Sur leur nouvel album « Célébration » Sébastien Texier et Christophe Marguet reviennent avec leurs fidèles compagnons, Manu Codjia et François Thuillier. Dans la continuité du précédent opus, « We Celebrate Freedom Fighters ! », le quartet évoque des moments marquants de l’histoire de l’humanité. Les dix compositions entonnent un hymne musical enflammé et coloré… et le miracle advient, la musique résonne comme un souffle d’espoir.
« India », le voyage enchanteur de Louis Sclavis
Une aventure musicale onirique
Figure emblématique de la musique improvisée française et européenne, le clarinettiste, saxophoniste et compositeur Louis Sclavis présente « India », son troisième album chez YOLK. Enregistré en quintet, cet opus embarque l’oreille dans un voyage enchanteur. Une aventure musicale onirique et lyrique… l’évocation d’une Inde rêvée à partir de souvenirs de voyages.
Déjà présent sur deux albums du catalogue, LPT3 “Vents Divers” en 2017 et ”Langues et Lueurs” en 2024 (récompensé par un Grand Prix de l’académie Charles Cros), Louis Sclavis poursuit son histoire avec YOLK, non seulement comme leader, compositeur mais aussi cette fois comme producteur, avec « India » (YOLK records/L’Autre Distribution/Believe) dont la sortie est annoncée pour le 17 octobre 2025. Par son titre, cet opus fait écho à son album « Chine » sorti en 1987.
« Après le projet « Characters on a wall », j’ai eu envie de créer un nouveau programme avec les mêmes musiciens en y ajoutant le trompettiste Olivier Laisney. Le son de cet orchestre m’a permis d’aller chercher les thèmes aussi bien du coté du jazz que du monde des fanfares ou des ensembles de rue. J’ai appelé ce nouvel opus INDIA, en référence au titre de l’album enregistré avec mon premier groupe en tant que leader, CHINE. Cette musique est faite de mélodies, de danses et d’improvisations soutenues par des pulsations et des rythmes obstinés. J’ai de lointains souvenirs d’un théâtre sur les docks de Calcutta, d’un long train dans la campagne, d’une nuit a Kali temple, d’une fanfare pendant les fêtes de Ganesh… Je souhaite faire entendre les sons d’un lieu lointain qui serait plus un songe qu’une réalité. «
… c’est ainsi que Louis Sclavis évoque son nouveau projet.
Depuis 2015, Louis Sclavis joue avec Sarah Murcia (contrebasse), Benjamin Moussay (piano) et Christophe Lavergne (batterie). Avec eux il a enregistré « Loin dans les terres » paru en 2017 et « Characters on a Wall » sorti en 2019 chez ECM records. Pour leur troisième opus, « India » (YOLK records/L’Autre Distribution/Believe) attendu pour le 17 octobre 2025, le quartet est rejoint par le trompettiste Olivier Laisney.
C’est avec cette formation que Louis Sclavis avait présenté son projet « India » sur la scène du Théâtre les Arts, le 24 août 2024, pour la dernière soirée de l’édition 2024 du festival Jazz Campus en Clunisois. Le concert s’était terminé en apothéose sous les applaudissements d’un public enthousiaste et conquis.
« India »
Les neuf titres de l’album « India » ont été enregistrés et mixés par Julien Reyboz assisté de Tristan Barège en novembre 2024 au studio Sextan A. L’enregistrement met en valeur l’esprit collectif qui habite le groupe. Douceur boisée de la clarinette, couleurs cuivrées de la trompette, piano à la fois dynamique et sensible, complicité de la contrebasse et de la batterie.
Sur « India », les atmosphères varient d’un thème à l’autre, passages véhéments, propos délicats, vibrations telluriques, nappes sonores éthérées, syncopes, pulsations orageuses.
Au fil des titres
Toutes les compositions de l’album « India » sont de Louis Sclavis sauf Short Train, de Louis Sclavis/Dominique Pifarély.
L’album ouvre avec Phoolan Devi que les soufflants présentent à l’unisson. L’atmosphère musicale évoque un songe, sonorité ronde, jeu apaisé. Plus loin, la clarinette devient fougueuse et délivre une improvisation lumineuse. Le quintet reprend ensuite le thème avec sérénité.
