Un sommet de swing entre tradition et modernité
Vincent Bourgeyx et son piano racontent des histoires sur son nouvel album, « Life Letters », dont la sortie est annoncée pour le 05 juin 2026. Un opus acoustique enregistré avec une rythmique de haut vol constituée du contrebassiste Daryl Hall et du batteur Gregory Hutchinson. Entre tradition et modernité, le trio élabore une musique irriguée de swing.
Pianiste et compositeur français Vincent Bourgeyx revient avec « Life Letters » (Fresh Sound Records/Socadisc - The Orchard), un album puissant ancré dans le langage du jazz traditionnel. Il offre un voyage musical où la mélodie constitue un repère essentiel, où chaque harmonie ouvre un espace propice à de riches improvisations. Le projet est composé de morceaux originaux auxquels s’ajoutent un thème de Thad Jones et un autre de Billy Strayhorn. Tous mettent en valeur le sens mélodique délicat, élégant du pianiste.
« Life Letters »
Après six albums enregistrés en leader, soit en solo avec « At Barloyd’s » en 2021, en duo avec « Un ange qui ricane » en 2007 et « Two for the road » en 2022, en trio avec « Again » en 2009 ou en quartet, avec « Short Trip » en 2017 et « Cosmic Dream » en 2019, Vincent Bourgeyx revient en trio avec « Life Letters ».
Enregistré par Aurélien Marotte en juin 2025 au Studio de Meudon (France), « Life Letters » a été mixé et mastérisé par Julien Bassères. Aux côtés de Vincent Bourgeyx, Darryl Hall à la contrebasse et Gregory Hutchinson à la batterie apportent bien plus qu’une rythmique contrebasse/piano. Avec eux, la musique s’inscrit dans un champ où silence et mouvement coexistent. Reconnu comme un des grands maîtres du swing moderne, le batteur génère une énergie toute en souplesse alors que le contrebassiste élargit l’espace sonore dans lequel Vincent Bourgeyx s’exprime en toute liberté, prend des risques et improvise avec talent.
Sur « Life Letters », septième album enregistré en trio sous son nom pour le Label Freshsounds New Talent, Vincent Bourgeyx propose du jazz contemporain nourri par la tradition du jazz américain et une écriture personnelle, sensible et exigeante.
Au fil des pistes
Avec dix morceaux originaux, une composition de Thad Jones et une autre de Billy Strayhorn, le répertoire navigue entre les genres. Il ouvre avec Stuck in Blues, une composition du leader ancrée dans le jazz. Après un court solo d’introduction de batterie de Gregory Hutchinson, le piano expose le thème. Les trois musiciens conversent avec raffinement et groove dès le début de ce titre qui recèle autant de fraîcheur que de swing.
Après le blues, place à Flash Pocket, une mélodie funky bien tempérée. Par son toucher élégant et percussif, le piano de Vincent Bourgeyx convie l’oreille dans un paysage sonore lumineux. Sur un riff de la contrebasse de Darryl Hall, le batteur entame un court solo tout en souplesse.
Le répertoire se poursuit avec le morceau éponyme, Life Letters. Avec lui s’installe un climat de musique de chambre avec des espaces sonores où s’invite le silence. On est saisi par la fluidité et la générosité du jeu du piano qui déambule au fil de la mélodie et élabore des phrases comme des lettres porteuses de lumière ou d’ombre.
Dès les premières mesures de Romance, le jeu limpide du pianiste s’allège encore et révèle une sensibilité peu commune. Avec maîtrise mais sans excès de virtuosité, il ponctue la mélodie de cette somptueuse ballade. La musique respire et le court solo de contrebasse ravit par son élégance et sa retenue. Setondji est ensuite jouée sur un tempo plus rapide. Une osmose s’installe entre le piano au jeu chaleureux et brillant et la section rythmique discrète et efficace dont le jeu alerte ne manque pas de dynamisme.
En solo sur You Little Me, le pianiste élabore un jeu limpide dont les notes évoquent des gouttelettes d’eau qui tombent avant de s’évaporer. Une ode sensible et exigeante aux vibrantes couleurs impressionnistes.
Le trio joue Hopeless Romantic en harmonie totale, sur un tempo très lent avant d’interpréter Kafka’s Nightmare sur un rythme plus alerte. Discours impétueux et clair, traits fulgurants et incisifs du pianiste. Atmosphère envoutante.
En deux minutes et onze secondes, Mina, installe un moment de grâce. Sur cette douce ballade musicale, le pianiste joue en suspension alors que la section rythmique suggère le tempo.
Plus loin, les trois musiciens revivifient en un blues, Let’s play one, la composition du trompettiste Thad Jones écrite en 1954. De l’improvisation du piano se dégage une énergie intense et souple. Toucher cristallin sur le clavier, phrasé parfait, lyrisme bluesy suivi d’un chorus inspiré de la contrebasse au gros son et au swing irréprochable.
Sur Duke, hommage à Duke Ellington écrit par Vincent Bourgeyx, le contrebassiste expose le thème puis le pianiste développe une improvisation raffinée au propos très contemporain.
C’est en solo que Vincent Bourgeyx referme son recueil d’histoires, avec A Flower is a Lovesome Thing écrite par Billy Strayhorn. L’interprétation méditative du pianiste se caractérise par un discours sobre ponctué de séquences harmoniques et d’accords qui évoquent les harmonies de Debussy et de Ravel.
Pour écouter Vincent Bourgeyx, Darryl Hall et Gregory Hutchinson interpréter le répertoire de « Life Letters », rendez-vous le 07 Juillet 2026 au Malta Jazz Festival à Malte lors du concert de sortie du disque.
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