Ouverture de Bémol 5 avec David Linx invité de InLab 4tet

Ouverture de Bémol 5 avec David Linx invité de InLab 4tet

Bemol 5 hisse haut le swing pour une rencontre exceptionnelle

On s’est déjà réjoui de la prochaine ouverture de Bémol 5, ce nouveau lieu dédié au jazz à Lyon. On en reparle car le club ouvre avec un concert inaugural tout à fait exceptionnel. Une rencontre unique entre le chanteur David Linx et le groupe « InLab 4tet » les 21 et 22 avril 2017.

Dirigé par Yves Dorn, « Bemol 5 » frappe un grand coup pour son ouverture prochaine. Un concert exceptionnel avec le chanteur international David Linx invité par le groupe « InLab 4tet » les vendredi 21 et samedi 22 avril 2017 à 20h30.

Le concert d’ouverture est rendu possible d’une part grâce à Patrice Foudon, fondateur et saxophoniste du groupe « InLab 4tet », qui a réalisé des arrangements pour David Linx sur ses albums « Changing Faces » et « Another Porgy, a Different Bess » avec le Brussels Jazz Orchestra. D’autre part, grâce à David Linx, qui s’est immédiatement rendu disponible pour soutenir l’ouverture d’un nouveau lieu de jazz en France. Un parrainage en quelque sorte.

On a déjà maintes fois loué le talent de David Linx ce compositeur-chanteur dont on suit la carrière avec intérêt depuis les années 90. Difficile de résumer en quelques lignes sa trajectoire riche en rencontres et en réussites. On ne compte plus les récompenses obtenues tout au long des années ni les albums enregistrés en leader, co-leader ou comme invité.

Atypique et audacieuse, l’identité musicale de David Linx est sous-tendue par une présence scénique unique et une énergie créatrice débordante. Servi par une voix à la tessiture étendue le chanteur affectionne les subtilités. Tel un instrumentiste, ce vocaliste hors pair est devenu maître dans l’art du scat où il excelle quel que soit le tempo. Véloce et étonnant il se joue des rythmes rapides qu’il affectionne. Sur les ballades, sa voix se fait encore plus subtile et se love au creux de somptueuses improvisations.

Outre sa longue collaboration avec Diederick Wissels en duo puis dans des formations élargies dont « Heartland » avec Paolo Fresu, le chanteur a travaillé avec de nombreux artistes dont Maria João, le Brussels Jazz Orchestra avec qui il collabore fréquemment, Laurent Cugny, Rhoda Scott, André Ceccarelli et bien d’autres encore.

David Linx parcourt les scènes internationales et celles de l’hexagone dans une perpétuelle quête de perfectionnement. On se rappelle ses prestations sans cesse renouvelées dans les festivals et sur les scènes de la région. A Crest Jazz Vocal, à Vienne en 2006 pour la création de l’Opéra Jazz, « La Tectonique des Nuages » avec Laurent Cugny. Dans la grande salle de l’Opéra de Lyon le 31 mai 2008 pour la création de Follow the Songlines avec Diederik Wissels, Maria João et Mario Laginha et à de multiples occasions à l’Amphi Jazz de l’Opéra de Lyon.

Parmi ses influences stylistiques on peut citer la chanteuse Betty Carter, le chanteur Mark Murphy mais aussi Bessy Smith ou Duke Ellington sans oublier Cecil Taylor? Stockhausen ou Prince. David Linx porte aussi une grande admiration au chanteur Claude Nougaro sont il a honoré la mémoire sur scène et avec l’album » À NOUsGARO ».

« InLab4tet » se définit comme « de la musique rien que de la musique ». Ce quartet récent réunit le saxophoniste Patrice Foudon, le pianiste Benoît Thevenot, le contrebassiste Alexandre Bès et le batteur Nicolas Serret.

Ces quatre musiciens de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont réunis autour d’une même envie : « créer un laboratoire sonore ou chacun apporte sa sensibilité et son expérience pour arriver à une alchimie musicale ». Le swing, le groove et le jazz actuel font partie des éléments-clés des compositions originales que le groupe présente. La musique née de cet amalgame est vivante, mouvante, et chaleureuse.

Le parcours musical de Patrice Faudon lui a permis de rencontrer des personnalités telles Jerry Bergonzi, Bill Dobbins, Sangoma Everett, David Friesen, Riccardo del Fra, Philip Glass ou Bartabas lors de sa création « Partitions équestres » au Nuits de Fourvière 2008.

