le public ne vient pas pour être vu, pour se montrer, il vient pour l’échange, pour vivre la musique en direct. De nombreux festivaliers se retrouvent d’année en année, ils se sont approprié le lieu et se placent presque toujours au même endroit. Pour eux, Jazz à Vienne est un rendez-vous annuel vis à vis duquel ils manifestent une sorte d’attachement populaire. Ce festival appartient  finalement à tout le monde et surtout aux musiciens. Il est vrai que créé par des passionnés, le festival Jazz à Vienne a toujours eu le souci de mettre en avant la musique et les musiciens qui sont les stars du festival.

NV : en 2017 au-delà de ces points déjà évoqués, sur quoi souhaitez-vous attirer l’attention des festivaliers ?

 BT : 37 années de festival n’empêchent pas de s’interroger et d’envisager des remises en question pour avancer. Après avoir dématérialisé la billetterie, on fait le choix de passer au paiement sans espèces via l’utilisation d’une carte ou d’un pass. On parle de paiement cashless. Plus besoin de fouiller dans les poches ou les sacs à la recherche de billets, de pièces, des files d’attente moins longues, un système rapide et sécurisé sans blocage à la caisse où il n’y aurait plus de monnaie. Les festivaliers peuvent charger sur la carte ou le pass le montant de leur choix, de chez eux ou sur place et peuvent alors payer de manière rapide et sécurisée…

NV : … et ainsi on peut être encore plus disponible pour profiter de la musique et la partager avec ses voisins en toute convivialité !

Propos recueillis le 18 avril 2017 auprès de Benjamin Tanguy, coordinateur artistique de Jazz à Vienne
Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

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Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

Youn Sun Nah explore un nouvel univers, « She Moves On »

La chanteuse va de l’avant mais conserve son ADN

Sur son nouvel album « She Moves On », la chanteuse Youn Sun Nah explore plusieurs facettes de la musique nord-américaine. Quatre ans après « Lento » sa voix unique n’a rien perdu de son élégance et de son potentiel émotionnel. Ballades touchantes, mélodies nostalgiques… Youn Sun Nah fait mouche.

Les titres des albums de Youn Sun Nah enregistrés sous le label ACT parlent… En 2009 la chanteuse dit son goût pour le « Voyage ». En 2013 avec « Lento » elle affirme son intérêt pour les ballades. Si en 2011 sur « Same Girl », elle avouait être restée la même, en 2017 sur « She Moves On », Youn Sun Nah explore d’autres contrées et avance mais sa voix n’en demeure pas moins reconnaissable dès la première note.

« She Moves On ». Sur ce nouvel opus, l’univers musical de la chanteuse Youn Sun Nah évolue. Le titre de l’album lui-même annonce la couleur. Elle va de l’avant, elle tourne la page en quelque sorte mais elle n’en renie pas pour autant son esthétique. Son ADN, sa VOIX, demeure. En effet, la chanteuse possède toujours ce pouvoir de captiver l’auditeur. Elle transforme son chant en ondes porteuses de mille éclats qui deviennent autant d’émotions lumineuses. 

On a annoncé « Shes Moves On » le nouvel album de Youn Sun Nah et sa prochaine venue sur les scènes de l’hexagone durant le printemps et l’été. Vient maintenant le temps de présenter ce quatrième opus de la chanteuse coréenne chez ACT. Cet album est bienvenu après l’absence de la chanteuse sur les scènes européennes depuis le printemps 2015.

Annoncé pour le 19 mai 2017, l’album « She Moves On » (ACT/PIAS) donne à entendre Youn Sun Nah dans un nouvel environnement musical. La chanteuse explore la musique nord-américaine avec un tout nouveau quartet américain. En premier lieu il convient d’évoquer celui qui est le producteur et l’arrangeur de l’album, le pianiste et claviériste Jamie Saft.

