Das Kapital est de retour le 25 janvier 2019 avec son nouvel album « Vive la France! ». Le trio européen revisite des musiques labellisées « France » mais pas question de caresser les partitions dans le sens du poil. L’opus réjouissant décoiffe les portées. Avant-garde-musicale rime avec invention nostalgique.
Jazz à Vienne – Christian Scott
Une musique fascinante, puissante et esthétique
Le 30 juin 2017 à « Jazz à Vienne », Christian Scott et son groupe assurent la seconde partie de la soirée. Malgré les conditions météorologiques défavorables et un début de concert un peu différé, le public apprécie à sa juste mesure la musique novatrice du trompettiste.
Christian Scott que l’on avait découvert aux côtés de Marcus Miller en 2009 s’inscrit dans la droite ligne des souffleurs de la Nouvelle-Orléans. En peu de temps le neveu du saxophoniste Donald Harrison Jr. s’est forgé un style très personnel en participant à la création de la Stretch Music. Ce jeune trompettiste né en 1983 ne cesse d’étonner par sa capacité à intégrer des influences modernes dans le jazz centenaire. On peut évoquer sans grande erreur une filiation qu’il aurait avec un autre musicien qui a bien avant lui fait évoluer le jazz selon une logique similaire, un certain trompettiste prénommé Miles.
Le concert de ce 30 juin 2017 restera gravé dans les mémoires de celles et ceux qui ont bravé le froid et la pluie. Malgré les circonstances peu favorables, le trompettiste a très vite recueilli des applaudissements nourris et fait briller de bonheur les yeux des spectateurs.
Il est vrai qu’il sait y faire le bougre. Non seulement il joue à merveille mais il prend aussi le temps de présenter ses musiciens et de louer leurs qualités dont on s’apercevra très vite qu’elles sont à l’aulne de ses dires. Il sait aussi narrer avec humour les déboires subis tout au long de sa journée suite à des impérities des transports aériens. Le public ainsi détendu peut alors se concentrer tout entier sur la musique, en savourer la puissance et les nuances et se laisser gagner par l’émotion.

Christian Scott est entouré d’une section rythmique hors pair avec Lawrence Fields (piano, claviers), Luques Curtis (contrebasse) et Mike Mitchell (batterie). A ses côtés, la flutiste Elena Pinderhughes que l’on a découverte sur le second album d’Ambrose Akinmusire. Son jeu aérien, fluide et limpide tranche avec celui du leader plus mordant et puissant qui utilise alternativement Sirenette et Reverse Flugel, des modèles de trompettes qui portent sa signature.
La musique du groupe témoigne de sa très forte cohésion où chacun prend sa place sans omniprésence. Il en ressort un climat fusionnel qui porte un discours très moderne pourtant ancré dans la tradition du jazz. Contemplatives ou puissantes, sereines ou guerrières les ambiances varient. Les improvisations cristallines du pianiste et les interventions du contrebassiste captivent. Le batteur transforme le paysage rythmique de chaque morceau et assure une assise solide sans faille aucune. La section rythmique constitue une solide charpente qui porte les deux solistes et leur permet de s’exprimer en toute liberté.
Lorsque Christian Scott conte son vécu d’enfant aux côtés de son grand-père, Donald Harrison Sr., Grand Chef de quatre tribus d’Indiens Noirs de Louisiane (Brave, Creole Wild West, White Eagles et Guardians of the Flame). Christian Scott lui-même est cette année devenu chef indien de sa tribu nommée Yamasee ou Brave. A travers le discours qu’il tient on comprend que Christian Scott aTunde Adjuah souhaite lutter contre les discriminations et changer le monde grâce à la musique, l’amour et la solidarité vis à vis des démunis oubliés de la société.
- Christian Scott
- Christian Scott
- Christian Scott
Tel un guerrier félin il enchaîne sa narration avec un hymne tribal dédié à l’amour où le batteur devient le cœur battant d’une musique chargée d’émotion, de profondeur et de puissance. De la mêlée s’élève le chant volubile et fluide de la flutiste. Les effets électroniques de la trompette contribuent à donner encore plus de lumière et de respiration au message de cette musique organique et très physique.
La cohésion du groupe a imposé son énergie à la musique traditionnelle et moderne à la fois. Les variations d’ambiances de la section rythmique implacable ont donné libre cours à l’expression des solistes. Les envolées limpides et aériennes de la flutiste ont éclairé de lumière la partition de la soirée. Le jeu physique et précis du trompettiste a convaincu tant par son mordant que par ses fulgurances lyriques. De ce concert le public repart heureux et conquis.
Pour rentrer plus avant dans le monde de Christian Scott, on conseille l’écoute des l’albums « Ruler Rebel » et « Diaspora », deux premiers opus de la Centennial Trilogy que Christian Scott produit pour célébrer le centenaire du jazz.
Das Kapital revient avec « Vive la France! »
Clin d’œil à « ¿Que Vola? »
Annoncé pour le 25 janvier 2019 l’album Clin d’œil à « ¿Que Vola? » réunit autour du tromboniste Fidel Fourneyron, six musiciens de la scène jazz française et trois percussionnistes cubains. Le répertoire mêle rythmes traditionnels afro-cubains et jazz européen actuel. Entre transe et spiritualité, la musique résonne comme une célébration païenne irradiée d’énergie et de lumière.
Uriel Herman sort « Face to Face » chez Laborie Jazz
Nouvelle signature du Label Laborie Jazz, le pianiste Uriel Herman sort le 25 janvier 2019 son nouvel album « Face to Face ». Porteur de l’ensemble des influences musicales de l’artiste, l’opus invite à pénétrer dans un monde dont les rivages oscillent entre fougue et méditation. A découvrir.