Sa passion pour la composition & l’arrangement l’ont conduit à composer et arranger pour le « Quintette de Saxophones » et différents orchestres dont le Brussels Jazz Orchestra (BJO) qu’il considère comme l’un des meilleurs big bands européens. Il a eu l’occasion de travailler sur des arrangements avec le BJO et David Linx en 2007 et en 2012 à l’occasion des albums « Changing Faces » et « Another Porgy, a Different Bess ».

David Linx et « InLab 4tet » ont préparé un répertoire de compositions et d’arrangements exclusivement pour la soirée d’ouverture de Bémol 5 les Vendredi 21 avril & samedi 22 avril 2017 dès 20h30. Il tarde de les écouter.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de Bémol 5.

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore

lire plus
Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Avec « Hazzan », le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart plonge dans la musique liturgique juive entouré d’un quartet impétueux. Les mélodies venues de la tradition croisent les rythmiques héritées de la diaspora africaine. Sur cet album lyrique et riche en couleurs, le saxophone élève une prière vigoureuse.

lire plus
Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva – Album Gershwin disponible

Jean-Marc Foltz et Stephan Oliva – Album Gershwin disponible

Jean-Marc Foltz & Stéphan Oliva brodent « Gershwin »

Avec l’album minimaliste « Gershwin », le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le pianiste Stefan Oliva revisitent en duo le monde du compositeur américain George Gershwin. Le silence teinté de bleu dessine une musique de nuit intimiste. On approche la perfection.

On se réjouit de savoir que l’album « Gershwin » enregistré sous le label Vision Fugitive est de nouveau disponible à partir du 31 mars 2017 distribué par l’Autre Distribution.

gerswhwin_couv« Gershwin » est en effet un album incontournable à conseiller à tout amateur de Musique.

« Gershwin ». Esthétique et soigné, l’opus baigne dans un climat de sérénité profonde. Les deux musiciens talentueux que sont le pianiste Stephan Oliva et le clarinettiste Jean-Marc Foltz, ourlent de silence une musique délicate et raffinée. Bien longtemps après l’écoute du disque, on conserve le souvenir de sa musique sensible.

Le clarinettiste Jean-Marc Foltz est issu du monde classique et contemporain alors que le pianiste Stephan Oliva s’inscrit dans la famille du jazz où son élégance musicale a de tout temps fait l’unanimité. Les deux musiciens ont déjà croisé les notes à de multiples occasions. Ensemble ils avaient déjà parcouru et tissé à leur manière le répertoire classique pour piano et clarinette en 2011 dans leur précédent opus, « Visions Fugitives » (Vision Fugitive).

Ce nouvel album « Gershwin » (Vision Fugitive/L’Autre Distribution) à paraître le 31 mars 2017 prolonge donc leur rencontre autour de neuf titres de George Gershwin, deux compositions originales, une écrite par le pianiste et l’autre par le clarinettiste et du célèbre thème de Vernon Duke et Ira Gershwin, I Can’t get Started.

Les œuvres de Gershwin ont été interprétées autant par des musiciens issus de la sphère classique que par les jazzmen. Dans « Gershwin », le propos musical de Jean-Marc Foltz et de Stephan Oliva émarge dans un univers dont l’esthétique se situe à l’interface du jazz et de la musique classique. Au premier, les musiciens empruntent la liberté, du second ils capturent l’esprit de Ravel. Avec ces deux interprètes, fini le cliché du glissando de la clarinette introductif de la Rhapsodie in Blue qui retrouve  les « fondamentaux » de la musique classique.

Les musiciens étirent le temps et le distendent avec une sobriété qui confine au dénuement, avec une élégance dont la sérénité n’a d’égale que la poésie qui s’en dégage. Et l’incroyable advient … du dépouillement jaillit l’émotion. Elle perdure d’ailleurs bien au-delà de l’écoute de cet album empreint de bleu et de silence où les notes sont esquissées, soufflées et caressées.

La version de Summertime est comme alanguie par la chaleur écrasante d’un soir d’été. Dans S Wonderful (morning), les deux musiciens content la beauté de la fin de la nuit quand l’aube blanchit le ciel. Plus tard, ils proposent une version tout aussi éthérée de S Wonderful (evening) qui dessine l’effacement du jour lors d’un esthétique crépuscule. Deux véritables poèmes à recevoir comme des merveilles.

