Jazz Campus en Clunisois 2017- D. Badault-D. Pifarély

Jazz Campus en Clunisois 2017- D. Badault-D. Pifarély

Improvisation, espace sacré entre forme et liberté

D. Badault-D. Pifaréli. Double plateau pour la soirée du 24 août 2017. . Un solo du pianiste Denis Badault suivi d’un concert du Dominique Pifarély Quartet. Au cœur de la soirée, l’improvisation.

Avec « Deux en Un », c’est un clin d’oeil malicieux que propose Denis Badault aux compositeurs du jazz et au grands maîtres du piano. En 2017 il anime un des ateliers des stages proposés par le festival Jazz Campus en Clunisois. Le pianiste fait partie de ces musiciens avec qui le festival entretient des liens depuis longtemps. Il a été le quatrième directeur artistique de l’ONJ et se prévaut d’une relation privilégiée avec l’improvisation.

Ce pédagogue et savant compositeur est connu pour son tempérament facétieux. Il confie durant le récital qu’il prend plaisir a interpréter ce soir-là sur la scène du Théâtre Les Arts des grands standards de jazz qui ne constituent pas vraiment son fonds de commerce habituel. Il propose donc de faire se télescoper des grands titres du jazz en les combinant deux par deux. Pour donner une dimension plus ludique à son propos, il engage le public à reconnaître les titres associés.

When I Fall in Love/In a Sentimental Mood, Pénélope/Over The Rainbow, Blue in Green/Dolphin Street, et de nombreux autres titres dont Un Américain à Paris, If I Should Lose You, Aux Marches du Palais mais avec le sourire le pianiste avoue y avoir ajouté certaines de ses compositions originales.

Certaines associations mettent plus l’accent sur la dimension rythmique de l’expression alors que d’autres combinaisons privilégient l’espace harmonique et la recomposition mélodique. Sur le clavier le toucher se fait léger et délicat ou pulsatile et véhément. De bout en bout du répertoire le pianiste capte l’attention du public amusé et intéressé par le jeu proposé.

Belle mise en bouche que ce début de soirée. Une gourmandise savante et pétillante, délicate et raffinée.

En présentant Dominique Pifarély, Didier Levallet évoque la première venue du violoniste à Cluny en 1978 et la longévité de sa collaboration avec le festival durant les années 70, 80 et 90 alors que son statut de violoniste et improvisateur soliste prenait bonne tournure dans le milieu du jazz et qu’il intégrait en 1992 le fameux label indépendant ECM dont on connait l’engagement dans le champ des musiques improvisées. Les années passant le violoniste n’a eu cesse de travailler avec le festival et la venue de Dominique Pifarély ce 24 août 2017 à Cluny représente le 39ème anniversaire de son histoire avec Didier Levallet et le festival.

Autour du violoniste, le Dominique Pifarély quartet réunit le pianiste Antonin Rayon, le contrebassiste Bruno Chevillon et le batteur François Merville. Au cours du concert, le groupe interprète des pièces pas encore enregistrées et des parties (de parties… dixit Dominique Pifarély) du répertoire de « Tracé Provisoire » le dernier album du Dominique Pifarély Quartet, sorti en juin 2016 chez ECM. La rumeur qui vient, Le peuple effacé, …

Sur scène, on perçoit le lien qui relie les musiciens profondément concentrés. Entre eux existe une grande perméabilité et circule une communication indéniable qui leur permet de réagir en temps réel à l’évolution de la musique. La frontière entre improvisation et composition est ténue. A partir d’éléments structurels écrits, les thèmes, les musiciens développe le discours improvisé qui mêle abstraction et lyrisme.

La connivence qui existe au sein du quartet permet au batteur, au pianiste et au contrebassiste de créer un espace idéal au sein duquel le violoniste laisse libre cours à son expression aventureuse. Dominique Pifarély mobilise son énergie et construit des improvisations lyriques. Il dessine des lignes furieuses suivies de mélodies aux teintes dramatiques ou oniriques.

Entre rêverie intemporelle et divagations abstraites, la musique s’écrit dans l’instant, se charge de lumière et rayonne de toute sa force poétique.

Au service du son d’ensemble, le quartet produit une vraie musique de groupe et chacun des protagonistes a toute liberté pour s’exprimer. Bruno Chevillon apporte une grande attention aux textures sonores. Il éclaire son jeu d’ombres et de lumières. Il fait vibrer les tréfonds des graves et briller les faîtes des aigus. Effleurant les cordes de la contrebasse de son médiator, il évoque les sonorités boisées du gembre.

