Le 11 décembre 2024, le pianiste, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre Martial Solal est mort à l’âge de 97 ans. Le monde de la musique est en deuil et pleure la disparition de ce prodigieux artiste considéré comme un maître de l’improvisation. Son empreinte demeure à jamais inscrite dans l’univers du jazz français et international.
Né à Alger, Martial Solal étudie le piano classique puis découvert le jazz avant de devenir musicien professionnel en 1945. Installé à Paris en 1950, il accompagne de nombreux solistes jouant dans les clubs de jazz de la capitale puis en 1956, forme son premier big band avec lequel il enregistre ses propres compositions. Il compose ensuite pour le cinéma. C’est en effet à lui que l’on doit la bande originale du film de Godard « A bout de souffle » (1959).
Sa carrière le mène dans le monde entier et entre autre lieu au festival de Newport (1963). Malgré cette consécration, il préfère vivre en France plutôt qu’aux USA. Il a fait ses adieux à la scène en 2019 après un mémorable concert en solo salle Gaveau.
En 1998 la Ville de Paris a créé un concours international de piano jazz portant son nom rendant ainsi hommage à son talent de son vivant. En 1999, il reçoit le Jazzpar Prize, prix danois récompensant les meilleurs musiciens de jazz internationaux.
Riche et variée, la biographie de celibr’explorateur du piano met en évidence la diversité de ses activités et ses nombreux talents. Outre ses compositions musicales, il a aussi écrit des ouvrages passionnants : « Martial Solal, Compositeur de l’Instant » - Entretien avec Xavier Prévost aux Editions Michel de Maule/Institut National de l’Adiovisuel paru en 2005, « Ma vie sur un tabouret » - Autobiographie de Martial Solal (en collaboration avec Franck Médioni) chez Actes Sud sorti en 2008 et le très récent « Mon siècle de jazz. L’autobiographie de Martial Solal » chez Frémeaux et associés - Préface Alain Gerber publié en 2024 dans lequel il rend hommage à ses compagnons de route.
Le départ de Martial Solal au firmament des étoiles du jazz attriste toutes et tous celles et ceux qui ont joué avec lui, l’ont écouté et plus encore ses proches, parents, amis et musiciens à qui sa présence va manquer.
Jazz Campus en Clunisois 2025 donne rendez-vous au public du 16 au 23 août 2025 pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours ancré dans ses racines, le festival propose un large panorama du « jazz d’aujourd’hui ». L’occasion de retrouver quarante cinq artistes, six ateliers musique et chant, un atelier fanfare, un stage jeune public et des bœufs jusqu’au bout de la nuit.
A l’occasion de ses 40 ans de carrière, le guitariste flamenco Juan Carmona présente un nouvel album, « Laberinto de Luz ». Il collabore avec des artistes prestigieux tels que Al Di Meola et une palette de voix féminines captivantes alliant chant gitan et scat. L’opus transporte l’oreille dans un labyrinthe de lumière où sensibilité et dynamisme s’accordent à merveille.
Avec son nouvel album « Vortice », le contrebassiste et compositeur, Claude Tchamitchian invite à le suivre dans une grande valse foraine colorée. Un tourbillon musical vertigineux comme un cirque imaginaire avec ses manèges, ses chevaux, ses marionnettes, ses jongleurs. L’oreille plonge dans les souvenirs d’enfance du musicien, sur une route étoilée où se téléscopent joie et nostalgie
Le saxophoniste ténor américain Scott Hamilton célèbre ses 70 ans avec « Looking Back ». Sa sonorité patinée semble venue d’un autre temps, celui des big-bands des années 30 à l’époque où est né le « jazz swing ». Ancré dans la plus pure tradition de ce style, Scott Hamilton swingue avec aisance et élégance. Un enchantement dont on ne se lasse pas.
Scott Hamilton, dédie les dix titres de « Looking Back » (Stunt Records) à quelques-uns des nombreux musiciens qui ont joué un rôle dans sa carrière, en l’occurrence à Ruby Braff, Jimmy Rowles,Tommy Flanagan, Eddie « Cleanhead » Vinson, Roy Eldridge, Gerry Mulligan, Buddy Tate, Rosemary Clooney et Red Prysock, Dave McKenna et Peter Straub, Illinois Jacquet et Jo Jones.
S’il y avait eu plus de place sur l’album, il aurait également dédié des titres à Al Cohn, Gerry Wiggins, Benny Goodman, Flip Phillips, Ed Bickert, Arnett Cobb, Zoot Sims, Benny Carter, Hank Jones, Woody Herman, Jake Hanna… « J’ai la chance d’avoir connu tant de mes héros. » raconte Hamilton. « Il va peut-être falloir que je fasse encore un album, voire deux ! » Nul ne s’en plaindra.
A l’écoute du son velouté du ténor de Scott Hamilton, l’oreille remonte le temps et se trouve transportée dans une ère pré-coltranienne, pré-bop même, au temps du swing. Aujourd’hui comme hier, le jazz du saxophoniste est ancré dans la plus pure tradition du jazz swing. Il a embrassé cette esthétique depuis ses débuts et ne l’a jamais trahie.
Scott Hamilton
Né le 12 septembre 1954 à Providence dans le Rhode Island aux États-Unis, il a d’abord pratiqué le piano puis la clarinette avant de découvrir le saxophone ténor. La première fois qu’il en voit un, c’est lors d’un concert de Paul Gonsalves, entre deux dates de sa tournée avec Duke Ellington. A l’âge de 17 ans, Scott Hamilton se consacre au saxophone ténor.