Plutôt connu pour son travail auprès des musiciens de l’avant-garde américaine comme John Zorn, Marc Ribot, Cuong Vu et Chris Speed, Jamie Saft démontre aussi sur ce disque son talent d’accompagnateur. Ses subtiles variations génèrent de sensibles atmosphères qui conviennent tout à fait à l’expression nuancée de la chanteuse. Comme producteur Jamie Saft a veillé à doter l’album d’un son chaleureux et feutré qui évoque les chansons de ces grands compositeurs et/ou interprètes du passé. Rien de vintage pourtant. L’ambiance demeure ancrée dans le XXIème siècle.

Pour avoir accompagné des musiciens aussi différents qu’Ornette Coleman ou Elvis Costello, le contrebassiste Brad Jones est lui aussi l’homme de la situation. Batteur du groupe « The Little Willies », Dan Rieser a participé à plusieurs enregistrements de Norah Jones dont le fameux « Come Away With Me », ce qui laisse penser qu’il a quelque familiarité avec l’accompagnement des voix. On comprend qu’une telle section rythmique soit capable de s’adapter à des contextes très différents qui vont de l’avant-garde à la pop. Leur présence sur l’album contribue pour beaucoup à sa qualité.

Quant au guitariste qui intervient sur cinq titres, on ne pouvait rêver mieux puisqu’il il s’agit du talentueux Marc Ribot dont les interventions toujours aussi brillantes et inspirées contribuent à faire de cinq chansons les moments phares de l’album. On peut aussi noter l’intervention d’un quartet de cordes sur une composition originale qui tente de restituer l’ambiance des années 60. L’enregistrement de « She Moves On » s’est déroulé aux studios Sear Sound de New York, au cœur du quartier de Hell’s Kitchen.

Dans son nouveau répertoire, Youn Sun Nah explore avec talent quelques titres allant du rock à la pop, en passant par le folk, le jazz, sans oublier les musiques traditionnelles auxquelles s’ajoutent trois compositions originales, Traveller qui ouvre l’album, Too Late (où intervient le quatuor de cordes) et Evening Star en final.

Dans des albums précédents, la chanteuse avait déjà revisité des titres de pop, de chanson française (Philippe Sarde), de rock (Metallica, Tom Waits, Nine Inch Nails), des chants traditionnels (coréen et américain) et même un morceau de Scriabine. Sur son nouvel album, Youn Sun Nah explore uniquement des musiques nord-américaines. On retrouve deux chants traditionnels. Black Is The Colour Of My True Love’s Hair (1915) qu’a interprétée Nina Simone et la chanson A Sailor’s Life (18ème siècle) d’après la version arrangée par « Fairport Convention » où chantait Sandy Danny en 1969.

En ce qui concerne les reprises, certaines ont obtenu des triomphes en leur temps comme par exemple Teach The Gifted Chrildren, le fameux titre que Lou Reed a enregistré en 1980 sur « Growing Up in Public ». La tonalité bluesy enjouée donnée par Marc Ribot est accentuée par la sobriété vocale de la chanteuse et par l’accompagnement de la section rythmique qui se calque sur le titre original.

D’autres reprises sont moins connues comme la chanson She Moves On enregistrée en 1990 par Paul Simon sur l’album « The Rhythm of the Saints » où la section rythmique offre une caisse d’écho à la voix de la chanteuse qui, stimulée par la guitare accrocheuse, se fait un peu plus aventureuse. The Dawntreader enregistré en 1968 par Joni Mitchell sur son premier album studio « Song to a Seagul  » ne compte pas parmi les titres les plus connus de la chanteuse américaine. La comparaison entre les versions des deux chanteuses demeure à l’avantage de l’originale beaucoup plus sensible, même si l’accompagnement de Jamie Shaft se fait très discret. Sur le seul titre qui émarge quelque peu dans le répertoire jazz, Fools Rushing In de R. Bloom et J. Mercer, l’orchestre contribue à donner un côté lénifiant à cette chanson que même Sinatra n’avait pas pu gommer en 1940. 

