Gregory Porter Jazz à Vienne

Gregory Porter Jazz à Vienne

Gregory « Preacher » Porter, entre soul et gospel

Gregory Porter ouvre la soirée du 11 juillet qui fête le 75ème anniversaire de Chick Corea. Le « Preacher » Porter offre une célébration chaleureuse teintée d’un gospel énergique aux accents soul et bluesy. Le public enthousiaste et sensible au charisme du chanteur oublie le déluge tombé du ciel.

Gregory Porter a enchaîné les succès discographiques. « Water » en 2010, « Be good » en 2012, « Liquid Spirit » enregistré sous le fameux label Blue Note en 2013 et le splendide « Take me to The Alley » (Blue Note/Universal) sorti en 2016. Gregory Porter est déjà venu à Vienne en 2012 où le public l’a découvert avec bonheur. Son retour au festival « jazz à Vienne » en 2014 lui a valu un franc succès. La scène du Théâtre Antique l’accueille de nouveau en 2016 pour le plus grand bonheur de tous ceux et celles qui aiment sa musique, sa voix chaleureuse et sa présence authentique.

Si la pulsation jazz et le scat s’invitent dans la soirée, la tonalité globale du répertoire est plutôt gospel-blues même si la teinte soul funky demeure. Visiblement la matrice « gospel » est très prégnante pour Gregory Porter qui a d’ailleurs rendu hommage à Prince en interprétant une version de Purple Rain empreinte de gospel.

Gregory-Porter_JAV_11072016_NVÉlégant et souriant le chanteur n’a rien perdu de son charisme. Ses postures évoquent celles d’un prêcheur qui porterait la bonne parole, celle d’une musique qui n’a pas peur d’affirmer ses singularités. La voix de baryton chaleureuse et caressante de Gregory Porter est portée par un quartet qui met en valeur sa prestation. Les interventions très rondes du saxophiste ténor Tivon Pennicot remplacent avantageusement les folles envolées du saxophoniste alto présent à ses côtés les années précédents.

Tivon-Pennicot_JAV_11072016_NVGregory Porter ouvre avec Holding on et interprète aussi le thème éponyme de son dernier album « Take me To The Alley »  dont il propose aussi Fashion, titre un peu atypique de son dernier opus où il scatte avec brio. Après quelques morceaux dont On my way to Harlem enregistré sur l’album « Be Good », la tonalité est donnée et les spectateurs sont acquis. Gregory Porter s’éloigne alors de ses propres compositions pour interpréter Papa was a Rolling Stone immortalisé par les « Temptations » dans les années 60. A peine le chanteur a-t-il lâché « clap your hand ! » que le Théâtre résonne des battements de mains enthousiastes de la foule. On se croirait au cœur d’une cérémonie gospel où le pasteur Porter officie. « Preacher Porter », ce titre lui sied vraiment !

Le show continue avec du jazz qui swing avec un nouveau scat. Arrive ensuite Hit The Road jack comme un clin d’oeil à l’inoubliable Ray Charles. Gregory Porter reprend quelques titres de l’album « Liquid Spirit », Lonesome Lover, Musical Genocide, … mais la fin du set arrive sans même que l’on s’en aperçoive. Les bons moments sont toujours trop courts. Il reste à attendre sa prochaine venue.

A « Jazz à Vienne » la belle musique a toujours raison des intempéries. Cela s’est vérifié une fois de plus. La chaleureuse prestation de Gregory Porter a ensoleillé la soirée des spectateurs pourtant accablés par une pluie battante.

Elina Duni dévoile « Partir », son nouvel album chez ECM

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« Currents, Constellations » par le Nels Cline 4

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« Currents, Constellations » marque les débuts chez Blue Note du Nels Cline 4, le nouveau groupe du guitariste Nels Cline. Dans ce quartet énergique le leader collabore avec le guitariste Julian Lage et une puissante section rythmique composée de Scott Colley et Tom Rainey. Une musique d’avant-garde, généreuse et audacieuse.

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Robin McKelle présente « Melodic Canvas »

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Pour son septième album, « Melodic Canvas », Robin McKelle met en avant la couleur soul de son chant. Sur ce disque au titre éclairant, mélodies et styles se croisent. La chanteuse tisse une trame nostalgique qui sied tout à fait à sa voix. Un opus sensible.