Soutenu par le violoniste et le pianiste, le contrebassiste prend aussi quelquefois la main sur la rythmique via des riffs réitératifs. Ainsi soulagé de son rôle de rythmicien François Merville peut laisser libre cours à toute sa science des timbres et devenir un mélodiste impressionniste. Le jeu incisif et très créatif d’Antonin Rayon est tout entier au service du groupe

Concentrés et habités par la musique, quatre rythmiciens, quatre mélodistes, quatre improvisateurs se passent le relai pour créer un tissu musical unique. Au gré des césures et des ruptures, écriture et liberté conjuguent leurs forces et brodent un langage aventureux et singulier.

Aux confins de la musique contemporaine et du jazz improvisé, le Pifarély Quartet construit une musique combative et contemplative qui a comblé les auditeurs. Ils repartent avec les yeux et oreilles emplis de souvenirs musicaux lumineux et l’âme nourrie par une musique précieuse.

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Dans « Thirty », le pianiste Thomas Enhco déploie son art entre jazz et classique. L’album comprend sept nouvelles créations en piano solo et le premier Concerto pour Piano et Orchestre du pianiste, accompagné par l’Ensemble Appassionato sous la direction de Mathieu Herzog. La musique coule avec naturel et captive par ses nuances.

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A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

La 31ème édition du festival A Vaulx Jazz approche à grands pas ! Attendu depuis 2017 par tous les amateurs de jazz de la région Rhône-Alpes Auvergne, cet évènement sonne le retour du jazz à Vaulx-en-Velin. Du 11 au 30 mars 2019, la programmation promet surprises et réjouissances en tous genres. Il y en aura pour tous les publics.

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Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

Avec son nouvel album « Moutons », Laurent Dehors poursuit son chemin, toujours à distance des musiques formatées. Le titre de l’album annonce d’ailleurs la couleur. Pas question de compter sur lui pour proposer un album qui plaise au troupeau des moutons qui broutent et remâchent des nourritures musicales consensuelles et lisses. « Moutons »… c’est réjouissant et vivifiant en diable !

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Jazz Campus en Clunisois 2017 – Anne Paceo

Jazz Campus en Clunisois 2017 – Anne Paceo

Musique organique et onirique

Le mercredi 23 août 2017, le Festival Jazz Campus en Clunisois accueille Anne Paceo et son projet « Circles » au Théâtre Les Arts. Pour leur dernier concert de l’été, la batteuse et son groupe se produisent devant une salle comble et conquise.

La renommée d’Anne Paceo n’est plus à faire mais c’est la première fois que la batteuse se produit dans le cadre de Jazz Campus en Clunisois dont Didier Levallet tient les rênes depuis 40 ans. Fidèle à ses valeurs, ce dernier continue à programmer du jazz libre et créatif. Il a tenu en cette année anniversaire à inviter des représentants de la jeune génération en même temps que d’anciens compagnons de route du festival. Anne Paceo valorise d’ailleurs en fin de concert la contribution essentielle de Didier Levallet et de son festival à la perpétuation de la musique vivante.

C’est un orchestre sans basse que présente Anne Paceo avec la chanteuse Leila Martial, le claviériste Tony Paeleman et le saxophoniste Christophe Panzani. Sur scène on compte quatre musiciens mais on comprend très vite que la participation de l’ingénieur du son en la personne de Boris Darlay est essentielle sur scène (comme en studio).

Le groupe joue le répertoire de l’album « Circles » sorti en 2016 (enregistré avec Émile parisien au saxophone).

Toutes les compositions sont à porter au crédit d‘Anne Paceo qui restitue à travers douze titres les impressions et émotions vécues au cours de ses aventures dans une quarantaine de pays. Ainsi on peut écouter durant le concert nombre de titres de l’album « Circles » comme Sunshine, Tzigane, Polar night, Circles, Toundra, Sable, Maynmar folk song mais Anne Paceo propose aussi au public de Cluny une nouvelle composition, Hope, écrite récemment durant une résidence artistique au Moulin d’Andé, en Normandie.