À la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, Scott Hamilton trouve son inspiration chez les anciens maîtres du jazz, se démarquant ainsi de la tendance moderniste de l’époque. Influencé par les styles de Ben Webster, Lester Young ou Coleman Hawkins, il devient un innovateur au sein de la tradition swing. Son timbre riche et chaleureux ainsi que son jeu mélodique rappellent l’âge d’or du swing et la douce nostalgie liée à cette musique intemporelle.
En 1976, il commence une association avec le cornettiste Warren Vaché qui dure jusque dans les années quatre-vingt. Cette même année, il se rend à New York où il gagne rapidement les faveurs du public et de la critique. Grâce au soutien du trompettiste Roy Eldridge, il intègre l’orchestre de Benny Goodman à partir de 1977 et se produit avec le violoniste Joe Venutti. Il joue périodiquement avec la chanteuse Rosemary Clooney à partir de 1978 ainsi qu’avec Woody Herman, par intervalles, dans les années quatre-vingt.
Il effectue quelques tournées avec les formations « Concord Jazz All Stars », « Concord Super Band » et « George Wein’s Newport Jazz Festival All Stars ». Il s’est produit à plusieurs reprise au Nice Jazz Festival. À partir de 1982 il travaille avec le trompettiste Ruby Braff et à la fin des années quatre-vingt, se produit avec le pianiste Dave McKenna.
Depuis son premier enregistrement en tant que leader en 1977, Hamilton a gravé de nombreux albums (plus de 40) chez Concord et aussi sur d’autres labels. Chez Stunt Records, ses cinq albums ont été salués par la critique, notamment « Swedish Ballads… & More » (2013) et « Danish Ballads… & More » (2017) qui mettent en avant des répertoires nordiques moins connus du grand public.
« Looking Back »
Sorti le 22 novembre 2024 sous le label Stunt Records, « Looking Back » a été enregistré par Joar Hallgren les 14, 15 & 16 janvier 2024 au Nilento Studio, à Gothenburg en Suède.
Sur « Looking Back », comme sur les trois précédents albums enregistrés pour Stunt Records, Scott Hamilton est entouré des Suédois Jan Lundgren au piano et Hans Backenroth à la contrebasse et du batteur danois Kristian Leth. Leur entente musicale dure depuis des années et pour le leader, ils sont « indispensables ». Il souligne à leur propos que « peu de musiciens ont l’imagination et l’expérience nécessaires pour prendre un matériau musical inhabituel et le faire sonner comme du jazz. »
Au fil des titres
L’album ouvre avec I’ve Grown Accustomed to Her Face. Le ténor doux et lyrique imprime son esthétique sur cette ballade qui reflète tout à fait le climat de l’album. Soutenu par la douceur des balais, le jeu du saxophone se pose avec élégance sur le lit harmonique que déroulent piano et contrebasse. Ce titre est dédié à Ruby Braff qui a longtemps joué cette ballade à Broadway.
Scott Hamilton revitalise ensuite The Maids of Cadiz qu’aimait jouer Jimmy Rowles. Il dédie ce titre au pianiste dont il était l’ami. A l’écoute de ce titre on peut savourer le discours chargé de tendresse du ténor qui s’envole et le chorus délicat et précis de la contrebasse. Le pianiste manifeste un sens infaillible du swing. Le quartet propose ensuite Beyond the Bluebird composé par le pianiste américain Tommy Flanagan avec qui le saxophoniste a enregistré deux fois. Il a voulu inclure ce morceau car lorsqu’il le jouait à l’époque au Bluebird, à Détroit, il ne savait « vraiment pas comment l’interpréter ». Au cours de son solo, le ténor alterne entre une sonorité tantôt souple et aérienne tantôt éraillée. De son toucher élégant, le pianiste réalise un soutien rythmique très mélodique et pose des notes subtiles lors de son chorus qui brille par sa délicatesse harmonique.
Sur Big Tate, composition originale du leader dédiée à Buddy Tate, le ténor de Scott Hamilton pulse avec ardeur. Le saxophoniste fait monter la tension tout au long de son chorus, se montre exubérant et accompagne même son débit de grognements et d’explosions gutturales. Au cours de son solo, le pianiste swingue avec vélocité tout en conservant un phrasé rigoureux. Dans son chorus la contrebasse chante avec une souplesse féline. Le morceau se termine par un 4/4 impulsé par la batterie énergique.
Le répertoire se poursuit avec Rockin’ Chair, un standard de jazz blues composé par Hoagy Carmichael. Le saxophoniste dédie le morceau à son mentor, le trompettiste Roy Eldridge. C’est un pur bonheur que d’écouter la fluidité de son phrasé dont l’effervescence renforce le lyrisme de son chant.
A l’écoute de Noblesse, ballade composée par le saxophoniste baryton Gerry Mulligan, on demeure saisi par l’expressivité et la musicalité du ténor qui se montre caressant et charmeur. Un moment musical d’une grande tendresse.