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Tigana Santana Jazz à Vienne

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Entre Brésil et Afrique, Tigana Santana, un conteur ensorceleur

En quête de ses racines africaines le chanteur, compositeur et guitariste Tigana Santana est invité au Club de Minuit le 09 juillet. Ce Brésilien originaire de Salvador de Bahia se produit en duo avec le percussionniste Inor Sotolongo pour un concert d’une rare sensibilité.

Tigana-santana&-Ino(Sotolongo_JAV-Club de Minuit_09072016_NVTigana Santana propose un répertoire principalement issu de son album « Tempo & Magma » où il célèbre un Brésil ancré dans ses traditions africaines, du côté de l’Angola et du Nigéria. Au Brésil, l’influence bantoue est très forte au niveau du comportement, de la pensée et de la spiritualité. Il existe de facto une continuité entre les traditions venues de ces pays d’Afrique et celles de Bahia. Tigana Santana donne corps à ce lien. Sa voix porte le chant de la diaspora de ce peuple africain transporté au Brésil lors de la période esclavagiste. Dans ses chants, il s’exprime en Portugais, Français, Anglais mais le plus souvent dans les langues tribales africaines (idiomes kokongo, kimbundu, tshiluba, …).

Tigana-Santana_JAV_Club-de-Minuit_09072016_NVDans les civilisations qu’il a étudiées, toute manifestation artistique est acte de philosophie et vice-versa. Ce philosophe (doctorant en philosophie à l’université de São Paolo) pratique la poésie, la composition et le chant pour perpétuer le lien entre l’Afrique et le Brésil. Cela fait de lui le Brésilien le plus africain du Brésil. La combinaison de ces deux aspects de la diaspora africaine dans la musique de Tigana Santana est une affirmation artistique et politique qui irradie la création de cet artiste singulier et talentueux.

Les arpèges délicatement pincés sur les cordes de sa guitare évoquent le chant de la kora. Le chant éthéré empreint de spiritualité tresse la poésie sur des mélodies lancinantes et plaintives. La voix chaleureuse tout en retenue se fait caressante dans le registre aiguë, suave dans les graves. Entre prière et lamentation, Tigana Santana égrène ses chansons avec élégance et sérénité.Inor-Sotolongo_JAV-Club-de-Minuit_09072016_NV L’accompagnement sobre et discret du percussionniste Inor Sotolongo met en valeur les ballades délicates. Les rythmes subsahariens portent les mélodies troublantes. Même lorsque le chanteur s’exprime le poing levé (révolte ou combat ?) le chant confine à la prière et à l’incantation.

D’une voix recueillie et caressante Tigana Santana interprète trois titres en solo dont un morceau en anglais et le sublime Congo-Angola-Bahia. Après le retour du percussionniste, il offre le fameux Mon’ami. Une femme pleure devant la mer en pensant à sa fille, son fils disparus. Ce sont ces enfants perdus que recouvre le terme ami en « kimbundu » (langue d’Angola). Une réflexion sur la vie, la mort. On perçoit le message malgré la barrière de la langue.

Le concert se termine par un rappel de Tigana Santana en solo. Debout sans guitare, les yeux fermés il adresse une prière au Congo, terre de ses aïeuls.

On gardera le souvenir ému de ce spectacle élégant et minimaliste fascinant de sobriété. Un folk élégant nimbé de spiritualité.

Elina Duni dévoile « Partir », son nouvel album chez ECM

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« Currents, Constellations » par le Nels Cline 4

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Robin McKelle présente « Melodic Canvas »

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Esperanza Spalding à Jazz à Vienne

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Emily’s D+Evolution. Portrait funk-rock d’Esperanza

Esperanza Spalding ouvre la soirée du 09 juillet avec une performance artistique qui met en scène la musique de l’album « Emily’s D+Evolution ». Show singulier entre musique et théâtre auquel la bassiste prend visiblement plaisir. Opéra rock/funk exubérant qui conte son histoire.