Le répertoire se poursuit avec Un théâtre sur les docks (de Calcutta) introduit par le piano solo rejoint plus loin par la contrebasse puis par les soufflants et la section rythmique. Plus loin Benjamin Moussay dessine un motif qui est repris d’une façon très enlevée par la clarinette et la trompette, dans un climat aux sonorités orientales. La contrebasse de Sarah Murcia s’exprime avec verve, soutenue par la batterie et le piano qui propose ensuite un chorus émaillé d’incartades très libres. Le morceau résonne comme un rituel envoûtant
C’est en duo et sur un rythme très lent que clarinette et piano débutent Mousson. Contrebasse, batterie et trompette les rejoignent en toute quiétude. La clarinette s’envole très vite dans un chorus au climat onirique puis Olivier Laisney le rejoint et entame un solo de trompette à la sonorité tranchante. La trame musicale sculpte un climat très cinématographique.
La clarinette basse introduit ensuite le thème A Night in Kali Temple au-dessus des lignes de contrebasse que sculpte Sarah Murcia sur le manche de son instrument. S’installe alors une atmosphère nostalgique. Aucun effet, juste la sonorité très pure de la clarinette et les notes boisées de la contrebasse. Ils sont rejoint par la trompette et le piano dont le chorus inspiré est brodé d’accents poétiques. Pour finir, la mélodie est reprise par le quintet sur un mode empreint de sérénité.
Le climat s’assombrit avec Madras Song sur lequel la clarinette audacieuse et très libre cultive l’étrange et l’insolite. Elle dialogue avec la trompette à la sonorité ronde alors que la section rythmique impulse un climat percussif. L’improvisation de piano met en évidence la profondeur de sa sonorité et la solide technique de Benjamin Moussay qui, sur son clavier, combine romantisme et transe hypnotique.
Gange… le piano seul distille des notes clairsemées sur lesquelles se greffe le phrasé tellurique de la contrebasse. Tous deux modèlent des images dont la profondeur s’accentue avec l’intervention des vents à l’unisson. La musique stimule l’imagination de l’audit.eu.rice.
Changement d’atmosphère avec Long Train. Le groupe entame une ligne mélodique évoquant un train filant à grande vitesse puis la clarinette basse énergique intervient et fait alterner tension et fluidité, soubresauts et caresses. Après un retour en quintet, le piano improvise et se profile tel un sorcier des touches. La trompette lui répond et son chorus permet de saisir la plénitude et les variations de son jeu. Le climat se fait dense. Avant la conclusion en quintet, Christophe Lavergne offre un solo de batterie maîtrisé et éblouissant.
Sur Short Train on note la présence du violoniste Dominique Pifarelly, co-auteur avec Louis Sclavis de ce court morceau. Archet de contrebasse, clarinette basse et trompette s’expriment dans un style aux accents baroques.
L’album se termine avec Montée au K2 dont le thème est exposé à l’unisson par la clarinette basse et la trompette soutenues par la section rythmique. Le morceau évoque une procession musicale dont les couleurs empruntent à l’univers de Mingus. Tout au long de son solo, la contrebasse chante avec vigueur. Pour finir, le groupe reprend son propos martial et stimulé par le martèlement de la batterie, le cortège musical termine son ascension.
Pour écouter live le répertoire de l’album « India » et retrouver Louis Sclavis quintet en concert, rendez-vous le 15 octobre 2025, à la Maison-Galerie 19Paul Fort, 19 rue Paul Fort à Paris (75014).
« Célébration » par Sébastien Texier & Christophe Marguet 4tet
Tom Bourgeois signe « Lili »
Avec « Lili », Tom Bourgeois rend un hommage sensible et poétique à la compositrice Lili Boulanger. A la tête de son quartet, et avec ses invités, Vincent Courtois et Veronika Harcsa, le clarinettiste, saxophoniste et compositeur tisse des instants musicaux chargés d’émotion et de lyrisme L’album distille un jazz de chambre, véritable délice de délicatesse et de douceur.
« African Rhapsody » de Leïla Olivesi
Avec son nouvel album « African Rhapsody », la pianiste Leïla Olivesi rend un hommage solaire à l’Afrique de ses origines. Cet opus confirme les talents de la compositrice. Un puissant chant d’amour inspiré par les plus grandes pages de la poésie de la négritude (Senghor, Césaire). Un monde imaginaire comme un voyage lyrique et coloré.Avec son nouvel album « African Rhapsody », la pianiste Leïla Olivesi rend un hommage solaire à l’Afrique de ses origines. Cet opus confirme les talents de la compositrice. Un puissant chant d’amour inspiré par les plus grandes pages de la poésie de la négritude (Senghor, Césaire). Un monde imaginaire comme un voyage lyrique et coloré.
