B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

B. Trotignon et M. Garay présentent « Chimichurri »

« Chimichurri », entre nostalgie mélodique et frénésie percussive

Après cinq ans de collaboration sur les scènes, Baptiste Trotignon et Minino Garay annoncent la sortie de « Chimichurri », leur premier album en duo. Un voyage musical entre les univers des deux musiciens.

300_trotignon-garay_chimichurri_couv« Chimichurri », une instrumentation acoustique minimale, un piano et des percussions. « Chimichurri », deux musiciens prodigieux, le pianiste Baptiste Trotignon immergé dans la culture européenne et le percussionniste-batteur Minino Garay inscrit dans la tradition sud-américaine et le monde afro-américain.

Annoncé pour le 23 septembre 2016, l’album « Chimichurri » (OKeh/Sony) se promène à travers les univers musicaux des deux artistes et narre une histoire tressée entre Nord et Sud, entre « le son du bois et celui des peaux ».

« Chimichurri », un séduisant équilibre entre énergie et mélodie. Deux instrumentistes complices inventent une musique qui navigue entre nostalgie et frénésie. Un jazz brut aux saveurs épicées qui célèbre l’esprit de la fête mais n’oublie pas la poésie.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_03Les deux musiciens jouent ensemble sur scène depuis 2011 et cet album est donc la suite logique de leur travail. Enregistré en mai 2015 à Buenos Aires, l’album « Chimichurri » est le premier du pianiste sous le label OKeh.

Tout au long des quinze titres du disque, énergie et nostalgie circulent, mélodie et percussion rivalisent et s’équilibrent. Il arrive que les touches du piano se fassent percussives alors que la mélodie se blottit sur les peaux des percussions. Comme si le fameux condiment sud-américain évoqué dans le titre de l’album, le piment Chimichurri, induisait un équilibre harmonieux entre tous les éléments qui fondent le disque. Très savamment organisé, le répertoire fait alterner les ambiances. Il propose quelques mélodies très populaires, deux standards du jazz et du tango ainsi que deux compositions de Baptiste Trotignon.

300_baptistetrotignonmininogaray_par_pontenpie_04 La Cumbiada de Gerardo Di Giusto et les deux célèbres tangos de Carlos Gardel, La Perigrinacion et Sus Ojos Se Cerraron émargent du côté de l’Argentine. C’est un climat afro-cubain tendu qui s’installe sur Vamos, la composition de Baptiste Trotignon, déjà enregistré par les deux artistes sur l’album du même nom enregistré par Minino Garay en 2015.

On retrouve avec plaisir l’univers de « West Side Story » de Leonard Bernstein évoqué à travers cinq titres. Maria, Tonight, I Feel Pretty, Somewhere sont irrigués d’une pulsation portoricaine à laquelle un jazz brut et organique « tire la bourre ». Les rythmes s’accélèrent, vibrent et finalement explosent en crescendo, à la fin du célèbre America.

Sur un tempo rapide, Baptiste Trotignon fait preuve d’une virtuosité extrême pour interpréter le Chorinho Pra Ele d’Hermeto Pascoal où l’on cherche sans le trouver le balanço brésilien. Côté du jazz c’est Monk et Parker qui sont honorés. Sur Trinckle Tinkel Baptiste Trotignon fait des clins d’œil à Fats Waller et à Errol Garner. Par ailleurs, il prend Passport sur un tempo d’enfer que Bud Powell n’aurait pas renié. Une douce légèreté plane sur Jenny Wren de Paul Mc Cartney alors que le climat de Fly, composé par le pianiste, se fait plus plus romantique.

Du dialogue entre le piano de Baptiste Trotignon et les percussions de Minino Garay émerge un album plein de contrastes. « Chimichurri » évolue entre une énergie presque brute qui frôle le chaos et de tendres mélodies où la poésie prend le dessus.

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

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Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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Melingo, le tango du XXIème siècle

Melingo, le tango du XXIème siècle

« Anda », le tango blues halluciné de Melingo

Écouter « Anda », c’est comme visionner dix scènes d’un ciné-tango sonore peu conventionnel. C’est comme entrer dans un cabaret baroque où Melingo convoque Serge Gainsbourg, Erik Satie et d’autres fantômes felliniens qui peuplent le nouvel univers du chanteur.