Le concert tient toutes ses promesses et on voyage dans des contrées musicales dépaysantes. La musique se fait tour à tout organique, pulsatile, tendre ou onirique. Les climats évoquent le froid ou la chaleur, la douceur ou la combativité. Gardienne du tempo, Anne Paceo pilote le navire et les séquences rythmiques s’enchaînent avec une précision étonnante. Tous les musiciens participent à la pulsation de la musique et assument le rôle de la basse qui ne manque à aucun moment. L’énergie circule entre les quatre protagonistes et chacun est très attentif à la réaction de l’un ou  l’autre d’entre eux.

Batterie et claviers unissent leurs voix pour permettre aux solistes de s’exprimer en toute liberté. Les nappes sonores de Tony Paeleman accentuent le caractère fluide du chant. La voix claire de Leila Martial génère des mélodies aériennes et limpides et sait murmurer mais se transforme aussi en de puissantes tornades rythmiques et incantatoires. Le saxophone soprano de Christophe Panzani lance des notes étoilées en direction de la voix de la chanteuse et tous deux établissent de superbes dialogues de bout en bout du concert. Leurs échanges sereins deviennent parfois aventureux et ils devisent alors sur un fil tendu au-dessus du flot délivré par la batterie et les claviers.

On entend galoper les rennes et sonner les clochettes des traineaux, on ressent le froid tranchant du grand Nord à travers les souffles du saxophone et des voix, Anne Paceo joint la sienne à celle de Leila Martial à de nombreuses occasions.

La frappe sèche de la batterie et les séquences rythmiques complexes contribuent aux variations du climat musical. On a vibré sans retenue sur A tempstade où le saxophone ténor malaxe la substance sonore sans rupture et où la batterie offre un solo physique prodigieux de précision et de vitalité.

Le public quitte le Théâtre les Arts enthousiasmé par le concert généreux et la dimension viscérale de la musique proposée par Anne Pacéo, Leila Martial, Tony Paeleman et Christophe Panzani.

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Dans « Thirty », le pianiste Thomas Enhco déploie son art entre jazz et classique. L’album comprend sept nouvelles créations en piano solo et le premier Concerto pour Piano et Orchestre du pianiste, accompagné par l’Ensemble Appassionato sous la direction de Mathieu Herzog. La musique coule avec naturel et captive par ses nuances.

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A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

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La 31ème édition du festival A Vaulx Jazz approche à grands pas ! Attendu depuis 2017 par tous les amateurs de jazz de la région Rhône-Alpes Auvergne, cet évènement sonne le retour du jazz à Vaulx-en-Velin. Du 11 au 30 mars 2019, la programmation promet surprises et réjouissances en tous genres. Il y en aura pour tous les publics.

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Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

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Avec son nouvel album « Moutons », Laurent Dehors poursuit son chemin, toujours à distance des musiques formatées. Le titre de l’album annonce d’ailleurs la couleur. Pas question de compter sur lui pour proposer un album qui plaise au troupeau des moutons qui broutent et remâchent des nourritures musicales consensuelles et lisses. « Moutons »… c’est réjouissant et vivifiant en diable !

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Décès du guitariste John Abercrombie

Décès du guitariste John Abercrombie

Un grand improvisateur disparaît

Décédé le 22 août 2017, le guitariste John Abercrombie laisse un grand vide dans le monde du Jazz. Musicien du label ECM depuis 1974, son jeu fluide et aérien se caractérise par une sensibilité et une musicalité sans pareilles.

Né en 1944 à Port Chester dans l’état de New York, John Abercrombie a commencé la guitare à l’âge de 14 ans. Attiré par le rock et le blues, il s’est très vitre orienté vers le jazz après avoir écouté Barney Kessel. A l’issue d’un cursus au Berklee College of Music de Boston, il s’installe à New York et se fait remarquer sur les scènes du jazz.

En 1974, il enregistre « Timeless », son premier album chez ECM avec Jack DeJohnette et Jan Hammer. En 1975, il grave le premier disque du trio Gateway, un groupe au leadership collectif composé de DeJohnette et Dave Holland. A la fin des années 70, John Abercrombie enregistre trois albums chez ECM avec son premier quartet composé de Richie Beirach, George Mraz et Peter Donald.

Le guitariste a participé à plus d’une cinquantaine de séances ECM, sous son nom mais aussi aux côtés de prestigieux musiciens tels que Jack DeJohnette, Kenny Wheeler (« Deer Wan »), Enrico Rava (« The Pilgrim and the Stars »), Jan Garbarek (« Eventyr »), Ralph Towner ou encore Charles Lloyd (« The water is wide »).

