« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple Entente » avec S Beuf / M Perez / D Imbert

« Triple entente » par Sylvain Beuf, Michel Perez et Diego Imbert

Sur l’album « Triple Entente » le duo Diego Imbert - Michel Perez s’étoffe d’un troisième complice, le saxophoniste Sylvain Beuf. Le trio propose un voyage musical singulier teinté d’un revivalisme cool jazz.

Trois ans après « Double Entente » (Such prod/Harmonia Mundi), le duo contrebasse/guitare de Diego Imbert et Michel Perez accueille le saxophoniste Sylvain Luc pour graver « Triple Entente » (Trebim Music/L’Autre Distribution). Un swing intime se dégage des échanges des trois instrumentistes qui improvisent à cœur joie.

Sur les dix plages de « Triple Entente », la rencontre des musiciens fleure bon la Côte Ouest ou plutôt la « West Coast » comme diraient les exégètes du jazz, avec comme repère esthétique le trio composé par le pianiste Lennie Tristano (piano) et les saxophonistes Lee Konitz (alto) et Warne Marsh (ténor). Sans batteur, les trois instrumentistes assurent un tempo sans faille.

Couv_Sylvain Bœuf Michel Perez Diego Imbert – Triple Entente (Trebim Music L'Autre Distribution)Sur « Triple entente », les trois instrumentistes prennent le parti de pratiquer le jeu musical (un jeu de musicien il s’entend …) de la démarcation. Plus explicitement il s’agit, à partir de la trame harmonique d’un standard, de créer un nouveau morceau. C’est de cette manière que Charlie Parker avait détourné le titre How High is the Moon et avait créé Ornithology.

Ainsi, Michel Perez donne le ton dès le premier titre avec Confirm dont la filiation avec Confirmation de Charlie Parker est explicite. Le trio reprend ensuite de jouer Lennie’s Pennies écrit par Lennie Tristano à partir de Pennies From Heaven. Le Corps et âmes de Sylvain Beuf annonce lui aussi la couleur d’emblée, celle de Body and Soul, de même le lien apparaît évident entre Tiko Tikos et TicoTico. En droite ligne issu de la trame harmonique du thème On a Green Dolphin Street, Le Dauphin Bleu de Michel Perez navigue en des eaux raffinées. L’écriture de Diego Imbert réinvente You Stepped Out of a Dream en un Dream Team dont le charme opère de bout en bout. On a le sourire à l’écoute de Last Moment issu de All the things You are... aux amateurs de jazz de retrouver les quatre thèmes à l’origine des autres titres.

Au-delà de l’intérêt purement technique de l’exercice, le bonheur de l’écoute tient surtout dans la relecture de grands thèmes de jazz que font ces trois merveilleux solistes. Dans un style teinté de « cool jazz » leur inventivité explose. Leur complicité stimule des échanges inspirés. Tout en relaxation, les musiciens se soutiennent, se complètent, se croisent pour mieux se retrouver et tresser un tissu musical aux mailles finement aériennes. Un bon moment de musique à savourer sans retenue.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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Xavier Desandre Navarre signe « In-Pulse 2 »

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Six ans après l’album « In-Pulse », le percussionniste-batteur Xavier Desandre Navarre signe « In-Pulse-2 ». Sur ce deuxième opus, il grave avec In Pulse Quartet, une musique où une pulsation vitale abreuve mélodies et improvisations. Une musique ouverte et lumineuse pourvoyeuse d’images et de sensations.

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Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

Dans son neuvième album « The Silver Messengers », Carmen Souza célèbre le pianiste Horace Silver disparu il y a cinq ans. Avec son indéfectible complice, le bassiste Theo Pascal, la chanteuse aux origines cap-verdiennes rend hommage au pionner du hard-bop. Elle reprend des titres du répertoire de son aîné auxquels s’ajoutent deux morceaux originaux. Le jazz pimenté de résonances créoles du Cap-Vert envoûte et séduit. Une belle réussite !

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« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx et Brussels Jazz orchestra

« Brel » par David Linx & le Brussels Jazz Orchestra

L’album « Brel » célèbre autant le « grand Jacques » que le talent du chanteur David Linx et le swing du Brussels Jazz Orchestra. Une absolue réussite !