Le Prélude N° 2 Blue Lullabye advient comme une introduction du thème I love you Porgy dont la mélodie exhale l’essence même de l’amour.

C’est un amour attendu et souhaité qui se dessine en délicatesse dans la version de The man I love. Fascinating Rythm/Some one to watch over me est dédié à Woody Allen dont on connaît le goût pour le jazz et la clarinette. C’est sans doute le titre qui emprunte le plus à l’esthétique rythmique du jazz.

La magie du disque opère encore même lorsqu’il regagne sa pochette. D’ailleurs cette pochette dessinée par Emmanuel Guibert restitue tout à fait l’atmosphère ourlée de bleu et de silence qui caractérise cet album. Il est essentiel par ailleurs de préciser que la qualité du son doit beaucoup au talent de l’ingénieur du son, Gérard de Haro, puisque l’opus a été enregistré dans son studio de la Buissonne en novembre 2015.

Pour capter l’essence mystérieuse de l’album « Gershwin »

 
Pour s’immerger dans le clair-obscur de la musique de l’album « Gershwin » et savourer en live l’art du silence que maîtrisent Jean-Mars Foltz et Stephan Oliva, un rendez-vous s’impose comme une escapade musicale incontournable.
Les musiciens sont programmés dans le cadre du Paris Music Festival avec un concert à Paris au Sunside le 17 mars 2017 à 19h30.
« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore

lire plus
Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Avec « Hazzan », le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart plonge dans la musique liturgique juive entouré d’un quartet impétueux. Les mélodies venues de la tradition croisent les rythmiques héritées de la diaspora africaine. Sur cet album lyrique et riche en couleurs, le saxophone élève une prière vigoureuse.

lire plus
Sur Waxx Up Eric Legnini allume un groove d’enfer

Sur Waxx Up Eric Legnini allume un groove d’enfer

14 titres explosifs sur une galette survitaminée

Avec « Waxx Up » Eric Legnini sort le troisième volet d’un triptyque consacré à la voix. Mélodies puissantes, rythmiques endiablées. Quatorze titres au groove effréné. La galette envoie et en met plein la tête… soul, rap, R’n’B, electro, funk, jazz !

2017 marque le grand retour sur disque du pianiste Eric Legnini en leader. « Waxx Up » (Anteprima/Musicast) est annoncé pour le 17 mars 2017.

Troisième volet du triptyque consacré à la voix initié avec l’album “The Vox” en 2011 et suivi par « Sing Twice » en 2013, voici qu’arrive « Waxx Up ». L’opus a requis deux ans de réflexion et de travail entre les répétitions, les séances de studio, des premières maquettes aux dernières retouches jusqu’au bouclage du projet « Waxx up ». Le pianiste compositeur et producteur Eric Legnini propose quatorze nouvelles compositions où il affirme son amour de la mélodie et des rythmes afro jazz, mais aussi du funk, de la soul. Aujourd’hui il inclut aussi dans sa musique des éléments de hip hop, influencé par des rappeurs comme Kendrick Lamar.

Sur Waxx Up Eric Legnini convie ses acolytes, le batteur Franck Agulhon à la batterie et le bassiste Daniel Romeo auxquels il associe des cuivres et des voix… Michelle Willis, Hugh Coltman, Yael Naïm, Charles X, Mathieu Boogaerts, Natalie Williams ou encore Anaëlle Potdevin.

« Waxx Up » fait vibrer les membranes des baffles qui tremblent sous le groove échevelé des 14 titres de l’album. Des morceaux à écouter comme quatorze « 45 tours » de cire noire. Des formats courts qui flirtent entre pop et soul. Un son à l’ancienne entre acoustique et électronique, des colorations vocales variées et des climats qui se promènent entre soul, rap, R’n’B, funk et jazz. Ça explose d’énergie de bout en bout !

Sur Waxx Up Eric Legnini s’appuie sur le trio jazz pour asseoir son répertoire. Il y ajoute la dynamique d’une section de cuivres. On apprécie d’ailleurs avec bonheur les quelques instrumentaux glissés entre les titres vocaux comme les faces B des bons vieux 45-tours. Pour le pianiste pas question de s’épancher sur les 88 touches du piano. Pour être dans le ton et doper le groove, il se penche par contre avec efficacité sur le Fender Rhodes, le Wurlitzer et le Clavinet.