En très peu de temps peu de temps, Esperanza Spalding a fait sa place dans la sphère du jazz. Avec cinq albums à son actif comme leader, la jeune trentenaire de Boston est un concentré de talents et excelle autant dans le swing que dans les univers musicaux du rock, funk, hip hop et blues qu’elle fusionne à merveille. Cette contrebassiste/bassiste, chanteuse et compositrice surdouée est une artiste authentique qui parvient à transcender les genres. Elle en donne une nouvelle fois la preuve dans le spectacle « Emily’s D+Evolution ».

On a apprécié « Junjo » en 2006 puis l’étonnant « Esperanza » en 2008. En 2010 sort un album maîtrisé et plébiscité, « Chamber Music Society ». En 2012 c’est « Radio Music Society » au groove réjouissant. Le 04 mars 2015 chez Concord/Universal s’ouvre un nouveau chapitre artistique dans la carrière d’Esperanza : un nouveau trio électrique, avec choristes, une touche claviers et de spoken words. Esperanza-Spalding-1_JAV_09072016_NVC’est « Esperanza Spalding Presents : Emily’s D+Evolution », un album conceptuel créé comme une suite poétique de tableaux musicaux vivants, une sorte d’audio-portrait.

Esperanza Spalding est déjà venue à Vienne avant 2016. Au Club de Minuit en 2009. Au Théâtre Antique en 2010 et 2012 avec la musique des albums alors au cœur de l’actualité. Elle revient en 2014 dans le quintet de Tom Harrel « Colors and Dreams ».

En 2016 le Théâtre Antique accueille son nouveau projet, « Emily’s D+Evolution« Esperanza Spalding-2_JAV_09072016_NV, spectacle dans lequel elle crée un monde autour de chaque chanson. Sur scène la bassiste a visiblement envie de chanter et utilise le langage du corps, elle ondule avec grâce sans pour autant proposer une performance de danse, loin de là.

Esperanza le dit, ce projet n’est pas du jazz. Un quelque chose de Zappa plane au-dessus de la scène. On pourrait parler de rock progressif en référence aux interventions de la guitare. On serait tenté d’évoquer le terme de jazz-fusion au vu de la rythmique tonique et métronomique qui incite au mouvement. Avec les choristes, la bassiste s’investit à fond dans son rôle de chanteuse/bassiste extravertie. Les morceaux s’enchaînent et content l’histoire. Il y a autant à voir qu’à écouter. Pas question de décrocher sinon on perd le fil. Dommage pour ceux qui écoutent d’une oreille distraite et se détachent de la naEsperanza-Spalding-3_JAV_09072016_NVrration.

Dans la vraie vie et sur scène l’héroïne s’est libérée de ses entraves, a évoluer et volé de ses propres ailes et a réussi. Être soi-même constitue en soi un défi, y parvenir n’est pas toujours simple. Esperanza a gagné ce double challenge, réussir de sa vie et ce spectacle.

Esperanza Spalding propose une performance artistique exubérante et réussie, un peu éloignée du royaume du jazz. Peu importe qu’on la qualifie de comédie musicale ou d’opéra rock. Les racines et les valeurs du jazz sous-tendent ce projet. C’est créatif, ça prend des risques, ça innove. On est questionné, captivé et convaincu. Tant pis si cela dérange de ci de là. A bientôt Esperanza, pour d’autres aventures !Ibeyi_JAV_09072016_NV

Après Esperanza Spalding, la soirée reste féminine. Ibeyi. Les jumelles Diaz montent sur scène, tout de sourire et de rouge vêtues. Des voix, des percussions, de l’électro. Lisa et Naomi parviennent sans problème à mobiliser le public toujours avide de marquer le rythme. Il est vrai qu’il est plus simple de mettre le le corps en mouvement que de s’attacher à suivre un livret musical exigeant… surtout quand le mercure dépasse les trente degrés.

La fin de soirée sera assurée de belle manière par Yael Naim. Entre pop, folk et jazz, la chanteuse guitariste a conquis son public.Yael-Naim-dvt Esperanza_JAV_09072016_NV

On a aimé le regard souriant et l’attention que Yael Naim a porté sur le spectacle d’Espéranza Spalding.