Changement de rythme avec Tune Up dédié à Eddie « Cleanhead » Vinson avec lequel le saxophoniste a tourné en Europe en 1980, aux côtés de Junior Mance. Sur un tempo rapide, le quartet interprète ce fameux thème du chanteur et altiste Eddie « Cleanhead » Vinson, titre souvent attribué à tort à Miles Davis. Au cours de leurs improvisations respectives, le saxophoniste se fait véhément, le pianiste très souple et le contrebassiste s’exprime avec finesse à l’archet. Lors du 4/4 avec la batterie de Kristian Leth, Scott Hamilton déroule avec générosité des phrases sans fioritures.
Avec son quartet, le saxophoniste vivifie Hey There, chanson de Richard Adler et Gerry Ross. Il dédie cette version à Rosemary Clooney et Red Prysock. Scott Hamilton a joué ce thème durant 20 ans aux cotés de la chanteuse Rosemary Clooney. Scott Hamilton swingue avec constance et brille par sa sonorité ample et son discours parsemé d’accentuations et d’effets. Au piano, Jan Lundgren séduit par son phrasé cristallin et l’équilibre parfait de l’expression de chacune de ses deux mains. Sur le manche de la contrebasse, Hans Backenroth explore avec dextérité la totalité du registre de son instrument tout en faisant preuve d’un swing irréprochable.
Le contraste est frappant avec Shadowland que le saxophoniste dédie à Dave McKenna et Peter Straub. Sur cette ballade au rythme ternaire de Dave McKenna dont le titre vient du livre de Peter Straub, le chant du ténor plane avec une grâce infinie… lyrisme chargé d’émotion, sonorité voluptueuse. La section rythmique impressionne par la délicatesse et l’élégance de son expression. Un moment d’une grande sensibilité.
Nouveau changement d’ambiance avec le balancement du titre On a Clear Day qui se rapproche de celui du jazz latin. Le morceau est dédié à Illinois Jacquet et à Jo Jones que le saxophoniste allait écouter dans un club au nord de Boston au début des années 1970. Il reprend d’ailleurs leur arrangement de ce morceau. Sonorité onctueuse et chaleureuse, phrases parsemées de grognements, agilité à virevolter autour du registre médium du ténor avec des notes puissamment vibrées. Improvisation mélodique et précise de la contrebasse, belle qualité de toucher du pianiste dont les accords s’enchaînent avec bonheur. Le lyrisme est à son comble, l’harmonie musicale règne… vient alors l’envie de remettre le disque sur la platine.
« Looking Back » témoigne de la collaboration réussie entre quatre musiciens dont les interactions maîtrisées font de cet album une ode au jazz swing. Une musique vibrante, moderne, vivante et irrésistible.
Jazz Campus en Clunisois 2025 donne rendez-vous au public du 16 au 23 août 2025 pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours ancré dans ses racines, le festival propose un large panorama du « jazz d’aujourd’hui ». L’occasion de retrouver quarante cinq artistes, six ateliers musique et chant, un atelier fanfare, un stage jeune public et des bœufs jusqu’au bout de la nuit.
A l’occasion de ses 40 ans de carrière, le guitariste flamenco Juan Carmona présente un nouvel album, « Laberinto de Luz ». Il collabore avec des artistes prestigieux tels que Al Di Meola et une palette de voix féminines captivantes alliant chant gitan et scat. L’opus transporte l’oreille dans un labyrinthe de lumière où sensibilité et dynamisme s’accordent à merveille.
Avec son nouvel album « Vortice », le contrebassiste et compositeur, Claude Tchamitchian invite à le suivre dans une grande valse foraine colorée. Un tourbillon musical vertigineux comme un cirque imaginaire avec ses manèges, ses chevaux, ses marionnettes, ses jongleurs. L’oreille plonge dans les souvenirs d’enfance du musicien, sur une route étoilée où se téléscopent joie et nostalgie
Le cornettiste, chanteur et franc-tireur du jazz, Médéric Collignon, propose avec « Arsis Thesis », un album hors-format. Il invite à voyager dans sa galaxie musicale singulière. Ecriture complexe, richesse des arrangements, énergie et inventivité de chaque instant… tout concourt à faire de cet opus une pépite musicale aux allures de symphonie-jazz. L’oreille décolle et en redemande !
Après « Porgy&Bess » (2006), « Shangri-Tunkashi-La » (2010), “À la recherche du roi frippé” (2013) et « MoOvies » (2016), Médéric Collignon est de retour avec « Arsis Thesis » (Le Triton/L’Autre Distribution) dont la sortie est annoncée pour le 06 décembre 2024.
Ouverture opératique, basse omniprésente, « Arsis Thesis » groove de bout en bout et possède une dimension organique.
« Arsis Thesis »
Compositeur de la totalité des titres, Médéric Collignon a aussi assumé la fonction de chef d’orchestre lors de l’enregistrement des maquettes, avec chacun des solistes. Aux côtés de Bastien Boissier en charge de l’enregistrement, il a aussi participé avec lui, au mixage et à la post-production de l’album réalisé au Triton et au Studio AGC de mai 2023 à avril 2024.
A la tête de son actuel Jus de Bocse composé de Yvan Robilliard (piano, claviers), Emmanuel Harang (basse) et Nicolas Fox (batterie), Médéric Collignon convie trois fabuleux saxophonistes, Géraldine Laurent (saxophone alto), Pierrick Pédron (saxophone alto) et Christophe Monniot (saxophone sopranino). Non content d’emboucher son cornet et de donner de la voix, le leader jongle entre synthés, percussions et, avec maestria, il intègre des samples qui se fondent dans la structure musicale.