« Waxx Up ». Un jazz ouvert et très actuel malgré une allure vintage qui sent bon la cire des 45-tours. On espère la sortie de l’album en vinyle, ce qui serait le moindre hommage que le pianiste, compositeur et producteur Eric Legnini puisse faire à la culture du vinyle qui lui est si chère.

Les titres instrumentaux participent de belle manière au groove de l’album. Black Samouraï résonne avec les atmosphères seventies d’un certain Herbie Hancock avec ses Head Hunters. Here Comes The Beat Man fait comme un clin d’oeil au titre funk Here Comes The Meter Man de 1969. La trompette d’Ibrahim Maalouf intervient sur The Wire au-dessus d’un climat funky house un peu bidouillé. Enfin, un dernier instrumental, et pas le moindre, un riff afro-funk festif sur lequel on pourrait danser sans s’arrêter, Lagos ’75.

Avec Waxx Up Eric Legnini continue son exploration de la voix avec rien moins que sept voix. Pour chaque composition, chaque mélodie et chaque rythmique il choisit La voix qui correspond à la couleur attendue. Le pianiste endosse là son rôle de producteur et c’est bien cette attention qui explique en grande partie la qualité de l’album.

Ça ouvre très fort dès le premier titre de l’album, I Want You Back. Une rythmique solide, les riffs de la section de cuivres au service de la voix de Michelle Willis qui teinte de funk ce titre inaugural. La chanteuse choriste a baigné dans les univers de Ray Charles et Carole King et a collaboré avec Michael League le bassiste des « Snarky Puppy ». Elle intervient sur 3 autres titres, The Parkway, Maybe et Sick & Tired et on n’en a pas marre de l’écouter (!).

Eric Legnini convie aussi la chanteuse britannique Natalie Williams qui baigne Living for Tomorrow d’un vibrant climat soul jazz. Pour alterner les couleurs, le leader appelle ensuite le Californien Charles X sur Run with it. Un flow qui doit tout au hip hop et une voix dont les accents soul sonnent comme un héritage de la Motown. Le bougre brouille les pistes mais « Waxx Up » s’en porte bien.

On est touché par l’intervention du rêveur Matthieu Boogaerts sur Night Birds. Son accent français travestit le texte anglais et sa voix suave croone la ballade sur un tempo très lent. Cymbale charley, flûte et soupirs… un moment de fraîcheur qui ne se prend vraiment pas au sérieux. On craque aussi sur la voix un peu acidulée de la comédienne et chanteuse Anaëlle Potdevin dont le timbre voilé ne l’empêche pas de surfer sur Riding The Wave. Ça la change un peu des standards de jazz qu’elle avait enregistrés en Belgique.

Eric Legnini demeure fidèle à son chanteur fétiche Hugh Coltman qui a aussi participé à l’écriture des textes. On aime son interprétation du titre The Sun Will Dance où Kellylee Evans assure les chœurs. L’Anglais chante une mélodie qui fait écho à l’univers de Stevie Wonder mais paie en quelque sorte son tribut au jazz en s’appuyant sur l’harmonie du célèbre titre de Coltrane, Giant Steps.

C’est enfin un registre nettement plus électro qu’explore la voix de la chanteuse Yael Naïm. Le titre Despair affiche des allures d’une pop irradiée par les cendres incandescentes d’un volcan irrité.

C’est bien connu la musique ça se déguste live. Pour apprécier le répertoire de « Waxx Up » et retrouver Eric Legnini sur scène entouré de Daniel Romeo (basse électrique), Franck Agulhon (batterie), Quentin Ghomari (trompette) et les voix de Michelle Willis et Hugh Coltman… rendez-vous :
  • le mardi 04 avril à 20h30 au Théâtre des Pénitents de Montbrison
  • le mercredi 05 avril à 20h au Flow à Paris, sur la rive gauche de la Seine, en amont du Pont Alexandre III

et encore bien d’autres dates de la tournée d’été à retrouver sur le site dEric Legnini.

