Les chanteuses sont récompensées
Le 12 décembre 2017 l’Académie du Jazz a décerné ses prix pour l’année 2017. La remise des récompenses a eu lieu le 21 janvier 2018 au Pan Piper. Au palmarès 4 prix sur 9 reviennent à des femmes. Les grandes gagnantes sont les chanteuses.
En 2017 l’Académie du Jazz sous la présidence de François Lacharme et en présence du Président d’Honneur Claude Carrière distingue 4 femmes à son palmarès 2017 et plus précisément quatre chanteuses. Cécile McLorin Salvant reçoit le Prix Django Reinhardt. Le Prix du Jazz Vocal est décerné à Karin KROG.
Susanne ABBUEHL est récompensée par le Prix du Musicien Européen pour son œuvre ou son actualité récente… dommage que le prix ne soit pas nommé à l’occasion Musicienne Européenne. Le Prix Blues honore Thornetta Davis.
Le Grand Prix de l’Académie du Jazz qui récompense le meilleur disque de l’année, revient au contrebassiste Christian McBride pour son album « Bringin’ it » (Mack Avenue/Pias).
Le Prix du Disque Français qui désigne le meilleur disque enregistré par un musicien français est remis à « New Monk Trio » (Gazebo/L’Autre Distribution) du pianiste Laurent de Wilde.
Le Prix de la meilleure réédition ou du meilleur inédit revient à l’album « Les liaisons dangereuses 1960 » (Sam Records-Saga/Pias) de Thelonious Monk (pianiste) et « Complete Parisian Small Group Sessions 1956-1959 » (Fresh Sound/Socadisc). Le Prix Jazz Classique distingue Michel Pastre avec Dany Doriz et Ken Peplowski pour « Tribute to Lionel Hampton » (Autoproduction).
Le Prix du livre de Jazz honore Pierre Fargeton pour son ouvrage « Le jazz et son double » aux Éditions Symétrie consacré à André Hodeir qui fut le premier président de l’Académie du Jazz.
Le Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz est considéré par beaucoup comme le plus prestigieux puisqu’il récompense le meilleur musicien(n)e français(e) de l’année écoulée. Depuis 1954, seulement trois femmes respectivement pianiste, saxophoniste et trompettiste en ont été honorée : Sophia Domancich en 1994, Géraldine Laurent en 2008 et Airelle Besson en 2014. Pour la première fois en 2017 c’est une chanteuse qui reçoit cette récompense, Cecil Mc Lorin Salvant. On s’en réjouit.
Quatre femmes honorées du Prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz depuis 63 ans, cela interpelle pour le moins. L’Académie du Jazz recrute ses membres parmi le journalistes, écrivain(e)s, photographes, enseignant(e)s musicologues, programmateur(trice)s de festival et parmi ces 62 spécialistes éclairé(e)s du jazz, l’on compte 6 femmes.
Certes en 2017 quatre prix sur les neuf du palmarès reviennent à des femmes.On note qu’il n’est possible d’envisager le parité puisque le nombre des récompenses est impair. Bien sûr les femmes instrumentistes ou chanteuses sont plus nombreuses aujourd’hui que dans les années 50 ce qui peut être corrélé avec l’augmentation du nombre de femmes honorées mais leur proportion dans le milieu artistique et la qualité de leur travail ont cru bien avant 2017. Honni soit qui mal y pense !
Clin d’oeil aux quatre chanteuses récompensées en 2017 par l’Académie du Jazz
A 28 ans, la vocaliste Cecil McLorin Salvant reçoit le Prix Django Reinhardt 2017 pour son troisième disque « Dreams and Draggers » (Mark Avenue/Pias), un double album live enregistré au Village Vanguard de New-York et au DiMenna Center avec son trio composé du pianiste Aaron Diehl, du contrebassiste Skivie et du batteur Lawrence Leathers, sans compter les titres où elle s’adjoint le Catalyst quartet (quatuor à cordes) et chante en duo avec le pianiste Sullivan Fortner. Après avoir gagné en 2010 la Thelonious Monk Competition, Cecil McLorin Salvant a obtenu le Grammy du meilleur album de jazz en 2016 pour « For One to Love ». L’ ascension fulgurante d’une formidable chanteuse à la technique sidérante qui compose et pratique aussi les arts visuels et l’illustration.
Susanne Abbuehl est récompensée par le prix du Musicien Européen 2017 de l’Académie du Jazz, ceci pour l’ensemble de sa carrière discographique débutée chez ECM (« April » en 2001 en quartet sans contrebasse, « Compass » en 2006 en quintet sans contrebasse, « The Gift » 2013 en quartet sans contrebasse) et à l’occasion de la sortie en mars 2017 de « Princess » (Vision Fugitive/l’Autre Distribution), projet collectif mené par le pianiste Stephan Oliva et incluant le batteur Øyvind Hegg-Lunde. Cette chanteuse suisso-néerlandaise apprivoise le silence auquel elle prête sa voix qui flotte comme en apesanteur.
À 80 ans, Karin Krog, remporte le prix du Jazz Vocal 2017 de l’Académie du Jazz, à l’occasion de la récente sortie du coffret 6 CD « The Many Faces of Karin Krog » (Odin/Outhere), qui retrace 50 ans d’enregistrements auprès de grands noms du jazz : John Surman, Dexter Gordon, Don Ellis, Clark Terry, NHØP, Kenny Drew. La carrière d’une grande dame qui a puisé ses influences dans et hors le jazz et a pratiqué son art dans des formats variés.
Thornetta Davis, native de Detroit est distinguée par le prix du Blues 2017. Cette battante a sorti son premier album de blues « Sunday Morning Music » en 1996. C’est son troisième « Honest Woman » (Daptone/Differ-Ant) sorti en 2016 qui lui vaut d’être honorée.
2018 commence. Quelle permette à nombreuses autres musiciennes et artistes de s’exprimer, développer leur art et apporter leur contribution à cette grande musique qu’est le jazz.

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