Il invite les voix de Véronique, Felix et Lila dont les mots flottent au-dessus des « océans de sons mixés ». Sans oublier les flûtes et la voix de Christelle Raquillet, celle de Caloe, les cors de Kostia Bourreau et Armand Dubois, le trombone de Cyril Galamini et le tuba de Raphaël Spiral.
« Arsis Thesis », un album prodigieux à écouter en boucle. Un élixir vital pour oublier les esprits chagrins et faire fi de la morosité ambiante.
Au fil des titres
L’album ouvre avec Felix et un envol musical digne d’un opéra spatial aux couleurs baroques. Après une introduction très longue, le cornet pose les bases d’une musique organique, futuriste et fantaisiste. D’emblée on perçoit le rôle prépondérant de la guitare basse. Les instruments apparaissent l’un après l’autre, solo fougueux de l’alto, beat irrépressible de la section rythmique. Le collectif tresse un canevas musical dense et énergique qui évoque les accents et la dynamique du jazz fusion.
La musique de StreetSong semble flotter dans l’espace intergalactique. La matière orchestrale rugit et s’élève vers le ciel étoilé. Porté par la batterie aux cymbales scintillantes, le chorus incandescent de l’alto transporte l’oreille dans une sphère flamboyante. On est proche de la transcendance. Avec prudence, on accroche les ceintures pour ne pas s’envoler.
Cédric et George concentre énergie et audaces. Après un « solo d’abeille » sur la première grille du morceau, la basse met en orbite ses riffs percutants et entame un dialogue ardent avec le synthé et les claviers aux sonorités déjantés. Sur des arrangements jubilatoires, le collectif malaxe ensuite la musique avec ardeur.
« Qu’elle était belle ma frégate lorsqu’elle voguait dans le vent… » au-dessus et après les premiers mots du poème dit par une jeune voix, se constitue peu à peu un magma sonore d’où émerge la sonorité flamboyante du cornet. Pique-Nique à la Mer installe un climat hallucinatoire et lyrique où s’exprime une voix féminine portée par l’orchestre. Peut-être celle de Téthys, la déesse des flots qui nage dans les flots musicaux ? … la petite fille revient… fin du pique-nique.
Nouvelle référence au milieu marin avec Tsunami. Voix, basse pulsatile, grondements sonores, riffs répétitifs, dérapages burlesques, cataclysme sonore, chœurs… ainsi se joue la partition d’un opéra multicolore où tous les sons et instruments entrent en collision… quelques mesures de la 5ème de Mahler et pour finir, du cataclysme sonore émergent quelques notes jouées par Coltrane … à l’envers !!!
Sans transition, l’oreille est transportée par Saba Zamzam sur un marché oriental où braie un bourricot. Battements syncopés, chœurs véhéments, vagues de souffles, … puis, sur ce mode arabe chromatique occidental rarement utilisé qui donne son nom au morceau, le sopranino se fait conteur. Tel le génie de la lampe d’Aladin, il fait tourbillonner ses notes comme des volutes au-dessus de la masse sonore.
Le répertoire continue avec Felix is back… voix enfantine fondue dans un magma sonore qui invite les trompettes de Star Trek. Le morceau fait entendre un délire orchestral inspiré et bouillonnant. Ligne de basse électrique aux ondes telluriques, cornet à la sonorité électrifiée par des effets de synthétiseur qui éructe des traits fulgurants dans les aigus, dialogue exalté et bouillonnant entre les deux saxophones alto, jeu explosif de la batterie, groove haché, mesures syncopées, chœurs exaltés… les sons fusent, on ne sait plus où « donner de l’oreille ». Mal venu qui s’en plaindrait !
Optimistique marque la fin de ce voyage extraordinaire dans l’univers de Médéric Collignon dont le vaisseau orchestral insuffle une fois de plus ses fulgurances surprenantes. Inspiré comme jamais, le leader fait entendre son chant qui évolue en un scat jubilatoire avant de laisser place aux envolées lyriques du piano. Le morceau se termine tel le bouquet final d’un feu d’artifice explosif, multicolore et multi-sonore.
Jazz Campus en Clunisois 2025 donne rendez-vous au public du 16 au 23 août 2025 pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours ancré dans ses racines, le festival propose un large panorama du « jazz d’aujourd’hui ». L’occasion de retrouver quarante cinq artistes, six ateliers musique et chant, un atelier fanfare, un stage jeune public et des bœufs jusqu’au bout de la nuit.
A l’occasion de ses 40 ans de carrière, le guitariste flamenco Juan Carmona présente un nouvel album, « Laberinto de Luz ». Il collabore avec des artistes prestigieux tels que Al Di Meola et une palette de voix féminines captivantes alliant chant gitan et scat. L’opus transporte l’oreille dans un labyrinthe de lumière où sensibilité et dynamisme s’accordent à merveille.
Avec son nouvel album « Vortice », le contrebassiste et compositeur, Claude Tchamitchian invite à le suivre dans une grande valse foraine colorée. Un tourbillon musical vertigineux comme un cirque imaginaire avec ses manèges, ses chevaux, ses marionnettes, ses jongleurs. L’oreille plonge dans les souvenirs d’enfance du musicien, sur une route étoilée où se téléscopent joie et nostalgie
Le 26 novembre 2024, les organisateurs du Festival « Jazz à Vienne » ont dévoilé le visuel de l’édition 2025 proposée par le dessinateur Jeremy Perrodeau. En attendant le 13 mars 2025, date d’annonce officielle de la programmation de la 44ème édition de « Jazz à Vienne », les concerts de six soirées sont déjà annoncés. Six rendez-vous à ne pas manquer ! Cet avant-goût laisse augurer de sérieuses promesses de réjouissances musicales !