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore

lire plus
Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Avec « Hazzan », le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart plonge dans la musique liturgique juive entouré d’un quartet impétueux. Les mélodies venues de la tradition croisent les rythmiques héritées de la diaspora africaine. Sur cet album lyrique et riche en couleurs, le saxophone élève une prière vigoureuse.

lire plus
Toufic Farroukh, architecte des « Villes Invisibles »

Toufic Farroukh, architecte des « Villes Invisibles »

Une utopie musicale sensible et raffinée

Toufic Farroukh signe compositions et arrangements de son sixième album, « Villes Invisibles », sorti le 03 mars 2017. Le  saxophoniste se fait l’architecte de villes imaginaires au climat harmonieux et pacifié. La musique esquisse un avenir radieux et porteur d’espoir pour les femmes et hommes du monde.

« Villes Invisibles » (Hot8 Music/L’Autre Distribution), le nouvel album de Toufic Farroukh emprunte le nom du roman homonyme de l’écrivain Italo Calvino. Une utopie où l’auteur italien évoque une multitude de citées imaginées. Tout comme l’homme de lettres, Toufic Farroukh transpose sur les portées la vision des villes dont il a rêvé, des villes où « les différences se perdent » mais qui conservent leur identité et la partagent.

Onirique et dansant, l’album cultive avec souplesse et efficacité le dialogue entre les musiciens, les instruments et les cultures. Si le jazz de cet album conserve des accents orientaux, il se promène plus largement dans les  cultures du monde. Les influences culturelles occidentales et orientales croisent des effervescences latino-américaines. A l’écoute de la musique apaisante, on se prend à rêver d’un monde en répit où l’on a envie de vivre.

Sur « Villes invisibles », Toufic Farroukh s’éloigne de Beyrouth, sa cité natale à laquelle il a consacré l’album « Cinéma Beyrouth » en 2012. Déjà présents sur le précédent opus, le pianiste Leandro Aconcha et le batteur Luc Isenmann demeurent aux côtés de saxophoniste rejoints par le contrebassiste Marc Buronfosse. Autour de cette section rythmique on retrouve l’accordéoniste Didier Ithursarry, le joueur de oud Ahmad Al Khatib, le guitariste Frédéric Favarel et le percussionniste Bachar Khalifé.

Installé en France depuis plus de trente ans, Toufic Farroukh est un saxophoniste, percussionniste franco-libanais, également compositeur, de musiques de films et producteur. Dans ses musiques dialoguent les cultures. On se rappelle de « Drab Zeen » (2002) puis de « Tootya » (2007) où le jazz se mêle déjà à la musique traditionnelle arabe.

Aujourd’hui sur « Villes Invisibles », Toufic Farroukh libère le oud de sa place d’instrument traditionnel pour l’inviter à dialoguer avec la guitare et l’accordéon. Il construit un répertoire de treize titres qui conservent des accents orientaux mais intègrent des influences balkaniques et des rythmes latino-américains.

Certes le leader laisse ses saxophones chanter et échange avec les autres solistes pourtanton aurait volontiers savouré des interventions plus prégnantes de sa part… mais seul le créateur connait l’équilibre qui sied à l’architecture de son œuvre et on respecte son choix.

Sur « Villes Invisibles » on aime les accents brésiliens et orientaux du seul titre vocal, Rio de Cairo. Plus encore que les autres, Rio de Cairo est la synthèse réussie du mélange des musiques que prône le saxophoniste. Il représente la fusion réussie entre la culture égyptienne et celle du Brésil en réunissant avec succès le chant Ana WilAzab Wihawak de Mohammad Abdel Wahab et la samba de Zequinto Abreu (1931) sur laquelle la chanteuse libano-brésilienne Naima Yazbek a écrit des paroles. Elle chante dans sa langue natale. Native de São Paolo , la chanteuse vit au Liban depuis 2009 où elle lutte pour la cause des femmes. On aime les accents brésiliens et orientaux de Rio de Cairo.

Il fait bon intégrer la caravane qui traverse les Villes invisibles. Le mouvement lancinant du titre éponyme de l’album suggère un climat de sérénité apaisante bienvenue en ces temps agités. A l’écoute de VSA, on rêve de rejoindre la bande des musiciens à Ville-Sur-Auzon, cette ville du Vaucluse qui respire la tranquillité. Le saxophone soprano suggère le chant des oiseaux au-dessus des cerisiers. Sur Kantari Dreams, oud et guitare enchantent leurs cordes et unissent leur chant à celui du saxophone pour esquisser un survol au-dessus du quartier de Beyrouth apaisé.