72px_couv_brel « Brel » (Jazz Village/Harmonia Mundi), un disque enregistré en Belgique (à Gand) par David Linx, chanteur né à Bruxelles et un big-band basé à Bruxelles, le Brussels Jazz Orchestra (BJO). Un hommage qui emprunte les sentiers du jazz pour honorer Jacques Brel. Inspiré par la force des textes, David Linx insuffle la souplesse de son jazz. Le swing coloré du BJO impulse une énergie nouvelle aux grands standards de Brel.

Certes l’orchestre et le chanteur n’en sont pas à leur première collaboration mais le pari était osé. Risqué de reprendre Brel dont les textes et les interprétations sont inscrits dans toutes les mémoires. Risqué d’interpréter des chansons dont les versions d’origine ont bouleversé des générations mais David Linx n’est pas un homme que72px_BJO_brel_live les paris effraient, loin de là. Après avoir tourné pendant deux ans avec « A NOUsGARO » en souvenir de son ami Claude Nougaro, il a conçu de travailler de nouveau avec Frank Vaganée, le directeur artistique du BJO pour « chanter Brel ». Ensemble ils ont choisi onze des grands succès de Brel et les présentent en dix titres aux rythmes et ambiances variées. La voix du chanteur et le tissu musical étincelant du BJO font alliance pour servir textes et rythmes.

Dans « Brel » les chansons de Jacques Brel se transforment en morceaux de jazz sans rien perdre de leur âme. Les tonalités émotionnelles, joie, tristesse, amour sont conservées.Les arrangements écrits par Pierre Drevet, Dieter Limbourg, Lode Mertens, Gyuri Spies, Frank Vaganée et Nathalie Loriers contribuent à densifier les atmosphères et à impulser des changements de rythmes qui évitent de reprendre la scansion rythmique propre à Brel. Les différentes palettes sonores du BJO colorent les plages de vigueur ou de langueur et avec les différentes sections de l’orchestre, le rythme s’emballe ou s’enroule autour de la voix d’un David Linx lumineux qui chante comme il respire.

Les trois villes célébrées par Brel sont sublimées. La version de « Bruxelles » est étourdissante, elle déborde de vie, de couleur et de mouvement. Pendant huit minutes cinquante cinq, on se trouve transporté dans un Bruxelles scintillant que le scat de David Linx et le chorus de Frank Vaganée (saxophone alto) contribuent à rendre encore plus « bruxellant ». Amsterdam et Vesoul sont enchaînées dans « Vesoul/Amsterdam ». Une valse ébouriffante où le solo du trompettiste Nico Schepers termine « Vesoul » et passe le relai à David Linx pour les dernières mesures d’un « Amsterdam » émouvant chanté en anglais, comme un clin d’œil à cet autre David (Bowie) qui avait interprété le titre. On a encore la tête qui tourne à l’écoute de la « Valse à mille temps ». Il vient vraiment l’envie de valser au rythme de l’amour, de Paris et du swing de ce morceau plus flamboyant que jamais. Une vraie tornade de musicalité !

C’est avec beaucoup de sensibilité que David Linx interprète « Ne me quitte pas » et « Isabelle » délicatement murmurée en anglais. On croyait connaître « Mathilde » mais nous voilà surpris. La bougresse se balance sur des rythmes latins et à n’en pas douter avec son scat impérial, David Linx devrait gagner le cœur de la Mathilde tant convoitée. Sur « Ces gens-là », le chorus de Bo Van der Werf au saxophone baryton s’allie de belle manière au chant de David Linx qui dessine avec émotion les portraits de ces gens auxquels on était habitués mais que l’on redécouvre avec bonheur.

Un « Brel » somptueux à écouter et ré-écouter dès sa sortie officielle le 10 juin. Il est aussi possible d’écouter David Linx & le BJO sur scène le 26 juin à 16h au Parc Floral dans le cadre du Paris Jazz Festival.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

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« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

« Gershwin » par J.M. Foltz & S. Oliva

Jean-Marc Foltz & Stéphan Oliva brodent « Gershwin »

Avec l’album minimaliste « Gershwin », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le pianiste Stefan Oliva revisitent en duo le monde du compositeur américain G. Gershwin. Le silence teinté de bleu dessine une musique de nuit intimiste.