Son goût pour Jim Hall et Wes Montgomery, ses principales influences, n’ont pas empêché son intérêt pour l’exemple libérateur d’Ornette Coleman et de Jimi Hendrix et son profond attachement au le sens du lyrisme de Bill Evans. John Abercrombie a aimé jouer librement mais a aussi pratiqué les standards. C’est ainsi que dans ses albums on retrouve cette double influence.

Le guitariste a progressivement pris ses distances avec le jazz-rock de ses débuts et le jeu rapide et technique associé à ce style. Au fil des années il exploré des espaces sonores plus larges aux tonalités impressionnistes. Ainsi durant les quinze dernières années il a abandonné le médiator au profit du contact direct du pouce avec la corde et ainsi son jeu est devenu plus doux, son phrasé plus fluide et sa sonorité plus chaude. Ses improvisations limpides n’en sont pas moins demeurées incisives et riches.

De la large discographie de John Abercrombie chez ECM, on souhaite évoquer son dernier album « Up and Coming », sorti le 23 janvier 2017 et enregistré aux Studios Avatar de New York en compagnie du producteur Manfred Eicher. A la réécoute de l’album on est frappé par sa lumière quasi-crépusculaire.

Il s’agit du second enregistrement de John Abercrombie avec le pianiste Marc Copland, le contrebassiste Drew Gress et le batteur Joey Baron après « 39 Steps ». Les huit plages restituent une ambiance teintée d’un lyrisme mélodique inouï et de subtilités harmoniques et rythmiques. Cinq compositions originales du guitariste, deux thèmes de Marc Copland et la reprise de Nardis de Miles Davis aux accents evansiennes.

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

Dans « Thirty », le pianiste Thomas Enhco déploie son art entre jazz et classique. L’album comprend sept nouvelles créations en piano solo et le premier Concerto pour Piano et Orchestre du pianiste, accompagné par l’Ensemble Appassionato sous la direction de Mathieu Herzog. La musique coule avec naturel et captive par ses nuances.

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A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

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La 31ème édition du festival A Vaulx Jazz approche à grands pas ! Attendu depuis 2017 par tous les amateurs de jazz de la région Rhône-Alpes Auvergne, cet évènement sonne le retour du jazz à Vaulx-en-Velin. Du 11 au 30 mars 2019, la programmation promet surprises et réjouissances en tous genres. Il y en aura pour tous les publics.

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Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

Avec son nouvel album « Moutons », Laurent Dehors poursuit son chemin, toujours à distance des musiques formatées. Le titre de l’album annonce d’ailleurs la couleur. Pas question de compter sur lui pour proposer un album qui plaise au troupeau des moutons qui broutent et remâchent des nourritures musicales consensuelles et lisses. « Moutons »… c’est réjouissant et vivifiant en diable !

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Label ECM-Focus9-Août 2017 – Ambiances

Label ECM-Focus9-Août 2017 – Ambiances

« Tangents », « Far From Over », « Incidentals »

« Label ECM-Focus9 » propose de découvrir trois nouveaux albums ECM à paraître le 25 août 2017. « Tangents » du Gary Peacock Trio, « Far From Over » du Vijay Iyer Sextet et « Incidentals » du Tim Berne’s Snakeoil. Trois esthétiques. Trois ambiances.

Annoncés pour le 25 août 2017, les trois albums présentés dans ce « Label ECM-Focus9 » témoignent de la volonté du Label ECM et de son producteur Manfred Eicher de soutenir et promouvoir des musiques dont le propos est de servir la création et l’innovation. Les musiciens demeurent libres et au centre du processus créatif. Ainsi les albums ECM restituent des expressions plurielles et fort différentes, tant au niveau de l’écriture que de l’interprétation. Chaque album se distingue par sa propre esthétique et son ambiance musicale singulière.

« Tangents » est le second album que le contrebassiste Gary Peacock a enregistré comme leader du trio qui réunit autour de lui le pianiste Marc Copland et le batteur Joye Baron. « Now This », le précédent album du Gary Peacock Trio, remonte à 2015.

Compter les participations de Gary Peacock sous le label ECM relève du défi. En effet le contrebassiste a enregistré aux côtés de nombreux artistes du catalogue ECM. Certes on le trouve associé à John Surman, Tony Oxley et Paul Bley ou encore en duo avec Paul Motian, Ralph Towner ou Marilyn Crispell. On n’oublie pas non plus l’album « Voice from the Past-Paradigm » enregistré en 1982 et réédité en 2016 où Gary Peacock joue avec Jan Garbarek, Tomasz Stanko et Jack DeJohnette. Impossible par ailleurs d’omettre les nombreux enregistrements gravés chez ECM par le trio qu’il constituait avec Keith Jarrett et  Jack DeJohnette.