200-220Melingo_couv Avec Anda » (World Village/Harmonia Mundi), le poète et clarinettiste argentin Daniel Melingo, inscrit définitivement le tango dans les musiques du XXIème siècle. L’album est conçu comme une bobine de ciné-tango, comme un road-movie sonore peuplé de voyous pittoresques et déjantés.

Avec Melingo, point question de tango conventionnel. Certes il nous avait déjà habitués à des univers singuliers avec « Corazón & Hueso » en 2011 puis avec « Linyera » en 2014. En 2016, Melingo poursuit son vagabondage musical avec dix titres d’une aventure picaresque qui régénère le tango. Au gré de ses inspirations, l’Argentin creuse ainsi le sillon d’un tango renouvelé. Un tango noir ambiancé à la Gardel teinté d’un surréalisme un peu sombre.

Tel un crooner bluesy le chanteur nous entraîne dans son nouvel univers. C’est avec plaisir qu’on retrouve la voix éraillée et rocailleuse de Melingo et de son opéra surréaliste en « tango-majeur ».

Se Vienne el Dos Mil, ouvre avec un son d’archive avec le pianiste et chef d’orchestre Osvaldo Pugliese (1905-1995), cet « ouvrier du tango » qui dialogue brièvement en 1987 avec Luis Alposta, le poète, dessinateur, peintre, essayiste, auteur de nombre des textes de Melingo. Ce court moment est suivi d’un long prologue instrumental au rythme étiré et à la mélodie lancinante qui flotte en totale liberté. Le ton est donné.320_Melingo©Nora-Lezano_MG

Les textes des deux titres suivants sont signés de Luis Alposta. D’abord A Lo Megata écrit en hommage au Japonais Tsunayoshi Megata qui diffusa le tango au Japon à partir de 1926 puis Igualito Que El Tango.

C’est ensuite un autre monde qui se profile. On découvre le soleil tropical en volant à travers les nuages pour finalement parvenir dans une forêt de Chine où tout explose. D’abord Sol tropical320_Melingo_©t_Nora-Lezano3, un tango alangui puis Volando Entre Las Nubes, titre instrumental inquiétant à l’ambiance western rocky. Enfin, le titre En Un Bosque De La China déjà évoqué dans l’article « Anda, le tango halluciné de Melingo ».

Melingo poursuit en parfait Intoxicated man qui dialogue avec le Gainsbourg de l’album « Du Jazz dans le ravin ». En musique on participe aux cauchemars du chanteur qui voit des « éléphants roses, des araignées sur le plastron d’un smoking, des chauves-souris au plafond du living-room ». Melingo se tourne ensuite vers Satie pour une Gnossienne instrumentale avant Espiral nostalgique en diable et enfin Anda qui termine l’album avec des ambiances aigres-douces.

Le tanguero Melingo travestit son personnage habituel mais que l’on ne s’y trompe pas, le tango demeure son cheval de bataille et est toujours le grand triomphateur. Un tango hors norme, un tango revigoré, un tango illuminé. Anda !

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

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Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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Neil Cowley et l’album « Spacebound Apes »

Neil Cowley et l’album « Spacebound Apes »

« Spacebound Apes », un album sidéral et sidérant

Le pianiste anglais Neil Cowley revient avec « Spacebound Apes », un album-concept réalisé en studio sur son propre label. La bande son originale de l’histoire magique de Lincoln. Une promenade spatiale dans des atmosphères émotionnelles surprenantes.

300_NCTSpaceboundApes_couvdepuis longtemps Neil Cowley a fait sa place dans le monde de la musique. S’il a commencé par la musique classique, il a tôt fait de l’abandonner pour se tourner vers le rock puis le jazz. Ses talents de claviériste et de producteur sont appréciés de groupes avec lesquels il travaille (« The Brand New Heavies », « Zero 7 »). Après un essai en duo, il monte un groupe en trio avec le contrebassiste Richard Sadler et le batteur Evan Jenkins Ainsi est né le Neil Cowley Trio  qui flirte avec le jazz et le rock sans pour cela faire du jazz-rock. Le trio sort deux albums en trio, « Displaced » en 2007 puis « Loud…Louder…Stop » en 2008. « Radio Silence » paraît en 2010. En 2012, Rex Horan remplace Richard Sadler et la même année le nouveau Neil Cowley trio sort « The Face of Mount Molehill » puis « Touch and Flee » en 2014.300-72_NEILCOWLEYTRIO