Après avoir dévoilé le visuel de Jazz à Vienne 2025, le festival a annoncé les premiers noms de six soirées de la programmation de sa 44ème édition… Avishai Cohen Quintet, Anne Paceo, Parov Stelar, Gallowstreet, Biréli Lagrène, Martin Taylor, Ulf Walkenius, Thomas Dutronc, Dianne Reeves, Madeleine Peyroux, Célia Kameni, Jamie Cullum, Dominique Fils-Aimé, Seun Kuti & Egypt 80, Tiken Jah Fakoly, Nana Benz Du Togo, BCUC, NickyB et Ninanda !
Pour sa 44ème édition qui se déroulera du 26 juin au 11 juillet 2025, le festival Jazz à Vienne continue le partenariat initié en 2018 avec le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême. Dans ce cadre, Jazz à Vienne confie le visuel du festival 2025 à l’illustrateur Jeremy Perrodeau.
Visuel 2025 de Jazz à Vienne
Après Brüno (2018), Jacques de Loustal (2019), Juanjo Guarnido (2021), Audrey Spiry (2022), Pénélope Bagieu (2023) et Alexandre Clérisse (2024) c’est Jeremy Perrodeau qui propose le visuel du Festival Jazz à Vienne 2025.
Auteur de plusieurs bande-dessinées, Jeremy Perrodeau partage son activité entre travail d’auteur et illustrations de commande pour la presse et l’édition. Passionné par la création de mondes imaginaires et l’exploration des grands espaces, il aime imaginer des récits mystérieux où le sentiment de découverte est permanent.
« Pour être honnête, je suis loin de me considérer comme un spécialiste du jazz. Alors, lorsqu’on m’a proposé de réaliser le visuel de la nouvelle édition, j’ai décidé de partir de mon ressenti avec toute la subjectivité et la naïveté qu’il pouvait représenter. J’ai toujours imaginé le jazz comme un terrain expérimental, un laboratoire d’exploration musicale. C’est l’aspect évolutif de ses morceaux qui me séduit le plus, là où le temps s’étire et la musique devient synonyme de voyage. C’est un peu de tout ça que j’ai cherché à incarner dans mon image. En reprenant la forme d’un instrument emblématique du genre, jouant du changement d’échelle et détournant sa fonction première, une trompette se mue en vaisseau spatial. Elle parcourt le vide sidéral à la découverte de nouvelles planètes comme autant de nouveaux horizons musicaux… ».
Une vision du jazz très proche de la réalité de cette musique qui demeure ancrée dans la tradition tout en se projetant vers des horizons très ouverts. En effet, le jazz se renouvelle, surprend, enchante celles et ceux qui l’écoutent et les invite à découvrir ses planètes sans cesse renouvelées.
Six planètes/soirées de concerts annoncés
Bonne nouvelle pour les amoureux du jazz, les organisateurs de Jazz à Vienne ont révélé la programmation de six soirées de l’édition 2025 du festival, toutes programmées à 20h30 sur la scène du Théâtre Antique de Vienne.
26 juin 2025 - Soirée d’Ouverture
La première partie de soirée sera assurée par la batteuse Anne Pacéo qui revient sur la grande scène de Jazz à Vienne pour une création exceptionnelle avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Lyon qui portera le titre de son prochain album, « Atlantis ». Ainsi le public pourra découvrir live l’intégralité de ce projet, deux mois avant sa parution. Ainsi, son groupe habituel sera augmenté de cuivres, de bois et de cordes.
La scène du Théâtre Antique vibrera ensuite de la musique du célèbre contrebassiste Avishai Cohen. A la tête de son quintet avec Yonatan Voltzok (trombone), Yuval Drabkin (saxophone), Itay Simhovich (piano) et la jeune batteuse Roni Kaspi, il présentera son dernier projet « Brightlight » dont l’album est sorti le 25 octobre 2024. Irrésistible et enthousiasmant !
27 juin 2025
La soirée débutera avec le brassband Gallowstreet dont les huit musiciens venus tout droit d’Amsterdam produisent une musique énergique et innovante au croisement du rock, de la dance et du jazz. C’est leur première venue à Jazz à Vienne. A découvrir.
La fanfare cédera la place à Parov Stelar. Son electroswing qu’il a renouvelé au fil des ans, opère un pont entre jazz instrumental, art du DJ’ing et culture des clubs electro. On peut parier que les beats sautillants de sa musique feront bouger le public du Théâtre Antique.
28 juin 2025 - Soirée Jazz Manouche
La soirée ouvrira avec Thomas Dutronc qui invite Rocky Gresset et Stochelo Rosenberg. La voix du leader et les trois guitares réinterpréteront les chansons de Dutronc père et fils qu’il a chantées sur son album « Frenchy » et aussi les plus belles compositions du répertoire manouche. Elégance et bonne humeur seront aussi invitées sur scène.
