Une déclaration d’amour à la samba
Deux ans après l’album « Made in Brazil », 2017 voit le retour d’Eliane Elias avec « Dance of Time », un album comme une déclaration d’amour à la samba dont la pianiste-chanteuse célèbre les 100 ans. L’artiste rend hommage aux personnes qui l’ont accompagnée à ses débuts, tant au Brésil qu’aux Etats-Unis.
Durant toute sa carrière Eliane Elias, native de São Paulo a navigué entre jazz et Brésil, deux musiques dans lesquelles elle est parvenue à s’imposer avec autant de talent et de succès.
Du côté du Brésil, la bossa nova a longtemps eu sa préférence avec plusieurs albums consacrés à ce style, « Eliane Elias Plays Jobim » en 1990, « Fantasia » en 1992, « Paulistana » en 1993, « Eliane Elias sings Jobim » en 1998; « Bossa Nova Stories » en 2009 et bien sûr, l’album enregistré au Brésil, « Made in Brazil » en 2015 qui est un hommage vibrant à trois générations de compositeurs brésiliens et a emporté le Grammy du « Meilleur album de Latin Jazz ».
Pourtant en 2016, Eliane Elias revient au Brésil pour enregistrer cette fois « Dance of Time » (Concord/Universal) dont la sortie est annoncée pour le 24 mars 2017. Dans son pays natal on fête alors le centenaire de Pelo Telefone, la première samba jamais enregistrée et la pianiste-chanteuse entreprend de graver un album à cette occasion afin de célébrer ce style musical.
Pour Eliane Elias, « la samba est à la fois la plus authentique et la plus irrésistible des musiques brésiliennes. On peut difficilement imaginer meilleur endroit au monde que le Brésil pour tenter de capturer l’essence de cette musique. Il fallait impérativement que je me trouve là-bas pour pouvoir enregistrer « Dance of Time. »
« Dance of Time » consacre donc principalement son répertoire à la samba et plus précisément à cette forme de samba qui entretient une filiation étroite avec le choro, cette danse populaire très ancienne et improvisée jouée à l’origine sur l’alaúde, sorte de luth portugais aux origines orientales, une samba qui se dansait en cercle, les rodas (les rondes), un style qui est un métissage entre les musiques européennes du Portugal et de l’Espagne et celle de l’Afrique.
L’album « Dance of Time » ouvre avec O Pato, le célèbre thème de J.Silvia et N.Teixeira où Eliane Elias expose avec brio tout son art. Le swing sans pareil de son piano et sa chaude voix sensuelle qui n’a vraiment rien de celle du canard évoqué dans la chanson. Eliane Elias sait vraiment caresser les syllabes et les faire vibrer au rythme de la samba. En amont de la sortie de l’album, on écoute un très court extrait d’O Pato.
Pour authentifier le climat samba du disque, la pianiste-chanteuse invite aussi deux personnalités marquantes du Brésil. D’une part João Bosco dont elle apprécie l’authenticité. Le guitariste et chanteur sait faire swinguer la musique comme on peut d’ailleurs se rendre compte en écoutant Coisa de Feita dont le groove constitue un moment phare de l’album. D’autre part, avec Toquinho, Eliane Elias interprète Sambou Sambou et Samba de Orly, dont les versions magnifient ces deux sambas portant déjà si souvent écoutées.
Sur ce nouvel opus, Eliane Elias zoome aussi sur des périodes marquantes de sa vie, comme si elle passait sa carrière en revue, d’hier à aujourd’hui, du Brésil aux Etats-Unis. Elle est accompagnée par des invités aussi prestigieux que le pianiste Amilton Godoy, les guitaristes et chanteurs João Bosco et Toquinho, le trompettiste Randy Brecker, le vibraphoniste Mike Mainieri et aussi Mark Kibble. Ces artistes ont compté pour elle, ils ont marqué des étapes clefs de sa carrière de pianiste-chanteuse et de fait, d’autres musiques flirtent avec la samba sur « Dance of Time ».
C’est à l’âge de 7 ans qu’Eliane Elias commence l’apprentissage du piano à São Paulo. Après 6 ans de travail, elle continue à 13 ans l’étude technique classique du piano avec un certain professeur, Amilton Godoy dont elle dit qu’il l’a aidée à développer son style. Il est invité sur « Dance of Time ».
Pour rappel, adolescente, Eliane Elias a entamé une carrière de musicienne professionnelle et, au début des années 80, sur les conseils du bassiste Eddie Gomez, elle gagne New-York pour étudier à la Juilliard School of Music. Elle se confronte ensuite aux musiciens de la cité et rejoint le groupe « Steps Ahead » aux côtés de Michael Brecker, Peter Erskine, Eddie Gomez et Mike Manieri. En 1983, elle enregistre un album avec le groupe. Sur « Dance of Time », Eliane Elias invite le vibraphoniste Mike Manieri qui prête sa magnifique sonorité et son talent sur deux titres de l’album. Une composition originale de la pianiste, Little Paradise et A habit for me une bossa nova qui parle d’amour et que Frank Sinatra a chantée.
Peu après avoir quitté « Steps Ahead », Elias Elias commence une collaboration avec le trompettiste Randy Brecker qu’elle épouse ensuite. Leur album duo, sorti en 1985, porte le nom de leur fille Amanda. Randy Brecker revient jouer avec Eliane Elias sur le titre Speek Low auquel il apporte une connotation jazzy avec un chorus tout à fait inspiré même si on peut regretter l’ambiance globale du morceau qui sonne un peu pop-funk.
On écoute Eliane Elias présenter mieux que personne cet album « Dance of Time » dont les douze titres exubérants devraient encore une fois ensorceler son public.

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