Le jazz du trio est un jazz singulier qui n’est pas sans évoquer l’énergie du groupe « Bad Plus ». Le trio de Neil Cowley construit une musique dynamique qui émerge vraiment du collectif  et ne doit rien à la virtuosité. Le trio crée des ambiances et des textures aux allures changeantes. Il utilise des riffs répétitifs pour créer des tensions et des atmosphères qui ne cessent d’évoluer. Des rythmiques complexes sous-tendent des mélodies très simples habilement répétées. Sur l’album « Spacebound Apes », la musique du trio conserve ses caractéristiques singulières mais cette fois Neil CowleyRex Horan et Evan Jenkins mettent en scène la bande originale de l’histoire de Lincoln dont on peut lire le « journal ».

Au gré des plages de « Spacebound Apes » on ressent des accélérations et des décélérations. On vogue de planète en planète au gré de rythmes entêtants. On plane en apesanteur dans des galaxies inconnues dont le magnétisme bouleverse nos repères. Un voyage intergalactique qui décoiffe.

L’écoute du disque est en effet sidérante, on ne peut décrocher. On se laisse porter au fil de l’aventure musicale pour découvrir les couleurs des planètes sonores de l’album. Après le premier titre Weightless, on flotte quasiment en apesanteur comme suspendu en attente du titre suivant, Hubris Major au climat presque pop. L’atmosphère se tend jusqu’à devenir martiale dans Governance qui nous conduit aux portes de The City And The Stars où se déchaîne un rock pulsatile.

Après un paroxysme d’énergie adviennent les vibrations salvatrices de Grace …

A l’écoute du titre Echo Nebula on accède alors au monde des nébuleuses et on se sent de nouveau flotter. On plane dans une atmosphère aux couleurs irisées mais voilà qu’approchent de nouvelles planètes dont les dangers menacent. Regain d’énergie rock avec le titre The Sharks of Competition. Pour Lincoln le temps s’écoule mais il reste encore beaucoup à faire, Duty to The Last, pour accéder à l’amour dans un lieu privilégié et prometteur, Garden of Love. L’album touche à sa fin et le titre The return of Lincoln annonce le retour dans une galaxie plus apaisée. Le voyage intersidéral est terminé.

On dit d’un astéroïde qu’il peut bouleverser la vie d’une planète. Il n’est pas exclu que « Spacebound Apes », le nouvel album concept de Neil Cowley soit l’astéroïde qui explose le paysage du jazz en 2016.

« Spacebound Apes », un bon moyen pour changer de galaxie. Avec cet album magnétique et envoûtant on décolle et on découvre les confins d’un jazz décomplexé et débarrassé de ses discours habituels.

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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« Riddles » par Ray Lema et Laurent de Wilde

« Riddles » par Ray Lema et Laurent de Wilde

« Riddles », deux pianos, un album singulier.

Les deux pianistes Ray Lema et Laurent de Wilde, imaginent de jouer sur 2 pianos « le moins de notes possible et juste les bonnes ». Leur projet prend la forme d’un album, »Riddles », à paraître le 21 octobre.

riddles_couvEn fait, en envisageant de « jouer le moins de notes possibles et juste les bonnes » sur deux fois 88 touches de piano, les deux musiciens se sont vraiment attaqués à une énigme (riddles en anglais). En effet il est toujours tentant pour un pianiste de bavarder sur un clavier et cela s’aggrave lorsque deux pianistes se retrouvent face à face. Forts de leurs expériences passées, Ray Lema et Laurent de Wilde ont résolu l’équation et leur credo a pris la forme de l’album « Riddles » (Gazebo-One Drop/L’Autre Distribution). Dix pièces qui reflètent leur joie de jouer ensemble, une seule musique élaborée et jouée à deux pianos. 

« Riddles ». Des rythmes et des mélodies tricotées de mille couleurs imprévues. Un tour du monde qui fait se rencontrer les musiques des cinq continents.

Ray-Lema_Riddles_@alexjonasA 70 ans, Ray Lema a derrière lui une carrière éclatante et a ouvert sa culture Laurent-De-Wilde__Riddles_@alexjonascongolaise aux musiques du monde et au jazz. Preuve en est son dernier album « Headbug » au groove incandescent. Laurent de Wilde est quant à lui un pianiste touche-à-tout, un pied dans le jazz et l’autre sur les chemins de traverse. Il compose, écrit des livres et ne craint pas de se frotter au monde de l’électronique, du slam, du reggae et du théâtre. Ils ont en commun l’énergie et la capacité de transformer en succès tout ce qu’ils touchent.

