Echo#2-Nuits de Fourvière 2019

Echo#2-Nuits de Fourvière 2019

Les Plutériens

En 2019, la collaboration se poursuit entre les Nuits de Fourvière et le Théâtre de la Renaissance d’Oullins avec la création d’un opéra-poème d’anticipation, « Les Plutériens ». Le 13 juin 2019, pour la première de cet opéra-poème d’anticipation, les gradins de la grande salle sont remplis. Installé dans la fusée avec les musiciens de l’ARFI, le chœur Spirito, Thérémine, Vélimir et Cantos pour une odyssée opératique en 3 actes, le public a vécu cette aventure avec un plaisir évident. De copieux applaudissements ont salué la réussite de ce projet ambitieux et réussi.

Cet Echo#2-Nuits de Fourvière 2019 revient sur la première représentation de l’opéra en trois actes pour orchestre, trois personnages principaux et chœur créé le 13 juin 2019 dans la grande salle du Théâtre de la Renaissance de la ville d’Oullins (69).

Sur un scénario digne d’une BD d’anticipation ou d’une fiction série B, va se nouer un drame surréaliste en trois actes. Dirigée par la capitaine, Thérémine, une fusée conduite par le pilote Vélimir décolle de la Terre pour échapper à une catastrophe. L’équipage est constitué des onze musiciens de la Marmite Infernale de l’ARFI et les huit choristes de Spirito.. En plus des humains, la navette intersidérale compte aussi un  ordinateur quantique du nom de Cantos. Ainsi se profile l’aventure de ces terriens voués à devenir « Les Plutériens ».

En quarante ans, la bande des musiciens de la planète Arfi ont déjà intégré jazz, ciné-concert et théâtre musical dans la marmite de leur Folklore Imaginaire. Avec « Les Plutériens », la Marmite Infernale (grand orchestre de l’ARFI) ajoute la forme « opéra » à ses références. Si cet opéra-poème d’anticipation conserve la structure classique de l’opéra, il n’en reste pas moins que l’ADN de l’ARFI demeure inchangé. L’écriture musicale collective et la forme de l’œuvre s’inscrivent dans l’identité profonde des arfiens (ou arfistes au choix )

Sur un livret original de Charles Pennequin et avec une mise en scène de Guillaume Bailliart, l’ARFI a monté avec l’ensemble Spirito un opéra qui flirte avec jazz, du rock, musique contemporaine et improvisation. En trois actes, les musiciens, le chœur et les trois personnages principaux narrent une odyssée intergalacticosidérale sidérante dont la trame narrative convoque chez le spectateur des flashes de souvenirs qui regardent en direction de Kubrick via l’ordinateur quantique Cantos,.

Acte I

Dans la Marmite Cosmique alternent moments de tension et d’apaisement entre les pensées et les interrogations des humains et les circuits saturés de l’ordi. Mots et notes se croisent et interagissent. A la musique d’un big band jazz libéré, la partition intègre bruitisme et explosions. Les paroles jaillissent, sont remâchées, ressassées, mélangées, renversées, déversées de manière plutôt obsessionnelle mais pas forcément toujours captés d’emblée par tous les passagers de la salle qui se laissent pourtant pénétrer par le discours et porter par l’histoire.

Acte II

Quand survient l’Amour, l’épopée sidérale se complique. Tout se mélange, pensées et pulsions, ode gouroutique et fitness quantique menés par Cantos et soutenus par les percussions alors que le chœur/équipage vêtu de combinaisons bleues et de casques sombres danse dos à la salle. Tel un orgasme musical, la musique enfle alors que les corps de Thérémine et Vélimir exultent dans le module de jonction.

Sur scène, dans la cabine, les arfiens en combinaison orange décompressent au cours d’un épisode où tous se souviennent des bouillabaisses, pizzas et autres souvenirs de mets terrestres pour mieux oublier les rations si peu appétissantes qui leur sont proposées. Les « blagues de vieux » fusent en même temps que rires et exclamations joyeuses. Après un freetime délirant des musiciens et du chœur, le drame se profile avec le retour des deux personnages principaux.

Acte III

Les années ont passé. Après l’amour vient le temps de l’Émancipation. Perruques et casques tombent, tout se délite. Thérémine prend une décision radicale et abat Vélimir d’une balle dont on suit la course au ralenti (…!). Après un requiem joué par violon et contrebasse autour du pilote que veille Thérémine, le corps du défunt s’en va dans l’espace (des escaliers) où il chante.

Advient alors le triomphe de Cantos qui prend la parole et part dans un délire épique. Pour finir l’ordinateur choisit d’avoir « chaud à en crever »… la marmite intersidérale pénètre le soleil. Les Plutériens finissent poussières d’étoiles alors que plus loin dans l’espace, Thérémine observe cette fin fatale, bouteilles d’oxygène sur le dos.

Sur scène, portée par les voix et les instruments, l’univers devient marmite infernale au son d’une musique qui prend aux accents évocateurs des ambiances de Magma.

Ainsi se termine une belle journée … pour la pensée et malgré la vermine ! Quid de la vie ? La question reste posée après le spectacle au déroulement très fluide et maîtrisé par l’ensemble des acteurs/chanteurs/musiciens.

Au terme de trois années de travail, l’opéra-poème d’anticipation « Les Plutériens » a reçu un accueil chaleureux, soutenu et bien mérité de la part des spectateurs qui n’ont pas boudé leur plaisir. Certes, le spectacle ne laisse pas indifférent et le public ne ressort pas indemne de ce voyage intergalactico-musical. A la sortie de la salle l’on se demande si l’on est toujours terrien ou devenu plutérien. Dans les couloirs puis dans la rue la question demeure en suspens. L’un.e fait choix de se taire, l’autre erre ou bien se terre. De facto, on est devenu plus-que-terrien et ça, ce n’est pas rien, c’est de toute manière plus que rien et l’on n’en dira rien de plus.

Pour savoir en quoi l’aventure des Plutériens peut contribuer à augmenter la vison du terrien, une solution existe… courir à Oullins au Théâtre de la Renaissance pour les deux autres représentations à venir de cet opéra, les 14 et 15 juin 2019 dans le cadre des Nuits de Fourvière 2019.

 
Thérémine / Marie Nachury - Vélimir / Antoine Läng - Cantos / rôle partagé :Xavier Garcia, Martin Barré, Elvire Tapie, Coline Galeazzi                     

La Marmite Infernale (Grand orchestre Arfi) : Michel Boiton (batterie, percussions), Jean Bolcato (contrebasse), Olivier Bost (trombone, guitare), Clémence Cognet (violon), Xavier Garcia (sampler, traitements, laptop), Christophe Gauvert (contrebasse, basse electrique), Clément Gibert (sax alto, clarinettes), Christophe Girard (accordéon), Guillaume Grenard (trompette, tuba), Christian Rollet (batterie, percussions), Guy Villerd (saxophone)

Spirito : Camille Grimaud, Nathalie Morazin (sopranos) Caroline Adoumbou, Landy Andriamboavonjy, Isabelle Deproit, Célia Heulle, Hélène Peronnet, Laura Tejeda-Martin (altos)

Guillaume Bailliart : mise en scène - Romain Nicolas & Christian Rollet : dramaturgie - Gaspard Gauthier : lumières : Thierry Cousin : son –  Martin Barré : régie générale Elvire Tapie : plateau  - Coline Galeazzi : costumes - Charles Pennequin : livret - Nicole Corti : préparation du chœur

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