On a particulièrement apprécié la reprise que Youn Sun Nah fait avec la guitare écorchée de Marc Ribot de Drifting, la ballade dont Jimi Hendrix avait gravé un premier jet mais qui fut publiée avec deux ajouts après sa mort en 1971 sur « The Cry of love » De même on a vibré lorsque Youn Sun Nah prend sa kalimba (piano à pouces) sur le titre traditionnel Black is The Color Of My True Love’s Hair. On a retrouvé les accents de fragilité et de puissance émotionnelle que sait prodiguer la chanteuse. Les notes posées avec parcimonie et sensibilité par la seule contrebasse respectent tout à fait ce climat intime.

A l’écoute de l’album « She Moves On » on oublierait presque que Youn Sun Nah est une improvisatrice émérite. En effet sur cet opus, les effets de l’orchestre sont soignés et la technique vocale de la chanteuse est mise au service d’une esthétique qui restitue avant tout la pureté et les mille nuances de sa voix ductile, souple et puissante. On aurait pourtant apprécié quelques interprétations plus toniques voire même les improvisations débridées auxquelles elle nous avait habituées sur scène. Sans doute cette forme d’expression spontanée et moins formelle convient-elle mieux aux concerts qu’au format discographique.

Un clip rapide pour écouter celle que l’on on a découvert en 2003 durant le Rhino Jazz(s) Festival dans la petite église de Pavezin. Le temps a passé et depuis, Youn Sun Nah a quasiment atteint le statut de diva du jazz.

 
On attend donc avec impatience d’écouter les scats ébouriffants de Youn Sun Nah lors des concerts à venir sur les scènes françaises, comme par exemple les 25 & 27 mai durant le festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances, le dimanche 09 juillet 2017 au Théâtre Antique de Vienne dans le cadre du festival « Jazz à Vienne » ou durant le festival « Jazz à Sète » le 17 juillet prochain.
Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

Le saxophoniste Stefano Di Battista revient sur le devant de la scène avec « Morricone Stories », un projet dédié à son compatriote Ennio Morricone. En quartet, il rend hommage à l’un des plus grands auteurs de musiques de film. L’opus propose quelques thèmes devenus légendaires et d’autres plus confidentiels, avec, en prime, une composition inédite que le Maestro Morricone a offert à Stefano di Battista. Avec talent, l’altiste s’empare des) thèmes du compositeur et les restitue avec lyrisme, flamboyance et virtuosité.

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Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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​​Sur « InTime Brubeck », le Duo Fines Lames explore le monde musical de Dave Brubeck à travers des relectures d’œuvres choisies ou des compositions personnelles inspirées de l’univers de cette figure essentielle du jazz West Coast que fut le pianiste. Les lames de l’accordéon chromatique de Florent Sepchat et celles du vibraphone et du marimba de Renaud Detruit dialoguent en interaction permanente. Entre hommage fidèle et création inventive, leurs échanges d’une modernité sensible créent des climats inédits.

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Michel Portal présente « MP85 »

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Après un silence discographique de 10 ans, Michel Portal revient avec un nouvel album aux accents joyeux, « MP85 ». Si les initiales du titre reprennent celles de son identité, le nombre associé évoque les 85 bougies soufflées le 27 novembre 2020 par le leader. Avec son nouveau groupe, le clarinettiste restitue la vision qu’il a du monde. Il invite à le suivre dans un voyage musical radieux qui commence en Afrique et se termine au pays basque. Dix paysages sonores sublimes.

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Pierre de Bethmann en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Pierre de Bethmann en résidence à l’AmphiJazz de Lyon

Pour sa 3ème résidence, le pianiste convoque 3 quartets

Du 17 au 20 mai 2017, l’AmphiJazz de l’Opéra de Lyon accueille le pianiste Pierre de Bethmann en résidence. Homme de défi, le musicien propose trois formats musicaux reflets de son univers musical multiforme.