Gary Peacock fait partie de ceux qui ont repensé le rôle de la contrebasse dans le jazz. Il s’est toujours fait entendre comme une voix mélodique indépendante. Il a décliné ce concept au sein de tous les groupes historiques auxquels il a participé et continue aujourd’hui à le faire au sein de son trio

Cinq titres de « Tangents » sont à porter au crédit de Gary Peacok dont le morceau qui donne son titre à l’album mais Joye Baron et Marc Copland ont aussi contribué au répertoire à raison d’un titre pour le premier et de deux pour le second. Le trio revisite aussi Blue in Green de Miles Davis et Spartacus, thème composé par Alex North pour le film de Stanley Kubrick.

Enregistré en mai 2016, « Tangents » est produit par Manfred Eicher.

« Tangents ». Une musique équilibrée et nuancée, raffinée et suspendue. Les improvisations du trio dessinent des paysages brumeux propices à la rêverie. Du swing impressionniste, des vibrations caressantes, des couleurs délicates. Aquarell’jazz.

C’est une ambiance plus intrigante que propose le second album de ce « Label ECM-Focus9 ». Avec « Far from Over » le pianiste/claviériste et compositeur Vijay Iyer offre son cinquième album à ECM depuis 2014. Le leader affirme les contours de son esthétique à la tête de son dynamique sextet d’un format plutôt classique, piano/clavier, contrebasse, batterie, saxophone alto, saxophone ténor, trompette.

Constituée du contrebassiste Stephan Crump et du batteur Tyshawn Sorey, la solide section rythmique soutient un trio de soufflants virtuoses et favorise leur expression. Ainsi, le saxophoniste alto Steve Lehman, le saxophoniste ténor, Mark Shim et le trompettiste Graham Haynes (fils de Roy) ont toute latitude pour improviser. La sensibilité de la trompette s’allie aux nuances profondes du saxophone ténor et aux sonorités acerbes de l’alto.

Le pianiste Vijay Iyer a composé les dix plages de l’album. Digne héritier de Monk, le pianiste pilote, organise les césures et dompte les rythmes qu’il s’agisse des séquences explosives de Down to the Wire et Good on the Ground, des atmosphères embrumées de Wake ou encore du funk musclé de Nope. Sur Far From Ever, le leader guide la réflexion musicale du sextet vers des limbes extatiques.

L’atmosphère étrange du très court End of The Tunnel rappelle les ambiances électriques davisiennes des années 60. En trio, le pianiste affecte un climat dramatique au titre For Amari Baraka dédié au poète Afro-Américain Everett LeRoi Jones. Sur Threnody, les musiciens unissent leurs lamentations jusqu’à la catharsis.

Enregistré en 2017 aux « Avatar Studios » de New-York, l’album « Far From Over » est produit par Manfred Eicher.

« Far from Over ». Une esthétique singulière entre énergie et sensibilité. Aves ardeur, les participants apportent leur contribution à une lutte musicale enfiévrée qui se colore de textures abstraites ou mélodiques. Un concentré de furie maîtrisée.

« Incidentals ». Troisième album, troisième ambiance évoquée dans ce « Label ECM-Focus9 ». Formation sans bassiste, Snakeoil réunit aux côtés de l’altiste, le guitariste Ryan Ferreira, le clarinettiste Oscar Noriega, le pianiste Matt Mitchell et le batteur/vibraphoniste Ches Smith.

Figure incontestée de la scène américaine d’avant-garde, l’altiste Tim Berne marque de son empreinte une musique à la pointe du  jazz moderne. C’est la quatrième fois que le saxophoniste grave en compagnie du Snakeoil et la seconde fois en quintet après « You’ve Been Watching Me » paru en 2015.

Sur « Incidentals », cinq plages dont SideShow, une épopée de 26 minutes où piano, saxophone, clarinette et guitare élèvent leur discours au-dessus du tonnerre de la batterie. La teneur de la musique est dense et puissante. Son écoute constitue une expérience singulière dont on ne sort pas indemne.