Même s’ils se connaissent depuis 25 ans, les deux artistes ont dû pourtant beaucoup échanger pour créer un répertoire qui sous-tende leur projet. Pour y parvenir, les deux compositeurs se sont écoutés, se sont armés de patience et ont appris l’un de l’autre.

On les écoute parler du travail qui a présidé à l’élaboration de l’album « Riddles ».

OK8Riddles2@alexjonas L’enregistrement et le mixage parviennent à faire sonner deux pianos comme un seul et à raconter un voyage qui traverse le monde de la musique. Rythmes et chants se mêlent. Ils évoquent la forêt congolaise dans Too Many Keys, la Jamaïque dans The Wizard, les pays tropicaux et leurs arbres aux lianes magiques dans Liane et Banian. Quand le blues rencontre une mélodie du Sahel se dessine la musique de Cookie qu’on déguste avec délice comme le gâteau du même nom. Les deux idiomes se fondent en un nouveau langage.

La rythmique qui sous-tend le titre Riddles se réfère au dicton américain, « it takes two to tango ». Fondamentalement, en musique comme en danse, il convient de faire corps et de rester unis. Les deux pianistes y parviennent magistralement. Une comptine congolaise que chantait Ray Lema croise un rythme de la Nouvelle Orléans rapporté par Laurent de Wilde  pour enfanter Congo Rag à la pulsion sautillante. Une invitation à la danse.

On a particulièrement aimé le titre Fantani joué en souvenir de la chanteuse malienne Fantani Touré disparue en 2014. Les couleurs mandingues sont chantés par le piano de Laurent de Wilde …qui a déposé de la Patafix® sur les cordes. L’effet est saisissant, une kora résonne.

L’album « Riddles » s’achève avec un clin d’oeil à Prince disparu la semaine précédant l’enregistrement. Les deux pianistes ont enfourché Around The World in a Day pour un hommage de 4’36. Le titre s’inscrit d’ailleurs très bien dans la philosophie de leur projet qui embrasse toutes les cultures du monde.

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

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Robin McKelle présente « Alterations », un huitième album consacré à la reprise de chansons popularisées par des artistes féminines. Sa démarche s’inscrit dans l’histoire du jazz où les standards réinterprétés à l’envi n’en finissent pas d’être recréés. Dans cette dynamique, la chanteuse modifie le cadre originel des morceaux, son chant revisite le contexte musical et les titres prennent de nouvelles couleurs. Avec musicalité et sensibilité, elle fusionne de nombreux genres dans sa musique. Une belle réussite !

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Avec « Toku In Paris, », le trompettiste et chanteur japonais Toku présente son nouveau projet enregistré en Europe. Entouré de six musiciens chevronnés, il invite la chanteuse, parolière et compositrice Sarah Lancman. L’oreille se laisse entraîner avec bonheur à leur suite dans une promenade poétique sur des routes où se croisent amour et jazz. Un opus soigné dont l’élégance sereine se double de charme et de sensibilité.

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Madeleine Peyroux chante « Secular Hymns »

Madeleine Peyroux chante « Secular Hymns »

Les cantiques profanes et élégants de Madeleine Peyroux

Madeleine Peyroux revient avec l’album « Secular Hymns » où se fondent blues, gospel et jazz. Enregistrées dans les conditions du live, toutes les chansons traitent à leur manière de spiritualité. Dix titres où s’entrelacent sensibilité et sensualité.

C’est en 1996 qu’on découvre Madeleine Peyroux avec « Dreamland », son premier album aux accents bluesy. On aime le timbre de sa voix qui évoque celle de Billie Holiday. Il faut attendre 2004 pour l’écouter de nouveau dans « Careless love ». C’est ensuite en 2006 qu’elle sort « Half The Perfect World » puis en 2009 elle grave onze compositions originales sur « Bare Bones ». Avec le disque « Standing on The Roof Top » sorti en 2011, elle s’éloigne du format voix-guitare pour explorer de nouvelles sonorités et élargir sa palette musicale en compagnie de Marc Ribot et Meshell Ndegeocello. En 2013, on retrouve sa voix voilée sur « The Blue Room », un album très serein aux teintes à la fois jazz, country, blues et pop. En 2014, la chanteuse propose un album de compilations qui retrace ses vingt ans de carrière.

madeleinepeyroux_secularhymns_couv_hdVingt ans après son premier opus, Madeleine Peyroux poursuit son cheminement musical et revient le 16 septembre 2016 sur le prestigieux label Impulse! avec « Secular Hymns ». madeleinepeyroux-groupe_secularhymnsAccompagnée des deux musiciens qui sont à ses côtés en tournée depuis deux ans, le guitariste Jon Herington et le contrebassiste Barak Mori, la chanteuse a choisi d’enregistrer une sélection de chansons qu’elle envisage « comme des cantiques, des cantiques profanes, des chansons qui ont toutes une dimension très individuelle, personnelle et intime ».