Le clarinettiste Jean-Marc Foltz est issu du monde classique et contemporain alors que Stefan Oliva s’inscrit dans la famille du jazz où son élégance musicale a de tout temps fait l’unanimité. Les deux musiciens ont déjà croisé les notes à de multiples occasions. Ensemble ils avaient déjà parcouru et tissé à leur manière le répertoire classique pour piano et clarinette en 2011gerswhwin_couv dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi).

Ce nouvel album « Gershwin » (Vision Fugitive/Harmonia Mundi) à paraître le 27 mai 2016 prolonge donc leur rencontre autour de neuf titres de George Gershwin, de deux compositions originales, une du  pianiste et une du clarinettiste et de la célèbre composition de Vernon Duke et Ira Gershwin, « I Can’t get Started » que l’on écoute.

160px_JMFoltz-SOlivaLes œuvres de Gershwin ont autant été interprétées par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, au second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, oublié le cliché du glissando de la clarinette introductif de la « Rhapsodie in Blue » qui retrouve  les « fondamentaux » de la musique classique.

Les musiciens étirent le temps et le distendent avec une sobriété qui confine au dénuement, avec une élégance dont la sérénité n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. Et l’incroyable advient … du dépouillement jaillit l’émotion, une émotion qui nous habite encore longtemps après l’écoute de cet album empreint de bleu et de silence.

Leur version de « Summertime » est comme alanguie par la chaleur écrasante d’un soir d’été. Dans « ‘S Wonderful (morning) », les deux musiciens nous content la beauté de la fin de la nuit quand l’aube blanchit le ciel. Plus tard, ils nous proposent une version tout aussi éthérée de « ‘S Wonderful (evening) » pour dessiner l’esthétique du crépuscule qui efface le jour. Deux véritables poèmes que nous recevons comme des merveilles. Le « Prélude N° 2 Blue Lullabye » advient comme une introduction du thème « I love you Porgy » dont la mélodie exhale l’essence même de l’amour.

C’est un amour attendu et souhaité qui se dessine en délicatesse dans la version de « The man I love ». « Fascinating Rythm/Some one to watch over me » est dédié à Woody Allen dont on connaît le goût pour le jazz et la clarinette. De titre en titre, les notes sont soufflées et caressées. C’est sans doute le titre qui emprunte le plus à l’esthétique rythmique du jazz.

Même après qu’il ait regagné sa pochette, le disque tourne en boucle dans nos têtes et la magie opère. D’ailleurs la pochette dessinée par Emmanuel Guibert restitue tout à fait l’atmosphère ourlée de bleu et de silence qui caractérise cet album. Il est essentiel par ailleurs de préciser que la qualité du son doit aussi beaucoup au talent de l’ingénieur du son, Gérard de Haro, puisque l’opus a été enregistré dans son studio de la Buissonne en novembre 2015.

Pour s’immerger dans le clair-obscur de la musique de l’album « Gershwin », plusieurs options se profilent. Attendre le 27 mai, date de la sortie annoncée pour le disque sous le label « Vision Fugitive » ou… prévoir une escapade musicale pour écouter le duo Foltz/Oliva, soit le 17 mai à 21h à Paris au Sunside soit le 18 mai à la chapelle du Méjan dans le cadre de « Jazz in Arles ».

Le teaser de « Gershwin » permet mieux capter l’essence mystérieuse de cette musique.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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« Run Away » de Jeremy Hababou

« Run Away » de Jeremy Hababou

« Run Away », le premier album de Jeremy Hababou

Sensible et énergique, l’album « Run Away » du pianiste Jeremy Hababou donne à entendre onze titres dont six compositions originales, deux improvisations du groupe et trois reprises.

160px_jeremyhababouCe jeune pianiste et compositeur franco-israélien, Jeremy Hababou, revendique comme influences majeures les pianistes de jazz, Art Tatum, Bud Powel et Thelonious Monk et la musique classique (Bach, Ravel, Debussy). Il a étudié le jazz au centre d’Étude de Jazz à Tel Aviv, parrainé par le contrebassiste Avishai Cohen et en coopération avec la New School of Jazz de New-York. Il a suivi des masters classes avec Mulgrew Miller et Pat Metheny. Dans les clubs de Tel Aviv, il a rencontré de nombreux musiciens israéliens.