Pour la troisième fois, François Postaire reçoit le pianiste Pierre de Bethmann en résidence. Il est vrai que l’AmphiJazz de Lyon suit avec intérêt le parcours de ce musicien dont l’activité musicale très dense ne cesse d’évoluer au fil du temps.

Lors de cette résidence de mai 2017, trois quartets à la géométrie variable. Lors des deux premières soirées de la résidence le pianiste se présente en trio et invite pour chaque concert un saxophoniste différent. C’est par contre un quartet claviers/percussions que Pierre de Bethmann propose pour le dernier concert de la résidence.

Depuis les années 90 et le trio « Prysm », Pierre de Bethmann poursuit plusieurs activités en parallèle. Son intense travail de sideman ne l’empêche pas de mener à bien plusieurs projets personnels. Les étapes successives du projet « Ilium » à géométrie variable dont la dernière mouture, le « Médium Ensemble » a sorti en 2016 un album intitulé « Exo (Médium Ensemble Vol2) » sous le label Aléa créé par le pianiste. Sans oublier le trio où le musicien prend le temps de travailler le swing en profondeur et avec lequel il a enregistré en 2015, sous le label Aléa, l’album « Essais (Volume 1) ». Enfin, le Quartet Shift » dont un album devrait paraître prochainement, sans doute à l’automne 2017.

Compositeur d’un répertoire exigeant dont les formes évoluent au fil du temps, Pierre de Bethmann fait confiance à sa famille musicale et à la force du collectif pour porter ses projets sans cesse tournés vers l’avenir. Sa nouvelle résidence convoque quelques-uns de ses plus fidèles compagnons de route. On lui fait confiance pour démontrer encore une fois ses talents de musicien et de créateur.

Ainsi le jeudi 18 mai à 20h30, Pierre de Bethmann se présente avec le contrebassiste Sylvain Romano et le batteur Tony Rabeson. Le Trio en titre de Pierre de Bethmann invite le saxophoniste Mark Turner.

Voilà bientôt trois ans que Pierre de Bethmann explore avec son nouveau Trio un répertoire de standards issus des traditions des deux bords de l’Atlantique augmentés de quelques compositions originales. On a d’ailleurs pu apprécier les talents de mélodistes de ces trois musiciens lors de leur concert du 07 juillet 2016 sur la scène de Cybèle dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Ce jeudi soir, le trio du pianiste invite le saxophoniste ténor Mark Turner, qui s’est imposé au monde comme une référence incontournable de sa génération. Nul doute que l’idiome lyrique et raffiné du saxophoniste ne stimule l’inventivité de ce trio lumineux.

Le vendredi 19 mai à 20h30, c’est avec le contrebassiste Simon Tailleu et le batteur Karl Jannuska que se produit Pierre de Bethmann. Avec ce trio le pianiste invite le saxophoniste ténor Rick Margitza.

Simon Tailleu et Karl Jannuska sont membres du « Medium Ensemble » avec lequel Pierre de Bethmann explore des territoires innovants. Cette section rythmique d’une agilité renversante est chargée d’assurer une assise solide pour soutenir l’expression puissante et subtile de ce saxophoniste qui a joué aux côtés de Miles Davis. Au répertoire de la soirée des compositions choisies par l’un et l’autre des deux solistes.

Le samedi 20 mai à 20h30, place au quartet authentique de la soirée, un autre projet de Pierre de Bethmann en date de 2014. Il s’agit du Quartet Shift composé de Pierre de Bethmann et de Laurent Coulondre aux claviers, de Pierre-Alain Tocanier à la batterie et de Stéphane Edouard aux percussions.