Un concert donné dans la vielle église St Mary The Virgin, dans la campagne anglaise près d’Oxford, est le début de l’aventure. Sous le plafond de bois, la voix de la chanteuse sonne comme jamais. C’est donc après avoir rodé durant quelques mois leur répertoire que les musiciens et la chanteuse retournent trois jours dans l’église afin d’enregistrer ces « cantiques profanes ». Le résultat est une réussite.

« Secular Hymns », un album élégant où la voix de Madeleine Peyroux célèbre un blues sensible qui se promène entre folk, soul et gospel. Intimes et sensibles, les chansons sont empreintes d’une douce énergie où affleurent tendresse et mélancolie.

MadeleinePeyroux_photo_shervin_lainezMadeleine Peyroux promène sa voix dans le répertoire américain populaire. Avec grande tendresse elle se frotte au blues avec If the sea was whiskey de Willie Dixon et Hello Babe de Lilian « Lil » Green. Elle interprète avec une douce mélancolie le spiritual traditionnel Trampin et s’aventure avec bonheur sur les rives du folk de Townes Van Zandt et donne une version sensible du titre The Highway Kind.

Elle interprète le gospel Shout Sister Shout de la célèbre chanteuse Sister Rosette Tharpe sur un rythme très jazz. Les Alleluias souriants de la chanteuse ponctuent le tempo ralenti.

On aime la manière dont elle investit le Tango Till they’re Sore de Tom Waits. Son interprétation conserve la tonalité dramatique du titre original mais l’archer de la contrebasse et le guilele (ukulélé acoustique) apportent une tonalité un peu acidulée comme une teinte de légèreté.

La version que  Madeleine Peyroux donne du titre More Time est fort éloignée de l’ambiance reggae que le chanteur poète Linton Kwesi Johnson insuffle dans la version d’origine mais on y gagne en sensualité. La chanteuse interprète Hard Time Come Again No More avec beaucoup de recueillement et une grande sensibilité. Ce titre écrit en 1864, un peu avant la guerre de sécession par Stephen Foster, premier grand songwriter américain, est considéré comme un des grands classiques des folksongs.

On craque pour la version du titre d’Allen Toussaint Everything I Do Gonna Be Funky. Le tempo ralenti très soul sied à ce morceau popularisé par Lee Dorsey et James Brown. Tel un hymne, le morceau respire et s’élève, les pieds battent le rythme, les corps se balancent…

On ne se lasse pas d’écouter les dix chansons que Madeleine Peyroux a enregistrées sur ce huitième album. Dix hymnes délicats et sensibles à la puissance spirituelle certaine.

Robin McKelle revient en force avec « Alterations »

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Clin d’œil à « Toku In Paris »

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Claude Tchamitchian présente « Poetic Power »

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Associé au saxophoniste Christophe Monniot et au batteur Tom Rainey, Claude Tchamitchian présente « Poetic Power ». Cet album matérialise la nouvelle aventure musicale du contrebassiste dans la formule orchestrale réduite du trio. Après ses projets orchestraux à l’écriture foisonnante, le leader joue la carte de l’épure. Entre écriture et improvisation, les échanges des musiciens développent une promenade déambulatoire libre et inventive, poétique et puissante.

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Label ECM-Focus1-Septembre 2016

Label ECM-Focus1-Septembre 2016

Trois Album ECM, « Atmospheres », « Ida Lupino », « Rumi Songs »

Pour explorer l’identité ECM, « Label ECM-Focus1 » présente trois albums ECM parus le 02 septembre 2016. « Atmospheres », « Ida Lupino » et « Rumi Songs ». Magie. Interaction. Voyage.