Sa rencontre avec Anne Ducros lui permet de se produire en première partie des concerts de la chanteuse, en septembre 2012 au Festival de Jazz de Saint-Rémy de Provence et en novembre 2013 au Théâtre de Bobino. En 2014 il participe au concours international de Piano Solo Jazz de Montreux dont il est finaliste. Cette même année 2014 il joue au Festival Éclats d’Émail de Limoges dont la programmation est concoctée par J.M. Leygonie. En Août 2013 il a enregistré à Tel Aviv « Run Away » son premier album en tant que leader avec autour de lui le batteur Ziv Ravitz et le contrebassiste Haggai Cohen Milo. Le trio invite le saxophoniste Gilad Ronen qui est aussi le directeur artistique du projet. Depuis peu Jeremy Hababou vit en France et commence à écumer les clubs de la capitale

En France la sortie de l’album « Run Away » (Gaya Music/Socadisc) est prévue le 20 mai 2016 chez Gaya Music/Socadisc. Les mélodies enivrantes sont servies par des interprètes sensibles et talentueux qui parviennent à créer une pluralité de climats. L’énergie génère des tensions mises au service d’une richesse harmonique toujours sous-jacente.

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Sur la pochette de l’album figure un tableau du célèbre peintre Yoël Benhrrouche. Sur l’album, onze titres dont six compositions originales du pianiste.

Le titre d’ouverture « Runaway », propose une musique dense et tendue avec des interventions lumineuses du saxophone soprano. Escapade ou fuite ? à suivre… Avec « Paradox » interprété en trio, la nuance advient, le climat change, le calme serein et rêveur alterne avec des cassures rythmiques toniques et interrogatives. Sur « Rea » le trio prouve sa cohésion et le pianiste entraîne ses compagnons dans une spirale où les influences orientales affleurent avec nuance. La parole circule librement et équitablement entre les trois musiciens dont on perçoit l’écoute réciproque. Sur « Turbulences » les lignes mélodiques du saxophone soprano ne sont pas sans évoquer la notion de fuite même si la fin du morceau suggère le répit. La structure du morceau « The Lick » met en évidence la virtuosité de Gilad Ronen littéralement porté par la section rythmique. Lyrisme et romantisme affleurent dans l’interprétation de « Richard & Mussorgsky », une composition de Jeremy Hababou inspirée par Moussorgsky.

Sur les deux titres « A la Mode » et « Conflict » l’orchestre improvise et les musiciens occupent l’espace musical renouvelé avec liberté et créativité. L’absence de saxophone nous surprend sur la reprise de la composition de Joe Henderson « Inner Urge » qui met en évidence les talents d’improvisateur du contrebassiste et la capacité du trio à faire circuler l’énergie. Jeremy Hababou rend hommage à Léo Ferré avec une interprétation singulière du titre « Avec le temps » pris sur tempo étiré et déstructuré. La bouleversante lamentation du saxophone ténor fait suite à la voix murmurée du pianiste. Même le texte, le poème affleure, l’émotion nous gagne. Une telle interprétation témoigne d’une grande maturité musicale. L’album se termine avec bonheur par une version éthérée, poétique et impressionniste de « Someday », la composition de Frank Churchil.

Après l’écoute d’un tel l’album, vient l’envie d’une immersion « live » pour mieux goûter à ces climats aux multiples couleurs. Le concert du 09 juin au Duc des Lombards à Paris est une opportunité pour écouter Jeremy Hababou sur une scène.

En attendant la sortie de l’album et le concert … rien de mieux qu’une vidéo pour patienter. Elle a été tournée au Sunside où Jeremy Hababou s’est produit en décembre 2015. Yoni Zelnik était à la contrebasse et Fred Pasqua à la batterie.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

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« Mare Nostrum II » avec P. Fresu, R.Galliano et J. Lundgren

« Mare Nostrum II » avec P. Fresu, R.Galliano et J. Lundgren

« Mare Nostrum II », l’aventure poétique continue

Avec ce second opus, « Mare Nsotrum II », le trio constitué par Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren poursuit son aventure poétique et continue à tisser des ponts musicaux européens.

