Avec l’arrivée de Nikolaj Szeps-Znaider, nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, la saison 2020/2021 à l’Auditorium de Lyon-Orchestre National de Lyon s’annonce riche en promesses. Outre la venue de grands interprètes, d’éminents chefs d’orchestre et d’ensembles internationaux et français exceptionnels, l’Auditorium accueille d’immenses stars du jazz et des musiques du monde. Intenses moments en perspective avec un Hommage à Michel Petrucciani, Fatoumata Diawara, Chucho Valdés, un Hommage à Astor Piazzolla. De quoi réjouir le public !
« Let’s BasH! » de Jowee Omicil
Une invitation à la joie universelle
Avec « Let’s BasH! », le canadien Jowee Omicil, propose un album audacieux et coloré. Le souffleur multi-instrumentiste croise mélodies et rythmes tout au long d’un voyage sans frontière. Un jazz arc-en-ciel, groovy, joyeux et décomplexé.
A travers le titre de l’album, « Let’s BasH! » (Jazz Village/Pias) sorti le 14 avril 2017, Jowee Omicil, fait référence à la joie et à l’amour qui baignent les douze titres de l’album. Amour pour les musiques, amour pour les figures de son panthéon, amour dédié au monde entier et aux pays dont il capte l’âme et les rythmes.
Ce fils de pasteur né à Montréal a grandi entre les communautés haïtienne et québécoise. Imprégné de gospel, des sonorités des chorales et des fanfares, il étudie le saxophone. Outre les musiques des combos de compas et les cadences des fêtes de sa communauté, Jowee Omicil écoute les saxophonistes altistes, Steve Coleman, Kenny Garrett puis rencontre Ornette Coleman avec qui il établit une relation de proximité pleine de déférence. Installé à New-York, il continue son apprentissage dans les clubs, la rue et le métro puis s’installe à Paris mais il continue toujours de naviguer entre ses ports d’attache.
Après trois disques (« Let’s do it », « Roots & Grow » et « Naked ») « Let’s BasH! » est en quelque sorte son premier album « international » où il entreprend de raconter des histoires. La mélodie y tient une place de choix. Sur cet opus, Jowee Omicil brasse avec une certaine audace toutes sortes de musiques. Musique créole, musique indienne, musique touareg, musique capverdienne, sans oublier jazz, gospel, soul et blues. On l’entend à la clarinette, aux saxophones soprano et alto, au cornet, au piano Rhodes et aussi au chant.
Autour de lui, une équipe élargie et énergique comme une famille musicale chaleureuse et dynamique. Trois bassistes, le Libérien Kona Kahsu, le Camerounais Jendah Manga, le Martiniquais Michel Alibo et un contrebassiste Justwody Cereyon. Deux pianistes/claviéristes, le Guadeloupéen Jonathan Jurion et le Guyanais Jean-Philippe Dary. Un guitariste, le serbe Nenad Gajin. Deux batteurs, le Martiniquais Laurent-Emmanuel Tilo Berthollo et le Camerounais Conti Bilong. Le percussionniste tabliste canadien Jeffrey Deen.
On aurait attendu du seul soliste de l’album, le leader, qu’il développe plus ses interventions pourtant inspirées et fulgurantes ou nostalgiques et pensives mais sans doute a-t-il concentré son énergie créative pour architecturer, organiser et mettre en forme un album cohérent et porteur d’énergie positive.
Encore une fois, le miracle du son est advenu grâce à la qualité du travail réalisé par Gérard de Haro, Nicolas Baillard et Clément Gallice, du studio de la Buissonne à Pernes les Fontaines. Après cinq jours d’enregistrement en octobre 2015 et les étapes de mixage et mastérisation, la musique du bouillonnant Jowee Omicil propage le message de son auteur, « Let’s BasH! ».
« Let’s BasH! ». Douze titres, douze ambiances, douze clins d’oeil. Jowee Omicil rend hommage à ses figures tutélaires ou à des lieux géographiques porteurs de fortes traditions musicales. Des mélodies simples aux tonalités lascives ou entêtantes. Une fête rythmique dont les teintes oscillent entre joie et nostalgie.
En ouverture de l’album Jowee Omicil adresse un Let’s Just BasH! hip-hop et groovy au monde entier. Il dédie une biguine aux allures néo-orléannaises à la Martinique et monte sur Le Pont d’Avignon qu’il démonte et reconstruit en dédicace à la France. Il adresse une dédicace à Tinariwen et deux titres aux musiques du Cap-Vert dont un hommage au clarinettiste Luis Morais.
Sur Chaplin Bash!, la clarinette et les tablas projettent avec un certain humour affectueux, la démarche burlesque et émouvante de Charlie Chaplin. Something Clear dédié à Sade impulse une rythmique lancinante sur laquelle le leader pose des riffs réitératifs au Rhodes alors que Jean-Philippe Darry prête sa voix sur ce morceau lascif.