En deuxième partie de soirée, The Great Guitars, un trio de trois guitaristes dont les noms font rêver : Biréli Lagrène, Ulf Wakenius et Martin Taylor. La perspective d’une féerie musicale sur 18 cordes par trois virtuoses incontestés. Au programme, un véritable feu d’artifice musical mêlant fingerstyle, jazz et guitare manouche, le meilleur de la guitare jazz swing… musicalité, inventivité, sensibilité.
08 juillet 2025 - Soirée Jazz Vocal
Ce soir-là, trois chanteuses se succèderont sur scène.
En première partie Célia Kameni (Artiste génération SPEDIDAM ) présentera son projet « Méduse ». Son jazz se nourrit de soul moderne, de pop et de folk. Sa voix se mêle à celles du violoncelle de Juliette Serrad, de la guitare à effets de Giani Caserotto ou du piano préparé de Thibault Gomez soutenus par la batterie de Julien Loutellier.
La deuxième partie de soirée voit le retour de Madeleine Peyroux au Théâtre Antique après son passage en 2005.
La soirée se terminera avec une des références absolues du jazz vocal actuel, Dianne Reeves. Inscrite dans la grande tradition du jazz, elle possède à la fois virtuosité, puissance et tessiture étendue alliées à un brin de modernité et dans son chant alternent scats échevelés et caresses vocales. La venue d’une « diva » absolue à ne rater sous aucun prétexte.
10 juillet 2025
C’est l’autrice-compositrice et interprète canadienne Dominique Fils-Aimé qui ouvrira la soirée. Sa voix caresse blues et soul avec beaucoup d’élégance mais se dote aussi d’une belle énergie.
Elle précèdera Jamie Cullum. A la fois chanteur de pop et pianiste de jazz, il propose une musique qui allie pop, rock et soul, le tout habilement allié au jazz. Il marie les grands classiques du style et des partitions plus contemporaines. Avec plusieurs disques d’or et Grammy Awards en poche, la star britannique a déjà conquis le public viennois par son énergie et son sens aigu du show. On gage, sans trop de risque de se tromper, que Jamie Cullum saura une fois de plus étonner et surprendre le public viennois.
Et qui sait, peut-être finira-t-il le concert debout sur le piano ?
11 juillet - All Night
La soirée commencera avec Ninanda, le groupe lauréat du Rezzo Jazz à Vienne 2024 formé de Nina Gat (piano, voix), Ananda Brandão (batterie, voix), Maxime Boyer (guitare), Mathieu Scala (contrebasse) et se poursuivra avec Nana Benz du Togo qui puise ses inspirations des rituels voodoo mais aussi du blues, du funk et du Jazz. Une soul militante soutenue par des rythmiques complexes produites par des d’instruments crées à partir de matériaux de récupération.
Place ensuite à la légende du reggae africain avec l’ivoirien Tiken Jah Fakoly. Dans son nouveau projet « Acoustic », il fait le choix de revisiter ses chansons emblématiques avec les instruments traditionnels de la musique mandingue, soku, kora ou encore balafon, en s’éloignant des arrangements reggae. C’est la première fois que le chanteur charismatique se produira à Jazz à Vienne. Sa venue est un évènement.
La soirée continuera avec Seun Kuti & Egypt 80. IA quatorze ans, il a pris la tête de d’Egypt 80, le groupe de son père, le légendaire Fela. Aujourd’hui, le chanteur et saxophoniste nigérian perpétue sa musique qu’il a remodelée à son image. Une musique de résistance et de révolte, engagée mais dansante.
Le spectacle continuera avec les sept musiciens du collectif sud-africain BCUC (Buntu Continua Uhuru Consciousness). Le groupe propose une musique explosive qui doit autant à la musique traditionnelle sud-africaine, à la soul, au rock et au hip-hop. BCUC possède de l’énergie à revendre. Il y a fort à parier qu’elle sera contagieuse. Pas question de rester assis !
Une performance de NickyB, DJ experte des platines, terminera cette All Night. Un set comme un music trip en forme d’aller simple pour des contrées sonores inexplorées, là où l’esprit et le corps sont sollicités avec autant de passion. Un grand moment du cru 2025 de Jazz à Vienne !
Après avoir calé ces six premières dates sur l’agenda 2025 des soirées au Théâtre Antique de Jazz à Vienne 2025, rendez-vous le 13 mars 2025, pour découvrir l’exhaustivité de la programmation du 44ème Festival Jazz à Vienne. En attendant, on écoute du jazz… encore et encore !
Jazz Campus en Clunisois 2025 donne rendez-vous au public du 16 au 23 août 2025 pour vivre au rythme du jazz et des musiques improvisées. Toujours ancré dans ses racines, le festival propose un large panorama du « jazz d’aujourd’hui ». L’occasion de retrouver quarante cinq artistes, six ateliers musique et chant, un atelier fanfare, un stage jeune public et des bœufs jusqu’au bout de la nuit.
A l’occasion de ses 40 ans de carrière, le guitariste flamenco Juan Carmona présente un nouvel album, « Laberinto de Luz ». Il collabore avec des artistes prestigieux tels que Al Di Meola et une palette de voix féminines captivantes alliant chant gitan et scat. L’opus transporte l’oreille dans un labyrinthe de lumière où sensibilité et dynamisme s’accordent à merveille.
