Le paroxysme d’un art musical festif
Avec l’album « Sauvage Formes » l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL propose une musique ludique et libérée qui embrase les huit pistes du CD. Un trésor à faire résonner tous azimuts pour stimuler les tiédeurs bien-pensantes, dynamiter les faux-semblants et rendre jaloux les pseuso-novateurs.
Créé en 2006, l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp (OTPMD) a fait vibrer les scènes, a bouleversé les repères des orchestres grand format, enregistré trois albums entre 2007 et 2014.
S’il a évolué, il a conservé son identité. Comme son nom l’indique, le groupe continue à emprunter à Marcel Duchamp cet état d’esprit provocateur générateur de révolte esthétique mais, son leader, Vincent Berthollet a voulu développer aussi l’autre partie du titre de cet orchestre qui se dit Tout Puissant.
Après s’être inventé sur scène en version XXL avec 14 musiciens, à l’occasion de ses 10 ans, c’est sous cette forme élargie que l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL enregistre « Sauvage Formes » en octobre 2017. Le disque est produit par John Parish qui a supervisé enregistrement, mixage et mastérisation.
Sorti le 27 avril l’album « Sauvage Formes » (Les Disques Bongo Joe/L’Autre Distribution) est sidérant de dynamisme et d’incandescence. L’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL s’abreuve de l’énergie de la vie et en restitue l’essence. Dans un superbe désordre organisé les musiciens semblent comme habités par une exaltation frénétique. Ils déclenchent une musique transique qui envoute et frôle l’incandescence.
Format XXL
Hormis le violoncelle et l’alto, tous les instruments sont doublés, contrebasse, guitare, violon, marimba, batterie, trombone quant au chant il sonne puissance 14 puisque tous les membres de l’orchestre donnent de la voix, Vincent Bertholet et Seth Bennett (contrebasse), Joanna Burke et Liz Moscarola (violon), Aby Vuliamy (alto), Naomi Mabanda (violoncelle), Maël Salètes et Titi (guitare), Anne Cardinaud et Aida Diop (marimba), George Murray et Séni (trombone), Guillaume Lantonnet (percussions, batterie) et Wilf Plum (batterie).
42 minutes de musique festive
Coloré par un motif itératif porté par les marimbas, Blow Sauvage annonce la couleur. La voix s’en mêle et entraîne les cordes frottées et celles des guitares. Section rythmique et trombones portent l’invocation crescendo jusqu’au paroxysme.
Le tempo post-rock et les sons distordus de Sous mes Yeux se calment et ouvrent la porte à Across the Moor avec sa ligne de contrebasse récurrente, les percussions et le triangle inlassables qui précèdent un chant envoutant. Les trombones gonflent la matière sonore et invitent à une danse qui annonce l’arrivée des…Bêtes féroces venues en droite ligne de la savane africaine. Motif répétitif repris par les voix, un slam convoque les violons et la révolte salvatrice advient « nous avançons… nous sommes devenus des bêtes féroces de l’espoir ».
Tel un opéra pop et symphonique, The Unknown se métamorphose et tient en haleine. Percussions, marimbas, cordes, voix et trombones rugissants déroulent une musque scintillante qui éblouit et finit avec emphase.
Sur Lost and Found, le tempo binaire tendu par la section rythmique et les marimbas alterne avec une mélodie vocale fragile et cajoleuse que le motif des guitares pousse à évoluer en une sorte de chorale africaine au chant enivrant.
Le collectif des voix entonne Danser soi-même, une ballade/comptine où une voix d’homme développe une philosophie surréaliste autour de « Danser est le fin mot de vivre » mais il laisse le fin mot de l’histoire à la flute … On ne peut s’empêcher de croiser ces mots avec ceux de Jean Teulé sur « Entrez dans la danse »… gare au mauvais danseurs !
L’album se termine avec So We All Sauvage et son tapis sonore de cordes et de cuivres qui tourne en boucle. Les voix de femmes aux intonations nordiques se répondent en canon sur la mélodie trouée par les fulgurances des guitares. La tension monte, on se laisse gagner par la joie et l’allégresse et on se surprend à chanter avec l’OTPMD XXL.
« Sauvage Formes, un quatrième album que l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL a voulu à l’image de son nom. Une musique sauvage mais domptée, un désordre très bien organisé qui un mouvement frénétique et exalté. La transe musicale incandescente est communicative et son énergie traverse l’album. On brûle d’écouter l’OTMD XXL sur scène avec son nouveau projet.

Jazz Campus en Clunisois 2025 – Trio ETE
Pour la cinquième et dernière soirée au Théâtre les Arts de Cluny, le superbe Jazz Campus en Clunisois 2025 invite Andy Emler à la tête de son trio ETE. Pour son nouveau projet, « There is another way », le pianiste et compositeur réunit autour de lui le contrebassiste Claude Tchamitchian et le batteur Éric Échampard. Trois complices inspirés au service d’un univers musical en expansion. Trois musiciens inspirés, une musique en expansion.

Jazz Campus en Clunisois 2025 – Francesca Han – Lisa Cat-Berro
Pour son cinquième soir sur la scène du Théâtre les Arts de Cluny, c’est un double plateau que propose Jazz Campus en Clunisois 2025. Après le concert solo de la pianiste coréenne Francesca Han, la saxophoniste Lisa Cat‐Berro, à la tête de son quintet, présente son programme « Good Days‐Bad days ». Une soirée en deux temps où le tumulte succède à l’élégance.

Jazz Campus en Clunisois 2025 – Six Migrant Pieces
Pour sa cinquième soirée au Théâtre Les Arts de Cluny, Jazz Campus en Clunisois accueille le projet de Christophe Monniot, Six Migrant Pieces. Entouré de cinq musiciens et de Sylvie Gasteau, le compositeur et saxophoniste présente une ode à l’humanité et la bienveillance. Chaque membre du groupe a une histoire personnelle inscrite dans la migration. Véritable manifeste poético-politico-musical, le programme de la soirée résonne avec l’actualité et engage au respect de la différence. Un grand moment du festival… la fièvre monte à « Cluny City » !