Loin de l’acoustique des cuivres et des bois du « Médium Ensemble » et de ses musiques exigeantes, loin de la formule du trio piano-contrebasse-batterie au swing indubitable, ce Quartet Shift explore un répertoire créé en 2014 à L’apostrophe lors d’une résidence du groupe à Cergy-Pontoise.  On peut s’attendre à un univers aventurier et sans complexe forgé par les deux claviers et les deux instruments percussifs. A la clef, un répertoire festif où le groove devrait s’imposer sans conteste.

Il convient aussi de profiter de cette résidence à l’AmphiJazz de Pierre de Bethmann pour le découvrir en piano solo lors des AmphiMidis de 12h30. Deux rendez-vous.

Le mercredi 17 mai pour écouter le pianiste interpréter en solo une sélection de standards et le vendredi 19 mai pour le retrouver toujours en solo autour d’un répertoire constitué de compositions originales.

Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

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Clin d’œil à Duo Fines Lames & « InTime Brubeck »

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Michel Portal présente « MP85 »

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Trombone Shorty sort « Parking Lot Symphony » chez Blue Note

Trombone Shorty sort « Parking Lot Symphony » chez Blue Note

Brass-Band, funk, hip-hop… du groove de bout en bout

Le 28 avril 2017 Trombone Shorty sort « Parking Lot Symphony » chez Blue Note est annoncé pour le  sous le titre. Sur son quatrième opus le jeune tromboniste et chanteur mêle les musiques les plus diverses. Sonorités funk des années 70, rock, hip-hop, soul, R&B, gospel et ragtime et jazz.

Pour « Parking Lot Symphony » (Blue Note/Universal), ce premier album de Trombone Shorty paru sous le label légendaire Blue Note, Troy Andrews s’est adjoint les services du producteur Chris Seefried et a collaboré avec des compositeurs et des musiciens aussi différents que ceux d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros, des Meters, de Better Than Ezra ou encore de Dumpstaphunk. A ses côtés sur l’album, on écoute Leo Nocentelli (guitariste du groupe The Meters) et Tony Hall (de Dumpstaphunk qui remplaçait pour l’occasion le bassiste du groupe) ainsi que les membres de son groupe « Orleans Avenue », le guitariste Pete Murano, les saxophonistes Dan Oestreicher (sax baryton) et BK Jackson (sax ténor), le bassiste Mike Bass-Bailey et le batteur Joey Peebles. Le disque compte 2 reprises et dix titres dont certains co-écrits par Aloe Blacc, Ethan Gruska et Alex Ebert. 

Il a fallu attendre 4 ans après « Say That to say This », le précédent album de Trombone Shorty paru en 2013, pour que sorte ce quatrième album « Parking Lot Symphony ». En effet en raison d’une activité soutenue, Trombone Shorty a différé le moment d’entrer en studio pour enregistrer « Parking Lot Symphony ».

On peut d’ailleurs dire qu’il n’a pas pris le temps de souffler entre son cinquième passage à la Maison Blanche, sa présence à la cérémonie des Grammy Awards aux côtés de Madonna, ses interventions sur les albums de She & Him, Zac Brown, Dierks Bentley et Mark Ronson, les premières parties de Dary Hall & John Oates et celle des Red Hot Chili Peppers, les enregistrements des voix de plusieurs personnages du film d’animation « The Peanuts Movies », sans omettre le concert de clôture du »  New Orleans Jazz & Heritage Festival ». Troy Andrews plus connu sous le nom de Trombone Shorty a aussi publié « Trombone Shorty » un livre pour enfant retraçant son parcours. Toutes ces activités lui ont permis de murir son nouveau projet.

Né dans le quartier de Trémé à la Nouvelle-Orléans en 1986, le jeune Troy Andrews a reçu son surnom de ses parents à l’âge de 4 ans lorsqu’il choisit le trombone plutôt que la trompette comme son frère aîné. A 8 ans il est à la tête d’un groupe avec lequel il se produit dans les bars et les salles des fêtes. Ado, il joue avec les Neville Brothers et rejoint ensuite la section de cuivres du groupe de Lenny Kravitz à sa sortie du lycée. Après ces expériences il s’investit aux côtés des musiciens qui ont soutenu la reconstruction de sa ville dévastée en 2005 par l’ouragan Katrina. Le jeune tromboniste enregistre ensuite trois albums. En mai 2010 il sort Backatown (Verve/Universal), du « suprafunkrock » où jazz, funk, soul et rock se mélangent.  En 2011 c’est « For True » (Verve/Universal) et ensuite en 2013 « Say That to Say This » (Verve/Universal).