Avec son nouvel album « Vortice », le contrebassiste et compositeur, Claude Tchamitchian invite à le suivre dans une grande valse foraine colorée. Un tourbillon musical vertigineux comme un cirque imaginaire avec ses manèges, ses chevaux, ses marionnettes, ses jongleurs. L’oreille plonge dans les souvenirs d’enfance du musicien, sur une route étoilée où se téléscopent joie et nostalgie
Pour son onzième album, « Roller Coaster », le saxophoniste Dmitry Baevsky revient avec à ses côtés, le guitariste Peter Bernstein. Une fois de plus, le talent de l’altiste éclate avec insolence. A la fois lyrique et sensible, mélodique et virtuose, son jazz impressionne et séduit. Que du bonheur !
Après « Soundtrack » (Fresh Sound New Talent), son neuvième album enregistré en quartet et sorti le 21 mai 2021 et « Kid’s Time » (Fresh Sound New Talent/Socadisc), son dixième album enregistré en trio et sorti le 02 décembre 2022, l’altiste Dmitry Baevsky est de retour en quartet, avec « Roller Coster » (Fresh Sound New Talent) dont la sortie est annoncée pour le 06 décembre 2024.
« Roller Coster » propose des morceaux aux atmosphères contrastées. C’est d’ailleurs cette avalanche d’émotions diverses qui a donné son titre à l’album. Jamais « montagnes russes » n’auront généré autant de plaisir.
Dmitry Baevsky
Originaire de Saint-Pétersbourg, Dmitry Baevsky a forgé sa personnalité auprès de Cedar Walton, Jimmy Cobb et de nombreux autres qui comptent parmi les meilleurs musiciens de la scène jazz new-yorkaise. Installé à Paris depuis 2016, l’altiste brille par sa virtuosité et son lyrisme. Ce sont d’ailleurs ces qualités et l’élégance de son jeu qui lui ont valu de gagner sa place sur la scène internationale du jazz.
Depuis son premier disque « Introducing Dmitry Baevsky » (2009) en passant par « Over and Out » (2015), « The Day After » (2017) jusqu’à « KId’s Time » (2022), Dmitry Baevsky compte dix albums à son actif.
Enregistré à New York, « Roller Coaster »(Fresh Sound New Talent) constitue son onzième album.
« Roller Coaster »
Annoncé pour le 06 décembre 2024, « Roller Coaster » (Fresh Sound New Talent) a été enregistré à New York, le 10 janvier 2024 en six heures, sans aucune répétition, sans photographe ni vidéaste présent, sans autre témoin que l’ingénieur, Chris Sulit, qui a réalisé la prise de son au Trading 8s Recording Studio à Paramus dans le New-Jersey, à dix minutes de Manhattan. Il a été mixé par Erwan Boulay au Studio Libretto à Antony (France) et mastérisé par Pieter De Wagter au studio Equus Audio Mastering de Bruxelle (Belgique).
Dmitry Baevsky (saxophone alto) a souhaité inviter l’un des artistes qu’il estime le plus, pour son approche du jazz et pour sa musicalité : le guitariste Peter Bernstein. Les deux musiciens s’étaient déjà croisés à plusieurs reprises, sur scène, en studio ou au cours de la vie nocturne des clubs new-yorkais.
Dmitry Baevsky et Peter Bernstein possèdent en commun ce supplément d’âme dans la profondeur de leur son, dans leur façon de poser chaque note avec une intention et une projection particulières, sans jamais chercher à briller ou à se mettre personnellement en avant par rapport à la musique et au groupe. A leurs côtés on retrouve le contrebassiste David Wong déjà présent aux côtés du saxophoniste sur « Soundtrack » et le batteur Jason Brown avec lequel Dmitry Baevsky a enregistré « Kid’s Time ». A l’écoute des onze plages de l’album, on perçoit l’entente remarquable qui règne entre les quatre membres du groupe.
L’album ne répond à aucun concept ni projet particulier. Dmitry Baevsky a construit le répertoire en pensant aux musiciens réunis pour cette session, en prenant en compte leur personnalité, un peu comme un scénariste écrit en fonction des acteurs du film.
Le répertoire compte deux compositions originales de l’altiste et neuf morceaux aux atmosphères contrastées, du Matador de Grant Green à The Sun Died écrit par Hubert Giraud, en passant par un calypso de Tommy Flanagan, le fameux Sentimental Blues de Ray Charles ou encore le mélancolique Gloomy Sunday composé par Rezsó Seress et rendu célèbre par Billie Holiday. C’est en duo que l’altiste et le guitariste ouvrent et ferment cet album.
Au fil des titres
L’album ouvre avec la composition de Benny Golson, Out of The Past, que Dmitry Baevsky et Peter Bernstein interprètent en duo. Dès les premières notes, la complicité qui unit les deux instrumentistes est perceptible. De sa sonorité ronde et chaleureuse, l’altiste fait preuve d’un grand sens de la mélodie. A ses côtés, le guitariste adopte un swing léger et développe un jeu raffiné comme irradié de lumière.
Le quartet au complet se retrouve sur la composition guitariste Grant Green, Matador. Changement de tempo et de couleur. Chaque musicien pose des banderilles et s’empare de la muleta. La sonorité ardente de l’alto se pare de fulgurances qui ne sont pas sans rappeler celles d’Art Pepper. Porté par le duo tonique contrebasse/batterie, la guitare répond à l’alto par une improvisation enivrante aux lignes mélodiques chargées de feeling. Un moment jubilatoire de l’album.