En effet le duo constitué du batteur Herlin Riley et du percussionniste Manolo Badrena va s’en donner à cœur joie aux côtés du pianiste qui n’aura cesse de mettre en évidence le côté dynamique de sa musique. Le contrebassiste James Cammack assume la charge d’impulser sur chaque morceau le riff d’accompagnement qu’il décline ostinato sans faillir. Cela octroie une grande liberté aux deux autres rythmiciens qui dialoguent de bout en bout du concert. Ahmad Jamal les encourage, prend plaisir à les écouter et s’arrête même parfois pour les regarder.

qui interprète Marseille Part. 3. Avant d’entamer la chanson, le slammeur salue le public de quelques rimes supplémentaires. « Vienne je t’aime, Vienne tu es belle sous la pluie » puis poursuit le déroulé du morceau porté par son flow si reconnaissable. Ahmad Jamal l’honore de congratulations appuyées auxquelles se joignent les spectateurs.
Le groupe revient pour un rappel ultime avant de quitter la scène sous les applaudissements nourris du public.
1989.
En octobre 2016, Geri Allen a sorti « Perfection », un album enregistré avec David Murray (saxophone) et Terri Lyne Carrington (batterie-percussions).

Ri
chard Bona convoque ensuite sur le devant de la scène un premier groupe d’enfants vêtus de tee-shirts rouge, bleu et jaune et munis d’instruments de percussion. Les jeunes accompagnent le trio sur le célèbre Watermelon Man du pianiste Herbie Hancock. Le spectacle se poursuit avec un groupe de choristes invités à chanter une berceuse africaine que propose Richard Bona. Le Théâtre entier reprend et le chanteur amuse l’assistance avec des imitations de cris d’animaux.

« Unbreakable » (ACT/PIAS) sort après 25 années d’existence du Funk Unit de l’homme au trombone rouge, le suédois Nils Landgren. A travers le titre de l’opus, le sextet du tromboniste annonce la couleur, celle de sa longévité. En effet, sur cet album, les six musiciens se disent inséparables face au temps et aux évènements. Sur les 10 plages de leur nouveau disque ils se montrent déterminés à jouer encore et encore leur musique. Un funk singulier aux couleurs européennes.