 

Elina Duni dévoile « Partir », son nouvel album chez ECM

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« Currents, Constellations » par le Nels Cline 4

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Robin McKelle présente « Melodic Canvas »

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Scofield/Mehldau/Guiliana à Jazz à Vienne

Scofield/Mehldau/Guiliana à Jazz à Vienne

Le Trio Scofield/Mehldau/Guiliana entre rudesse et douceur

Scofield/Mehldau/Guiliana : trio XXXL en ouverture de la soirée du 07 juillet. Le guitariste John Scofield, le pianiste Brad Mehldau et le batteur Mark Guiliana. La musique singulière de ce all-star trio pourrait bien devenir incontournable.

Les musiciens du trio Scofield/Mehldau/Guiliana ne sont pas des « puristes » du jazz acoustique et se sont déjà croisés. Depuis 1977 John Scofield a diversifié ses expressions musicales en tant que leader et a collaboré avec de nombreux musiciens dont Miles Davis, le trio Medesky, Martin & Wood et bien d’autres. En 2000 sur  l’album « Works for Me », John Scofield avait déjà invité Brad Mehldau. Le pianiste quant à lui porte l’art du trio à des sommets mais se produit souvent en solo où il excelle. En 2014 il a enregistré l’album « Taming The Dragon » (Nonesuch Records), en duo avec Mark Guiliana. Dans ce duo nommé Mehliana, Brad Mehldau est aux synthétiseurs, Fender Rhodes et piano et Mark Guiliana à la batterie et batterie électronique. S’il s’est fait connaître dans le milieu du jazz lors de son passage auprès d’Avishai Cohen, le batteur a aussi tenu les toms sur le dernier disque de David Bowie « Black Star ».

indexComme on peut s’y attendre au regard des trajectoires des trois musiciens, le trio ne pratique pas un jazz « standard ». Le répertoire est adapté à cette formation électrique.

Fin polyrythmicien, Guiliana insuffle un beat pulsatile et implacable. Sa frappe précise alterne entre force et finesse. Il fait un usage adapté de la batterie électronique qui sied tout à fait à l’ambiance musicale du trio. Batteur et pianiste fusionnent et génèrent des atmosphères situées quelque part entre post-bop et drum’n bass. Selon les morceaux, Scofield se promène entre jazz-rock et funk. Toujours lyrique il se tient quelquefois en arrière du temps. Les rôles sont très bien répartis entre le pianiste et le guitariste. Mehldau fait la ligne de basse sur les synthétiseurs durant les improvisations de Scofield et ce dernier troque la guitare pour la basse sur pied avec laquelle il accompagne Mehlldau durant ses solos.

Le groupe ouvre le set avec Wake up, une composition de Mehldau qui passe du Fender Rhodes aux synthés avant d’être rejoint par un Scofield aux cordes de la guitare trempées dans le rythm’n blues. Le trio attaque ensuite Shuffle 7, sur un tempo en 7/4 auquel Guiliana  insuffle une teinte de dub-reggae. Dans It was what it was les nappes sonores de Mehldau évoquent quelque peu les atmosphères de « Weather Report ».  Le set se déroule et apporte son lot de surprises. Vers la fin de la prestation, le trio interprète une ballade superbe à la construction musicale complexe. Mehldau revient vers le piano acoustique pour une délicate improvisation. Dans le dernier morceau, Scofield fait monter la tension et c’est l’occasion pour la batterie de prendre un chorus impressionnant d’inventivité. Le groove absolu. C’est déjà la fin et on n’a pas vu passer le temps !

Scofield/Mehldau/Guiliana, un trio inventif et moderne qui ne s’inscrit pas dans la facilité. Une musique électrique entre rudesse et douceur.

 Il reste à espérer qu’un album prochain restitue la musique du trio mais, même si cela fait partie des possibles à venir, ce n’est pas pour tout de suite car Scofield va sortir à la rentrée un album de country « Country for Old Men » avec Larry Goldings, Bill Stewart et Steve Swallow. On devra se contenter de nos souvenirs pour revivre la musique de ce trio vivifiant.