Les femmes ont droit de cité dans « Villes Invisibles ». Leurs voix traversent l’album. Celle d’Angela résonne sur une adaptation d’une danse folklorique Roumaine. Soprano et oud dansent soutenus par une rythmique sautillante. Avec ce titre, les Balkans entonnent une paix retrouvée. Miss Understood lève les malentendus culturels en mêlant les instruments des musiques populaires que sont l’oud et l’accordéon avec le piano plus associé aux musiques européennes. Dans ces villes utopiques le chant des femmes s’élève la nuit comme semble le dire une certaine Lady Moon qui n’oublie pas d’onduler au rythme de la samba.

Pourtant le chant des hommes résonne aussi, preuve en est ce Mr Tib où la guitare muscle le discours d’un thème déroulé comme une promenade écervelée. Le saxophone soprano saute au-dessus des obstacles rythmiques dressés par la batterie.

Sur « Villes invisibles » Toufic Farroukh construit la cité qu’il appelle de ses vœux, celle où hommes et femmes peuvent vivre dans un climat serein, dont témoigne l’album. En effet, le compositeur ne projette pas uniquement la vision d’un architecte constructeur. Il se double d’un poète qui dessine treize titres de musique comme treize strophes d’un poème issu de son imagination.

 

« Ce qui commande aux récits, ce n’est pas la voix : c’est l’oreille ». Pour faire écho aux propos d’Italo Calvino et écouter en live la partition raffinée de cet album « Villes Invisibles », un rendez-vous s’impose. Prendre la route du Studio de l’Ermitage le 27 avril 2017 pour assister à 21h au voyage du Toufic Farroukh sextet sur les routes pacifiées de son monde utopique où règne l’harmonie. Aux côtés du saxophoniste, Leandro Aconcha, Marc Buronfosse, Luc Isenmann, Ahmad Alkhatib et Didier Ithursarry.
« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore

lire plus
Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Avec « Hazzan », le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart plonge dans la musique liturgique juive entouré d’un quartet impétueux. Les mélodies venues de la tradition croisent les rythmiques héritées de la diaspora africaine. Sur cet album lyrique et riche en couleurs, le saxophone élève une prière vigoureuse.

lire plus
Yaron Herman signe « Y », son nouvel album

Yaron Herman signe « Y », son nouvel album

« Y », marqueur d’identité et symbole d’unité

Yaron Herman signe « Y », son deuxième album chez Blue Note, à paraître le 17 mars 2017. A travers la première lettre de son prénom il affiche son identité. Un opus où il livre son goût pour la recherche sonore, le mouvement et le format « chanson ».  Un disque ouvert sur le XXIème siècle.

Sur « Everyday », son premier album pour le prestigieux label Blue Note, le pianiste avait fait le choix du duo avec son alter égo, le batteur Ziv Ravitz. Déjà un morceau chanté (avec Helgi Jonsson) laissait déjà présager le tournant musical adopté par Yaron Herman sur son nouvel album « Y » (Blue Note/Universal). Il revient cette fois au trio, toujours avec son « frère musical », le batteur Ziv Ravitz rejoint par Bastien Burger, bassiste du groupe The Dø. Tous trois manifestent un intérêt certain pour la programmation.   

Cet album « Y » confirme l’attachement du pianiste Yaron Herman à plusieurs cultures musicales, le classique, le jazz, mais aussi les musiques traditionnelles liées à son héritage culturel, le post-rock, l’électro et son goût pour la pop et les chansons. S‘il confirme son intérêt pour la recherche sonore sur le piano, il tente des échappées du côté de l’électronique tout en conservant son souci permanent de maîtrise du toucher et des nuances.  Il manifeste aussi son attachement à une musique dynamique porteuse de mouvement.

Aujourd’hui avec son deuxième album chez Blue Note, Yaron Herman signe son nouveau projet de la lettre Y comme un sceau identitaire. Yaron Herman ne cache pas avoir « toujours été fasciné par le pouvoir des lettres. Au-delà de leur assemblage en mot, leur propre forme me semblait véhiculer une histoire »

Certes le titre de l’album « Y » est un marqueur autobiographique mais Y est aussi le Yod en kabbale, « étincelle ». On est alors tenté de penser que l’album augure d’un processus de création et de voir dans cette mise en avant du Y la volonté du pianiste d’afficher son entrée dans un nouvel univers au croisement de toutes ses influences.