Au cœur de la musique. L’improvisation. Des motifs, des thèmes développés, déconstruits, transformés, réinventés. Les musiciens jouent avec la matière qu’ils malaxent comme l’ont fait en leur temps, ceux de l’AACM . L’espace sonore se dilate et se tend. Construction collective la musique canalise sa force et restitue une puissance inouïe. Viscérale et intellectuelle à la fois, elle propose des harmonies complexes, des phases lyriques, des expressions échevelées.

Enregistré en décembre 2014 à New-York dans les locaux du « ClubHouse », l’album est produit par Manfred Eicher.

« Incidentals ». Une musique sinueuse et labyrinthique. Une matière rugueuse aux textures flottantes. Des climats futuristes et des nappes sonores à couper le souffle.

On se retrouve bientôt dans un billet « Label ECM-Focus10 » pour explorer d’autres enregistrements du Label ECM.

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

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A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

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Clin d’œil à Laurent Dehors & « Moutons »

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Septembre 2017, événement au Bémol 5… René Urtreger

Septembre 2017, événement au Bémol 5… René Urtreger

Deux concerts du pianiste René Urtreger

Rentrée en fanfare au Bémol 5. En effet, après les premiers concerts programmés dès le 23 août 2017, se profile un évènement de taille avec la venue d’un pianiste exceptionnel au Bémol 5, René Urtreger, pour deux concerts, les 28 et 29 septembre 2017.

Cela fait déjà quatre mois que Bémol 5 fait battre le cœur du jazz dans le paysage lyonnais. Deux magnifiques concerts d’ouverture avec David Linx et In Lab4tet, une programmation variée et attractive avec de talentueux musiciens de la région (Zaza Desideiro, David Bressat, …), des artistes nationaux (Emmanuel Bex, Pierre de Bethmann, Manu Le Prince, Sangoma Everett,…) et internationaux (Tony Tixier), sans omettre les toniques jams sessions.

Après la période estivale, Yves Dorn, le dynamique patron du Bémol 5, annonce une rentrée d’une très belle teneur avec deux concerts exceptionnels de René Urteger les 28 et 29 septembre 2017.

Avant cela et dès le 23 août, la programmation reprend au club avec le duo Truchot/François, « Invitation Trio », le duo Bozetto/Rivero, le Eighty’ Jazz de Géraldine Lefrêne, « Q-BIQ », « Jet4tet », « Le Pelo Quartet », « Red Hill 5tet », « Love That Jazz », « Earz! Jazz 5tet », « OkC-P 4tet » et bien sûr toujours les jam sessions du jeudi.

Considéré comme l’un des plus grands pianistes de jazz, René Urtreger fait partie des figures révérées unanimement par ses pairs. A quatre-vingt-trois ans cette véritable légende du jazz se produit encore avec talent et succès sur les scènes des festivals français et des clubs parisiens. Sa venue au Bémol 5 les jeudi 28 et vendredi 29 septembre 2017 à 20h30 constitue donc un évènement majeur qu’il s’agit de ne manquer sous aucun prétexte.

On a eu l’occasion en juin 2017 dans ces colonnes d’évoquer la vie et la carrière de René Urtreger lors de la sortie du livre « Le Roi René » (Odile Jacob). Certes René Urtreger est le pianiste qui a participé à l’enregistrement de la bande originale du film de Louis Malle « Ascenseur pour l’échafaud » aux côtés de Miles Davis, mais il est bien plus encore et ce serait peu le considérer que le réduire à cela. Ce pianiste talentueux est un maître du jazz qui n’a eu cesse de renouveler son art.

Pour en savoir plus sur cet artiste attachant et fascinant, c’est l’occasion ou jamais de lire « Le Roi René » en amont du concert ou pour le moins de parcourir l’article onsacré au Roi Renéet publié dans les colonnes des « Latins de Jazz ».

A l’occasion de sa venue au Bémol 5 les 28 et 29 septembre 2017, René Urteger sera accompagné par d’excellents musiciens, en l’occurrence, le saxophoniste Michael Cheret, le contrebassiste Stephane Rivero et le batteur Sangoma Everett.

Au regard de l’évènement il est fortement conseillé de se rendre sur le site du Bémol 5 pour réserver un des deux concerts et être certain d’assister à une de ces deux soirées où le swing sera l’invité d’honneur.

Clin d’œil à Thomas Enhco & « Thirty »

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A Vaulx Jazz #31… du 11 au 30 mars 2019

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