Samedi 23 août 2025, la superbe édition du Festival Jazz Campus en Clunisois 2025 se termine avec
Après avoir remercié Didier Levallet grâce à qui le festival Jazz Campus en Clunisois existe depuis 48 ans et permet l’expression des musiques de jazz, chose exceptionnelle par « ces temps qui marchent à reculons…! », Andy Emler avoue avoir passé « 8 jours exceptionnels » avec les stagiaires et annonce au public que le trio va jouer le programme de son projet « There is another day » dont l’album devrait sortir en mai 2026. Un voyage musical pour changer le monde… ! Programme ô combien alléchant.
fait des incursions dans les graves alors qu’Endy Emler plaque des accords dans le registre aigu, soutenu par la frappe vigoureuse d’Éric Échampard sur ses cymbales. La puissance sonore s’accentue. L’archet s’arrête, le piano dessine des arabesques de notes perlées puis invite la section rythmique à le rejoindre. L’archet reprend dans les aigus, la batterie insuffle une pulsation tout en suspension entre toms et cymbales. Un climat orageux fait écho au flot dense des notes du piano qui module Après un court break, le son augmente encore. Comme exaspérée, la musique amorce une marche martiale et le climat devient orageux.
Éric Échampard le rejoignent. La matière sonore se déstructure segmentée par les torrents de notes fulgurantes du piano, les pulsations volcaniques des baguettes sur les cymbales et les graves de la contrebasse protestataire. Après une ultime montée en puissance, le climat se tend à l’extrême, l’exaspération est à son comble puis l’intensité diminue doucement, la musique se calme, contrebasse et batterie s’arrêtent, le piano pose quelques accords sereins dans lequel se faufile le silence… Enough !
Touché par la générosité et l’inventivité des artistes, le public se lève et salue la magnifique prestation du trio ETE par un concert d’applaudissements enthousiastes. Bien que prétextant n’avoir « plus rien à jouer », Andy Emler propose d’interpréter les deux premiers volets de « Useful report », quatrième album du trio sorti en 2022. L’archet percute les cordes, le piano pulse, la pulsation enfle, la batterie entre et explose. Au-dessus des roulement fortissimos de la batterie, piano et contrebasse échangent sans retenue. Cascades de notes, modulations, course effrénée du tempo… mais tout a une fin et les trois musiciens quittent la scène sous une ovation unanime.





Suite à cette version stimulante de Climax Change, la guitare introduit Interlude alors que Sylvie Gastaud fait entendre le texte qui narre l’odyssée du migrant Sévérino. Les effets électriques du Rhodes de Jozef Dumoulin soutiennent le solo du sopranino de Christophe Monniot. L’intensité musicale augmente alors que la voix de la mère du leader évoque l’exil de son grand-père loin des colonies ukrainiennes. Les accablantes conditions de vie des migrants sont mentionnées pendant qu’échangent les instrumentistes. Claquements sur le manche de la contrebasse, grincements des baguettes sur les cymbales, notes égrenées sur le clavier du piano forment un allègre mélange sonore au-dessus duquel interviennent avec véhémence trompette et saxophone alto. La tension monte, le Rhodes génère un climat sonore étrange. Guitare et contrebasse rivalisent avec le discours échevelé et pulsatile de la batterie de Franck Vaillant. Poussé par une rythmique déchaînée, Aymeric Avice développe un chorus bouillonnant sur sa trompette. Comme exaspérées et exaltées par la densité de l’environnement musical, les notes jaillissent avec force et contribuent encore à densifier l’ambiance. Place ensuite à un singulier solo de batterie que tous les musiciens écoutent avec attention. Le temps semble comme suspendu puis le groupe reprend le thème et termine le morceau.
Le saxophone alto pleure, soutenu par le tissu musical intense que tisse le groupe. La voix fait allusion aux déplacements des migrants qui ne peuvent plus avancer car « la mer est devant eux… » et ils ne pourront être mis en terre.









On serait tenté d’intituler ce morceau onirique « Songe d’une nuit clunisoise ». Après avoir félicité Didier Levallet pour son festival débuté il y a 48 ans, Andreas Schaerer entame une incantation qui gagne en puissance puis la guitare improvise dans les aigus et la basse électrique les rejoint.