300-couv_Tigraan-etc_AtmospheresPremier album de ce « Label ECM-Focus1 », le double CD « Atmosphères » réunit Tigran Hamasyan (piano), Arve Henriksen (trompette), Eivind Aarset (guitare) et Jan Bang (samples live et samples). L’idée de ce disque remonte à 2013 lorsque Manfred Eicher a entendu à la radio un extrait d’un duo qui réunissait Tigran Hamasyan et le musicien électro Jan Bang. Le potentiel de cette association l’a conduit à proposer aux deux musiciens de se réunir avec Eivind Aarset et Arve Henriksen.

Un enregistrement d’une grande intensité créatrice s’est déroulé en juin 2014 dans l’Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano. Enregistrement et mixage du double album se sont déroulés en trois jours, dans un seul et même mouvement, dans la tradition des enregistrements ECM dédiés à l’improvisation.

300_atmospheres-les-musiciensTous les musiciens impliqués dans « Atmospheres » ont déjà enregistré chez ECM dans des configurations variées. La présence du pianiste entraîne les musiciens norvégiens vers d’autres territoires que les leurs. A l’époque de l’enregistrement Tigran Hamasyan travaillait sur « Lyis i Luso » ce qui explique que l’on retrouve sur le disque du quartet des thèmes du compositeur arménien Komitas Vardapet (1968-1935). Ils émergent comme des îlots dans les vagues musicales d’improvisation de l’album.

Ainsi les orientations mélodiques de Tsirani tsar, Garun a, Hoy Nazan se réfèrent à l’univers arménien. Le trompettiste Arve Henriksen transforme ces ambiances en les incorporant dans son propre univers. Sa sonorité dont la douceur est proche de celle du duduk crée des territoires brumeux et flottants. Dès le titre d’ouverture, Traces I, le guitariste Eivind Aarset choisit ses notes avec soin et met en place des environnements musicaux subtils et oniriques.

Jan Bang traite le son en temps réel et capte des boucle de sons qu’il traite en les réinjectant dans le son d’ensemble qui épaissit. Les samples donnent un reflet déformant aux sonorités émises par les musiciens et cela concourt à créer une atmosphère mystérieuse. C’est troublant, un peu comme si le son retournait chaque fois à son origine. La pochette de l’album évoque avec justesse les ambiances atmosphériques nuageuses de l’album.

« Atmosphere » est un peu comme une œuvre expérimentale à l’esthétique fluctuante et magique. Tous les détails sonores ont leur importance et participent à l’ambiance quasi flottante de la musique.

300-couv_ida-lupino-Sclavis - PetrellaDeuxième album de ce « Label ECM-Focus1 », le CD « Ida Lupino » où se retrouvent Giovani Guidi (piano), Gianluca Petrella (trombone), Louis Sclavis (clarinette) et Gerald Cleaver (batterie). Pour cet enregistrement Manfred Eicher a associé le batteur américain et l clarinettiste français au duo déjà constitué par le pianiste et le tromboniste italiens. Les deux derniers avaient déjà joué avec Cleaver mais Sclavis n’avaient jamais croisé la route de ces trois artistes.

Enregistré et mixé en trois jours en février 2015 dans l’Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano, l’album est encore réalisé dans la pure tradition ECM. Le CD « est une photographie exacte de l’endroit où nos quatre voyages individuels nous ont mené et ce que nous avons été capables de faire ensemble. Ceci n’aurait pas pu se réaliser de la sorte sans Manfred qui d’une certaine manière est le cinquième musicien du groupe, à l’écoute de chaque note, de chaque son, de chaque détail… » affirme Giovanni Guidi.

300_Giovanni-Guidi-photo-Caterina-Di-Perri Au centre de l’album on retrouve la complicité des deux grands improvisateurs italiens que sont Giovani Guidi et Gianluca Petrella300_Gianluca-Petrella. Leur l’entente remonte à l’époque où tous deux jouaient dans l’orchestre du trompettiste Enrico Rava. Depuis, leur relation musicale n’a fait que s’étoffer. La musique de l’album « Ida Lupino » est donc fondée sur le duo que les deux autres musiciens surprennent et stimulent.

L’accent est mis dans ce disque sur l’improvisation collective mais aussi sur l’émergence d’airs résolument lyriques créés en temps réel ou précédemment écrits. Pourtant dans l’opus il y a deux exceptions à ce principe du « tout improvisé ». Ida Lupino, le célèbre thème de Carla Bley qui donne son titre à l’album. C’est un peu comme un hommage rendu à cette pianiste qui fête ses 80 ans en 2016 et avec qui le tromboniste a eu l’occasion de jouer. On peut aussi y voir un clin d’oeil à Paul Bley qui a popularisé cette mélodie et inspire beaucoup le jeu de Guidi. Per i morti di reggio Emilio est par ailleurs une sorte de « protest song » écrit par Fausto Amodei.