Mare-Nostrum-II_couvLa sortie de « Mare Nostrum II » (ACT/Harmonia Mundi) le 04 avril a comblé tous ceux qui avaient goûté au premier opus. Le plaisir de retrouver l’inspiration des trois protagonistes du projet est proportionnel à la durée de cette attente. Il nous aura en effet fallu attendre neuf longues années depuis la parution du premier album « Mare Nostrum » (ACT/Harmonia Mundi). Cette durée s’explique par la notoriété et l’agenda chargé des trois musiciens impliqués dans le projet. En effet, le trompettiste Paolo Fresu, l’accordéoniste Richard Galliano et le pianiste Jan Lundgren sont très demandés et sont impliqués dans de nombreux projets.

Le lyrisme de la musique du trio Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren concourt à définir les lignes d’un « son européen » empreint de poésie et de délicatesse.

« Mare Nostrum » signifie « notre mer ». Dans la Rome Antique, ce terme désignait la Méditerranée. Avec ce nouvel album « Mare Nostrum II », le trompettiste sarde Paolo Fresu, l’accordéoniste français Richard Galliano et le pianiste suédois Jan Lundgren continuent à établir des ponts entre leurs différentes cultures musicales. Ces trois musiciens ont tous grandi à proximité de la mer (même si l’étendue marine du Suédois est éloignée de la Méditerranée). Cette « mer » représente pour eux plus qu’un symbole. Véritable source d’inspiration, elle est le point de départ de leurs voyages (réels ou intérieurs) et les fait naviguer vers des rencontres, vraies ou fictives.

Même si les trois musiciens ont des personnalités, des héritages culturels et des familles d’instruments très différents, ils parviennent à travailler en symbiose, chacun passant outre les limites apparentes du jazz et travaillant avant tout sur les mélodies. Les lignes mélodiques de l’un entrecroisent celles des deux autres, reliant ainsi leurs racines musicales. Les trames musicales résonnent en harmonie et définissent les contours d’une « mer musicale » transparente dont liberté et création sont les lignes de flottaison et demeurent les repères essentiels du discours musical.

Deux adaptations de pièces très contrastées d’œuvres classiques. « Dolce è il tormento » tiré du neuvième livre de madrigaux de Claudio Monteverdi, œuvre d’un innovateur présent à l’aube de l’opéra baroque, est interprétée ici de manière éthérée et avec une grande subtilité. A l’opposé, la « Gnossienne N°1 », du maître des miniatures musicales Erik Satie est jouée avec une incontestable assurance rythmique. L’album propose une succession de compositions des trois musciens qui décline différentes colorations de la mélancolie. Un tango langoureux au tempo ralenti, « Blue Silence » au format d’une pièce d’étude, « Leklåt », une douce comptine aux couleurs nordiques, « Kristallen den fina », la ballade « Giselle », « Farväl », une danse au tempo vif dont nous vous proposons quelques mesures.

« Mare Nostrum II », une douce rêverie et douze titres comme douze vagues musicales délicates qui apaisent nos âmes.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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Xavier Desandre Navarre signe « In-Pulse 2 »

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Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

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« Headbug » de Ray Lema

« Headbug » de Ray Lema

Ray Lema présente son album « Headbug » en concert

A l’occasion de la sortie de son nouvel album, « Headbug », Ray Lema se produit en quintet le 26 mai à Paris à la Maison des Cultures du Monde, dans le cadre du Festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés ».

160_Raylema_Il n’y a pas grand décalage entre la sortie du disque « Headbug » (One Drop/Rue Stendhal), le 22 avril et le concert de sortie de l’album, le 26 mai à 20h30, à paris, à la maison des Cultures du Monde. Ce double évènement va ravir les amateurs de Ray Lema dont le groove est fort apprécié. Ce pianiste, guitariste et compositeur congolais est un des pères de la musique centrafricaine congolaise et un grand pourvoyeur de groove. A son actif, plus d’une vingtaine d’albums et un parcours musical très personnel.

Ray Lema met en avant son travail de compositeur à l’écriture singulière, à travers la pratique d’un jazz décomplexé qui ne cherche à imiter personne. Le leader a fait sienne une phrase de Miles Davis : « Le Jazz n’est pas une musique, c’est une attitude ». C’est ainsi quil met sa musique au service d’un discours créatif et imaginatif.

