Jazz Campus en Clunisois 2023 – Duo Laurent Dehors – Céline Bonacina

Jazz Campus en Clunisois 2023 – Duo Laurent Dehors – Céline Bonacina

Concert caniculaire entre douceur et fureur

Le samedi 19 août 2023, le Festival Jazz Campus en Clunisois 2023 ouvre avec le concert du duo Céline Bonacina-Laurent Dehors. Dans la superbe salle du Farinier des Moines de l’Abbaye de Cluny, un concert caniculaire, entre douceur et fureur.

En dépit de la canicule, le public est au rendez-vous sous la charpente « en coque de bateau » du Farinier des Moines de l’Abbaye de Cluny pour le premier concert du Festival Jazz Campus en Clunisois 2023. Au programme de cette soirée d’ouverture du 19 août 2023, le Duo Laurent Dehors - Céline Bonacina.

Jazz Campus en Clunisois 2023 - Duo Laurent Dehors - Sandrine BonacinaAprès que Didier Levallet ait présenté le concert et affirmé avec humour qu’« aucun thème de la soirée ne serait généré par une Intelligence Artificiellle », le public accueille avec enthousiasme la multi-saxophoniste Céline Bonacina et le multi-instrumentiste Laurent Dehors. Les deux instrumentistes gagnent le devant de la scène entre les chapiteaux romans et le concert débute.

Après un morceau où rugit avec furie le saxophone ténor de Laurent Dehors alors que le baryton de Céline Bonacina s’exprime avec douceur et légèreté, le duo interprète ensuite Attention à tes béquilles, une petite valse composée par Laurent Dehors. A l’unisson, baryton et clarinette basse exécutent avec brio un véritable « exercice de style » (dixit Laurent Dehors).

Le répertoire se poursuit avec Du haut de là de Céline Bonacina. Entre les instruments de Laurent Dehors et le saxophone baryton de Céline Bonacina, les notes se croisent, voltigent, se télescopent, puis s’unissent en une fin poétique.

Tout de blanc vêtu, le saxophoniste annonce ensuite un « hommage à Messian », Les oiseaux. Après un court épisode délirant de la clarinette et du saxophone soprano, les notes/oiseaux descendent de branche en branche. Tel un pic vert, la batterie de la bande son accompagne les graves du baryton et les glissandos de la clarinette véloce qui s’envolent vers le ciel. Un moment musical absolument prodigieux !

Embouchant sa clarinette basse dont il a enlevé le bocal, Laurent Dehors propulse des super aigus sur Wendy pendant que le baryton l’accompagne dans les graves avant de dérouler avec souplesse de longues suites de notes que caresse le souffle du baryton… une véritable ode de douceur.

Une belle interaction circule entre les deux instrumentistes dont la complicité de chaque instant est perceptible.

Sur Open The Door, un match musclé s’instaure entre les basses rugissantes du baryton qui dialoguent avec les délires aigus de la clarinette basse.

Le concert continue avec deux morceaux enchaînés, Les petits escaliers puis Triste. Avec fluidité et en parfaite osmose, les chants des deux instruments se superposent, s’enlacent et s’interpellent en douceur. La clarinette lyrique s’envole dans les aigus et le morceau se termine après que Laurent Dehors ait embouché une flûte piccolo droite rouge et esquissé un court chant. Place ensuite à un morceau dont les notes se questionnent.

Entre interrogation et tristesse, la musique respire littéralement.

Après avoir enregistré un riff de slaps au baryton diffusé ensuite en fond sonore des échanges musicaux, Céline Bonacina vocalise puis chante en même temps qu’elle embouche son saxophone. Laurent Dehors improvise avec vigueur puis le baryton furieux lui répond par une plainte rugissante. La musique de Earth’s Breath s’achemine ensuite vers la tendresse. Comme le précise avec humour la saxophoniste à la fin du morceau, « la terre avait bien besoin de respirer » !

Le Duo valse, annoncé comme très difficile par son compositeur, ne dure que quelques minutes mais époustoufle par le contraste qui s’établit entre silence et dissonances. Sur Disco, une autre composition de Laurent Dehors, les deux complices interviennent alternativement. Dialogue d’improvisations intenses et impétueuses qui se déchaînent, soutenues par le public qui accompagne et encourage vigoureusement l’expression des instrumentistes.

A la cornemuse, Laurent Dehors passe à la « musique classique » et facétieux esquisse le début de la Lettre à Élise de Beethoven pendant que le public s’esclaffe. Après avoir salué et quitté la scène les deux musiciens reviennent et avec une générosité qui n’a d’égale que leur talent, ils offrent deux rappels qui comblent les spectateurs.

Les timbres des instruments de Céline Bonacina et Laurent Dehors se sont combinés pour offrir des mélodies et des ambiances empreintes d’émotions et riches en contrastes rythmiques et harmoniques. Pièces courtes mais intenses où ont alterné poésie et facétie.

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