Enfin, Yaron Herman « trouve que cette lettre ressemble à un arbre ». On peut donc aussi percevoir l’album comme l’alliage de trois segments soudés, trois musiciens associés, trois racines unies pour former un tronc solide. Un tronc qui ne demande qu’à générer des boutures, des bourgeons, des expansions vers une musique projetée vers l’avenir à partir du terreau des origines. On perçoit alors Y comme un symbole porteur d’unité et de devenir.

« Y » cultive le format chanson des morceaux. Pas toujours du chant proprement parler, ni des voix, mais des titres au format court et aisément mémorisable. Yaron Herman propose un répertoire de 12 morceaux dont il signe sept titres et cosigne deux autres avec Bastien Burger et un avec Ziv Ravitz.

Trois titres captivent par leurs climats dynamiques et étranges, par l’énergie qui les traversent, par le mouvement omniprésent qu’ils suggèrent, par les échappées lyriques qui fusent de leur trame répétitive et rythmique. First Dance, Legs to run et Side jump. Énergie, rythme, riffs mélodiques réitératifs créent des climats dynamiques et étranges.

Quatre autres titres accueillent des voix. Fun Groys Dasad, restitue la voix d’une femme enregistrée dans les années 20 par des chercheurs américains. Un chant traditionnel yiddish où le temps est comme suspendu. Le pianiste accompagne la mélopée avec pudeur et sobriété. Yaron Herman conçoit cette voix comme « une trace du passé (qui) est mis dans un contexte d’avenir » mais témoigne de ce que fut la vie dans les vieux shtetls juifs de l’Europe de l’Est et évoque la « douleur face à la mort ».

Quant aux trois autres voix, on peut parler de « participations exceptionnelles », celles de Matthieu Chedid, -M-, » Dream Koala » et Hugh Coltman.

Hugh Coltman intervient sur The Waker dont il a écrit les paroles sur une musique du pianiste. La contribution du chanteur est porteuse d’une émotion pudique. Une ballade sensible où la voix bleue charme et murmure.

Saisons contradictoires convoque la voix de -M- sur un poème d’Andrée Chedid tiré des « Territoires du souffle » avec une musique co-signée par Yaron Herman et Bastien Burger. Le climat répétitif et aquatique de la musique ensorcelle et les paroles envoûtent.

Sur Solaire c’est le jeune producteur électro pop, « Dream Koala », qui chante le titre écrit par Yndi Ferreira et Yaron Herman. Un voyage astral où la batterie obsédante soutient l’expression du chant désincarné et du piano lyrique inspiré qui croise ses sons avec ceux du synthé. Aspiration et projection dans le monde des astres de la musique en direction d’une stratosphère gazeuse et volatile qui veut se détacher de la gravité.

« Y ». Affirmé, audacieux et inventif, l’album émarge dans deux mondes. Celui de l’énergie et du mouvement et celui de la sensibilité et du lyrisme. Entre furie et délicatesse, Yaron Herman élabore un répertoire où affleurent toutes ses influences. « Y » sous-tend la projection du pianiste vers un avenir sonore porteur de son identité. Un monde où acoustique et électronique se croisent en apesanteur pour le meilleur. Un album qui clame son amour du format musical de la chanson avec des clins d’oeil vers la pop. Un disque du XXIème siècle qui rappelle l’influence que Keith Jarrett a pu avoir sur le style du pianiste et son attachement à l’héritage de Steve Reich et ses motifs répétitifs.

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

« Lean on Me », le nouvel album de Jose James

Le 28 septembre 2018, le chanteur Jose James sort « Lean on Me » chez Blue Note. Un album-hommage à un de ses héros, Bill Withers, Il reprend douze titres du grand soulman des années 70. Un opus fidèle à l’esprit des chansons de celui qu’il honore

lire plus
Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Jacques Schwartz-Bart revient avec « Hazzan »

Avec « Hazzan », le saxophoniste et compositeur Jacques Schwarz-Bart plonge dans la musique liturgique juive entouré d’un quartet impétueux. Les mélodies venues de la tradition croisent les rythmiques héritées de la diaspora africaine. Sur cet album lyrique et riche en couleurs, le saxophone élève une prière vigoureuse.

lire plus