Seamus Blake sort « Guardians of the Heart Machine »

Seamus Blake sort « Guardians of the Heart Machine »

Un album flamboyant et sensible

Sur « Guardians of the Heart Machine », le saxophoniste Seamus Blake s’est entouré d’une talentueuse équipe de musiciens français. Fort réussi, l’album s’avère un modèle d’équilibre entre sensibilité et flamboyance. Fougue et expressivité stimulent l’écoute et déclenchent l’enthousiasme.

Pour enregistrer « Guardians of the Heart Machine », son premier album gravé sous le dynamique label britannique Whirlwind Recordings, le brillant saxophoniste Seamus Blake s’est allié l’énergie et la sensibilité d’un trio de jeunes musiciens français dont il avait apprécié le talent en tournée. Ainsi son expression à la fois puissante et lyrique se trouve magnifiée par le dynamisme sensible du trio qui réunit le pianiste Tony Tixier, le contrebassiste Florent Nisse et le batteur Gautier Garrigue.

Seamus Blake

le saxophoniste Seamus Blake

Seamus Blake©Hardy Klink

Né en 1970 à Londres, Seamus Blake grandit à Vancouver et à 21 ans étudie le jazz au Berklee College of Music de Boston. Aujourd’hui, après plus de 25 ans de carrière dans le milieu du jazz américain, il s’est fait une place et un nom dans la cour des grands saxophonistes du jazz contemporain où il est particulièrement apprécié pour ses improvisations audacieuses et enlevées.

Lauréat en 2012 du prestigieux concours Thelonious Monk, Seamus Blake a collaboré avec Gonzalo Rubalcaba, Dave Douglas, Antonio Sanchez (Migration Band ). Il a aussi joué dans le Quiet Band de John Scofield.

Depuis 1997 il a sorti huit albums en leader sous différents labels dont Criss Cross Jazz, Fresh Sounds New Talent. Il a participé par ailleurs à six albums du Mingus Band et a aussi enregistré et joué avec Bill Stewart, Kevin Hays, David Kikoski and Alex Sipiagin et avec Ethan Iverson, Chris Cheek, and Matt Penman.

Avec « The French Connection »

Seamus Blake and The French ConnectionEn 2017, Seamus Blake monte un quartet avec le pianiste Tony Tixier croisé à New-York et avec une solide section rythmique formée de Florent Nisse à la contrebasse et de Gautier Garrigue à la batterie déjà habitués à jouer ensemble dans plusieurs groupes.

Le Seamus Blake French Quartet fonctionne très bien tant sur le plan humain que musical. Ainsi, les 11 et 12 novembre 2017, à la suite des concerts de la tournée, le saxophoniste Seamus Blake rejoint The French Connection au studio de Meudon, à Paris. Les quatre musiciens enregistrent les pistes de ce qui va devenir l’album « Guardians of the Heart Machine » à sortir le 15 mars 2019 sous le label Whirlwind Recordings.

« Guardians of the Heart Machine »

L’album ouvre avec le titre qui donne son nom à l’album. Un hymne brillant qui emprunte son énergie au rock indé. Après une intro calme au piano le quartet expose le thème avec véhémence. Après un chorus exalté du saxophoniste dont la maîtrise des aigus laisse pantois, la batterie part dans un solo impétueux avant que le quartet ne revienne au thème qui va tourner en boucle.

Les échanges continuent pour faire de Guardians of the Heart Machine un moment musical fascinant par sa parfaite cohésion et une inventivité sans cesse renouvelée.

Sur un rythme impair inspiré d’un groupe de rue écouté à Istanbul, Vaporbabe se déroule dans une ambiance aux accents mélancoliques. Le ténor élabore une improvisation charpentée avec des moments de fulgurance inouïe. Sa sonorité charnue, sa maîtrise des aigus et son phrasé s’inscrivent dans l’idiome post hard-bop et témoignent d’une maîtrise technique sans faille.

Sur la structure rythmique hachée de Sneaky D, le piano développe un chorus aérien puis cède la place à un fougueux solo du ténor soutenu par la section rythmique qui fait preuve d’une vitalité étonnante. Avec une frénésie sans borne, le saxophone laisse libre cours à son inspiration débordante.

couverture de l'album Guardians of The Heart Machine de Seamus BlakeLa ballade I’m Okay du brésilien Eddie del Barrio fait écho de belle manière avec le même titre enregistré en duo par Stan Getz avec Kenny Barron en 1991 (peu de temps avant la disparition du saxophoniste). Nourri de la mémoire de celui qui fut surnommé The Sound, Seamus Blake s’exprime avec une élégante souplesse pleine de spleen.

Lanota livre son secret dès que le titre est lu à l’envers. Exploré librement dans toutes ses diagonales par les musiciens ce morceau ébouriffant de modernité révèle la fluidité et l’agilité du jeu du leader. Wandering Aengus puise son inspiration dans la poésie de William Butler Yeats. Le ténor étire la mélodie avec langueur, la contrebasse tresse ses notes avec tendresse, le piano se fait bucolique avant que le saxophone ne déclare sa flamme.

Pris sur un tempo de samba qui flirte avec le choro brésilien, Betty in Rio fait un clin d’oeil à Along came Betty de Benny Golson. Piano et saxophone s’engagent dans une joute enjouée qui débouche sur un superbe chorus de batterie. Blues for the Real Human Beings est imprégné de l’univers du pianiste. Empreint d’une force tranquille le saxophone prend son temps pour développer son chrorus après lequel celui du piano déborde de sérénité.

L’album se termine sur The Blasted Heath, un titre empreint de tristesse. La voix du leader s’élève comme une complainte qui dit son désespoir devant la planète dévastée par l’humanité. Son chant désespéré résonne au dessus du jeu minimaliste du trio.

Sur « Guardians of the Heart Machine » le saxophoniste Seamus Blake et The French Connection offrent un moment de flamboyance musicale. Portée par une énergie maîtrisée, la musique frappe par sa modernité et son expression sensible.

A l’occasion de la prochaine tournée européenne de Seamus Blake avec The French Connection, plusieurs concerts se profilent pour écouter le quartet. RV le 10 mars 2019 à 17h30 dans un lieu essentiel du jazz à Marseille, Le Cri du Port et RV à Paris au Sunside dans le cadre du Festival Paris Music 2019, à 21h30 les 15 & 16 mars 2019.

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