Headbug_Ray-Lema_couvL’énergie habite « Headbug », cet album au titre trompeur car à son écoute point de « prise de tête », loin de là. Les  plages se succèdent et procurent un même plaisir d’écoute. En fait, il y a bien eu prise de tête, mais seulement pour Ray Lema lors de l’écriture du titre éponyme qui ouvre le disque. Le pianiste Ray Lema s’est appliqué à trouver une structure harmonique qui mette en valeur ce morceau au groove renversant. Après ce premier thème, huit autres titres qui montrent (si cela est encore à prouver) la pluralité des styles que Ray Lema est capable d’embrasser avec réussite pour concocter un jazz multiculturel groovy et mélodique.

Les comparses-musiciens qui accompagnent Ray Lema sur « Headbug » sont ceux qui étaient déjà à ses côtés sur l’album « VSNP- Very Special New Production ». 160-leRayLema-QuintetIls ont donné le meilleur d’eux-même et contribuent grandement à la qualité de l’album.

Etienne Mbappe, le « bassiste aux gants de soie » joue de toutes les nuances auxquelles il nous a habitué. Il tisse des lignes de forces avec le drumming du batteur, Nicolas Viccaro, et les deux complices contribuent grandement au groove qui sous-tend l’album entier. Le saxophoniste Irvin Acao dont nous avions déjà apprécié les qualités en concert et sur son disque « Azabache » apporte sa contribution à l’album et ses échanges avec le trompettiste Sylvain Gontard sont du plus bel effet sur « Mira », une samba-funk endiablée. L’incandescence rythmique se tempère sur deux ballades nostalgiques « Nâab » et « Ulagaresh » dont les mélodies pleine de sensibilité nous ramènent vers l’Afrique.

Manu Dibango un autre « monument » de la musique africaine est invité au Marimba sur le cinquième titre « No Hiding ». Si l’influence de l’Afrique est incontestable dans le jazz de Ray Lema, le pianiste affectionne les mélodies et pose sa voix avec bonheur sur plusieurs titres. Il chante le titre « Mon bel amour » en français sur un rythme afro-cubain où  la trompette rayonne. La bossa-nova de Jobim, « Samba de uma nota so », est revisitée d’une manière peu orthodoxe et plutôt surprenante. Un découpage rythmique innovant renouvelle cette bossa qui ne perd pourtant rien de ses fondamentaux que restituent la voix de Ray Lema et le saxophone du Cubain Irvin Acao.

Le quintet de Ray Lema cultive l’esprit de groupe, la fraternité et l’entente. Chaque musicien est à l’écoute de l’autre. Si les fondations sont assurées par un trio rythmique efficace, piano-basse-batterie, les envolées et les contre-chants des soufflants, trompette et saxophone, teintent la musique d’un lyrisme sensible. L’énergie circule et alimente le groove qui soutient des mélodies subtiles.

affiche_festivalJazzastgermaindes presLe Festival « Jazz à Saint-Germain-des-Prés » accueille Ray Lema et son quintet qui se produiront à Paris le 26 mai à 20h30, au théâtre de la Maison des Cultures du Monde. Le concert est soutenu par le Mois des Cultures d’Afrique. Le groupe lyonnais « EYM trio » assure la première partie de la soirée.

Soirée festive en perspective pour un public amateur de dépaysement musical. Les couleurs du monde de Ray Lema séduiront autant les amateurs de groove que les amoureux des rivages poétiques.

Jazz à Vienne 2020 – Swing XXL le 09 juillet

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Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

Carmen Souza célèbre Horace Silver – « The Silver Messengers »

Dans son neuvième album « The Silver Messengers », Carmen Souza célèbre le pianiste Horace Silver disparu il y a cinq ans. Avec son indéfectible complice, le bassiste Theo Pascal, la chanteuse aux origines cap-verdiennes rend hommage au pionner du hard-bop. Elle reprend des titres du répertoire de son aîné auxquels s’ajoutent deux morceaux originaux. Le jazz pimenté de résonances créoles du Cap-Vert envoûte et séduit. Une belle réussite !

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