Avec Love & Honesty, une promenade métronomique, Jowee Omicil rend hommage à Ornette Coleman. Sur Ballad for Roy Hargrove le leader embouche le sax soprano. Le climat se fait d’abord tendre puis adviennent des variations rythmiques servies avec brio par le trio Alibo/Jurion/Bertholo. Le leader lâche son énergie et les cinq musiciens joignent leurs voix à l’hommage au trompettiste avant que le tempo ne ralentisse de nouveau pour laisser place à la complainte du cornet de Jowee Omicil.
One Note for Miles. Onze minutes d’une musique habitée de l’esprit du légendaire Miles Davis à qui est elle est adressée La rythmique obsédante et le chant pensif et nostalgique de Jowee Omicil restituent tout à fait les ambiances davisiennes.
« Let’s BasH! ». Avec une relative audace, Jowee Omicil élabore une musique comme on confectionne un rhum arrangé ou un plat goûteux. Dans un bain rythmique multiculturel avec un brin de créolité, un zeste de soul, un soupçon d’humour et des mélodies simples qui se retiennent. Une musique universelle et populaire. Une musique qui prétend amener le monde à la liberté et qui ne se prend pas la tête.
Saison 2020/21 à l’Auditorium de Lyon
L’Orchestre National de Jazz sort deux albums
Directeur artistique de l’Orchestre National de Jazz depuis janvier 2019, le compositeur et guitariste Frédéric Maurin démarre la saison 2020-2021 avec une double sortie d’albums attendue le 21 août 2020. « Dancing In Your Head(s) » & « Rituels. Deux répertoires, deux esthétiques, une version live et une autre studio. Immersion dans la galaxie d’Ornette Coleman pour le premier. Promenade chimérique dans un monde acoustique et poétique. Deux projets ambitieux fort réussis.
Jazz Campus est là … avec 3 concerts !
Nouvelle réjouissante pour les amateurs de jazz live… Jazz Campus en Clunisois programme 3 concerts sur le territoire de la Bourgogne Sud ! En effet, même si, en raison de la crise sanitaire, Didier Levallet et toute l’équipe du festival ont dû renoncer à leur semaine annuelle de programmation musicale et aux stages, ils ne se sont pas résignés. Au final, Jazz Campus est là avec trois concerts proposés au public les 20 et 21 août 2020. Sylvain Rifflet solo, Novo Quartet et Rose Radio. Belle perspective que le plaisir de renouer avec des émotions musicales vivantes !
et deux autres vocales. Abd Al Malik et Mina Agossi en sont les interprètes. On note avec intérêt cette initiative dont le pianiste fait preuve à quatre-vingt-six ans en introduisant un texte sur sa musique et en collaborant avec deux « voix » atypiques et deux personnalités fortes de la scène française. Cette relative audace artistique apparaît comme le symbole d’un d’esprit ouvert et témoigne d’une jeunesse certaine.
Après une première collaboration avec le Trio Brasileiro sur le disque « Alegria Casa » enregistré en 2015, qui présentait la combinaison de choros traditionnels et de pièces originales, Anat Cohen sort « Rosa Dos Ventos ». Cet opus est une nouvelle étape fascinante dans l’évolution de l’association entre le trio et la clarinettiste. L’album propose uniquement des compositions originales écrites par les membres du Trio Brasileiro et par Anat Cohen.
L’album « Outra Coisa » réunit la clarinettiste Anat Cohen & le guitariste Marcello Gonçalves autour d’un répertoire exclusivement composé des titres du grand compositeur et arrangeur brésilien Moacir Santos (1923-2006). Cet album est vraiment une toute autre chose que « Rosa Dos Ventos » évoqué précédemment. Tout diffère, les sonorités, les rythmes mais on retrouve bien sûr la virtuosité et la sonorité profonde et lumineuse de la clarinettiste qui imprègnee mélancolie la texture musicale de l’album.
Sur ce quatrième et ultime opus « Europa Oslo » (ONJ/L’Autre Distribution) sorti le 28 avril 2017, le directeur musical de l’ONJ, Olivier Benoit propose son nouveau programme créé en résidence à l’Académie norvégienne de musique d’Oslo, en décembre 2016. Pour ce faire il a associé deux artistes pour offrir un autre répertoire à la magnifique machine qu’est devenu l’ONJ. Le poète osloïte Hans Petter Blad auteur des textes de l’album et la comédienne Maria Laura Baccarini.
C’est le 15 novembre 1976 un lundi soir au Théâtre de l’Union de l’Université de Madison du Wisconsin. Bill Evans est au piano, Eddie Gomez tient la contrebasse et Elliot Zigmund la batterie. Le concert est brillant … en tout cas c’est ce que l’on ressent quarante et unes années plus tard à l’écoute de cet album inédit, « On a Monday Evening » (Concord/Universal).
« Label ECM-Focus8 » se penche sur « Cross My Palm With Silver », le deuxième opus du trompettiste Avishai Cohen paru le 05 mai 2017 chez ECM après « Into the Silence » paru sous le même label en 2016. Des cinq nouvelles compositions du trompettiste gravées sur cet opus se dégage un climat émotionnel poignant.