Sur « Ida Lupino », les interactions entre les musiciens, la finesse du batteur, les qualités d’improvisateur mélodique et véloce du clarinettiste jointes à la complicité et la capacité d’adaptation du duo piano-trombone influent sur l’ambiance de cet album plein de créativité et de fraîcheur.

300-couv_Rumi-song_SeimDernier album de ce « Label ECM-Focus1 », l’opus « Rumi Songs » qui réunit le saxophoniste norvégien Trygve Sein, la chanteuse mezzo-soprano Tora Augestad, l’accordéoniste Frode Haltli et le violoncelliste Svante Henryson. Si les trois instrumentistes ont déjà enregistré chez ECM, c’est par contre la première apparition de la chanteuse sur un disque ECM.

L’enregistrement a été réalisé après que le saxophoniste ait affiné sur scène le répertoire des Rumi Songs, entre 2013 et 2015. Hormis une piste, le disque a été enregistré en trois jours en février 2015 au Rainbox Studio d’Oslo et produit par Manfred Eicher. Sacha Kleis a réalisé la pochette de « Rumi Songs » à partir d’une photo de Knut Bry.

C’est la poésie du persan Jelaluddin Rumi (1207-1273) qui inspire le cycle de chansons des Rumi Songs de Trygve Sein. Le poète né dans l’actuel Afghanistan a vécu au Tadjikistan et a fini sa vie en Anatolie comme maître soufi et poète. Trygve Seim décrit son œuvre comme « de la poésie très humaine, transcendant les religions, les pays et les races ». Les textes de Jelaluddin Rumi sont traduits en anglais par Coleman Barks ainsi que Kabir et Camille Helminsky pour le titre Seing Double.

300_Trygve-Seim-photo-Colin-EickTrygve Seim a commencé à écrire la musique de ses premiers Rumi songs en 2003 sur l’impulsion de la regrettée chanteuse Anne-Lise Berstsen. Après avoir essayé de multiples orchestrations, le saxophoniste s’est arrêté à la formule instrumentale actuelle saxophone/voix/accordéon/violoncelle qui valorise les textes. Les dix titres font alterner écriture et séquences d’improvisations. Le saxophoniste est entré chez ECM en 2001 avec « Different Rivers » qui a obtenu un immense succès. Il a depuis participé à une vingtaine d’enregistrements chez ECM invité par d’autres interprètes. « Rumi Songs » est son second album en tant que leader. Pour mettre la poésie arabe en musique, le saxophoniste s’est imprégné de musique arabe en étudiant au Caire. Il a aussi travaillé avec le musicien égyptien Fathy Salama. Ainsi, cet improvisateur reconnu qu’est Trygve Seim a élargi sa palette qu’il a mise au service de la poésie300-72_Trygve_Seim_Rumi_Songs_photo_Knut_Bry.

Chanteuse et actrice, Tora Augestadt s’est d’abord spécialisé dans le répertoire allemand de la première moitié du 20ème siècle (Brecht, Weill) et a participé à la création de nombreuses œuvres théâtrales (Cage, Schoenberg). Elle dirige son propre orchestre « Music for a While » qui mêle jazz et musique ancienne.

Très créatif, l’accordéoniste Frode Haltli inscrit son travail dans la musique nouvelle, la musique folk et l’improvisation. Le violoncelliste Svante Henryson travaille dans le contexte de la musique de chambre et se produit aussi en solo.

When I see your face est coloré d’ambiances orientales ainsi que le titre Whirling Rhythms qui reflète le voyage du saxophoniste parti honorer la tombe du poète lors de la célébration annuelle qui lui est consacrée. On s’immerge dans l’atmosphère sereine et lumineuse du chant There is something Kiss we want qui termine l’album.

« Rumi Songs » reflète la lumière et la sérénité du silence. Il en résulte un paysage sonore riche en couleurs et en sensations. Un voyage contemplatif irradiant de la force de la vie et de la foi.

On explore prochainement d’autres enregistrements du Label ECM dans un futur billet « Label ECM-Focus2 ».

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