Elina Duni dévoile « Partir », son nouvel album chez ECM

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« Currents, Constellations » par le Nels Cline 4

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Robin McKelle présente « Melodic Canvas »

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John McLaughlin & The 4th Dimension Jazz à Vienne

John McLaughlin & The 4th Dimension Jazz à Vienne

John McLaughlin, sourire et Jazz fusion enfiévré

Le 07 juillet, John McLaughling et son groupe 4th Dimension succèdent au trio Scofield-Mehldau-Guiliana. Ils offrent un jazz fusion renouvelé. Le Théâtre Antique de Vienne a vibré de bonheur aux accents d’une musique électrique nourrie de toutes les influences du guitariste.

La carrière de John McLaughlin est longue et ses influences multiples. Il n’a eu cesse de renouveler sa musique au fil des rencontres qui ont 320_J-McLaughlin&The4thDimension_JAV_07072016_NVémaillé sa vie. Celui qui fut un des guitaristes de Miles Davis a aussi collaboré avec le The Mahavishnu Orchestra. L’Inde et ses musiques peuplent la période de Shakti avec Zakir Hussain. Trilok Gurtu a aussi fait partie de ses rencontres. Sa route a par ailleurs croisé celles de grands guitaristes avec lesquels il a partagé les scènes, Paco de Lucia, Larry Corryell puis Al Di Meola. Plus récemment on l’a retrouvé dans Remember Shakti. Depuis 2013 c’est avec 4th Dimension qu’il tourne.

Avec ce groupe on retrouve à ses côtés le bassiste camerounais toujours ganté de noir 320_E-M'Bappe-R-Barot_JAV_07072016_NVEtienne Mbappe, le batteur indien, Ranjit Barot et le claviériste et batteur britannique Garry Husband. Et pourtant point de Brexit sur scène. La philosophie du groupe penche plutôt du côté de la collaboration proximale, une sorte de communion musicale perceptible par le public.

Les moments d’échange sont en effet nombreux sur scène entre McLaughlin et ses compagnons. Regards complices du guitariste lors des thèmes exposés à l’unisson avec le claviériste Garry Husband. Joutes enfiévrées avec Etienne Mbappe. McLaughlin se rapproche du bassiste pour des confrontations productives et enfiévrées. Guitariste et bassiste côte à côte prennent aussi plaisir à relancer les chorus de batterie de Ranjit Barot. Ce dernier ponctue ses solos d’onomatopées auquel le public de McLaughlin est habitué depuis l’époque Shakti. Le claviériste reprend même la gestuelle habituelle des joueurs de tablas pour marquer les 5 temps que ponctuent le batteur. JMcLaughlin_JAV_07072016_NVGarry Husband rejoint à plusieurs reprises la seconde batterie dressée à proximité du batteur en titre avec lequel il dialogue et enflamme l’atmosphère.

Certes les décibels et l’électricité sont au rendez-vous mais le son de la guitare synthé de John McLaughlin est net et ses déferlantes de notes surfent sur la vague rythmique implacable qu’impulsent les rythmiciens. Le guitariste joue avec générosité et met sa virtuosité au service d’un discours empreint de nuances et de sensibilité. Avec El Hombre que Sabià (l’homme qui sait) John McLaughlin offre un vibrant hommage au guitariste disparu Paco de Lucia avec lequel il avait prévu d’enregistrer un disque en 2014. Des envolées lyriques aux accents teintés de flamenco alimentent alors son dialogue avec Garry Husband. Il dédie le titre Kiki à un batteur ami. S’ensuit un combat de titan  où Garry Husband rejoint Ranjit Barot. Les titres se suivent. Ceux du dernier album « Black Light » mais pas que. Soutenu par les riffs enfiévrés du bassiste, McLaughlin génère un jazz rock enfiévré sur les rythmes rapides et  des nappes planantes quand le tempo ralentit. Le public vibre et ovationne la prestation.

Si la musique de John McLaughlin & 4th Dimension évoque pour les plus anciens des réminiscences des jazz des années 70 et 80, elle a vraiment su se renouveler. Elle fusionne les multiples influences que le guitariste a intégrées. Électrique et joyeuse, rythmique et stratosphérique elle aussi stimulante et généreuse. Le sourire du guitariste ne gâte rien à l’affaire !

Elina Duni dévoile « Partir », son nouvel album chez ECM

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