Comme le titre de l’album l’indique, « Parking Lot Symphony » prend plusieurs directions et propose des sonorités variées. On passe de la fanfare au funk le plus torride, du blues déchirant au hip-hop insolent. La seule unité qu’on puisse trouver sur ce disque réside dans l’interprétation de Troy Andrews toujours soucieux de servir la musique et de mettre en évidence la diversité des influences qui l’ont nourri.

L’album ouvre avec Laveau Dirge N°1 et se termine avec Laveau Dirge Finale, un chant funèbre. Le jeune Troy Andrews tromboniste, songwriter et chanteur n’entame pourtant pas « Parking Lot Symphony » comme une complainte. Ce morceau de soul néo-orléanaise honore ses racines à travers un hommage rendu à une des plus célèbres prêtresses vaudou de l’histoire de la Nouvelle-Orléans. Le son de la trompette et les contrechants des autres cuivres colorent de nostalgie une ouverture recueillie et respectueuse. Dans le final plus électrique on suit la trompette et les chœurs pour une marche dans la foule réunie pour une ultime célébration.

Sur « Parking Lot Symphony », deux reprises. Sur It Ain’t No Use des Meters, on plonge dans une folle atmosphère de jazz soul. Avec beaucoup de respect le jeune Troy Andrews interprète une version optimiste de Here come The Girls d’Allen Toussaint.

Le titre Parking Lot Symphony qui donne son nom à l’album résulte d’une co-écriture de Troy Andrews avec Alex Ebret (d’Edward Shape & The Magnetic Zeros). Une musique stimulante propre à remonter le moral quand on l’a perdu. On a aussi repéré Familiar co-écrit avec Aloe Blacc, du funk qui emprunte au RnB et à la soul. Co-écrit avec Kevin Griffin, Where It at ? rappelle la pop des années 2000.

Porteur d’une nostalgie désabusée, No Good Time regarde du côté du blues. L’âme de James Brown rôde sur l’instrumental Tripped Out Slim nommé ainsi en hommage à un ami de la famille disparu. Dirty Water apparaît comme le titre le plus apaisé de l’album. Porteur de mélancolie, il encourage pourtant à croire en la vie.

« Parking Lot Symphony ». On prend grand plaisir à écouter les douze titres de l’album. Un concentré du talent de Troy Andrews qui allie virtuosité et énergie, brillance et tonus. Le chant de l’artiste sonne mieux que jamais même quand il  prend sa voix de fausset sur Dirty Water. On se laisse imprégner des ambiances variées de cet album dont l’unité réside dans la personnalité du leader. Qu’il évoque l’amour, la tristesse, le dépit, la foi, l’espoir, le plaisir… il honore la vie sous tous ses aspects. Les cuivres triomphent du désespoir.

 

Après avoir écouté les douze titres de l’album « Parking Lot Symphony » de Troy Anders on se réjouit de pouvoir l’écouter live durant le festival Jazz à Vienne 2017 le 08 juillet 2017 sur la scène du Théâtre Antique de Vienne. La prometteuse Soirée Funk propose un triple plateau avec Juan Rozoff le « petit Prince », Trombone Shorty & Orleans Avenue et pour finir le fameux bassiste Larry Graham & Graham Central Station en compagnie de Marco Prince et de la chanteuse Jeanne Added réunis pour un « Hommage à Prince », trop tôt disparu en 2016.
Stefano Di Battista crée l’évènement avec « Morricone Stories »

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