Nouveau contraste avec le mélancolique Gloomy Sunday. L’alto débute en duo avec la contrebasse à l’archet. Il expose ensuite la mélodie mélancolique avec la guitare qui offre ensuite une improvisation dont le phrasé élégant se pare de lumière alors que la batterie adopte un accompagnement d’une infini légèreté aux balais. Malgré les accents infiniment nostalgiques de ce morceau composé par le pianiste hongrois Rezső Seress, on ne se laisse pas gagner par le cafard.
Le quartet interprète ensuite la composition de Duke Ellington, Mount Harissa, que Dmitry Baevsky a déjà enregistré en 2010 avec ses compères David Wong et Jason Brown sur l’album « Down with it’ (Sharp Nine Records). Le jeu de l’alto captive par sa sonorité bien timbrée. Ses échanges avec la guitare stimulent son lyrisme. Un instant délicieux et empreint de tendresse.
Le quartet enchaîne avec Roller Coaster, la composition de Dmitry Baevsky qui donne son nom à l’album. Le trio guitare/contrebasse/batterie assure un groove irrésistible sur lequel l’altiste fait preuve d’une invention déconcertante. Son jeu évolue dans un registre post-bop. Sur la pulsation irrésistible de la section rythmique, le jeu du saxophoniste fait coexister sonorité moelleuse et phrasés dont l’attaque ne manque pas de fermeté. Subtilement élaboré, le solo du guitariste se teinte de couleurs chaleureuses et sensuelles proches de celles d’une guitare acoustique.
C’est un tempo médium qu’adopte le quartet sur la composition d’Hubert Giraud, The Sun Died. On apprécie la vivacité de l’attaque de l’altiste et la fluidité de son débit, ses glissandos, sa sonorité qui alterne entre douceur et agressivité où l’on croit déceler l’influence de Johnny Hodges. La guitare lui répond par un discours mélodique et véloce aux accents très équilibrés où alternent phrases jouées en notes détachées (single notes) et d’autres en accords, le tout avec une maîtrise absolue. Un pur moment d’extase !
Le répertoire se poursuit avec la composition bluesy de Ray Charles, A Sentimental Blues, que le quartet joue avec un swing efficace mais contrôlé. Après le chorus de la guitare aux accents chaleureux et colorés de bleu, la sonorité de l’alto contraste par un son tranchant et ferme. Son phrasé affirmé avec fermeté n’en est pas moins gracieux, chantant et mesuré. Dans son improvisation, la contrebasse explore avec dextérité les registres de son instrument, passant du grave à l’aigu sur un tempo infaillible, soutenu en cela par une batterie au drive implacable.
La différence est vive avec Will You Still Be Mine ?, thème crédité à Matt Denis, chanteur pianiste, chef d’orchestre arrangeur et auteur de chansons populaires. Pris sur un tempo très rapide, le morceau séduit l’oreille par son intensité. Tel un acrobate véloce, l’alto déroule des phrases très denses qui fusent telles des flèches. La guitare lui répond sur le mode de la virtuosité dans un style totalement maîtrisé. Les deux instrumentistes échangent ensuite avec la même aisance sur un 4/4 mené de main de maître par la batterie de Jason Brown au jeu déchainé.
Nouveau changement d’atmosphère avec la version espiègle que le quartet donne de la composition Eclypso du pianiste Tommy Flanagan. Sur un rythme assumé de calypso, le titre invite à la danse. Les figures répétitives et les accentuations inattendues de l’alto évoquent certains phrasés de Sonny Rollins sur St Thomas. Dans son chorus, le guitariste manifeste une grande spontanéité et se laisse entraîner hors des progressions harmoniques convenues. On apprécie la sonorité chatoyante de la contrebasse qui fait preuve d’une grande sûreté rythmique. A chaque mesure, le bonheur est de la partie.
L’écriture de la seconde composition de Dmitry Baevsky, Would You ?semble complexe. Sur ce titre, le plus court de l’album, l’alto se dote d’un lyrisme à la fois élégant et vigoureux. Sur cette plage, ses phrases sinueuses frappent par leur modernité. Le guitariste ponctue quant à lui ses lignes mélodiques d’accords tranchants et de notes puissantes qu’il affirme sur le manche de manière percussive. Un court chorus de batterie précède la reprise du thème par le quartet et la fin du morceau en diminuendo.
L’album se conclut comme il a commencé, avec un thème joué par le duo alto/guitare. En parfaite connivence, les deux compagnons offrent une version sobre et sensible d’Autumn Nocturne, ballade écrite par le pianiste et compositeur russe Joseph Myrow. Du grand art !
Pour écouter le nouveau projet de Dmitry Baevsky, rendez-vous à 20h30 le 17 décembre 2024 au Sunset à Paris. Le 16 décembre 2021, le saxophoniste Dmitry Baevsky et le guitariste Peter Bernstein seront aussi à l’affiche avec de la soirée « You & The Night & The Music #21 », à 20h, salle Pleyel à Paris, soirée au cours de laquelle se produiront aussi nombre d’autre célèbres musicien.ne.s de jazz parmi lesquels entre autres, le contrebassiste Avishai Cohen, le trompettiste Daoud, les pianistes Monty Alexander, Joe Webb et Marco Mezquida, la chanteuse et harpiste Sophye Soliveau, le saxophoniste Stefano Di Battista.
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